L’Unité de gestion des risques de catastrophes, rattachée à la Présidence du Conseil des ministres, a diffusé en milieu de journée son rapport quotidien actualisé sur la situation humanitaire et sécuritaire résultant de l’escalade militaire en cours. Selon ce document officiel, relayé par l’Agence nationale d’information, le nombre total de martyrs s’élève désormais à 570, tandis que les blessés atteignent 1 444. Parallèlement, le nombre de personnes déplacées auto-enregistrées a franchi le seuil des 759 300, dont 122 600 se trouvent dans les centres d’hébergement officiels, regroupées au sein de 31 500 familles.
Ces chiffres, communiqués ce mardi après 8 heures du matin, interviennent au lendemain d’une nouvelle série d’opérations militaires israéliennes, dont une frappe ciblée dans la banlieue sud de Beyrouth, précisément dans le secteur de Dahiyeh, après un avertissement préalable des autorités israéliennes. Le rapport ne détaille pas les circonstances précises de chaque décès enregistré au cours des dernières vingt-quatre heures, mais il confirme une augmentation sensible du bilan global depuis la veille.
Une escalade qui s’est accélérée depuis le début du mois de mars
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L’intensification des hostilités remonte au tout début du mois de mars 2026. Après des tirs de roquettes revendiqués par le Hezbollah en réaction à des événements survenus en Iran, l’armée israélienne a lancé une vaste campagne de frappes aériennes et d’opérations au sol, principalement au sud du Litani, dans la plaine de la Békaa et jusqu’aux abords de la capitale. Le cessez-le-feu fragile instauré à l’automne 2024 a volé en éclats, ramenant le Liban à une situation de guerre ouverte sur plusieurs fronts.
Dès les premières heures de ce 10 mars, les équipes d’inspection de l’Unité de gestion des risques de catastrophes ont collecté les données transmises par les hôpitaux, les municipalités et les centres d’urgence. Le rapport précise que les chiffres des martyrs et des blessés intègrent l’ensemble des victimes civiles et combattantes enregistrées depuis le début de la nouvelle phase du conflit, sans distinction. Le nombre de familles déplacées – 31 500 exactement – correspond aux ménages ayant fait l’objet d’une inscription formelle dans les bases de données gouvernementales.
Les régions les plus durement touchées par les opérations militaires
La Békaa, et plus particulièrement la localité de Nabi Chit, a connu l’une des frappes les plus meurtrières de ces derniers jours : quarante et un morts ont été dénombrés dans un seul bombardement. Les habitants de cette zone agricole, située à une trentaine de kilomètres de la frontière syrienne, ont été contraints d’évacuer en masse vers les villes de Zahleh et de Baalbek, où des écoles et des halls sportifs ont été réquisitionnés en centres d’accueil d’urgence.
Dans le Sud-Liban, les districts de Tyr et de Nabatiyeh restent sous pression constante. Des ordres d’évacuation ont été renouvelés pour toutes les localités situées au sud du Litani, contraignant des dizaines de milliers de résidents à prendre la route vers le Nord ou vers les faubourgs de Beyrouth. Les villages de Bint Jbeil, Aïta al-Chaab et Marjayoun figurent parmi les zones les plus fréquemment mentionnées dans les communiqués militaires israéliens. Les routes reliant ces bourgades aux villes côtières sont saturées, compliquant le travail des convois humanitaires.
La banlieue sud de Beyrouth, Dahiyeh, a de nouveau été visée ce matin. Selon les premières informations diffusées par les services de sécurité libanais, une frappe précise a touché un bâtiment après que les autorités israéliennes eurent adressé un avertissement téléphonique aux occupants. Les secours ont évacué plusieurs blessés vers l’hôpital de l’Université américaine de Beyrouth et vers l’hôpital Rafic Hariri. Ce secteur, densément peuplé et historiquement lié au Hezbollah, concentre une part importante des nouveaux déplacés enregistrés aujourd’hui.
