Les tensions au Proche-Orient dominent la couverture médiatique libanaise en ce 2 octobre 2025. Plusieurs quotidiens relaient les déclarations du président américain Donald Trump, qui a exprimé son soutien à l’émirat du Qatar dans le cadre d’une réaffirmation d’un partenariat stratégique. Al Liwa’ (02/10/2025) publie un long compte-rendu du discours du président américain, prononcé la veille, dans lequel il évoque la stabilité régionale, la sécurité collective, et les intérêts communs face aux menaces. Il y est question d’un renforcement de la coopération militaire entre Washington et Doha, et d’une volonté conjointe de maintenir une « paix durable » dans la région du Golfe.
Ce message survient alors que la situation reste tendue au Liban-Sud. Al Bina’ (02/10/2025) signale une série de violations israéliennes de l’espace aérien libanais, observées au-dessus de Marjayoun et Nabatieh. Le quotidien cite des sources militaires selon lesquelles ces survols se sont intensifiés au cours des 48 dernières heures, suscitant des protestations officielles adressées à la FINUL. Ces incursions s’ajoutent à une série d’épisodes similaires constatés au cours du mois de septembre, accentuant les inquiétudes quant à une éventuelle escalade dans la zone frontalière.
Mobilisation en soutien à Gaza et tensions autour des convois humanitaires
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Toujours dans le contexte régional, Al Sharq Al Awsat (02/10/2025) consacre sa une à l’envoi d’un nouveau convoi maritime en direction de la bande de Gaza, dans le but de briser le blocus israélien. Le journal rapporte que plusieurs ONG ont affrété des navires transportant des médicaments, des équipements médicaux et de la nourriture. Selon les organisateurs cités par le journal, ce convoi s’inscrit dans une campagne de solidarité internationale contre les restrictions imposées à Gaza.
Al Akhbar (02/10/2025) mentionne également cette initiative, tout en notant que les autorités israéliennes ont immédiatement déclaré que toute tentative d’atteindre la bande côtière sans autorisation serait « interceptée ». Le quotidien libanais rappelle que de précédents convois avaient été bloqués en haute mer, entraînant des tensions diplomatiques avec plusieurs pays européens.
Prolongation des déploiements sécuritaires dans la capitale
Sur le plan intérieur, la sécurité reste un sujet de préoccupation. Nahar (02/10/2025) rapporte la prolongation des mesures de contrôle dans plusieurs quartiers de Beyrouth, notamment dans les zones proches des ministères et des représentations diplomatiques. Le journal évoque un « état de vigilance élevé » décrété par les services de renseignement, sans toutefois indiquer de menace spécifique.
Dans le même registre, Ad Diyar (02/10/2025) revient sur les efforts de la Direction générale des forces de sécurité intérieure pour contenir les vols à main armée, en augmentation notable dans la banlieue sud de la capitale. Le quotidien cite une note interne, selon laquelle les incidents ont doublé depuis le début de l’année, justifiant le renforcement du dispositif policier.
Crise des réfugiés syriens : les tensions persistent dans le Akkar
Al Arabi Al Jadid (02/10/2025) met en lumière l’exaspération croissante des habitants d’Akkar face à la présence prolongée des réfugiés syriens. Le journal cite plusieurs responsables municipaux affirmant que les infrastructures locales ne peuvent plus supporter la pression démographique exercée par ces populations déplacées. Une manifestation a eu lieu la veille dans le village de Tikrit, rassemblant plusieurs dizaines de personnes appelant au retour « immédiat et sécurisé » des réfugiés vers les régions frontalières syriennes.
Ce climat de tension est également évoqué dans Al Sharq (02/10/2025), qui rapporte les propos d’un responsable sécuritaire estimant que la cohabitation risque de devenir explosive en l’absence d’un plan gouvernemental clair. Le quotidien mentionne aussi des frictions entre jeunes Libanais et Syriens dans plusieurs localités rurales, sans incidents graves pour l’instant, mais avec un niveau de tension croissant.
Pressions économiques et manifestations de fonctionnaires
L’asphyxie économique reste omniprésente dans la couverture médiatique. Nida’ Al Watan (02/10/2025) décrit la colère des fonctionnaires qui réclament le versement de salaires bloqués depuis deux mois. Le journal rapporte qu’un sit-in a été organisé devant le ministère des Finances à Beyrouth, où des enseignants, des employés municipaux et des agents de la fonction publique ont scandé des slogans dénonçant l’inaction des autorités.
Dans un reportage publié par Al Akhbar (02/10/2025), plusieurs fonctionnaires témoignent de leur incapacité à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires, en raison de la dépréciation de la livre libanaise. Une employée du ministère de l’Éducation y affirme que son salaire mensuel « ne couvre même plus les frais de transport », tandis qu’un retraité déclare avoir dû interrompre ses traitements médicaux faute de budget.
Activisme diplomatique libanais sur la scène arabe
En matière de relations extérieures, Al Bina’ (02/10/2025) fait état d’un échange entre le ministre des Affaires étrangères libanais et ses homologues arabes, en marge d’une réunion préparatoire à la prochaine conférence des ministres arabes de l’Éducation. L’article souligne que le Liban a demandé à bénéficier d’un soutien technique pour relancer les établissements scolaires publics, affectés par le manque de moyens et la fuite des enseignants qualifiés.
Al Sharq (02/10/2025) mentionne quant à lui une série de rencontres bilatérales entre des diplomates libanais et leurs homologues du Golfe, dans l’objectif d’attirer de nouveaux investissements dans le secteur énergétique. Le quotidien ne précise pas si des engagements fermes ont été pris, mais indique que les négociations se poursuivent en vue de conclure des protocoles d’accord avant la fin de l’année.
Politique locale : tensions institutionnelles, incertitudes municipales et crispations communautaires
Les journaux libanais du 2 octobre 2025 rapportent une atmosphère politique intérieure marquée par des tensions persistantes, notamment autour de la gouvernance locale, de la gestion des services publics, et des préoccupations sécuritaires dans certaines zones à forte densité démographique.
Crise dans les municipalités du Nord : accusations de clientélisme et dysfonctionnements budgétaires
Selon Al Akhbar (02/10/2025), plusieurs municipalités de la région de Denniyeh font face à une crise financière sévère. Le journal souligne que l’administration locale de Bechennine n’a pas pu verser les salaires des employés municipaux depuis trois mois, faute de transfert de fonds du ministère de l’Intérieur. Le président de la municipalité, cité par le quotidien, accuse le ministère de pratiques discriminatoires dans la répartition des aides publiques, insinuant des motivations politiques. Il affirme que « certaines municipalités proches de figures gouvernementales continuent de recevoir des subventions régulières alors que d’autres sont délaissées sans justification ».
Al Joumhouriyat (02/10/2025) complète cette information en rapportant les propos d’un conseiller technique du ministère de l’Intérieur, lequel affirme que les retards sont dus à des erreurs dans la comptabilité des communes elles-mêmes. Il indique que « la majorité des municipalités n’ont pas encore soumis leurs bilans annuels de 2024, condition pourtant indispensable au transfert de toute aide budgétaire ».
Manifestations à Saïda contre la coupure de l’eau et de l’électricité
La ville de Saïda a été le théâtre de protestations de résidents dénonçant les longues coupures d’eau et d’électricité. Nahar (02/10/2025) rapporte qu’une centaine de personnes ont bloqué l’entrée de la branche locale de l’Office des Eaux du Sud, exigeant une réparation urgente des réseaux de distribution. Les manifestants accusent les autorités locales de négligence et pointent du doigt l’absence de coordination entre la municipalité et les opérateurs de maintenance. L’un des organisateurs de la mobilisation a déclaré : « Ce n’est pas la première fois que nous subissons cinq jours consécutifs sans eau ; nous sommes livrés à nous-mêmes depuis des années. »
De son côté, Al Sharq (02/10/2025) cite une source au sein de la municipalité de Saïda qui affirme que la défaillance provient d’une panne d’alimentation électrique au niveau de la station de pompage principale, amplifiée par le manque de fuel et l’arrêt prolongé des générateurs. Le journal souligne que cette situation s’est répétée à plusieurs reprises au cours de l’année, sans solution structurelle.
