La presse libanaise datée du 23 septembre 2025 met en lumière un climat politique et sécuritaire sous haute tension, marqué par la reprise des violences dans les territoires palestiniens, les repositionnements diplomatiques à l’ONU, et les difficultés persistantes sur la scène intérieure libanaise. Plusieurs journaux font état de signaux contradictoires au sein des principales forces politiques locales, tandis que les développements régionaux entretiennent une atmosphère de vigilance accrue.
Répercussions libanaises de l’escalade à Gaza
L’offensive menée par les forces israéliennes contre la bande de Gaza et les ripostes armées palestiniennes dominent largement l’actualité régionale. Al Quds (23 septembre 2025) rapporte que les frappes israéliennes se sont intensifiées après une série d’attaques revendiquées par les Brigades Ezzedine al-Qassam. Le journal note également une importante mobilisation populaire dans les camps palestiniens du Liban, notamment à Ain al-Hilweh et Rachidieh, où des rassemblements ont eu lieu en soutien à Gaza.
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Du côté du Hezbollah, la réaction n’a pas tardé. Al Quds indique que des déclarations de responsables du parti chiite dénoncent « les crimes de guerre israéliens » et saluent « la résilience des factions palestiniennes ». Ces prises de position sont interprétées, selon le journal, comme un message adressé à la fois à l’ennemi israélien et à l’axe de soutien à la résistance.
Al Sharq Al Awsat (23 septembre 2025) apporte un éclairage complémentaire en rapportant que la communauté internationale s’active diplomatiquement. Le journal mentionne les interventions de la France et de l’Égypte lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies. Les discussions ont notamment porté sur la nécessité d’éviter un embrasement régional, en raison de la crainte d’un élargissement du front sud, incluant le Liban.
Renforcement sécuritaire au Sud et coordination avec la FINUL
Al Akhbar (23 septembre 2025) indique que des unités de l’armée libanaise ont été redéployées dans certaines zones du sud, en coordination avec la FINUL, afin de prévenir toute violation de la ligne bleue. Selon le journal, cette mesure a été prise après des mouvements militaires inhabituels du côté israélien, observés à la frontière avec la région de Marjayoun. Des sources militaires citées par le quotidien assurent que l’opération vise uniquement à des fins défensives, tout en réaffirmant le respect par le Liban de la résolution 1701.
Ad Diyar (23 septembre 2025) évoque également des réunions entre des officiers libanais et des responsables onusiens pour assurer la stabilité de la région sud, dans un contexte où la frontière reste l’un des points les plus sensibles du pays. Le journal souligne que le gouvernement, par l’intermédiaire du Premier ministre Nawaf Salam, a réitéré son engagement envers les résolutions internationales et sa volonté de coopérer pleinement avec les forces de maintien de la paix.
Blocage politique et absence d’initiatives majeures
Sur le plan politique interne, la majorité des quotidiens soulignent le statu quo persistant dans les rapports de force parlementaires. Al 3arabi Al Jadid (23 septembre 2025) note qu’aucun progrès significatif n’a été enregistré au Parlement concernant la formation d’un nouveau gouvernement ni sur les autres dossiers institutionnels en suspens. Le journal indique que les lignes de fracture entre les blocs politiques restent inchangées, malgré quelques contacts informels.
Al Akhbar (23 septembre 2025) mentionne une atmosphère d’attentisme, aggravée par les divisions persistantes entre les principales forces politiques. Le quotidien met en avant une lassitude croissante au sein de la population, amplifiée par l’absence de réponse concrète aux urgences économiques et sociales. Il n’est pas fait mention d’un nouveau processus de dialogue ni d’une initiative régionale susceptible de débloquer la situation.
Al Liwa’ (23 septembre 2025) relaie des propos de députés indépendants appelant à une « sortie de crise par la concertation » mais sans proposer de feuille de route spécifique. Le journal observe que ces appels, bien que récurrents, ne rencontrent que peu d’écho au sein des blocs majoritaires, trop polarisés pour envisager des compromis à court terme.
Mobilisations sociales et retour de la contestation des retraités
Ad Diyar (23 septembre 2025) fait état d’un rassemblement de militaires retraités devant le Grand Sérail. Ces derniers réclament le versement régulier de leurs pensions et une revalorisation proportionnelle à la dévaluation continue de la livre libanaise. Le journal décrit une scène tendue mais pacifique, marquée par la participation de blessés de guerre et de veuves de militaires.
Al Nahar (23 septembre 2025) ajoute que ce mouvement, bien qu’ancien, connaît une nouvelle dynamique depuis la hausse récente des prix du carburant et des produits de première nécessité. Le journal précise que les retraités dénoncent une « marginalisation continue » et accusent le pouvoir exécutif de « négligence chronique ». Plusieurs manifestants ont appelé à une grève de la faim si leurs revendications ne sont pas entendues rapidement.
Retour de la question énergétique sur fond de tensions régionales
Al 3arabi Al Jadid (23 septembre 2025) rapporte que la société israélienne Energean a procédé à des activités de prospection dans une zone maritime contestée à proximité de la ligne 23. Cette initiative a suscité des réactions officielles du Liban, notamment une déclaration du ministère de l’Énergie annonçant le dépôt d’une plainte auprès des Nations Unies. Le journal souligne que cet incident remet sur la table la question de la démarcation maritime, pourtant supposée réglée depuis l’accord de 2022.
Al Akhbar observe que cette situation pourrait alimenter les tensions avec Israël et remettre en cause les accords d’exploitation énergétique en Méditerranée orientale. Le journal mentionne aussi les hésitations des autorités libanaises à lancer de nouvelles phases d’exploration faute d’investissements étrangers dans le secteur.
Politique locale : paralysie institutionnelle, tensions sociales et immobilisme gouvernemental
La presse libanaise du 23 septembre 2025 dresse un tableau préoccupant de la situation politique intérieure. L’absence de dynamique gouvernementale, le blocage des réformes institutionnelles, la multiplication des mouvements sociaux et les signaux contradictoires émanant des partis politiques renforcent l’impression d’un système figé, incapable de répondre aux urgences économiques et sociales. Le climat politique reste profondément marqué par la défiance, la fragmentation et l’incapacité à construire une vision commune.
Blocage au Parlement : inertie persistante des blocs politiques
Al 3arabi Al Jadid (23 septembre 2025) souligne que le Parlement libanais reste dans un état de quasi-inactivité, aucune session législative majeure n’étant prévue à court terme. Le journal précise que les groupes parlementaires n’ont pas réussi à s’entendre sur un ordre du jour commun, malgré les tentatives de médiation de certains députés indépendants. Cette inertie est interprétée par certains analystes comme un symptôme de l’échec des blocs à construire une majorité fonctionnelle.
