5 octobre 2026
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Liban : les boulangeries demandent un délai pour les travailleurs étrangers

Les boulangeries libanaises demandent au ministre du Travail Mohammad Haidar un nouveau délai pour régulariser leurs travailleurs étrangers. L’échéance du 30 septembre étant dépassée, le secteur souhaite poursuivre les démarches avec le ministère et la Sûreté générale afin d’éviter que les contrôles administratifs ne perturbent la production quotidienne de pain.

L’Union des syndicats des boulangeries et pâtisseries du Liban demande au ministre du Travail, Mohammad Haidar, de prolonger le délai accordé aux entreprises pour régulariser la situation de leurs travailleurs étrangers. La requête intervient quelques jours après l’expiration, le 30 septembre 2026, de la période de régularisation prévue par les autorités. Le secteur souhaite poursuivre les discussions avec le ministère du Travail et la Sûreté générale afin d’éviter que les procédures administratives ne perturbent l’activité des établissements.

Une demande après l’expiration du délai du 30 septembre

Dans un communiqué publié lundi 5 octobre, l’Union a présenté la prolongation du délai de régularisation des travailleurs étrangers comme l’un des principaux dossiers discutés avec Mohammad Haidar lors d’une rencontre organisée la semaine précédente.

Les représentants des boulangeries ont salué l’ouverture du ministre et sa volonté de maintenir le dialogue avec les professionnels. Ils ont surtout demandé une nouvelle période permettant aux établissements qui n’ont pas achevé leurs démarches de mettre en conformité leurs salariés étrangers.

Cette demande intervient dans un calendrier précis. Le 29 juin, le ministre du Travail avait pris la décision n° 159 prolongeant jusqu’au 30 septembre 2026 l’application du dispositif de régularisation des personnes en infraction avec les règles encadrant le travail des étrangers. La Sûreté générale avait parallèlement demandé aux particuliers, entreprises et institutions employant des étrangers en situation irrégulière de déposer leurs dossiers auprès du ministère du Travail au plus tard à cette date.

Le dispositif concernait des travailleurs arabes et étrangers entrés légalement au Liban pour travailler, mais devenus ensuite en infraction avec les règles relatives au séjour ou à l’emploi. Les démarches prévues pouvaient notamment porter sur un transfert de garant, un changement de statut ou une modification de catégorie professionnelle.

Le parcours administratif ne s’arrêtait pas au ministère du Travail. Les employeurs devaient d’abord déclarer les salariés concernés et demander la régularisation ainsi que le permis de travail. Une démarche auprès des centres régionaux de la Sûreté générale devait ensuite permettre d’obtenir un titre de séjour correspondant à la nature effective de l’emploi.

Pourquoi les boulangeries réclament une nouvelle prolongation

L’Union estime que les établissements ont besoin de davantage de temps pour achever ces procédures de manière légale et ordonnée. Dans son communiqué du 5 octobre, elle indique que Mohammad Haidar a manifesté sa compréhension à l’égard de cette demande et s’est engagé à examiner les motifs susceptibles de justifier une prolongation.

Il ne s’agit toutefois pas, à ce stade, d’une annonce officielle de prolongation. Le délai du 30 septembre est arrivé à échéance et la déclaration de l’Union porte sur une demande adressée au ministre. Le syndicat espère désormais que celle-ci débouchera sur une nouvelle décision des autorités compétentes.

Cette distinction est importante pour les employeurs. En juin, lorsque la précédente extension avait été décidée, le ministère avait appelé les personnes concernées à achever leurs formalités avant l’échéance afin d’éviter des poursuites ou des mesures légales après la fin de la période accordée.

La Sûreté générale avait également prévenu qu’après l’expiration de la période de régularisation, des opérations de contrôle seraient menées en coopération avec le ministère du Travail sur l’ensemble du territoire libanais. Les mesures annoncées devaient viser aussi bien les employeurs en infraction que les travailleurs concernés.

La demande des boulangeries intervient donc après le franchissement de cette échéance et vise à rouvrir une fenêtre administrative permettant aux établissements de poursuivre la mise en conformité de leur main-d’œuvre.