Le dispositif d’accueil des déplacés sous tension
Sur les 759 300 personnes qui se sont auto-enregistrées via la plateforme officielle mise en place par l’Unité de gestion des risques de catastrophes, seules 122 600 ont trouvé refuge dans les 312 centres d’hébergement répertoriés à travers le pays. Le reste de la population déplacée se répartit entre des logements chez des proches, des appartements loués à la hâte dans les quartiers nord de Beyrouth, à Tripoli ou à Saïda, ou encore dans des camps improvisés.
Le ministère des Affaires sociales, dirigé par Hanine Sayyed au sein du gouvernement de Nawaf Salam, coordonne la distribution des aides d’urgence : matelas, couvertures, kits d’hygiène et bons alimentaires. Les stocks s’amenuisent rapidement, et les autorités ont lancé un appel aux dons via la Croix-Rouge libanaise et les organisations internationales présentes sur le terrain. Le Programme alimentaire mondial et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ont confirmé avoir acheminé des convois supplémentaires ces dernières quarante-huit heures, mais les besoins restent immenses.
Les blessés pris en charge dans un réseau hospitalier saturé
Les 1 444 blessés recensés à ce jour sont répartis entre les établissements de soins publics et privés. Les hôpitaux de la région sud – Tyr, Nabatiyeh, Saïda – ont reçu la majorité des cas graves. Le ministère de la Santé publique a activé son plan d’urgence de niveau 3, mobilisant des équipes chirurgicales supplémentaires et demandant aux pharmacies de maintenir un stock minimum de médicaments analgésiques et d’antibiotiques. Plusieurs blessés ont été transférés par hélicoptère vers Beyrouth ou même vers Chypre pour des interventions spécialisées impossibles à réaliser localement.
Le rôle central de l’Unité de gestion des risques de catastrophes
Créée il y a plusieurs années pour faire face aux crises multiples que traverse le Liban, cette unité dépend directement du Premier ministre Nawaf Salam. Elle compile quotidiennement les données transmises par les municipalités, les gouvernorats, les forces de sécurité intérieure, l’armée libanaise et les hôpitaux. Le rapport d’aujourd’hui a été validé par le comité de crise interministériel réuni en fin de matinée au Grand Sérail.
Le Premier ministre a personnellement suivi l’évolution des chiffres depuis son bureau, selon des sources gouvernementales. Aucune déclaration publique n’a été émise dans l’immédiat, mais le cabinet Salam maintient un contact permanent avec les ambassades accréditées à Beyrouth et avec les représentants des Nations unies. Le Conseil de sécurité de l’ONU, réuni en session extraordinaire la semaine dernière, a appelé à une désescalade immédiate sans qu’aucune résolution contraignante n’ait encore été adoptée.
Les dynamiques militaires du jour
Depuis 8 heures ce matin, les observateurs sur le terrain ont relevé plusieurs mouvements significatifs. Outre la frappe de Dahiyeh, des tirs d’artillerie ont visé des positions dans la Békaa occidentale et des drones de reconnaissance ont survolé à basse altitude la région de Tyr. Les forces israéliennes ont maintenu leurs ordres d’évacuation pour une zone élargie au sud du Litani, touchant désormais plus de 60 villages supplémentaires.
Du côté libanais, les forces armées et les services de sécurité intérieure ont renforcé les points de contrôle sur les axes reliant le Sud à Beyrouth afin de faciliter le passage des civils tout en limitant les mouvements non autorisés. Aucune victime supplémentaire n’a été signalée par les autorités militaires libanaises dans les communiqués diffusés en début d’après-midi.
L’impact humanitaire chiffré par région
Dans la Békaa : plus de 180 000 déplacés auto-enregistrés, dont une grande partie originaires de la région de Hermel et de Baalbek. Les centres d’hébergement de Zahleh accueillent à eux seuls plus de 12 000 personnes.
Dans le Sud : environ 320 000 personnes ont quitté leurs foyers, principalement vers Saïda et les quartiers sud de Beyrouth. Les écoles de Tyr sont saturées depuis plusieurs jours.