Al Akhbar (23 septembre 2025) évoque quant à lui la persistance des clivages entre les principales formations, notamment autour des nominations judiciaires et administratives restées en suspens depuis plusieurs mois. Le quotidien cite une source parlementaire anonyme affirmant que « chaque camp attend un signal extérieur pour bouger », laissant entendre que les facteurs régionaux influencent directement la dynamique interne. Le blocage touche aussi bien les réformes financières que les lois liées à la gouvernance.
Al Liwa’ (23 septembre 2025) rapporte des déclarations de plusieurs députés du Courant patriotique libre dénonçant « la marginalisation de l’autorité législative » et appelant à un retour à la régularité des séances. Le journal précise toutefois que ces appels n’ont été suivis d’aucune initiative concrète, ni d’accord sur les projets à prioriser.
Le gouvernement Salam en gestion minimale des affaires courantes
Le Premier ministre Nawaf Salam est mentionné à plusieurs reprises dans la presse du jour, principalement dans des contextes diplomatiques ou de gestion de crise. Ad Diyar (23 septembre 2025) rapporte qu’il a tenu une réunion de sécurité avec les responsables de l’armée et des services de renseignement, afin de faire le point sur la situation au sud du pays. Aucune mesure nouvelle n’a été annoncée à l’issue de cette réunion, ce qui alimente le sentiment d’attentisme.
Al Nahar (23 septembre 2025) insiste sur le fait que le gouvernement reste limité dans ses marges de manœuvre. L’absence d’un consensus sur les réformes économiques, conjuguée à la pression populaire, rend toute action difficile. Le quotidien note que les ministères fonctionnent principalement en mode gestionnaire, sans coordination intergouvernementale efficace.
Dans une analyse publiée par Nida’ Al Watan (23 septembre 2025), un éditorialiste souligne « la dissociation croissante entre le pouvoir exécutif et les attentes populaires », avec un exécutif réduit à réagir aux urgences plutôt que d’initier des solutions. Cette inertie s’observe notamment dans les dossiers des nominations, des subventions et de la restructuration bancaire.
Retraités militaires et colère sociale : contestation persistante à Beyrouth
La question sociale, bien que relayée avec moins d’insistance que les enjeux régionaux, traverse plusieurs quotidiens. Ad Diyar consacre une pleine page à la manifestation organisée par les retraités militaires devant le Grand Sérail. Le rassemblement, décrit comme massif et organisé, a réuni d’anciens officiers, des blessés de guerre et des veuves de militaires, tous réclamant une revalorisation de leurs pensions face à l’inflation galopante. Des pancartes dénonçaient « l’indifférence de l’État » et « la perte de dignité des serviteurs de la nation ».
Al Nahar mentionne que certains manifestants ont menacé de commencer une grève de la faim si aucune réponse n’était apportée dans les jours à venir. Le journal souligne que la présence sécuritaire autour du Grand Sérail était importante, mais qu’aucun incident n’a été signalé. Le mouvement est présenté comme symptomatique d’une colère sociale plus large, notamment dans les rangs de la fonction publique.
Al Joumhouriyat (23 septembre 2025) évoque brièvement cette mobilisation dans un encadré, en la liant à d’autres mouvements de protestation sporadiques dans les administrations publiques. Les retards dans le versement des salaires, l’augmentation du coût des transports et la dégradation des infrastructures sont régulièrement dénoncés.
Municipalités en crise : déficits budgétaires et absence de services
Un autre axe de la politique locale abordé dans Al Liwa’ concerne la situation des municipalités. Le journal indique que plusieurs conseils municipaux, notamment dans le nord du Liban, ont lancé des appels à l’aide financière, ne parvenant plus à assurer les services essentiels comme la collecte des déchets ou l’entretien des routes. Des responsables locaux cités anonymement pointent du doigt le ministère de l’Intérieur, accusé de bloquer le transfert de fonds.
Cette crise budgétaire municipale est liée à la fois à la chute des revenus fiscaux locaux et à l’inflation des coûts de fonctionnement. Al 3arabi Al Jadid confirme cette tendance en mentionnant l’exemple d’une municipalité du Metn qui a dû suspendre la distribution de l’eau potable en raison de factures impayées à l’Établissement des Eaux. Le quotidien observe que « l’effondrement des services municipaux s’ajoute à la perte de confiance des citoyens envers toutes les institutions publiques ».
Ruptures au sein des partis : repositionnements et rivalités internes
La scène politique locale est également marquée par des tensions internes au sein des formations traditionnelles. Al Akhbar revient sur les conflits latents au sein du Courant du futur, où plusieurs anciens cadres contestent la ligne actuelle du parti. Ces désaccords portent principalement sur la stratégie de participation ou de boycott des travaux parlementaires, mais aussi sur le positionnement vis-à-vis du Hezbollah.
Al 3arabi Al Jadid note que le mouvement Amal fait face à des critiques internes concernant sa gestion du dossier social dans le sud du Liban. Des figures locales reprochent aux dirigeants du mouvement leur silence sur la crise des hôpitaux publics et la fermeture d’établissements scolaires. Ces critiques restent pour l’instant marginales, mais traduisent une fragilité croissante des appareils traditionnels dans leur ancrage populaire.
Al Quds signale enfin que plusieurs anciens ministres envisagent de créer une coalition de députés « réformistes indépendants », sans lien avec les formations établies. Le projet, encore embryonnaire, vise à proposer une alternative au fonctionnement bloqué des institutions. Toutefois, aucune annonce officielle ni déclaration publique n’est mentionnée à ce sujet.
Citation et discours de personnalités politiques : déclarations en ordre dispersé sur fond de tensions régionales et blocage interne
La presse libanaise du 23 septembre 2025 met en évidence une scène politique marquée par une rareté des prises de parole officielles, et une dispersion des discours publics, principalement en réaction à des événements régionaux. Les déclarations recueillies proviennent pour l’essentiel de responsables partisans ou institutionnels exprimant leur position sur les violences à Gaza, les revendications sociales internes, ou la situation diplomatique du pays. Ces citations reflètent une parole politique fragmentée, souvent réactive, et rarement structurée autour d’un projet national.
Réactions à l’escalade à Gaza : soutien affirmé au peuple palestinien
Les événements en Palestine occupent une place centrale dans les déclarations politiques recensées. Al Quds (23 septembre 2025) cite un communiqué attribué à un porte-parole du Hezbollah, dans lequel il est affirmé que « les attaques menées par l’ennemi sioniste à Gaza constituent un crime de guerre et une provocation inacceptable ». Le même texte souligne que « la résistance palestinienne a prouvé sa légitimité et sa capacité de dissuasion », en qualifiant les tirs de roquettes sur Tel Aviv de « réponse naturelle à l’oppression ».
