Dans le monde, les grandes puissances cherchent à sauvegarder et à étendre leurs territoires respectifs. En filigrane pour la région du Moyen Orient, les richesses pétrolières, leur position stratégique, le choix de leurs interlocuteurs ainsi que la protection dâIsraël.
Il sâagit dâun rapport de force qui sâexerce économiquement à un niveau mondial mais aussi militairement entre les puissances régionales.
La situation politique instable de lâAfrique du Nord, de la région su Sahel et la présence dâAl- Qaïda du Maghreb Islamique (AQMI) ou de ses cousins, de lâAfrique de lâOuest ainsi que la corne de lâAfrique ajoutée à la porosité de leurs frontières, laissent présager des préparatifs pour, sinon des interventions militaires, du moins une influence politique, économique et militaire grandissante.
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
Nous savons que les USA veulent, et se donnent les moyens pour, garder cette suprématie acquise depuis la fin de la guerre froide, à la fin des années 1980.
A terme, ils seront obligés de passer de lâexclusivité absolue à lâéchelle mondiale (après sâêtre appuyés sur lâEurope, traduite sur le terrain par les différentes invasions de pays de la région avec de fausses bonnes raisons), à lâarrêt de cette progression militairement influente et le nécessaire partage des richesses pour les nouvelles puissances qui cherchent, elles aussi, à sâen emparer.
Comment sâopère ce partage, quels moyens seront utilisés pour que chacun étende son influence, sây prendront-ils différemment que pendant la guerre froide avec la « logique atomique » dissuasive à grande échelle et en multipliant les soupapes à travers des conflits locaux pour que les idées sous tendues de violence, sâexpriment et laissent en paix les grandes puissances ?
Les pays du Moyen Orient et de lâAfrique seront-ils à nouveau sacrifiés sur lâautel du cynisme et de lâégoïsme, ne tenant aucun compte de toute idée de liberté, de démocratie et dâautodétermination ? Dâailleurs, en ont-ils conscience ?
Touchera-t-on aux frontières des Etats, pour en créer dâautres, basées sur une logique de partitions ethniques ou communautaires spécialement autour des richesses dans le seul but de les exploiter ou autour dâIsraël plus conforme à lâidée que cet Etat se fait dâun Etat-Nation ?
Quel rôle peut continuer à jouer lâONU, continuera-t-elle à se comporter comme le vassal de la superpuissance en « légalisant » des actes totalement illégaux, contraires à la notion même de droits de lâhomme et du citoyen ?
Toutes ces questions reflètent de vraies interrogations quant à lâavenir de cette région du monde qui semble plus tourmentée que jamais spécialement durant la période que nous traversons.
Période largement dérivée du début des années 1990, qui a vu les évènements de septembre 2001 et les interrogations quâils continuent à susciter.
Intriqués, beaucoup de facteurs semblent intervenir pour expliquer la complexité des évènements actuels et à venir.
Décortiquer et expliciter ces facteurs, établir les liens entre eux, entrevoir la logique qui les anime permettra de comprendre le « jeu stratégique » auquel on fait appel pour asseoir ses intérêts.
Les médias jouent-ils un rôle fondamental pour véhiculer les informations officielles ?
Comment le journaliste, à la base libre et souvent inconnu, se transforme-t-il en un agent de communication, connu, au service de lâEtat par lâintermédiaire de lâorgane médiatique qui lâemploie ?
Lâopinion publique, malléable à outrance, représente moins de poids que ce que lâon veut bien lui donner. Elle est préoccupée par son quotidien, coincée entre crise économique, précarité de lâemploi et chômage.
Elle est tenue au courant par les nombreux moyens dâinformation.
Tous acquis à une seule et même source dâinterprétation : lâofficielle. Elle est parfaitement décortiquée et travaillée, nâattendant que le bon moment où lâopinion publique, stressée, incapable de réfléchir et de critiquer, est prête pour un gobage méthodique.
â La Libye nâa pas de frontière avec Israël, la Syrie si. La Syrie a nettement moins de réserves pétrolières que la Libye. Ces deux caractéristiques expliquent lâévolution différente des évènements dans ces deux pays.
Aujourdâhui, la Libye post Kadhafi est conforme à ce quâa voulu en faire lâOTAN.
