Les dirigeants arabes se réuniront vendredi en Arabie saoudite pour discuter d’une réponse collective au plan du président américain Donald Trump visant à placer Gaza sous contrôle américain et à expulser ses habitants vers l’Égypte et la Jordanie.
Ce plan a suscité une opposition unanime des États arabes, qui dénoncent une violation du droit des Palestiniens à leur terre. Toutefois, des divergences persistent sur la gouvernance future de Gaza et le financement de sa reconstruction.
Un plan américain rejeté par les États arabes
Le projet de Donald Trump a provoqué un véritable tollé diplomatique. L’idée que les États-Unis puissent « prendre le contrôle » de Gaza et relocaliser 2,4 millions de Palestiniens vers l’Égypte et la Jordanie rappelle aux peuples arabes la « Nakba » de 1948, lorsque des centaines de milliers de Palestiniens ont été contraints de fuir après la création de l’État d’Israël.
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Les leaders arabes ont rejeté en bloc cette proposition, estimant qu’elle constitue une atteinte directe aux droits des Palestiniens et un précédent dangereux pour l’avenir de la région.
Un sommet élargi pour une réponse coordonnée
Initialement prévu entre l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats arabes unis, le Qatar et la Jordanie, le sommet a été élargi pour inclure les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ainsi que l’Autorité palestinienne.
L’objectif est de présenter un front uni contre le projet de Trump et de proposer une alternative pour Gaza.
Un plan égyptien en discussion
L’Égypte présentera un plan de reconstruction de Gaza qui s’oppose directement aux propositions américaines. Ce plan se déclinerait en trois phases techniques sur une période de trois à cinq ans :
- Phase d’urgence (6 mois) :
- Déblaiement des débris et restauration des infrastructures essentielles.
- Création de zones sécurisées à l’intérieur de Gaza pour accueillir temporairement les habitants déplacés.
- Phase de reconstruction :
- Organisation d’une conférence internationale pour mobiliser des fonds.
- Reconstruction des réseaux d’eau, d’électricité et de transport.
- Phase de développement :
- Urbanisation de Gaza avec nouvelles infrastructures résidentielles.
- Établissement d’un cadre éducatif et sanitaire durable.
- Lancement d’un processus politique pour une solution à deux États.
Un défi financier de taille
La reconstruction de Gaza est estimée à plus de 53 milliards de dollars, dont 20 milliards nécessaires sur les trois premières années.
Cependant, la question du financement divise encore les pays arabes. Certains États du Golfe, comme le Koweït, sont prêts à contribuer pour des raisons humanitaires, tandis que d’autres, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, veulent des garanties politiques avant tout engagement financier.
Le rôle du Hamas au cœur des tensions
Un point clé des discussions reste l’avenir du Hamas dans la gestion de Gaza.
L’Égypte propose une administration palestinienne indépendante, non affiliée à une faction et subordonnée à l’Autorité palestinienne. Elle serait composée d’experts neutres et sécurisée par une force conjointe arabe et internationale.
Toutefois, des divergences persistent :
- L’Arabie saoudite envisage un contrôle total de Gaza par l’Autorité palestinienne.
- Le Qatar insiste pour que les Palestiniens eux-mêmes décident de l’avenir de Gaza.
- Les États-Unis et Israël refusent toute implication du Hamas dans l’administration future.
Un sommet aux implications majeures
L’issue de ce sommet pourrait redéfinir les équilibres politiques au Moyen-Orient. Si les dirigeants arabes parviennent à s’accorder sur un plan commun, cela constituerait l’un des plus grands moments d’unité arabe depuis des décennies.
Toutefois, le défi reste immense : reconstruire Gaza tout en évitant une nouvelle crise sécuritaire et politique.