Dans Al Sharq Al Awsat (23 septembre 2025), un responsable du mouvement Amal, non nommé, déclare que « le peuple libanais est solidaire avec ses frères palestiniens face à l’agression israélienne », appelant la communauté internationale à « assumer ses responsabilités morales ». Le quotidien précise que cette déclaration a été faite en marge d’un rassemblement à Tyr organisé par des associations proches du mouvement.
Une prise de position plus institutionnelle est rapportée dans Ad Diyar (23 septembre 2025), où le Premier ministre Nawaf Salam, lors d’une réunion avec les commandants sécuritaires, aurait insisté sur la nécessité de « maintenir la stabilité sur le front sud tout en réaffirmant le droit du Liban à défendre son intégrité territoriale ». Ces propos, bien que rapportés indirectement, marquent la volonté du gouvernement d’afficher une position d’équilibre, sans s’impliquer directement dans le conflit.
Appels à la responsabilité politique et à la réforme
Face au blocage institutionnel persistant, plusieurs figures politiques se sont exprimées dans la presse, souvent par voie de communiqués ou lors de déclarations informelles. Al 3arabi Al Jadid (23 septembre 2025) mentionne une déclaration du député Michel Moawad, qui affirme que « le Liban ne pourra sortir de la crise sans une refondation de ses institutions sur une base de transparence et de justice ». Il appelle également à « une nouvelle approche du pouvoir, rompant avec les logiques clientélistes ».
Dans une brève publiée par Nida’ Al Watan (23 septembre 2025), le député Elias Hankach, du parti Kataëb, est cité disant que « la priorité doit être donnée à l’adoption des réformes économiques et au soutien aux familles les plus fragiles ». Il critique le silence du gouvernement face à l’effondrement du pouvoir d’achat et dénonce « l’inaction chronique des autorités de tutelle ».
Al Akhbar (23 septembre 2025) publie un encadré contenant un extrait d’un discours d’un cadre du Hezbollah, Hassan Fadlallah, qui déclare lors d’une réunion locale à Nabatieh : « Ceux qui bloquent les décisions économiques le font pour des intérêts personnels. Nous appelons à un dialogue national sincère, mais sans conditions préalables. » Cette position réaffirme la ligne de son parti, qui privilégie un compromis global, mais rejette les pressions externes.
Les forces de sécurité face à la pression sociale : propos des autorités militaires
Dans un contexte de tensions sociales accrues, plusieurs déclarations ont été rapportées concernant la gestion des manifestations de retraités militaires. Ad Diyar (23 septembre 2025) cite une source sécuritaire anonyme indiquant que « les consignes données aux forces de l’ordre sont claires : éviter toute confrontation et respecter le droit de manifester pacifiquement ». Cette orientation a été appliquée lors du rassemblement devant le Grand Sérail, qui s’est déroulé sans incident.
Toujours selon Ad Diyar, le ministre de la Défense aurait déclaré à ses collaborateurs que « les revendications des retraités sont légitimes, mais doivent être encadrées par des mécanismes institutionnels, et non par la pression de la rue ». Le journal précise toutefois que cette déclaration n’a pas été publiée officiellement.
Al Nahar (23 septembre 2025) mentionne, sans citation directe, une réunion entre le Premier ministre Nawaf Salam et des représentants de l’armée, au cours de laquelle il aurait réaffirmé son attachement au maintien de l’ordre dans un cadre démocratique. Ce type de communication indirecte illustre la prudence du pouvoir exécutif dans un climat où toute déclaration peut être instrumentalisée politiquement.
Appels à la neutralité et position du Liban dans les forums internationaux
La situation diplomatique du Liban a également donné lieu à plusieurs prises de position. Al Sharq Al Awsat rapporte que lors d’une réunion préparatoire à l’Assemblée générale de l’ONU, des diplomates libanais ont plaidé pour « une réaffirmation de la politique de distanciation du Liban par rapport aux axes régionaux en conflit ». Le journal cite un diplomate sous couvert d’anonymat indiquant que « le Liban ne peut se permettre d’être entraîné dans une nouvelle spirale de confrontations géopolitiques ».
Dans le même journal, un ancien ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, est cité affirmant que « l’intérêt supérieur du Liban passe par une diplomatie active mais non alignée, capable de préserver les équilibres internes tout en renforçant les relations avec les partenaires internationaux ». Ces propos auraient été tenus lors d’un colloque organisé à l’Université Saint-Joseph, selon Al Sharq Al Awsat.
Al Quds (23 septembre 2025) indique enfin que plusieurs responsables libanais, dont des membres de la délégation permanente à New York, ont exprimé en coulisses leur inquiétude face aux tentatives de certains pays d’instrumentaliser la crise libanaise dans leurs confrontations avec l’Iran ou la Syrie.
Diplomatie : activisme international autour de la Palestine et posture prudente du Liban
La couverture diplomatique de la presse libanaise du 23 septembre 2025 se concentre largement sur les initiatives internationales liées à l’escalade militaire dans les territoires palestiniens, en particulier à Gaza. Le Liban apparaît en retrait dans cette dynamique, adoptant une position de prudence tout en réitérant son engagement aux résolutions internationales. Parallèlement, les journaux relatent les efforts de plusieurs chancelleries occidentales et arabes pour limiter les répercussions régionales de la crise et relancer le processus politique autour de la question palestinienne.
Mobilisation internationale après l’offensive sur Gaza
Al Sharq Al Awsat (23 septembre 2025) consacre une large part de ses pages diplomatiques aux efforts en cours à l’Organisation des Nations Unies pour tenter de désamorcer la nouvelle escalade entre Israël et les factions palestiniennes. Le journal rapporte qu’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité s’est tenue à New York, à l’initiative conjointe de la France et de l’Égypte. Selon les sources diplomatiques citées, l’objectif principal de cette session était de faire pression sur Israël pour un arrêt des hostilités, tout en appelant les factions palestiniennes à « respecter les canaux de négociation ».
Dans le même article, Al Sharq Al Awsat mentionne que le Liban, bien que non membre actuel du Conseil de sécurité, a adressé une communication officielle à la présidence du Conseil, réaffirmant son attachement à la cause palestinienne et sa volonté de « rester en dehors de tout axe militaire dans le conflit ». Cette position s’inscrit dans une continuité diplomatique historique : affichage d’une solidarité politique avec les Palestiniens tout en préservant une neutralité tactique sur le plan sécuritaire.
