Dans la région montagneuse du Kesrouan, au Liban, un incident impliquant trois citoyens pratiquant le parapente a mobilisé les services de secours ce samedi 24 janvier 2026. À 11h45, selon la déclaration officielle du Département des médias et des relations publiques de la Direction générale de la Défense civile, ces individus ont chuté lors d’une session d’entraînement entre les zones de Ghosta et Jounieh. Deux d’entre eux ont atterri dans le secteur d’Ein Raqa, près de Ghosta, tandis que le troisième a touché le sol au cœur de la ville de Jounieh. Les éléments de la Défense civile, dépêchés sur place, ont constaté que les trois personnes étaient en bonne santé à leur arrivée, sans aucune blessure nécessitant une hospitalisation. Cette issue heureuse contraste avec la gravité potentielle de tels accidents, souvent amplifiée par les conditions météorologiques instables de la région.
La déclaration de la Défense civile précise que les pratiquants ont été retrouvés indemnes, évitant ainsi un bilan plus lourd. « À la suite de cet effet, les éléments de la Défense civile se sont rendus en bonne santé à leur arrivée et aucune blessure n’a été signalée qui a entraîné l’hospitalisation », indique le communiqué, soulignant l’efficacité de l’intervention rapide. La Direction générale renouvelle par ailleurs son appel aux citoyens pour qu’ils respectent les lignes directrices de sécurité, en s’abstenant notamment de pratiquer le parapente par temps pluvieux ou orageux, conditions qui représentent un grave risque pour la sécurité publique. Cet avertissement, réitéré à plusieurs reprises ces derniers mois, met en lumière les dangers inhérents à ce sport aérien dans un pays où les reliefs escarpés et les vents capricieux du mont Liban attirent de nombreux amateurs.
Un incident alarmant dans un contexte de vents forts
Les circonstances exactes de l’accident restent à clarifier, mais des témoins oculaires rapportent que les conditions météorologiques ce jour-là étaient particulièrement défavorables. Des vents forts, accompagnés de rafales intermittentes, ont probablement contribué à la perte de contrôle des parapentes. Ghosta, village perché à environ 1 200 mètres d’altitude, est un site de décollage prisé pour les vols vers la côte de Jounieh, offrant une descente spectaculaire de plusieurs centaines de mètres au-dessus de la mer Méditerranée. Ein Raqa, une zone boisée et escarpée aux abords de Ghosta, a servi de point d’impact pour deux des parapentistes, tandis que le troisième a dérivé vers le tissu urbain de Jounieh, atterrissant dans un cadre résidentiel sans causer de dommages collatéraux.
Des sources locales indiquent que les trois individus étaient engagés dans une session d’entraînement, possiblement en tandem ou en solo, bien que les détails sur leur équipement et leur expérience n’aient pas été divulgués immédiatement. L’absence de blessures graves suggère que les parachutes de secours ou les techniques de pilotage d’urgence ont pu être activés à temps. Cependant, cet épisode rappelle la vulnérabilité des pratiquants face aux éléments naturels. Selon des données météorologiques récentes, la région du Kesrouan a connu des rafales dépassant les 50 km/h ce matin-là, rendant tout vol aérien non motorisé hautement risqué. La Défense civile, en coordination avec la Croix-Rouge libanaise, a procédé à une évaluation rapide des lieux, confirmant que aucun secours médical supplémentaire n’était requis.
Le rôle pivotal de la Défense civile dans les opérations de sauvetage
La Défense civile libanaise, organisme rattaché au ministère de l’Intérieur, joue un rôle central dans la gestion de tels incidents. Fondée en 1950, elle est responsable des interventions d’urgence, incluant les secours en montagne, les incendies et les accidents sportifs. Dans le cas des sports aériens comme le parapente, ses équipes sont souvent les premières à intervenir, équipées de véhicules tout-terrain et de matériel de recherche pour localiser les victimes dans des zones difficilement accessibles. Le communiqué de ce jour illustre parfaitement cette mission : une mobilisation immédiate a permis de vérifier l’état des trois citoyens sans délai, évitant une escalade inutile des ressources.
