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Nomination du Premier ministre libanais : influences régionales et internationales en jeu

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La nomination du prochain Premier ministre libanais, bien qu’ancrée dans des enjeux internes, reflète également les influences régionales et internationales qui façonnent les équilibres politiques du pays. L’Arabie saoudite, l’Iran, les États-Unis et la France jouent chacun un rôle significatif dans ce processus, révélant les complexités d’un système politique tributaire des intérêts étrangers.

Le rôle de l’Arabie saoudite : entre prudence et influence discrète

L’Arabie saoudite, acteur historique dans la politique libanaise, adopte une posture prudente dans ces consultations. Selon Nahar (13 janvier 2025), Riyad a choisi de ne pas afficher un soutien explicite à un candidat, bien que son ambassadeur suive de près les évolutions. Cette position ambiguë contraste avec le passé, où le royaume jouait un rôle actif dans le soutien à des figures pro-saoudiennes comme Saad Hariri.

Cependant, Al Bina’ (13 janvier 2025) rapporte que Riyad voit en Nawaf Salam un candidat aligné sur ses aspirations réformatrices et son opposition au Hezbollah. Cette perception pourrait influencer certains députés hésitants, bien que l’absence d’une directive claire complique le jeu des alliances. En revanche, le maintien de Najib Mikati, perçu comme plus proche des intérêts du Hezbollah et de l’Iran, ne semble pas susciter d’objection majeure, témoignant d’une approche pragmatique de la part du royaume.

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L’Iran et le Hezbollah : le poids d’une alliance stratégique

L’Iran, à travers son soutien au Hezbollah, reste un acteur majeur dans la politique libanaise. Selon Al Akhbar (13 janvier 2025), le « duo chiite » composé du Hezbollah et d’Amal soutient fermement Najib Mikati, considéré comme un allié stable dans un contexte de pression internationale. Ce soutien reflète la volonté de Téhéran de préserver son influence au Liban face aux tentatives de marginalisation de ses alliés.

Cette dynamique renforce les divisions au sein du parlement, où les forces réformistes et indépendantes voient en Mikati un prolongement du statu quo, alimentant ainsi les appels à soutenir Nawaf Salam comme alternative crédible.

La France : un rôle de facilitateur réformateur

La France, historiquement proche du Liban, s’implique activement dans la promotion de réformes structurelles. Selon Ad Diyar (13 janvier 2025), Paris voit en Nawaf Salam une figure capable de restaurer la confiance des partenaires internationaux. Les diplomates français ont multiplié les contacts avec les forces politiques locales pour encourager la formation d’un gouvernement aligné sur les exigences du Fonds monétaire international (FMI).

Cependant, Al Liwa’ (13 janvier 2025) souligne que l’influence française reste limitée par l’absence de consensus interne au Liban, malgré le soutien de certains pays européens à cette démarche. La perception d’une pression extérieure, même bien intentionnée, suscite également des résistances parmi les blocs parlementaires traditionnels.

Les États-Unis : une stratégie alignée sur les réformes et la sécurité

Les États-Unis, tout comme la France, poussent pour des réformes immédiates afin de stabiliser le Liban. Selon Nida’ Al Watan (13 janvier 2025), Washington soutient implicitement Salam en tant que candidat réformateur susceptible de réduire l’influence du Hezbollah. L’administration américaine, tout en conditionnant son aide économique à des changements structurels, surveille de près l’évolution des alliances parlementaires pour éviter un scénario qui renforcerait les positions pro-iraniennes.

Les dynamiques interarabes : le rôle croissant du Qatar et des Émirats

Outre les acteurs traditionnels, des puissances régionales comme le Qatar et les Émirats arabes unis s’impliquent de plus en plus dans les affaires libanaises. Selon Al Sharq (13 janvier 2025), Doha a joué un rôle discret mais significatif dans les discussions sur la nomination, tandis qu’Abou Dhabi privilégie une approche axée sur le soutien économique à long terme. Ces initiatives, bien qu’encore limitées, témoignent d’un intérêt croissant des États du Golfe pour stabiliser la situation au Liban.

Une compétition entre influences étrangères

La nomination du Premier ministre libanais reflète un équilibre fragile entre des intérêts régionaux et internationaux divergents. Chaque acteur cherche à promouvoir des candidats alignés sur ses priorités stratégiques, mais les divisions internes au Liban et l’absence de consensus rendent le processus imprévisible.

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Newsdesk Libnanews
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