À Beyrouth et sa banlieue : le chiffre des déplacés intra-urbains dépasse les 150 000, avec une concentration particulière dans les quartiers de Bourj Hammoud, Sin el-Fil et les secteurs chrétiens de l’Est.
Le Nord, traditionnellement moins touché, enregistre néanmoins plus de 70 000 arrivées récentes, essentiellement à Tripoli et dans l’Akkar, où les familles s’entassent chez des parents ou dans des logements collectifs.
La chaîne logistique des secours sous haute surveillance
Les camions de la Croix-Rouge et des organisations caritatives effectuent des rotations continues entre Beyrouth et les zones frontalières. Le carburant, dont les prix ont connu une nouvelle hausse hier, reste le principal goulet d’étranglement. Le ministère des Travaux publics a autorisé l’utilisation prioritaire des réserves stratégiques pour les véhicules de secours.
Les télécommunications restent opérationnelles dans la plupart des régions, permettant aux familles de rester en contact via les applications de messagerie. Cependant, plusieurs villages du Sud ont signalé des coupures ponctuelles d’électricité et d’internet après les bombardements nocturnes.
Le suivi médical et psychologique des victimes
Le ministère de la Santé publique, en coordination avec l’Organisation mondiale de la santé, a déployé des équipes mobiles de psychologues dans les principaux centres d’hébergement. Plus de 3 200 consultations ont été réalisées au cours des dernières soixante-douze heures pour des cas de stress post-traumatique, particulièrement chez les enfants et les personnes âgées. Les stocks de lait infantile et de médicaments contre les maladies chroniques sont suivis heure par heure.
La position officielle du gouvernement libanais
Au Grand Sérail, le Premier ministre Nawaf Salam a présidé une réunion restreinte avec les ministres de la Défense, de l’Intérieur et des Affaires sociales. Le gouvernement réaffirme sa demande de cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, tout en soulignant que le Liban reste attaché à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU. Aucune nouvelle mesure militaire n’a été annoncée publiquement.
Les chiffres des déplacés en perspective
Les 759 300 personnes auto-enregistrées représentent environ 12 % de la population libanaise totale. Ce ratio, déjà élevé, pourrait encore augmenter si les opérations militaires se poursuivent au-delà des prochaines quarante-huit heures. Les 31 500 familles inscrites correspondent à une moyenne de 24 personnes par famille déplacée, chiffre qui reflète la taille importante des ménages libanais, notamment dans les régions rurales.
Le bilan des centres d’hébergement
Sur les 122 600 personnes présentes dans les abris officiels, 48 % sont des enfants de moins de 18 ans et 22 % des personnes âgées de plus de 60 ans. Les centres les plus chargés se trouvent à Beyrouth (38 centres), dans le Mont-Liban (62 centres) et dans le Nord (45 centres). Chaque site dispose d’un coordinateur nommé par le ministère des Affaires sociales pour assurer la distribution équitable des aides.
Les dernières évolutions enregistrées en fin de matinée
Après la publication du rapport de l’Unité de gestion des risques de catastrophes, les équipes de terrain ont signalé deux nouvelles alertes aériennes au-dessus de la région de Nabatiyeh et un mouvement de blindés israéliens le long de la ligne bleue dans le secteur de Kfar Chouba. Aucun bilan supplémentaire n’a été communiqué à la mi-journée, mais les hôpitaux du Sud ont indiqué avoir reçu trois blessés légers supplémentaires au cours des dernières heures.
Les autorités continuent de collecter les données en temps réel et s’engagent à publier un nouveau point de situation avant 20 heures si de nouveaux éléments venaient à modifier le bilan officiel. Le travail de vérification croisée entre les différents services de sécurité et les établissements de santé se poursuit sans interruption.
Le ministère des Affaires sociales a confirmé que les distributions de repas chauds dans les centres d’hébergement ont repris normalement cet après-midi, grâce à l’arrivée de trois camions de vivres en provenance de la vallée de la Békaa. Les équipes de la protection civile ont également acheminé des groupes électrogènes supplémentaires vers les abris les plus isolés.