Présence discrète du Liban dans les forums multilatéraux
Al Quds (23 septembre 2025) rapporte que la mission permanente du Liban auprès des Nations Unies a participé à des réunions informelles organisées par les délégations du Qatar et de la Norvège, dans le but de relancer les discussions sur l’initiative de deux États. Un diplomate libanais, cité anonymement, aurait déclaré que « toute solution durable passe par la reconnaissance des droits historiques du peuple palestinien, mais que le Liban ne souhaite pas être entraîné dans une logique de confrontation régionale ».
Le journal précise que ces discussions ont lieu en marge de la préparation de la session générale de l’ONU, qui devrait aborder à nouveau la question du statut de Jérusalem, ainsi que celle des réfugiés palestiniens, y compris ceux résidant au Liban. Al Quds ajoute que les diplomates libanais redoutent une instrumentalisation de la question palestinienne par certains pays en conflit avec l’Iran, ce qui compliquerait encore davantage la position officielle de Beyrouth.
Visite diplomatique envisagée de Jean-Yves Le Drian à Beyrouth
Toujours selon Al Sharq Al Awsat, des sources françaises proches du Quai d’Orsay ont évoqué la possibilité d’une nouvelle visite de l’émissaire spécial Jean-Yves Le Drian à Beyrouth. Cette visite, non confirmée officiellement, viserait à relancer le dialogue interlibanais, en particulier sur la question du fonctionnement des institutions. Le journal note que Paris considère le Liban comme un point d’équilibre fragile au cœur des tensions moyen-orientales, et que l’absence de gouvernement pleinement opérationnel à Beyrouth complique les discussions.
Le Drian s’était déjà rendu au Liban à plusieurs reprises depuis sa nomination comme envoyé spécial, mais ses tentatives de médiation n’avaient pas permis de parvenir à un accord entre les principaux partis politiques. Al Sharq Al Awsat indique que les autorités françaises misent désormais sur une approche plus discrète, en coordination avec Le Caire et Doha, pour tenter de débloquer les lignes.
Coordination sécuritaire avec la FINUL et maintien de la ligne diplomatique libanaise
Ad Diyar (23 septembre 2025) rapporte que l’armée libanaise a renforcé sa coopération avec la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) dans le contexte de tensions croissantes le long de la frontière sud. Cette initiative, selon le journal, vise à réaffirmer l’engagement du Liban envers la résolution 1701 du Conseil de sécurité, qui encadre le cessez-le-feu entre le Liban et Israël depuis 2006.
Le journal précise que cette coordination s’est traduite par une série de réunions de terrain entre officiers libanais et commandants de la FINUL, notamment dans la région de Naqoura. L’objectif affiché est de prévenir toute escalade non maîtrisée et de maintenir la stabilité dans une zone particulièrement sensible. Ad Diyar cite un officier supérieur affirmant que « le Liban n’a aucun intérêt à rouvrir le front sud, mais ne tolérera pas non plus de violations de sa souveraineté ».
Cette position est également reflétée dans Al Akhbar (23 septembre 2025), qui mentionne que le ministère des Affaires étrangères a renouvelé ses engagements vis-à-vis des résolutions internationales, tout en protestant contre certaines incursions israéliennes récentes dans l’espace aérien libanais. Le journal souligne cependant que ces protestations restent formelles et ne donnent lieu à aucune réaction concrète de la part du Conseil de sécurité.
Initiatives arabes et implications pour le Liban
Par ailleurs, plusieurs journaux, dont Al Quds et Al Sharq Al Awsat, relatent l’implication croissante de l’Égypte, de la Jordanie et du Qatar dans les discussions autour d’une trêve humanitaire à Gaza. Le Liban, bien qu’exclu des pourparlers directs, suit de près ces développements, notamment en raison de leur impact potentiel sur les camps de réfugiés palestiniens dans son territoire.
Des sources diplomatiques citées par Al Quds indiquent que le ministère libanais des Affaires étrangères a transmis une note verbale à la Ligue arabe pour rappeler la nécessité de protéger les populations civiles et d’éviter un exode massif. Le journal mentionne également des contacts informels entre diplomates libanais et leurs homologues syriens à ce sujet, sans donner plus de détails.
Enfin, Al 3arabi Al Jadid (23 septembre 2025) souligne que le Liban est de plus en plus interpellé par les organisations humanitaires internationales concernant les conditions dans les camps palestiniens, ce qui constitue une autre dimension de sa politique diplomatique. Le journal évoque la possibilité d’une demande d’aide logistique aux Nations Unies pour renforcer les infrastructures de santé et d’éducation dans ces camps, particulièrement à Ain al-Hilweh et Beddawi.
Politique internationale : Israël sous pression, dynamique diplomatique autour de Gaza et recomposition des alliances
Les journaux libanais datés du 23 septembre 2025 accordent une large place aux développements internationaux, principalement centrés sur le conflit en cours dans la bande de Gaza, ses implications pour la stabilité régionale, et les réactions internationales face à l’extension de la violence. La presse suit également les démarches diplomatiques entreprises par des pays arabes et occidentaux, dans une tentative de réactivation du processus politique palestinien, alors que les tensions restent vives entre les grandes puissances et les acteurs régionaux. Le Liban, bien qu’en retrait, est directement concerné par les évolutions de cette situation géopolitique.
Crise à Gaza : multiplication des frappes et appel à une réponse internationale
Al Quds (23 septembre 2025) rapporte que l’armée israélienne a poursuivi ses bombardements sur plusieurs quartiers de Gaza, causant d’importantes pertes humaines et matérielles. Le journal précise que des quartiers résidentiels à Khan Younès et Beit Lahia ont été touchés, provoquant la mort de plusieurs dizaines de civils, dont des femmes et des enfants. Le gouvernement israélien justifie ces frappes comme une réponse à des tirs de roquettes lancés par des factions armées palestiniennes, notamment les Brigades Ezzedine al-Qassam et le Jihad islamique.
Selon Al Quds, les autorités palestiniennes locales ont dénoncé une « campagne de destruction systématique » et ont appelé à l’intervention de la communauté internationale pour faire cesser « les crimes de guerre israéliens ». Le journal mentionne également l’effondrement de plusieurs infrastructures médicales à Gaza, obligeant des hôpitaux à cesser leurs activités faute de carburant et de fournitures.
