Lors d’une réunion avec la commission politique de son parti, le président du Courant patriotique libre, le député Gibran Bassil, a dénoncé des attaques médiatiques ciblant son mouvement. Il a annoncé des actions judiciaires contre ceux qui, selon lui, ont « violé [leur] dignité, sali [leur] réputation et diffusé des mensonges dégoûtants ». Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de tensions politiques et de débats intenses autour des réfugiés syriens et des relations libano-syriennes.
Médias et justice : le CPL contre-attaque
Gibran Bassil a explicitement pointé du doigt plusieurs stations de télévision, émissions et journalistes qui, selon lui, ont « fabriqué des histoires » visant à nuire à l’image de son mouvement. Il a affirmé : « Nous ne tolérerons aucun harcèlement ou diffamation à notre encontre. » Pour contrer ces pratiques, le chef du CPL a confié à son comité d’avocats la tâche d’engager des poursuites légales.
En parallèle, Bassil a invité les individus concernés, qu’ils soient journalistes ou politiciens, à présenter des excuses publiques ou à reconnaître leurs torts. « Si cette démarche n’est pas faite, nous porterons plainte, comme nous l’avons déjà fait contre un animateur de télévision », a-t-il déclaré.
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La question des disparus : un combat du CPL
Sur un autre front, Bassil a défendu l’héritage de son parti concernant la question des personnes disparues durant la guerre civile libanaise et les conflits liés à la Syrie. « Nous avons été les seuls à affronter tous les camps sur ce sujet. Nous avons même inclus cette question dans la déclaration ministérielle du premier gouvernement auquel nous avons participé », a-t-il expliqué. Selon lui, des allégations trompeuses ont été formulées pour impliquer le CPL dans des affaires liées à des disparus retrouvés en Syrie, ce qu’il rejette fermement.
Il a également clarifié la position de son mouvement sur la défense nationale : « Nous avons été les seuls à proposer une stratégie de défense, malgré les tentatives de nous associer à l’armement du Hezbollah. »
Réfugiés syriens : vers un retour forcé ?
La situation des réfugiés syriens au Liban a également été au centre des déclarations de Bassil. Le député estime que les raisons de leur maintien au Liban « auraient dû disparaître avec la chute du régime syrien ». Il a plaidé pour la levée des sanctions internationales contre la Syrie, afin de faciliter la reconstruction du pays et de permettre aux Syriens, ainsi qu’aux Libanais, de trouver du travail sur place.
Dans cette optique, Bassil a révélé qu’un projet de loi est en cours de préparation. Ce texte vise à imposer le retour immédiat des réfugiés syriens et à interdire l’entrée de nouveaux réfugiés au Liban. Il a appelé le gouvernement à rapatrier les réfugiés dont la présence au Liban n’est plus justifiée. Ce discours reflète une posture politique ferme et alignée avec les préoccupations d’une partie de l’opinion publique libanaise, excédée par la pression économique et sociale liée à l’afflux de réfugiés.
Des relations délicates avec la Syrie
Sur la question des relations libano-syriennes, Bassil a évoqué le statut des fermes de Chebaa, une zone revendiquée par le Liban mais sous contrôle israélien. « Les fermes de Chebaa sont libanaises, et cette question relève de la souveraineté nationale », a-t-il affirmé. Il a exhorté le nouveau régime syrien à reconnaître officiellement la libanité de cette région. « Nous ne donnerons pas de cadeaux au nouveau régime syrien ; notre rôle est d’obtenir nos droits de sa part », a-t-il ajouté.
Appels à la paix et au progrès
Enfin, tout en se montrant critique vis-à-vis de certaines positions politiques internes, Bassil a exprimé ses espoirs pour l’avenir de la Syrie et ses répercussions positives sur le Liban. « Nous souhaitons à la Syrie la paix et la liberté, et nous espérons que ces évolutions profiteront à la stabilité et à la prospérité du Liban », a-t-il déclaré. Il a toutefois mis en garde contre toute attitude discriminatoire à l’encontre des composantes libanaises sur fond de crise syrienne.



