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Pourquoi le projet de fibre optique au Liban est-il toujours bloqué ?

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Le déploiement de la fibre optique au Liban est un dossier qui traîne depuis plus d’une décennie. Alors que plusieurs pays voisins ont déjà basculé vers des infrastructures télécoms modernes, offrant des vitesses de connexion dépassant 1 Gbps, le Liban reste englué dans un réseau obsolète, dépendant en grande partie de câbles en cuivre installés dans les années 1990.

Le projet national de fibre optique, censé moderniser l’accès à Internet et améliorer la connectivité du pays, a été annoncé en 2017, mais il n’a jamais été mis en œuvre à grande échelle. Moins de 15 % du territoire libanais est aujourd’hui couvert par la fibre optique, principalement dans les quartiers d’affaires et les zones urbaines privilégiées.

Entre manque de financements, blocages administratifs et luttes politiques, les obstacles sont nombreux et empêchent tout déploiement à grande échelle.

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Un projet annoncé, mais jamais concrétisé

En 2017, le ministère des Télécommunications annonçait un plan ambitieux de 300 millions de dollars pour déployer la fibre optique dans tout le pays d’ici 2022. L’objectif était de fournir un Internet à haut débit accessible à tous, avec des vitesses de connexion supérieures à 100 Mbps, contre moins de 10 Mbps en moyenne aujourd’hui.

Cependant, aucune avancée significative n’a été enregistrée depuis l’annonce du projet, à l’exception de quelques initiatives limitées à certaines grandes entreprises et centres gouvernementaux.

Le projet, qui devait être réalisé en plusieurs phases, a été suspendu en 2019, officiellement en raison de la crise économique et du manque de liquidités. Toutefois, des fonds avaient pourtant été alloués, mais ils ont été détournés ou mal gérés.

Un financement inexistant et des priorités budgétaires biaisées

Le principal frein au déploiement de la fibre optique est le manque de financements. La crise économique qui frappe le Liban depuis 2019 a entraîné une réduction drastique des investissements publics.

Alors que le projet nécessitait une enveloppe initiale de 300 millions de dollars, le gouvernement n’a jamais réussi à sécuriser plus de 30 % de cette somme, rendant impossible la mise en place d’un réseau national cohérent.

Les fonds alloués au projet ont été redirigés vers d’autres secteurs jugés plus prioritaires, notamment le financement des services essentiels et la gestion des dettes de l’État.

Par ailleurs, des entreprises privées étaient prêtes à investir dans le projet, mais elles ont été bloquées par des réglementations gouvernementales strictes, empêchant toute alternative concurrentielle à l’opérateur public.

L’opposition des acteurs traditionnels des télécoms

Le marché des télécommunications au Liban est dominé par des intérêts puissants, qui voient l’arrivée de la fibre optique comme une menace à leur monopole.

Plusieurs figures influentes du secteur des télécoms ont freiné l’avancée du projet, en partie pour préserver leurs intérêts commerciaux.

  • L’opérateur public, qui détient le monopole des télécommunications fixes, a tardé à mettre en place les infrastructures nécessaires.
  • Les fournisseurs d’accès à Internet existants, qui exploitent des technologies vétustes, n’ont aucun intérêt à investir dans une modernisation coûteuse sans garanties de rentabilité.
  • Le ministère des Télécommunications, dont la gestion est souvent politisée, a été incapable de mettre en place une feuille de route claire pour accélérer le projet.

Le manque de volonté politique et l’absence de coordination entre ces acteurs ont empêché toute avancée notable.

Des blocages administratifs et bureaucratiques

Même lorsqu’il y avait une volonté d’accélérer le déploiement de la fibre optique, les lourdeurs administratives et la bureaucratie libanaise ont ralenti tout processus.

Plus de 50 % des projets de télécommunications en attente au Liban sont bloqués par des procédures administratives complexes.

  • Obtention des autorisations pour creuser les routes et poser la fibre optique.
  • Conflits entre les municipalités et le gouvernement central sur la gestion des infrastructures.
  • Absence de régulations claires sur la répartition des coûts et des revenus liés à l’installation du réseau.

Ces complications ont retardé encore plus le projet, le laissant en suspens malgré les demandes urgentes des citoyens et des entreprises.

Un impact désastreux sur l’économie et la compétitivité du pays

L’absence de fibre optique maintient le Liban à la traîne en matière de développement numérique, affectant directement les entreprises, les travailleurs et les étudiants.

Plus de 80 % des entreprises libanaises estiment que l’absence d’un Internet stable et rapide freine leur croissance.

  • Les start-ups ne peuvent pas se développer et attirer des investisseurs sans une connexion fiable.
  • Les freelances et travailleurs à distance subissent des interruptions fréquentes, réduisant leur productivité.
  • Les entreprises étrangères hésitent à s’implanter au Liban en raison des infrastructures numériques obsolètes.

Dans un monde où la connectivité est essentielle, le retard du Liban sur ce point handicape gravement son avenir économique.

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Newsdesk Libnanews
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