Les derniers articles

Articles liés

ONU : cibler les infrastructures civiles est « un crime de guerre »

- Advertisement -

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a rappelé mardi que viser délibérément des infrastructures civiles constitue « un crime de guerre », dans une déclaration marquée par une dénonciation de la « rhétorique incendiaire » autour de la guerre au Moyen-Orient. « En vertu du droit international, attaquer délibérément des civils et des infrastructures civiles est un crime de guerre. Toute personne responsable de crimes internationaux doit être traduite en justice par un tribunal compétent », a-t-il affirmé dans un communiqué, sans citer nommément les États-Unis, Israël ou l’Iran.  

Cette mise en garde intervient alors que le conflit déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l’Iran continue de s’étendre, sans signe de désescalade. L’ONU alerte depuis plusieurs semaines sur l’impact du conflit sur les populations civiles et sur les services essentiels. Dès le 10 mars, Volker Türk se disait alarmé par les attaques dans des zones résidentielles et contre des installations de santé, d’éducation, de patrimoine culturel, ainsi que contre les infrastructures d’eau et d’énergie. Le 19 mars, il précisait que les attaques visant des biens civils ou des infrastructures indispensables à la population civile constituaient de graves violations du droit international humanitaire et pouvaient relever du crime de guerre.  

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

Le rappel onusien vise un principe central du droit de la guerre : les biens civils ne peuvent pas être pris pour cible comme tels. Les infrastructures qui assurent l’électricité, l’eau, la circulation ou les soins sont protégées, sauf si elles deviennent des objectifs militaires précis au sens strict du droit international humanitaire. Dans son communiqué du 19 mars, le Haut-Commissariat soulignait que les objets fournissant des services à la population civile ne répondent pas, par nature, à la définition stricte d’objectifs militaires.  

Le Liban déjà concerné par cette mise en garde

Le rappel de Volker Türk résonne aussi directement avec la situation au Liban. Ces dernières semaines, plusieurs infrastructures civiles y ont été touchées par des bombardements israéliens. Le secrétaire général de l’ONU relevait le 31 mars que les dégâts causés à des routes clés de la Békaa, combinés à la destruction de ponts sur le Litani, avaient laissé certaines parties du pays pratiquement isolées. OCHA indiquait le même jour que six des huit ponts situés au sud du Litani avaient été détruits, tandis que d’autres infrastructures vitales restaient sous menace.  

La destruction de plusieurs ponts dans le sud du Liban a également été documentée par la presse internationale. Le Monde rapportait fin mars que les frappes israéliennes sur des ponts du Litani avaient piégé des civils dans la région de Tyr et entravé l’acheminement de l’aide ainsi que les déplacements quotidiens. Le même journal soulignait début avril que l’offensive israélienne avait endommagé des infrastructures clés dans le cadre de son avancée vers une zone de sécurité au sud du Liban.  

Au-delà des ponts et des routes, les structures de santé ont elles aussi été touchées. Associated Press rapportait le 20 mars qu’une frappe israélienne avait visé un centre de santé lié au Hezbollah dans le sud du Liban, tuant 12 travailleurs médicaux. D’autres médias ont depuis documenté une multiplication des attaques contre le personnel de secours et les établissements médicaux.  

Une déclaration qui intervient sur fond d’escalade régionale

La déclaration de Volker Türk survient alors que les menaces contre les infrastructures civiles ont pris une place croissante dans le conflit. Ces derniers jours, plusieurs médias internationaux ont rapporté que Donald Trump avait menacé l’Iran de frappes contre ses ponts et ses centrales électriques si Téhéran ne se conformait pas à son ultimatum. Dans le même temps, des frappes ont été signalées contre des infrastructures de transport et des sites énergétiques en Iran, tandis que la guerre continue de produire des effets en chaîne au Liban, en Israël et dans le Golfe.  

L’ONU insiste depuis plusieurs semaines sur les conséquences régionales de cette logique de guerre contre les systèmes vitaux. Volker Türk avait déjà averti, le 10 mars, que l’impact du conflit sur les civils se répercutait bien au-delà des lignes de front, notamment à travers les atteintes à l’eau, à l’énergie et aux services publics. Son rappel de mardi replace donc la crise actuelle dans un cadre juridique clair, au moment où les cibles civiles et les infrastructures essentielles occupent une place de plus en plus visible dans les opérations militaires et dans les discours des responsables politiques.  

Au Liban, où les ponts du Litani, les routes de la Békaa et des structures médicales ont déjà été touchés, cette mise au point des Nations unies prend une portée concrète. Elle rappelle que la guerre ne se mesure pas seulement au nombre de morts ou à l’étendue des destructions, mais aussi à la nature des cibles visées. Et sur ce point, le message du Haut-Commissaire est sans ambiguïté : frapper délibérément les infrastructures civiles relève du crime de guerre.  

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi