vendredi, janvier 23, 2026

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Soueïda : état d’urgence humanitaire

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Soueïda : état d’urgence humanitaire

Ce que taisent trop souvent les media

Depuis plus de deux semaines, la province syrienne de Soueïda est soumise à un siège meurtrier, imposé par les forces du gouvernement de fait dirigé par Ahmad Al-Charaa (alias Abou Mohamed Al-Jolani), chef de l’organisation jihadiste Hayat Tahrir Al-Cham (HTC). Plus de 500 000 civils sont aujourd’hui pris au piège, privés d’électricité, d’eau, de nourriture, de carburant, de communications et de toute possibilité de secours humanitaire. Des sources locales confirment que certaines aides humanitaires ont pu pénétrer la zone, notamment 200 tonnes de farine, des paniers alimentaires, ainsi qu’une petite quantité de carburant, convoyés par le Croissant-Rouge et la Croix-Rouge. Ces aides, bien que cruciales, restent très insuffisantes pour répondre aux besoins d’une population assiégée depuis des semaines. Elles n’ont pas été fournies par Ahmad Al-Charaa, mais ont été autorisées à entrer sous son contrôle, renforçant de facto son emprise sur le sort de la population. Cette situation alarmante constitue une punition collective systématique, et selon les standards du droit international, un crime de guerre, voire un crime contre l’humanité.

Une logique d’isolement et de destruction

Ce siège s’inscrit dans une escalade d’attaques à caractère confessionnel visant la communauté druze de Syrie. Depuis plusieurs mois, des appels à la haine, des slogans ouvertement génocidaires tels que « Nous voulons exterminer les druzes» sont scandés lors de manifestations filmées et relayées sur les réseaux sociaux — sans aucune réaction des autorités en place. Dans les grandes villes universitaires de Damas, Homs et Alep, des milliers d’étudiants druzes ont été contraints à fuir face aux menaces et violences ciblées. Ce climat de terreur repose sur une mécanique bien connue des précédents épisodes de violence à l’encontre d’autres minorités :

  • Stigmatisation de la communauté ciblée ;
  • Isolement géographique, social et politique par des mesures coercitives ;
  • Confiscation des ressources vitales, empêchant toute forme de résistance ou même de survie.

Silence international, narration inversée

Alors que la situation sur le terrain se détériore rapidement, la couverture médiatique internationale reste quasi inexistante. Le contraste est saisissant : la visite récente à Paris de représentants du pouvoir jihadiste a fait l’objet d’une attention bien plus grande que le siège actuel d’une ville entière !  Ce décalage pose une question fondamentale : à quoi reconnaît-on un crime de guerre, fait majeur ? Est-ce au port d’une cravate par un chef jihadiste — présenté comme “pragmatique” — ou à la réalité vécue par des centaines de milliers de civils assiégés ? Le silence des dirigeants occidentaux, notamment ceux impliqués dans des discussions avec les représentants de ce régime, est préoccupant. Des accords ont été conclus à Paris avec des émissaires d’Ahmad Al-Charaa. Quelles en sont les garanties ? Quels en sont les termes ? Qui en assure le respect ? Si la situation actuelle est l’ « après-accord », alors que doit-on en conclure ?

Une demande claire et immédiate

Nous appelons la communauté internationale à :

  • Condamner sans équivoque le siège de Soueïda et les attaques visant la population civile ;
  • Exiger l’ouverture immédiate d’un corridor humanitaire sécurisé pour l’acheminement des biens de première nécessité ;
  • Faire toute la lumière sur les accords internationaux conclus avec les autorités de fait de Damas, notamment leurs conditions, leurs signataires et les mécanismes de suivi ;
  • Établir des sanctions visant les responsables des massacres. Le prétendu président de la Syrie n’a-t-il pas félicité les milices pour leurs « actions héroïques » ?

La répétition des crimes contre les minorités, l’utilisation du siège comme arme politique et l’effacement du langage politique au profit d’une mise en scène diplomatique creuse doivent cesser. Le coût humain est inacceptable. Le silence est une complicité.

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Association « Passerelles » (présidée par Jérôme Maucourant)
Association « Passerelles » (présidée par Jérôme Maucourant)
L'Association « Passerelles » (pour une Syrie libre, laïque et démocratique) est présidée par le professeur Jérôme Maucourant.

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