Al Sharq Al Awsat (23 septembre 2025) apporte des précisions sur la position israélienne, citant un communiqué du cabinet de guerre israélien affirmant que « toute attaque contre la souveraineté d’Israël recevra une réponse écrasante ». Le journal relève également une hausse de la rhétorique militaire, avec des menaces voilées d’élargissement du théâtre d’opérations à d’autres fronts régionaux si les tirs de roquettes ne cessent pas.
Appels à la désescalade : initiatives de l’Égypte, du Qatar et de la Turquie
Face à l’intensification des hostilités, plusieurs pays arabes et musulmans ont multiplié les appels à la désescalade. Al Quds fait état d’une proposition égyptienne visant à obtenir un cessez-le-feu humanitaire de 72 heures, afin de permettre l’acheminement de l’aide et l’évacuation des blessés. Cette initiative aurait été discutée avec les dirigeants du Hamas et les représentants du gouvernement israélien, sans résultat immédiat.
Dans le même temps, Al Sharq Al Awsat indique que le Qatar, par l’intermédiaire de son émissaire pour la région, tente de renouer les fils du dialogue indirect entre les factions palestiniennes et Israël. Selon le journal, Doha joue un rôle de médiateur discret, mais déterminant, auprès des différentes composantes de la résistance palestinienne, en mettant l’accent sur l’urgence humanitaire.
Le président turc est également cité dans les colonnes d’Al Quds, condamnant avec virulence les bombardements israéliens et appelant à une mobilisation internationale contre ce qu’il qualifie de « nettoyage ethnique ». Il a proposé, selon le journal, l’organisation d’une conférence d’urgence des pays musulmans sous l’égide de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), avec pour objectif de soutenir la Palestine sur les plans politique et logistique.
Conseil de sécurité : blocage diplomatique et désaccords entre grandes puissances
Sur le plan multilatéral, Al Sharq Al Awsat revient longuement sur la réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies tenue à New York. Le journal explique que les discussions se sont enlisées en raison des divergences entre les membres permanents, notamment entre les États-Unis, la Russie et la Chine. Washington aurait bloqué une déclaration commune appelant à la cessation immédiate des hostilités, au motif qu’elle ne condamnait pas explicitement les attaques contre des civils israéliens.
Selon des sources diplomatiques rapportées par le journal, la France et le Brésil ont tenté de faire adopter un compromis linguistique permettant un consensus, sans succès. Al Sharq Al Awsat souligne que ce blocage reflète une crise plus large du multilatéralisme, déjà observée dans les dossiers ukrainien et syrien. Le Liban, bien qu’absent de la table des négociations, suit ces développements avec attention, notamment en raison de leur impact indirect sur sa propre sécurité.
Al Quds signale que la Russie a exprimé son soutien à l’initiative égyptienne de trêve, tout en appelant à une reprise des négociations sur la base de l’initiative de paix arabe. Le journal note que Moscou cherche à renforcer son rôle de médiateur dans la région, profitant de la perte d’influence des États-Unis auprès de certains acteurs arabes.
Dynamique régionale : repositionnement stratégique de l’Iran et tensions au nord de la Syrie
Al 3arabi Al Jadid (23 septembre 2025) évoque une série de déclarations en provenance de Téhéran, où le ministère des Affaires étrangères iranien a qualifié les attaques israéliennes de « violation du droit international », tout en réaffirmant son soutien « indéfectible » à la cause palestinienne. Le journal précise que l’Iran a intensifié ses contacts avec les autorités syriennes et le Hezbollah, dans le but de coordonner les réponses politiques à l’évolution de la situation.
Dans le même temps, Al Quds rapporte que des affrontements ont eu lieu dans le nord de la Syrie entre des milices pro-iraniennes et des forces soutenues par les États-Unis. Le journal y voit une volonté de Téhéran de maintenir une pression sur plusieurs fronts, en réponse à l’isolement diplomatique croissant imposé par les puissances occidentales. Cette dynamique régionale inquiète plusieurs capitales arabes, qui redoutent une extension du conflit à d’autres théâtres.
Al Sharq Al Awsat confirme ces inquiétudes, en mentionnant une réunion des ministres des Affaires étrangères du Golfe prévue à Riyad. Cette réunion viserait à coordonner les réponses politiques et médiatiques des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), en lien avec l’évolution rapide du contexte régional. Le Liban n’est pas partie prenante à ces discussions, mais pourrait être indirectement concerné en cas de déstabilisation plus large.
Position ambiguë des États-Unis et recentrage sur les enjeux intérieurs
La politique étrangère américaine suscite également des interrogations. Al Quds relève que l’administration Trump, malgré des déclarations de soutien à Israël, reste prudente dans ses engagements opérationnels, se limitant à des avertissements verbaux. Cette posture ambiguë s’explique, selon le journal, par les priorités domestiques de l’exécutif américain, qui doit composer avec un Congrès polarisé à l’approche des échéances législatives.
Al 3arabi Al Jadid note que les États-Unis ont cependant renforcé leur présence navale en Méditerranée orientale, en coordination avec leurs alliés de l’OTAN, notamment la France et l’Italie. Cette démonstration de force vise à prévenir toute tentative d’extension du conflit vers le Liban ou la Syrie. Le journal mentionne que des avions de reconnaissance américains ont survolé à plusieurs reprises la frontière libano-israélienne ces derniers jours, ce que plusieurs observateurs perçoivent comme un signal de dissuasion adressé à l’Iran et au Hezbollah.
conomie : détérioration continue des indicateurs, pressions sur les ménages et inquiétudes autour des finances publiques
La presse libanaise du 23 septembre 2025 dresse un constat unanime : l’économie du pays reste plongée dans une crise profonde, sans perspective de redressement à court terme. Les indicateurs macroéconomiques stagnent, les tensions sociales s’intensifient, et la confiance dans les institutions financières demeure extrêmement faible. À travers des articles répartis dans plusieurs quotidiens, la situation économique est abordée sous divers angles : flambée des prix, pression sur les services de base, paralysie de la Banque du Liban et inquiétudes croissantes sur les finances publiques.
Inflation continue et flambée des prix des biens essentiels
Al Nahar (23 septembre 2025) rapporte une hausse significative du prix du pain et des carburants au cours de la semaine écoulée. Selon les commerçants interrogés, les nouveaux tarifs imposés par les fournisseurs, combinés à l’effondrement de la livre libanaise, expliquent cette tendance inflationniste. Le journal cite des témoignages de consommateurs dénonçant la difficulté croissante d’acheter les produits de première nécessité, même dans les quartiers populaires de Beyrouth. Le prix d’un paquet de pain est désormais cinq fois supérieur à celui de janvier 2024, note le quotidien.
