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Nord Liban : Tripoli face à ses défis sécuritaires et sociaux sous l’impulsion de Najib Mikati

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Dans un contexte marqué par une montée des tensions sécuritaires et sociales à Tripoli, le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a réuni les principaux acteurs de la ville dans sa résidence d’El-Mina pour une rencontre visant à prolonger les efforts initiés lors de la récente proclamation de « l’Annonce de Tripoli ». Ce rendez-vous, tenu en présence de leaders religieux, judiciaires, sécuritaires et civils, a permis d’aborder des problématiques urgentes – insécurité, prolifération des armes et trafic de drogue – tout en esquissant des solutions concrètes pour une ville qui aspire à retrouver sa stabilité.

Une mobilisation pour Tripoli

La réunion, organisée dans la continuité d’un précédent sommet tenu le vendredi dernier, a rassemblé une coalition représentative de la diversité de Tripoli et du nord du Liban. Parmi les participants figuraient le mufti de Tripoli et du Nord, Cheikh Mohammad Imam, l’archevêque maronite de Tripoli, Mgr Youssef Soueif, le métropolite orthodoxe grec Ephrem Kyriakos, ainsi que le père Grigor Yeghiayan de la communauté arménienne orthodoxe. Côté sécuritaire et judiciaire, le procureur général d’appel du Nord, le juge Ziad Charaani, le chef de la branche des renseignements de l’armée dans le Nord, le brigadier général Nazih Baqaai, le commandant régional des forces de sécurité intérieure, le brigadier général Mostafa Badran, et le chef du bureau central de lutte contre les stupéfiants, le colonel Ayman Machmouchi, étaient présents. Des figures civiles, dont la maire par intérim d’El-Mina, Iman al-Rafei, et les présidents des ordres des médecins, des avocats et des ingénieurs du Nord – respectivement Dr Mohammad Safi, Sami al-Hassan et Chawki Fatfat – ont également pris part aux discussions.

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L’objectif de cette rencontre était clair : approfondir l’examen des enjeux sécuritaires, sociaux et économiques qui fragilisent Tripoli, une ville historiquement dynamique mais aujourd’hui minée par la crise nationale. Najib Mikati, natif de la région, a saisi cette occasion pour réaffirmer son attachement à la stabilité de sa ville et de ses habitants, en particulier des jeunes générations confrontées à des fléaux croissants.

Sécurité et jeunesse : une priorité absolue

Najib Mikati a placé la sécurité au sommet des priorités, soulignant que « la protection de Tripoli, de ses habitants et surtout de sa jeunesse constitue une urgence dans cette phase critique ». Il a pointé du doigt la recrudescence des crimes et la prolifération des armes illégales, deux phénomènes qui nécessitent une réponse immédiate. « Nous devons élaborer un plan pour mettre fin à cette situation », a-t-il insisté, appelant à une mobilisation renforcée des forces de l’ordre – armée, forces de sécurité intérieure, sécurité générale et sécurité de l’État – dans les quartiers sensibles comme El-Mina, Beddaoui et le centre-ville de Tripoli.

Le Premier ministre a prôné une approche proactive, avec un renforcement des patrouilles pour instaurer une sécurité préventive et une application stricte des lois. « Les forces de sécurité doivent saisir les armes illégales, arrêter les contrevenants et exécuter les mandats en suspens », a-t-il déclaré, exhortant les procureurs et les juges d’instruction à faire preuve de fermeté envers ceux qui troublent l’ordre public, notamment les individus tirant des coups de feu en l’air, une pratique courante mais dangereuse dans certaines zones.

Lutte contre les drogues : un défi multidimensionnel

Au-delà de l’insécurité, le trafic et la consommation de stupéfiants ont été identifiés comme des maux majeurs affectant Tripoli. Mikati a appelé à une stratégie globale pour contrer ce fléau, combinant répression et prévention. « Il faut intensifier les campagnes de lutte contre le narcotrafic, multiplier les inspections et sensibiliser les élèves dans les écoles aux dangers des drogues », a-t-il proposé, plaidant pour une révision des procédures liées aux permis d’armes, des procès rapides et équitables pour les trafiquants, ainsi que le renforcement des centres de désintoxication.