Multiplication des tensions communautaires à Bourj Hammoud
Ad Diyar (02/10/2025) rapporte une série d’incidents dans le quartier de Bourj Hammoud, où des accrochages ont eu lieu entre groupes de jeunes appartenant à différentes communautés. Le journal évoque notamment des affrontements verbaux ayant dégénéré en jets de pierres entre habitants d’origine arménienne et jeunes déplacés installés récemment dans la zone. Les forces de sécurité sont intervenues pour rétablir l’ordre. Un responsable associatif cité par le quotidien alerte sur « une montée préoccupante des tensions identitaires dans les quartiers populaires densément peuplés », appelant à une médiation locale pour éviter une aggravation.
Al Liwa’ (02/10/2025) rapporte que la municipalité de Bourj Hammoud a tenu une réunion de crise avec des représentants des associations locales. Un communiqué publié en fin de journée affirme que « des mesures seront prises pour prévenir toute répétition de ce type d’incident, notamment en renforçant les patrouilles de nuit et en sensibilisant les jeunes à la coexistence pacifique ».
Soutien au président Joseph Aoun dans les régions chrétiennes
Selon Al Bina’ (02/10/2025), plusieurs figures locales proches de l’ex-président Michel Aoun ont renouvelé leur soutien au président Joseph Aoun, saluant sa gestion « mesurée et responsable » des affaires nationales. Le journal mentionne une réunion organisée à Jezzine, au cours de laquelle plusieurs notables maronites ont exprimé leur satisfaction quant à la position « équilibrée » du chef de l’État face aux tensions régionales. Un ancien député cité par le journal souligne que « Joseph Aoun agit avec retenue dans un contexte délicat, ce qui lui permet de préserver l’unité nationale malgré les défis ».
Al Sharq Al Awsat (02/10/2025) apporte un éclairage différent, en soulignant que ce soutien local ne fait pas l’unanimité. Le quotidien note que certains groupes chrétiens reprochent au président une forme d’inaction face à la dégradation des conditions de vie dans les régions de montagne. Une militante associative de Bécharré déclare : « Nos villages s’appauvrissent, les jeunes partent, et l’État ne fait rien pour soutenir l’économie locale. »
Interventions sécuritaires dans la Békaa et circulation d’armes légères
Al Arabi Al Jadid (02/10/2025) se penche sur les opérations sécuritaires menées dans la région de Baalbek-Hermel. Le journal rapporte l’arrestation de deux individus soupçonnés de trafic d’armes légères dans le secteur de Laboué. Selon des sources sécuritaires, une importante quantité de fusils et de munitions a été saisie. L’opération, menée conjointement par les Forces de sécurité intérieure et l’armée, s’inscrit dans le cadre d’un plan national de désarmement des zones tribales.
Dans le même temps, Al Quds (02/10/2025) fait état d’une opération similaire à Taanayel, où des miliciens auraient été surpris en train de s’entraîner dans une ferme isolée. Le journal mentionne que les autorités soupçonnent l’existence d’un réseau d’approvisionnement parallèle opérant entre le Hermel et le sud de la plaine de la Békaa.
Réactions politiques à la crise économique et accusations de corruption
Al Sharq (02/10/2025) consacre un article à la déclaration d’un député sunnite de Beyrouth, qui accuse le ministère des Travaux publics d’avoir « détourné les appels d’offres » pour la réhabilitation du port de Tripoli. L’élu affirme détenir des documents prouvant l’attribution irrégulière de contrats à des entreprises liées à des partis politiques. Il annonce avoir saisi la commission parlementaire de supervision.
Al Akhbar (02/10/2025) revient sur ces déclarations en rappelant que la reconstruction du port de Tripoli est l’un des dossiers les plus sensibles du moment, en raison des intérêts économiques qu’il concentre et de l’implication potentielle de groupes politiques dans les appels d’offres. Le journal cite un analyste politique selon lequel « le dossier du port pourrait provoquer une nouvelle crise intergouvernementale si les accusations de corruption se confirmaient ».
