samedi, janvier 24, 2026

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Sécurité au Liban : vers un chaos généralisé ?

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Une déclaration alarmante qui traduit l’effondrement sécuritaire du Liban

Un haut responsable des forces de sécurité libanaises a récemment déclaré « L’État n’a plus les moyens d’assurer la stabilité », une phrase qui résonne comme un aveu d’impuissance face à la montée des tensions et du chaos. Depuis plusieurs années, le pays est plongé dans une crise économique et politique profonde, et les institutions sécuritaires, autrefois solides, se retrouvent désorganisées, sous-financées et affaiblies.

La criminalité est en hausse, les affrontements entre factions politiques et communautaires se multiplient, et les forces de l’ordre, démotivées et sous-payées, peinent à contenir l’instabilité. Cette situation pose une question cruciale : le Liban est-il en train de devenir un État failli ?

Une dégradation rapide des conditions de sécurité

La sécurité au Liban repose sur plusieurs forces, notamment l’armée et les services de police, mais toutes souffrent aujourd’hui d’un manque criant de financement et d’effectifs.

1. Une hausse de la criminalité due à la crise économique

Depuis 2019, les vols à main armée, les enlèvements et les braquages ont explosé, alimentés par une pauvreté croissante et une absence de perspectives économiques.

  • Le nombre de braquages a doublé en trois ans, ciblant principalement les commerces, les stations-service et même les banques.
  • Les enlèvements contre rançon se multiplient, notamment dans les régions rurales où les forces de l’ordre sont absentes.
  • Les tensions communautaires exacerbent les conflits locaux, notamment dans le nord du pays et certaines zones de Beyrouth.

Les forces de l’ordre, mal équipées et sous-payées, sont débordées face à cette flambée d’insécurité.

2. Des forces de sécurité démotivées et sous-financées

Autrefois respectées et redoutées, les forces de police et l’armée libanaise font face à une crise sans précédent.

  • Les salaires des militaires et policiers ont été divisés par dix en raison de l’effondrement de la livre libanaise, forçant certains à prendre un deuxième emploi ou à quitter le pays.
  • Des désertions sont signalées au sein de l’armée, et certains soldats refusent d’exécuter leurs missions faute de moyens.
  • Les équipements de maintien de l’ordre sont vétustes, avec un manque d’essence pour les patrouilles et des munitions limitées.

Cette situation fragilise l’ensemble du système sécuritaire, ouvrant la porte à l’émergence de nouvelles menaces.

3. La montée en puissance des milices et des groupes armés

Avec un État affaibli et une armée en difficulté, certaines milices et groupes armés remplissent le vide sécuritaire, aggravant les divisions communautaires et le risque de violences.

  • Des groupes criminels imposent leur loi dans plusieurs quartiers, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth et certaines régions frontalières.
  • Le Hezbollah et d’autres factions ont renforcé leur emprise sur certaines zones, alors que l’armée libanaise perd du terrain.
  • Des citoyens s’organisent en milices locales, affirmant vouloir protéger leurs quartiers face à l’inaction de l’État.

Ce phénomène rappelle les prémices de la guerre civile des années 1970, où l’absence de pouvoir central avait entraîné la prolifération des milices armées.

Conséquences sur la stabilité sociale et économique

L’insécurité a un impact direct sur l’économie et sur la vie quotidienne des Libanais.

1. Un climat d’incertitude qui freine l’investissement

  • Les entreprises étrangères hésitent à investir dans un pays où la sécurité n’est plus garantie.
  • Les investisseurs locaux fuient et préfèrent transférer leurs capitaux à l’étranger.
  • Le tourisme, autrefois un pilier économique, est en chute libre en raison de l’instabilité.

2. Une détérioration de la vie quotidienne

  • Les Libanais ne se sentent plus en sécurité, même dans les grandes villes.
  • Les commerces ferment plus tôt pour éviter les braquages nocturnes.
  • Les habitants des régions rurales s’arment pour se protéger, faute de police efficace.

Scénarios possibles pour la sécurité du Liban

Scénario 1 : Un redressement par l’aide internationale

L’armée libanaise et les forces de sécurité pourraient être renforcées par une aide internationale, avec un soutien logistique et financier des États-Unis, de la France et des Nations unies. Cela pourrait permettre de stabiliser la situation temporairement, mais nécessiterait des réformes en profondeur pour être efficace sur le long terme.

Scénario 2 : Une montée en puissance des milices et un effondrement total de l’État

Si la situation continue de se détériorer, l’armée pourrait perdre totalement le contrôle de certaines régions, laissant les milices communautaires prendre le pouvoir localement. Ce scénario serait catastrophique pour l’unité du pays, et risquerait de faire basculer le Liban dans une nouvelle guerre civile.

Scénario 3 : Une reprise en main autoritaire pour rétablir l’ordre

Face au chaos, certains dirigeants politiques pourraient appeler à un renforcement autoritaire des institutions, avec des mesures d’exception et une répression accrue. Ce scénario, bien que garantissant un retour temporaire à l’ordre, pourrait entraîner des violations des libertés fondamentales et une dérive autoritaire.

Un avenir incertain sans réforme du secteur sécuritaire

Le constat du haut gradé sécuritaire, « L’État n’a plus les moyens d’assurer la stabilité », montre à quel point la situation est critique. Si des mesures fortes ne sont pas prises rapidement, le Liban risque de basculer dans une insécurité chronique et un effondrement total de ses institutions. Seule une réforme profonde du secteur sécuritaire, accompagnée d’une relance économique et d’une reprise en main de l’État, pourrait éviter une déstabilisation totale du pays.

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Newsdesk Libnanews
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