La hausse du prix des carburants a aussi des effets directs sur les transports collectifs. Al 3arabi Al Jadid (23 septembre 2025) souligne que les taxis et minibus, principaux moyens de transport pour les travailleurs, ont vu leur tarif augmenter de 30 % en deux semaines. Cette hausse alimente la frustration des usagers, en particulier dans les régions rurales où les alternatives au transport public sont quasi inexistantes.
Affaiblissement du pouvoir d’achat et montée de la précarité
Les répercussions de cette inflation sur le pouvoir d’achat sont largement commentées dans Al Liwa’ (23 septembre 2025), qui évoque une paupérisation croissante des classes moyennes. Le journal se base sur une enquête menée dans la région du Metn, où des commerçants rapportent une chute des ventes de produits non essentiels, comme les vêtements, les produits de beauté et les équipements électroménagers. Selon un responsable d’un magasin de Tripoli cité par le journal, « les gens ne viennent plus que pour l’huile, le riz et la farine ».
Dans un article de Al Joumhouriyat (23 septembre 2025), la situation est décrite comme « économiquement invivable » pour de nombreux foyers. Des associations de quartier alertent sur la recrudescence des familles vivant sans électricité stable, sans gaz de cuisine et avec des enfants déscolarisés faute de moyens pour payer les transports. Le journal rapporte que des appels à l’aide humanitaire ont été adressés à plusieurs ONG internationales, notamment dans les régions de la Békaa et du Akkar.
Défaillance du rôle de la Banque du Liban : critiques ouvertes dans la presse
Plusieurs journaux pointent l’inaction de la Banque du Liban, dirigée par Karim Souaid, dans la régulation des marchés financiers et monétaires. Al Akhbar (23 septembre 2025) publie un article critique sur la politique de la banque centrale, accusée de « passivité volontaire » face à la montée du dollar sur le marché parallèle. Le journal indique que la BDL n’a plus mené d’opération d’injection de devises depuis plus d’un mois, laissant le marché à la merci des spéculateurs.
Le même article rappelle que le gouverneur avait promis, lors d’une conférence de presse en août dernier, un retour progressif à une stabilité monétaire grâce à un mécanisme de contrôle du change. Ces promesses, selon le quotidien, « n’ont été suivies d’aucun effet concret » et alimentent la défiance à l’égard de l’institution. Le journal évoque aussi des désaccords internes au sein de la BDL, entre les partisans d’une régulation stricte et ceux favorables au laisser-faire pour préserver les réserves.
Ad Diyar (23 septembre 2025) note que plusieurs économistes libanais s’inquiètent du vide laissé par la BDL dans le pilotage de la politique monétaire. Le journal rapporte que l’institution refuse de publier les chiffres actualisés sur les réserves en devises, ce qui alimente les rumeurs et l’instabilité. Des experts cités anonymement dénoncent un climat d’opacité totale et estiment que le pays est « techniquement en faillite prolongée ».
Services publics en crise et impayés massifs dans les municipalités
La situation économique impacte directement le fonctionnement des services publics. Al Liwa’ consacre un article à la crise des municipalités, plusieurs d’entre elles déclarant ne plus pouvoir payer leurs employés. Le journal cite l’exemple de la municipalité de Zgharta, où les employés n’ont pas reçu leur salaire depuis trois mois. Des responsables municipaux dénoncent l’absence de transfert des fonds étatiques, pourtant budgétisés.
Al 3arabi Al Jadid rapporte que des municipalités du Sud ont dû suspendre la collecte des ordures pendant plusieurs jours, faute de carburant pour leurs camions. Ce blocage a entraîné une accumulation d’ordures dans les rues de Nabatieh, Tyr et Saïda, provoquant des protestations d’habitants. Le journal évoque aussi le risque sanitaire lié à ces interruptions de service.
Al Nahar signale que la situation est similaire dans plusieurs établissements éducatifs publics, où les enseignants n’ont toujours pas reçu leurs indemnités de transport, pourtant prévues dans le cadre de la réforme budgétaire. Le journal note que de nombreux enseignants menacent de ne pas reprendre les cours en octobre si aucune mesure concrète n’est prise.
Absence de stratégie gouvernementale et démission économique de l’État
Le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam, est accusé d’inaction face à la gravité de la crise. Nida’ Al Watan (23 septembre 2025) publie un article sévère pointant « la disparition du leadership économique », en notant que le Conseil des ministres n’a pas abordé de dossier financier prioritaire lors de ses deux dernières réunions. Le journal souligne que les ministres se renvoient la responsabilité des blocages, en l’absence d’une vision commune.
Dans une tribune publiée dans Al Akhbar, un ancien ministre de l’Économie critique « la soumission du gouvernement aux injonctions des bailleurs de fonds internationaux », tout en échouant à satisfaire leurs exigences. Il déplore que les réformes fiscales promises n’aient jamais été mises en œuvre, notamment celles concernant la lutte contre l’évasion et la réforme de la taxe sur la valeur ajoutée.
Al Joumhouriyat rapporte que la pression sociale commence à inquiéter certains responsables. Des sources proches du ministère des Finances indiquent que plusieurs scénarios d’urgence ont été préparés, dont l’un prévoyant un ajustement automatique des salaires de la fonction publique. Aucun de ces plans n’a toutefois été présenté au Parlement.
Perspectives économiques bloquées : absence de négociations avec le FMI et isolement régional
La question de la reprise des discussions avec le Fonds monétaire international n’est pas abordée explicitement dans les journaux, mais Al Quds souligne que le Liban reste absent des programmes d’assistance technique de la Banque mondiale pour 2025. Le journal relève que cette situation isole davantage le pays, qui ne bénéficie plus de l’appui financier multilatéral dont il dépendait pour stabiliser sa dette et relancer les investissements.
Al 3arabi Al Jadid cite un rapport confidentiel du ministère de l’Économie, selon lequel le Liban aurait besoin de plus de trois milliards de dollars d’investissements publics pour restaurer ses infrastructures critiques. Or, ces fonds ne peuvent être mobilisés sans garanties de gouvernance et de transparence, conditions actuellement impossibles à remplir.
Justice : paralysie judiciaire, affaires non résolues et montée de la défiance envers l’institution
La presse libanaise du 23 septembre 2025 offre peu de développements nouveaux sur les affaires judiciaires en cours, mais met en lumière plusieurs éléments structurants du climat de défiance qui entoure l’appareil judiciaire. Si les grandes enquêtes restent dans l’impasse, la problématique de l’indépendance de la justice, des nominations gelées, des interférences politiques et de l’accès inégalitaire au droit demeure centrale dans les articles consultés. Des affaires ponctuelles sont évoquées, mais leur traitement médiatique reste modeste, traduisant un certain essoufflement de l’espace public sur les enjeux judiciaires, en dépit de leur impact profond sur la gouvernance du pays.