Citation et discours des personnalités politiques : dénonciations, mises en garde et positionnements stratégiques
Les prises de parole des figures politiques libanaises se sont multipliées ce 2 octobre 2025, dans un climat tendu marqué par la dégradation des conditions de vie, l’insécurité dans plusieurs régions et la détérioration des institutions locales. Plusieurs déclarations ont retenu l’attention de la presse nationale, traduisant les tensions croissantes entre les camps politiques.
Naim Kassem critique les politiques économiques et accuse les banques
Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, a accusé les grandes institutions financières du pays d’être responsables de l’effondrement de l’économie nationale. Selon Al Akhbar (02/10/2025), il a déclaré lors d’un discours à Baalbek : « Les banques libanaises ont accumulé les profits sur le dos des déposants, puis se sont dérobées de leurs responsabilités lorsque la crise a éclaté ». Il a dénoncé le rôle passif de la Banque du Liban et exigé « la restitution intégrale des fonds spoliés aux citoyens ».
Al Bina’ (02/10/2025) complète ses propos en rapportant que Naim Kassem a aussi mis en garde contre toute tentative de restructuration bancaire qui ignorerait les droits des épargnants. Il a affirmé : « Quiconque tentera d’absoudre les banques devra faire face à notre opposition. » Le journal souligne que ces propos ont été applaudis par de nombreux partisans, dans une atmosphère tendue.
Sami Gemayel interpelle le président sur la sécurité des réfugiés syriens
Lors d’un point presse à Bikfaya, le député et chef du Kataëb, Sami Gemayel, a mis en cause la politique migratoire actuelle du gouvernement, affirmant que « le maintien prolongé des réfugiés syriens sur le territoire libanais menace l’équilibre national et social ». Nida’ Al Watan (02/10/2025) le cite affirmant : « Le président Joseph Aoun ne peut plus se contenter de discours vagues sur la souveraineté, il doit agir fermement pour organiser le retour progressif des réfugiés ».
Dans un ton plus modéré, il ajoute : « Nous comprenons les obligations humanitaires, mais ces considérations ne doivent pas se faire au détriment de la dignité du peuple libanais. » Al Joumhouriyat (02/10/2025) rapporte que Gemayel a par ailleurs interpellé le Premier ministre Nawaf Salam pour que celui-ci convoque une réunion d’urgence sur la question.
Walid Joumblatt prône la retenue et dénonce les provocations politiques
Ad Diyar (02/10/2025) publie des extraits d’une déclaration écrite de l’ancien député Walid Joumblatt, dans laquelle il appelle à la « sagesse et à la désescalade », en réponse aux tensions politiques croissantes. Il y affirme : « Le Liban ne peut se permettre un nouveau cycle de confrontations verbales entre les blocs parlementaires. Ce pays a besoin de solutions, pas de slogans. »
Joumblatt évoque également la crise sociale, insistant sur la nécessité de restaurer la confiance des citoyens dans leurs institutions. Il conclut : « Le rôle de la classe politique n’est pas de polariser davantage, mais d’offrir une voie de sortie à notre peuple. »
Jean Talouzian accuse des partis de sabotage économique
Le député Jean Talouzian, affilié au bloc des Forces libanaises, a pris la parole à l’issue d’une session parlementaire consacrée aux finances publiques. Al Sharq (02/10/2025) rapporte qu’il a dénoncé « des manipulations politiques visant à empêcher le déblocage d’aides budgétaires essentielles au fonctionnement des administrations locales ». Selon lui, « certains partis utilisent l’appareil étatique pour exercer des représailles contre des municipalités perçues comme opposées ».
Il a également déclaré que « le peuple libanais n’a plus les moyens de supporter ces jeux de pouvoir », appelant à une réforme des procédures d’allocation budgétaire. Al Liwa’ (02/10/2025) ajoute qu’il a promis de soumettre un projet de loi pour rendre plus transparentes les affectations budgétaires locales.
Bachir Matar : la Békaa est abandonnée par l’État
Le président du conseil municipal de Hermel, Bachir Matar, a tenu une conférence de presse relayée par Al Arabi Al Jadid (02/10/2025), au cours de laquelle il a critiqué le « désengagement total de l’État dans la région de la Békaa ». Il a affirmé : « Ni les forces de sécurité ni les infrastructures ne reçoivent le moindre soutien. Nos routes sont défoncées, nos écoles sous-équipées, et l’État est aux abonnés absents. »
Il a également demandé que « les recettes fiscales de la région soient réinvesties localement », ajoutant que « la population ne tolérera pas longtemps cette marginalisation ». Al Bina’ (02/10/2025) précise que cette déclaration intervient après plusieurs jours de protestations d’agriculteurs dans la région.
