Des milliers d’insurgés syriens, dirigés par Hayat Tahrir al-Sham (HTS), ont lancé une offensive majeure cette semaine dans le nord-ouest de la Syrie, atteignant les abords d’Alep, la deuxième plus grande ville du pays. Selon des activistes et des combattants, cette offensive a permis aux rebelles de prendre le contrôle de plusieurs villages et villes stratégiques, marquant une avancée significative depuis leur défaite à Alep en 2016.
Attaques et impact sur Alep
Des projectiles tirés par les insurgés ont frappé les logements étudiants de l’université d’Alep, tuant quatre personnes, dont deux étudiants, a rapporté l’agence de presse officielle syrienne SANA. Les transports publics vers Alep ont été détournés pour éviter les affrontements sur l’autoroute reliant la ville à la capitale, Damas.
Les insurgés ont également avancé vers Saraqeb, dans la province d’Idlib, une ville clé pour assurer les lignes de ravitaillement vers Alep. Ce regain de violence, le plus intense depuis 2020, survient après plusieurs semaines de calme relatif.
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Réaction du gouvernement syrien
Les forces gouvernementales syriennes ont dénoncé une violation flagrante d’un accord de désescalade signé en 2019, qui visait à stabiliser cette dernière enclave de l’opposition. Des frappes aériennes ont été signalées dans les zones rurales d’Alep pour contrer l’avancée rebelle.
Selon des informations locales, les rebelles ont pris le contrôle du quartier du Centre de recherche scientifique, à l’ouest d’Alep, marquant leur position la plus proche de la ville depuis leur éviction de ses quartiers est en 2016. Cette offensive semble avoir pris de court les forces gouvernementales, entraînant des pertes importantes des deux côtés.
Le rôle des acteurs internationaux
Depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011, plusieurs acteurs internationaux jouent un rôle clé dans le conflit. La Russie et l’Iran, alliés du régime syrien, ont aidé le gouvernement à reprendre Alep en 2016 après un siège prolongé. De l’autre côté, la Turquie soutient des factions rebelles et maintient une présence militaire dans certaines zones du nord-ouest du pays. Pendant ce temps, les États-Unis ont concentré leur soutien sur les forces kurdes dans l’est de la Syrie, principalement pour combattre l’État islamique.
L’impact des tensions régionales
Cette offensive rebelle survient alors que des alliés importants du régime syrien, notamment les groupes liés à l’Iran, sont occupés par des conflits internes et régionaux. Depuis septembre, Israël a intensifié ses frappes sur des cibles liées à l’Iran et au Hezbollah en Syrie, ce qui a réduit les capacités de ces groupes à intervenir directement dans les combats en Syrie. Un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah a été annoncé mercredi, le jour même où l’offensive rebelle a commencé.
L’utilisation de drones par les insurgés
Pour la première fois, les insurgés ont utilisé des drones pour soutenir leur avancée, marquant une évolution technologique significative dans leurs tactiques militaires. Les détails sur l’ampleur de l’utilisation de ces drones restent flous, mais cette nouvelle capacité pourrait modifier l’équilibre des forces sur le champ de bataille.
Crise humanitaire et déplacement des populations
La violence a provoqué une nouvelle vague de déplacements massifs, avec des milliers de familles fuyant les zones de conflit. Des organisations humanitaires ont signalé la suspension de plusieurs services essentiels dans la région. Les rebelles ont déclaré que leur offensive vise également à permettre le retour des civils déplacés par les récents bombardements gouvernementaux.