Paralysie persistante du système judiciaire et gel des nominations
Al Akhbar (23 septembre 2025) dénonce l’absence de toute avancée sur le front des nominations judiciaires. Le journal évoque une situation de blocage total au sein du Conseil supérieur de la magistrature, incapable de finaliser la désignation de nouveaux présidents de chambres ou de juges d’instruction dans plusieurs juridictions clés, notamment à Beyrouth et au Mont-Liban. Selon une source interne à l’institution citée par le journal, « les équilibres communautaires bloquent chaque nomination, même les plus techniques », avec des interventions politiques ouvertes qui paralysent les délibérations.
Le même article précise que cette situation entrave directement le bon fonctionnement des tribunaux, certains juges étant contraints de cumuler plusieurs fonctions, d’autres dossiers étant suspendus faute de magistrats en charge. Le journal ajoute que cette paralysie sert certains acteurs politiques, pour qui le maintien du statu quo permet d’éviter l’examen de dossiers sensibles.
Al Nahar (23 septembre 2025) confirme ce constat en soulignant que le gouvernement n’a pas abordé le dossier judiciaire lors de ses dernières réunions, alors même que des centaines de plaintes pour corruption et malversations attendent d’être traitées. Le quotidien note qu’un climat d’impunité s’installe, particulièrement dans les affaires de détournement de fonds publics et d’abus de pouvoir.
Affaire de l’explosion du port de Beyrouth : silence total et absence d’initiatives
Le traitement de l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth, longtemps emblématique de la lutte pour la vérité judiciaire, ne fait l’objet d’aucun développement nouveau dans les éditions du 23 septembre 2025. Nida’ Al Watanrappelle cependant, dans une brève en page intérieure, que l’instruction est toujours suspendue en raison des recours déposés par des parties politiques contre le juge chargé du dossier. Le journal souligne que plusieurs familles de victimes continuent à manifester régulièrement devant le Palais de Justice, mais sans écho significatif dans les sphères décisionnelles.
L’absence totale de communication officielle sur cette affaire depuis plusieurs mois est interprétée par les observateurs comme un aveu d’échec de l’État à garantir le droit à la justice. Al Liwa’ publie un encadré mentionnant que des ONG internationales de défense des droits humains continuent à appeler à une enquête internationale indépendante, face à l’enlisement libanais.
Violence urbaine et affaires pénales ordinaires : traitement fragmentaire
Les journaux du jour relatent quelques faits divers à caractère judiciaire, sans que ceux-ci ne constituent des affaires majeures. Ad Diyar (23 septembre 2025) rapporte l’arrestation à Zahlé de deux individus accusés d’avoir escroqué des familles en leur promettant des permis de résidence à l’étranger. Les suspects auraient agi pendant plusieurs mois avant d’être interpellés par les services de la Sûreté générale. L’article précise que l’enquête est en cours, mais ne donne pas plus de détails.
Al Quds évoque un incident survenu dans la région de Aïn el-Remmaneh, où un conflit familial aurait dégénéré en rixe armée. Le journal mentionne une intervention rapide des forces de sécurité intérieure, qui ont arrêté les deux principaux protagonistes. Le parquet de Baabda aurait été saisi du dossier, sans que des accusations formelles ne soient encore établies.
Ce traitement parcellarisé des affaires pénales traduit un désintérêt croissant des médias pour les questions de justice ordinaire, désormais reléguées en marge des priorités éditoriales. Il reflète également la perte de confiance des citoyens dans la capacité des institutions à rendre la justice de manière équitable et transparente.
Justice sociale et revendications professionnelles des magistrats
Un des angles récurrents dans la presse est celui des revendications des magistrats eux-mêmes. Al Nahar rapporte que plusieurs associations de juges ont adressé une lettre au ministère de la Justice pour dénoncer les retards dans le versement de leurs salaires et l’absence de compensation pour les frais professionnels. Certains magistrats seraient contraints d’interrompre temporairement leurs fonctions, faute de moyens de transport ou de conditions matérielles de travail acceptables.
Le quotidien souligne que cette situation alimente une fuite des talents vers le secteur privé ou vers l’étranger, avec une diminution progressive du nombre de magistrats opérationnels. Le manque de personnel, conjugué à une infrastructure judiciaire vétuste, ralentit considérablement le traitement des dossiers.
Al 3arabi Al Jadid reprend cet angle en insistant sur l’impact de la crise économique sur l’institution judiciaire dans son ensemble. Des palais de justice seraient dépourvus d’électricité stable, de connexions internet fonctionnelles ou même de papier pour les convocations. Des audiences auraient été annulées pour des raisons logistiques. Le journal dénonce une « justice en état de mort clinique », incapable de remplir sa mission constitutionnelle.
Déficit d’accès à la justice et dénonciation de l’inégalité devant la loi
La thématique de l’inégalité d’accès à la justice est également évoquée dans plusieurs journaux. Al Liwa’ donne la parole à un avocat du barreau de Tripoli, qui affirme que « seules les personnes connectées aux cercles de pouvoir peuvent espérer faire avancer leurs dossiers ». Il cite l’exemple d’affaires foncières en attente depuis plusieurs années, alors que d’autres, portées par des figures influentes, sont traitées en quelques semaines.
Al Joumhouriyat publie un témoignage d’un justiciable accusant un juge d’avoir délibérément retardé une décision pour des raisons politiques. Le journal ne donne pas suite à cette accusation, mais signale que plusieurs plaintes pour « abus de pouvoir » ont été déposées ces derniers mois auprès du Conseil supérieur de la magistrature, sans suite apparente.
Cette perception d’une justice à deux vitesses nourrit une défiance croissante de la population, en particulier parmi les classes moyennes et populaires. Des associations de défense des droits civiques dénoncent une « privatisation déguisée » de l’accès au droit, réservée aux plus aisés ou aux mieux connectés.
Société : fragmentation sociale, crise des services de base et mobilisation des retraités militaires
La presse libanaise du 23 septembre 2025 reflète un climat social tendu, dominé par l’épuisement des services publics, la persistance des inégalités et l’expression croissante du mécontentement à travers des mobilisations ponctuelles. Si les mouvements sociaux ne prennent pas toujours une forme organisée, la multiplication des signaux de détresse – qu’ils soient économiques, institutionnels ou sanitaires – traduit une société en fragmentation avancée. L’écho médiatique donné aux manifestations, aux dysfonctionnements des services de base et à l’angoisse du quotidien esquisse le portrait d’un Liban où la cohésion sociale est mise à rude épreuve.