Hassan Mrad met en garde contre l’instrumentalisation de la justice
Le député Hassan Mrad, membre du bloc de l’Unité nationale, a dénoncé, selon Al Akhbar (02/10/2025), « la tendance inquiétante à instrumentaliser la justice à des fins de règlement de comptes politiques ». Il cite en exemple des procédures judiciaires engagées contre des fonctionnaires de son camp, qu’il estime sélectives.
Il a ajouté : « La justice ne doit pas devenir une arme dans les mains d’un pouvoir en quête de vengeance. » Ad Diyar(02/10/2025) rapporte également ses propos sur la nécessité de réformer en profondeur le Conseil supérieur de la magistrature, qu’il juge « soumis à des influences extérieures et partisanes ».
Propos de Joseph Aoun sur la stabilité et la neutralité
Lors d’une réception diplomatique au Palais de Baabda, le président Joseph Aoun a tenu un discours concis, largement relayé par Nahar (02/10/2025). Il y déclare : « Le Liban reste engagé sur la voie de la stabilité régionale, dans le respect de ses obligations internationales et du principe de neutralité active. »
Le chef de l’État a par ailleurs appelé les Libanais à « faire preuve d’unité et de résilience », estimant que « la complexité de la situation actuelle nécessite une mobilisation collective des institutions et des citoyens ». Il a également rappelé son attachement au « dialogue interlibanais, comme unique méthode de sortie de crise ».
Économie : situation financière, salaires et perspectives institutionnelles
Dans son édition du 2 octobre 2025, Al Akhbar consacre une large place à la situation salariale des fonctionnaires, aux débats sur la fiscalité et à la gestion du secteur public dans un contexte de tensions sociales croissantes. Plusieurs autres titres comme Ad Diyar et Al Bina’ abordent quant à eux des dynamiques structurelles liées à l’administration et à la crise économique persistante, mettant en lumière des retards budgétaires et des problématiques de gouvernance.
Blocage des salaires et revendications dans la fonction publique
Al Akhbar (2 octobre 2025) revient longuement sur la crise des salaires qui touche les employés de la fonction publique. D’après le journal, des retards dans le versement des rémunérations sont observés depuis plusieurs semaines, notamment dans les ministères de l’Éducation, de la Justice et des Finances. Plusieurs syndicats ont exprimé leur indignation face à cette situation, qualifiant de « méprisable » le traitement réservé aux fonctionnaires de l’État. Le journal évoque une colère grandissante qui pourrait déboucher sur une grève généralisée si aucune mesure concrète n’est prise dans les jours à venir.
Selon les sources citées par le journal, le principal point de tension repose sur l’absence de mécanisme d’ajustement des salaires à l’inflation. De nombreux fonctionnaires affirment que leurs rémunérations mensuelles ne couvrent plus que 20 à 30 % de leurs besoins essentiels. La valeur de la livre libanaise, toujours fluctuante malgré une relative stabilisation au cours du mois de septembre, aggrave cette précarité. Al Akhbar cite des enseignants affirmant que « les salaires actuels ne suffisent même pas à couvrir les frais de transport jusqu’à leur lieu de travail ».
Fiscalité : tensions autour de la révision de l’impôt sur le revenu
Un autre sujet économique largement développé par Al Akhbar concerne le projet de révision de l’impôt sur le revenu. Le journal rapporte que le ministère des Finances envisage d’augmenter la progressivité de l’impôt en ciblant les hauts revenus, ce qui suscite des débats houleux au sein du Parlement. Les députés favorables au projet affirment que cette réforme est nécessaire pour augmenter les recettes de l’État sans toucher les classes moyennes déjà fragilisées. En revanche, certains représentants des milieux d’affaires redoutent une « fuite des capitaux » si ces mesures sont appliquées sans garanties sur la stabilité législative.