En y regardant de plus près, câest AQMI ou son équivalent qui est au pouvoir (Gouverneur de Tripoli). Il sâagit de fondamentalistes dont lâOccident paraît sâaccommoder, voire pousse pour les mettre en place, comme ce quâil avait fait pendant une quarantaine dâannées avec les différents dictateurs de la région.
â En Syrie lâon voudrait que ce soit la même logique qui sâapplique.
Alain Juppé, pour ne parler que du Ministre français des affaires étrangères pousse pour que le régime de Bachar El Assad soit renversé et appliquer la même logique quâen Libye.
Mais la Syrie nâest pas la Libye.
La Syrie est lâalliée de la Russie et de la Chine sur le plan des influences militaire, diplomatique et stratégique.
â Le Liban sur le plan sécuritaire paraît stable depuis lâattaque menée, avec le feu vert américain en 2006, dâIsraël contre le Hezbollah et le Liban. Plusieurs tentatives de déstabilisations paraissent toutes avoir, à ce jour, échouées (Nahr el Bared (Armée / Salafistes), Mai 2008 débouchant sur lâélection du Président (essai de guerre civile dans les rues de Beyrouth), le Tribunal Spécial pour le Liban (TSL) essayant sans succès de prouver lâimplication du Hezbollah dans les assassinats perpétrés au Liban depuis 2004).
Les tentatives de déstabilisation du pays des cèdres nâont pas cessé pour autant.
Si le Liban ne sait pas se protéger, lâévolution des évènements en Syrie aura, à nâen point douter, des répercussions sur sa stabilité.
Que Bachar reste en place ou quâil soit renversé, que les opposants « syriens » soient des démocrates ou de purs terroristes employés par des puissances régionales comme le Qatar ou lâArabie Saoudite dans le seul but de provoquer la désolation et le chaos, la répercussion au Liban est inéluctable.
Paradoxalement, vu de lâextérieur, pour celui qui veut dépasser les versions officielles, le combat pour la liberté ne paraît pas être loyalement mené par les puissances occidentales.
Celles-ci paraissent englouties dans des compromissions telles, que seuls les fausses déclarations officielles, les mensonges globaux (à lâinstar de ce quâa produit Colin Powell, ancien Secrétaire dâEtat américain  à la défense sous lâère Bush, comme fausses preuves pour lancer son pays dans sa guerre désastreuse contre lâIrak) et la censure semblent les prémunir contre la réalité des faits (ceux qui se sont réellement produits).
Mais pour combien de temps ?
Sâagit-il dâun combat pour la démocratie monsieur Bernard Henri Levy, monsieur  Alain Juppé, monsieur Nicolas Sarkozy pour ne parler que des protecteurs français de lâ « opposition syrienne » ?
Ne sâagit-il pas dâun stratagème différent pour en finir avec le Hezbollah, formé de « représentants de lâIran » aux portes dâIsraël ?
Oublie-t-on quâil sâagit là , de libanais qui défendent leur terre face à un envahisseur ? Celui-ci nâa toujours pas fini de définir ses frontières tellement son appétit est grand pour créer le Grand Israël sur le dos des libanais, syriens, jordaniens, égyptiens mais surtout sur le dos des palestiniens.
Ne sâagit-il pas plutôt dâun stratagème différent pour couper les arrières du Hezbollah au Liban, en renversant le régime syrien afin dâatteindre lâIran et y renverser le régime ?
Je pense que la méthode employée par les occidentaux pour arriver à leurs fins est effrayante. Commencée bien avant le 11 septembre 2001 pour investir le grand Moyen Orient afin de mettre la main sur lâénergie pétrolière, faire disparaître les ennemis de la politique israélienne et éviter de trouver une solution viable pour le peuple palestinien.
Une nouvelle tromperie pour ces populations arabes déjà éprouvées par dâautres mensonges des puissances coloniales, dont celui de la non création dâun territoire palestinien viable, ne pourra être que mal vécue.
Comment sâexprimera la réponse de la population arabe face à un tel plan mené par les « défenseurs des droits de lâhomme »  dans une région assoiffée de droit, de justice et de paix ?
Nul ne le sait, mais les occidentaux doivent savoir quâen agissant de la sorte localement, ils sèment la mort et surtout la haine. Celle-ci ne restera pas cantonnée éternellement. Elle sâexportera et se retournera, sans possibilité de canalisation, contre lâOccident et ses représentants locaux et ce dâune manière brutale et imprévisible.
Dr Riad JREIGE
Montpellier â France
Avril 2012