Régularisation des travailleurs étrangers : un dossier ancien dans les boulangeries

Le sujet occupe une place importante dans les discussions entre les représentants du secteur et l’État depuis le début de l’année 2026. En janvier, l’Union avait déjà placé les permis de travail et les titres de séjour au centre de ses échanges avec les autorités.

Le dossier a ensuite pris une importance accrue avec les mesures destinées à encadrer la main-d’œuvre étrangère et, notamment, les travailleurs syriens employés dans les boulangeries. Fin juillet, l’Union avait publiquement soutenu le principe d’une légalisation des situations par l’obtention de permis de travail et la régularisation des titres de séjour.

Elle avait cependant estimé que le temps accordé aux établissements était insuffisant pour traiter l’ensemble des dossiers. Son argumentation reposait notamment sur la complexité des formalités et sur les caractéristiques particulières du secteur. Les boulangeries demandent ainsi que l’application des règles tienne compte des contraintes opérationnelles des entreprises sans renoncer au principe de régularisation.

Cette position éclaire la demande formulée ce 5 octobre. L’Union ne réclame pas l’abandon des obligations applicables aux travailleurs étrangers. Elle affirme au contraire vouloir maintenir les établissements dans le cadre légal, mais souhaite disposer d’un délai supplémentaire pour finaliser les procédures.

Un dialogue demandé avec le ministère et la Sûreté générale

Au-delà de la question du calendrier, l’Union souhaite poursuivre les discussions sur plusieurs points qu’elle juge encore susceptibles d’être réexaminés. Elle demande que ce travail soit mené en coordination entre le ministère du Travail et la direction générale de la Sûreté générale.

Cette coordination est directement liée à la procédure elle-même. La régularisation combine en effet deux dimensions : l’autorisation de travailler, qui relève du ministère du Travail, et la situation du séjour, traitée avec la Sûreté générale. Pour une entreprise, la mise en conformité complète d’un salarié étranger suppose donc que ces démarches administratives puissent s’enchaîner.

L’Union insiste aussi sur la « spécificité » des boulangeries et sur les conditions de travail propres au secteur. Elle ne détaille pas, dans son communiqué de lundi, de nouvelle série de mesures techniques. Sa revendication immédiate reste la prolongation de la période de régularisation et la poursuite des discussions avec les administrations concernées.

Les relations entre le secteur et les autorités avaient déjà connu plusieurs séquences de négociation cette année. En janvier, les représentants des boulangeries avaient évoqué une avancée sur le dossier des permis de travail après des discussions avec le ministère. En juillet, ils avaient de nouveau demandé davantage de temps pour mettre en règle les travailleurs étrangers.

L’enjeu immédiat est désormais la réponse de Mohammad Haidar. L’Union remercie le ministre pour son attitude lors de la rencontre de la semaine dernière et dit attendre une décision favorable à sa demande.

Pas encore de nouvelle échéance annoncée

À ce stade, aucune nouvelle date n’est mentionnée dans le communiqué de l’Union. La dernière échéance officiellement fixée était celle du 30 septembre 2026. Une éventuelle prolongation nécessiterait donc une nouvelle mesure des autorités.

Pour les boulangeries, la question dépasse la seule gestion administrative des dossiers individuels. L’Union lie la régularisation à la continuité du fonctionnement des établissements et cherche à éviter que les contrôles ou les difficultés documentaires ne provoquent des perturbations dans un secteur chargé de produire quotidiennement le pain et d’autres produits de boulangerie.

Elle affirme en parallèle que toute solution doit préserver les droits de l’État, des entreprises et des travailleurs. Cette ligne vise à concilier l’application des règles sur la main-d’œuvre étrangère avec les contraintes d’un secteur qui demande depuis plusieurs mois un traitement administratif adapté à ses conditions de fonctionnement.

La prochaine étape dépend désormais du ministère du Travail et de la coordination avec la Sûreté générale. Le point concret attendu par les professionnels est une décision sur la réouverture ou non du délai arrivé à expiration le 30 septembre, ainsi que sur la durée d’une éventuelle nouvelle période de régularisation.

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