Mobilisation des retraités de l’armée : colère canalisée face au silence du pouvoir
Ad Diyar (23 septembre 2025) consacre plusieurs colonnes à la manifestation organisée par les retraités militaires devant le Grand Sérail de Beyrouth. Le journal décrit une mobilisation « disciplinée mais déterminée », qui a rassemblé plusieurs centaines d’anciens soldats, sous-officiers et officiers à la retraite, venus réclamer le paiement de leurs pensions ajustées et dénoncer la dégradation de leur pouvoir d’achat. Selon les organisateurs, cités dans l’article, la situation est devenue intenable : « Nous ne demandons pas l’aumône, mais le respect de notre droit à une vie digne après des décennies au service de la nation. »
Le journal précise que la manifestation s’est déroulée dans le calme, sous l’œil vigilant des forces de sécurité intérieure. Plusieurs figures syndicales du secteur public ont rejoint le rassemblement, témoignant d’un début de convergence entre différentes catégories professionnelles touchées par l’effondrement des rémunérations.
Dans une brève publiée par Nahar le même jour, il est indiqué que les manifestants ont bloqué brièvement l’accès à la rue menant à la présidence du Conseil des ministres, sans heurts avec les forces de l’ordre. Le journal rapporte également que le Premier ministre Nawaf Salam a été informé des revendications, mais n’a pas émis de déclaration publique à leur sujet.
Al Liwa’ mentionne que cette mobilisation pourrait se reproduire si aucune réponse institutionnelle n’est donnée rapidement. Des coordinations informelles sont en cours, notamment avec les retraités de la gendarmerie et de la Sûreté générale.
Crise des services publics : ordures, électricité et santé au bord de la rupture
La situation des services essentiels est largement traitée dans plusieurs journaux. Al 3arabi Al Jadid (23 septembre 2025) publie un reportage sur l’accumulation des ordures dans plusieurs quartiers de Nabatieh, Saïda et Tyr. Le journal attribue cette défaillance à l’absence de carburant dans les municipalités, qui ne peuvent plus assurer la collecte régulière des déchets. Des habitants interrogés dénoncent une situation insoutenable : « Les odeurs sont insupportables, les rats prolifèrent, et les enfants tombent malades. »
Al Liwa’ confirme que des blocages similaires affectent des municipalités du nord, notamment à Minieh et Danniyeh, où les services de propreté sont réduits à leur strict minimum. Le journal note que les entreprises sous-traitantes de la gestion des déchets menacent d’interrompre leur activité si l’État ne règle pas les impayés accumulés depuis plus de six mois.
Al Akhbar met l’accent sur la dégradation de l’accès à l’électricité. Le journal rapporte que de nombreux quartiers de Beyrouth ne reçoivent plus que deux heures d’électricité publique par jour, et que les générateurs privés fonctionnent de manière aléatoire en raison de la flambée du prix du mazout. Cette situation a des conséquences graves dans les hôpitaux, où certains services fonctionnent au ralenti, voire ont suspendu certaines activités non urgentes.
Dans un article publié par Al Nahar, le directeur d’un centre de santé communautaire à Baalbek affirme que l’établissement ne peut plus accueillir les patients atteints de maladies chroniques, faute de médicaments et de moyens de réfrigération. Le journal cite également des pharmaciens qui signalent des ruptures récurrentes d’insuline, d’antibiotiques et de médicaments pour le cœur.
Scolarité en danger : inégalités croissantes dans l’accès à l’éducation
Les difficultés du système éducatif sont évoquées dans Al Liwa’, qui rapporte que plusieurs écoles publiques de la Békaa et du Sud n’ont pas encore rouvert leurs portes, faute d’enseignants disponibles. Ces derniers exigent le versement de leurs indemnités de transport, toujours impayées à la date du 23 septembre. Le journal ajoute que des milliers d’élèves sont ainsi privés de rentrée scolaire, accentuant les inégalités entre les régions.
Al Joumhouriyat consacre un article aux écoles privées, qui, selon les parents d’élèves cités, augmentent leurs frais d’inscription sans justification claire. Des familles affirment avoir dû retirer leurs enfants d’établissements auparavant abordables pour les inscrire dans des écoles moins chères mais de qualité inférieure. Le journal dénonce une « marchandisation croissante de l’éducation » qui laisse de côté les catégories les plus fragiles.
Al Quds mentionne que certaines associations confessionnelles tentent de pallier ces lacunes en distribuant des fournitures scolaires ou en finançant des bourses pour les élèves les plus défavorisés. Le journal note cependant que ces initiatives restent marginales face à l’ampleur de la crise.
Santé mentale, isolement social et hausse de la détresse psychologique
L’un des angles les plus sensibles abordés dans Al 3arabi Al Jadid concerne la santé mentale. Le journal publie une interview avec un psychiatre exerçant à Jounieh, qui alerte sur l’augmentation significative des cas de dépression, de troubles anxieux et de pensées suicidaires. Il affirme que « les consultations ont doublé en un an, mais que les patients ne peuvent souvent pas suivre un traitement faute de moyens financiers ».
Al Nahar relaie également le témoignage d’une association travaillant avec les personnes âgées isolées. Elle constate une recrudescence des situations de solitude extrême, notamment chez les femmes vivant seules dans des quartiers périphériques. L’article souligne que l’absence de couverture sociale, combinée à la désintégration des structures familiales, expose ces populations à une grande précarité.
Al Akhbar mentionne, dans une brève, un rapport interne du ministère des Affaires sociales, selon lequel les demandes d’assistance psychologique ont été multipliées par trois depuis 2022, mais que le budget alloué à ces services n’a pas été augmenté depuis cinq ans. Le journal évoque « une crise silencieuse » qui touche toutes les classes sociales, sans distinction.
Protestation diffuse, colère contenue et sentiment d’abandon généralisé
La presse dans son ensemble donne à voir un pays où la société civile est active, mais morcelée, sans débouché politique clair. Nida’ Al Watan publie un article sur le sentiment d’abandon ressenti par une partie de la population, notamment dans les régions rurales. Le journal cite une habitante du Akkar affirmant : « Nous n’avons ni eau, ni électricité, ni emploi. À quoi bon voter ou protester ? »
Al Quds analyse ce désenchantement en soulignant que les partis politiques traditionnels sont perçus comme responsables de l’effondrement actuel, mais qu’aucune alternative crédible ne semble émerger. Le journal évoque une société en « survie organisée », où les solidarités locales – de voisinage, de confession ou de métier – prennent le relais des institutions défaillantes.