Le projet, encore à l’étude en commission parlementaire, vise également à renforcer les dispositifs de contrôle fiscal. Selon Al Akhbar, le ministère souhaite élargir les attributions de la direction des impôts en matière d’audit et de contrôle. Les syndicats de fonctionnaires du ministère des Finances réclament pour leur part des moyens supplémentaires pour mener ces missions, soulignant le manque de personnel et l’inefficacité des outils technologiques actuels.
Perspectives institutionnelles : ralentissement du recouvrement fiscal et absence de budget
Ad Diyar (2 octobre 2025) met en lumière le retard dans le recouvrement fiscal pour l’exercice en cours. Le journal révèle que les rentrées fiscales du troisième trimestre sont en baisse de 18 % par rapport à la même période de l’année précédente, en raison de l’effondrement de plusieurs secteurs d’activité comme le commerce de détail et les services de restauration. Cette chute des recettes compromet directement la capacité de l’État à maintenir ses engagements budgétaires, notamment le versement des subventions sociales et le paiement des fournisseurs publics.
Le journal signale également que le projet de loi de finances pour l’année 2026 n’a toujours pas été soumis au Parlement. Cette carence institutionnelle empêche toute planification stratégique à moyen terme et accentue l’instabilité économique. Le gouvernement par intérim, selon Ad Diyar, tente de fonctionner par décrets exceptionnels pour couvrir les dépenses urgentes, mais cette méthode est dénoncée par plusieurs juristes comme une atteinte au principe de légalité budgétaire.
Administration et dette : les tensions au sein de la Banque du Liban
La question de la dette publique est brièvement abordée dans Al Bina’ (2 octobre 2025), qui fait état de divergences au sein de la Banque du Liban sur la stratégie à adopter pour refinancer les obligations d’État arrivant à échéance en fin d’année. Le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, aurait exprimé lors d’une réunion interne ses réserves sur un nouvel emprunt interne massif, arguant que « les marges d’absorption des banques commerciales sont saturées ».
Toujours selon le journal, des discussions seraient en cours avec des institutions internationales pour obtenir des lignes de crédit conditionnées à la mise en œuvre de réformes structurelles. Al Bina’ évoque notamment une potentielle relance des négociations avec le Fonds monétaire international, bien que les positions entre les parties restent très éloignées. En l’absence de vision commune au sein de l’exécutif, toute avancée paraît compromise.
Secteur privé : pressions sur les entreprises et absence de plan de soutien
Si les publications économiques du jour se concentrent principalement sur le secteur public, Al Akhbar signale toutefois que les petites et moyennes entreprises (PME) continuent de faire face à de grandes difficultés d’accès au crédit. Le journal mentionne plusieurs témoignages de chefs d’entreprise affirmant que leurs lignes de crédit ont été suspendues par les banques depuis la mi-septembre. Le manque de liquidités, combiné à une demande interne en berne, pousse de nombreux acteurs à envisager une réduction de leurs effectifs.
Aucune mesure de soutien spécifique n’a été annoncée par les autorités, ce qui inquiète les fédérations professionnelles. Selon les informations collectées par le journal, près de 30 % des commerces enregistrés à la Chambre de commerce de Beyrouth auraient réduit leur surface d’activité ou cessé temporairement leur activité depuis le début de l’année.
Rapport de la Cour des comptes : inefficacité chronique et gaspillage
Enfin, Al Akhbar évoque un rapport interne de la Cour des comptes portant sur la gestion des fonds publics entre janvier et août 2025. Ce rapport non publié mais « largement diffusé dans les cercles administratifs » fait état de nombreuses irrégularités dans la passation des marchés publics, le non-respect des procédures de mise en concurrence et l’absence de traçabilité de certaines dépenses. Le journal souligne que plusieurs dossiers ont été transférés au ministère de la Justice pour examen, notamment dans les secteurs de la santé et des transports.
Le rapport met également en lumière le « double gaspillage » que constitue, selon ses auteurs, l’absence de politique d’évaluation de l’impact des dépenses publiques : non seulement les fonds sont souvent mal utilisés, mais aucune leçon n’est tirée des échecs répétés des projets publics.