Cette approche ne se limite pas à l’action étatique. Mikati a mis l’accent sur le rôle du tissu social, encourageant une collaboration entre les institutions sécuritaires, la société civile et les organisations non gouvernementales. « Nous devons former des comités mixtes pour surveiller la situation et organiser des ateliers de sensibilisation impliquant les jeunes et les leaders religieux », a-t-il ajouté, voyant dans cette synergie une clé pour endiguer la propagation des drogues et des armes.

Une commission pour des solutions concrètes

À l’issue des débats, une commission a été constituée pour examiner en détail les problèmes liés aux armes et aux stupéfiants. Composée de représentants des autorités spirituelles, des ordres professionnels (médecins, avocats, ingénieurs) et de la maire par intérim Iman al-Rafei, cette entité aura pour mission de produire un rapport complet. Ce document sera présenté lors d’une prochaine réunion élargie, prévue après la fête de l’Aïd al-Fitr, afin de définir des mesures opérationnelles et coordonnées.

Cette initiative reflète une volonté de passer de la parole aux actes, dans une ville où les promesses politiques ont souvent été accueillies avec scepticisme. La diversité des participants – religieux, sécuritaires et civils – témoigne d’une approche inclusive, essentielle dans une région marquée par des fractures communautaires et économiques.

Les voix des leaders : optimisme prudent

Le mufti Mohammad Imam a salué l’initiative, décrivant la réunion comme un effort collectif pour « poser le doigt sur la plaie » et identifier des remèdes viables. « Les discussions ont permis de clarifier les enjeux, notamment sécuritaires, et de tracer une voie pour des solutions pratiques », a-t-il déclaré, soulignant le rôle pivot de la société civile. Selon lui, la commission de suivi jouera un rôle déterminant en coordonnant les efforts entre les ministères, les administrations et les municipalités, tout en mobilisant les citoyens pour un changement tangible.

De son côté, Mgr Youssef Soueif, archevêque maronite, a insisté sur l’urgence des problématiques abordées. « Nous avons approfondi les détails et esquissé des plans exécutifs pour des questions cruciales comme les drogues, qui mènent à la criminalité et à l’insécurité », a-t-il expliqué. Il a mis en avant les causes profondes de ces fléaux – chômage, désœuvrement des jeunes – et appelé l’État à revitaliser les infrastructures locales pour créer des opportunités d’emploi. « Même des initiatives modestes peuvent éloigner les jeunes des dérives sociales », a-t-il ajouté, confiant dans la dynamique impulsée par la commission.

Tripoli au cœur d’une crise nationale

Tripoli, deuxième ville du Liban, souffre de maux amplifiés par la crise économique nationale. Avec une population jeune confrontée à un chômage endémique et une pauvreté touchant plus de 80 % des habitants, la ville est devenue un terrain fertile pour le trafic de drogue et la prolifération des armes. Les incidents sécuritaires, souvent liés à des règlements de comptes ou à des tensions communautaires, ont terni son image de centre culturel et économique du nord.

Najib Mikati, en tant que figure politique issue de Tripoli, porte une responsabilité particulière dans cette lutte. Sa présence à la tête du gouvernement, bien que contestée par certains, lui offre une plateforme pour mobiliser des ressources et coordonner une réponse à ces défis. Cependant, le succès de ces efforts dépendra de la capacité des forces de sécurité à agir efficacement et du soutien des institutions locales, souvent limitées par des budgets restreints et des rivalités politiques.

Un test pour la gouvernance libanaise

Cette réunion s’inscrit dans un contexte plus large de tentative de stabilisation sous le gouvernement actuel. Alors que le Premier ministre Nawaf Salam multiplie les engagements pour relancer l’économie et répondre aux attentes internationales, Tripoli représente un microcosme des défis nationaux : insécurité, désespoir social et méfiance envers les autorités. Les mesures proposées par Mikati – renforcement policier, sensibilisation, création d’emplois – exigent une exécution rapide pour éviter de se perdre dans les méandres bureaucratiques habituels.

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Newsdesk Libnanews
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