Au-delà de cet incident, la Défense civile a été impliquée dans de nombreuses opérations similaires ces dernières années. Par exemple, elle coordonne régulièrement avec l’armée libanaise pour les recherches en mer ou en forêt, comme lors des chutes en parapente près de la côte. Ses volontaires, formés aux premiers secours et à la gestion des catastrophes, opèrent dans un contexte de ressources limitées, aggravé par la crise économique libanaise. Malgré cela, l’organisme maintient une présence active dans les régions montagneuses, où les sports extrêmes sont populaires. « La Défense civile est la première actrice de défense et de lutte contre les incendies des espaces naturels au Liban », note un rapport d’une organisation internationale de secours, soulignant son importance dans la protection civile. Elle collabore étroitement avec la Croix-Rouge libanaise, formant un duo essentiel pour les soins préhospitaliers.
Les dangers récurrents du parapente dans les reliefs libanais
Le parapente, introduit au Liban dans les années 1980, s’est imposé comme une activité touristique et sportive majeure, attirant des milliers de pratiquants locaux et étrangers chaque année. Les sites comme Ghosta, Harissa ou Jounieh offrent des vues imprenables sur la Méditerranée, avec des dénivelés idéaux pour des vols de durée variable. Cependant, cette popularité s’accompagne d’un historique d’accidents préoccupant. En 2025, plusieurs incidents ont marqué l’actualité, révélant les failles en matière de régulation et de sécurité.
Par exemple, en mai 2025, un adolescent libano-australien de 16 ans, Hussein Mearbany, a chuté de plus de 300 mètres lors d’un vol en tandem à Sahel Aalma, au nord de Beyrouth. L’instructeur a pris la fuite, déclenchant une enquête judiciaire. Cet accident a mis en lumière les risques des vols biplaces non supervisés. Puis, en août 2025, Omar Sinjer, un parapentiste acrobate expérimenté, a trouvé la mort à Jounieh après une chute de 300 mètres en mer lors d’une figure acrobatique. La Défense civile a confirmé le décès sur place, et l’incident a conduit à une interdiction temporaire des pratiques acrobatiques par le ministère de la Jeunesse et des Sports.
Une semaine plus tard, un autre accident à Jbeil a grièvement blessé un père de famille trentenaire, malgré son expérience. En septembre 2025, deux personnes – un Libanais et un Irakien – ont été blessées après une chute dans la forêt de Harissa, près de Jounieh. Ces événements successifs ont poussé les autorités à renforcer les contrôles, incluant des interdictions pour certains pilotes, comme Ahmad Abdul Hayy, jugé inapte par une décision judiciaire.
Les conditions météorologiques, un facteur aggravant
Le climat libanais, caractérisé par des hivers pluvieux et des vents méditerranéens imprévisibles, exacerbe les risques. Les rafales provenant de la mer peuvent soudainement changer de direction, entraînant des atterrissages forcés dans des zones boisées ou urbaines. À Ghosta, les décollages se font souvent face à des pentes abruptes, où une erreur de jugement peut mener à une collision avec la végétation ou des obstacles. Jounieh, avec sa côte rocheuse et ses plages bondées, ajoute un risque de noyade si le vol dévie vers la mer.
Des experts en aéronautique soulignent que 70 % des accidents de parapente au Liban sont liés à des erreurs humaines ou à des négligences météorologiques. Le ministère de la Jeunesse et des Sports, sous la direction de Nour Bayrakdarian, a émis des directives strictes en 2025, exigeant des certifications internationales pour les instructeurs et des évaluations météo préalables. Pourtant, des violations persistent, comme en témoigne un incident récent impliquant six personnes décollant malgré des vents défavorables, atterrissant sans encombre mais en violation des règles.
L’impact sur le tourisme et l’économie locale
Le parapente contribue significativement à l’économie du Kesrouan, où des écoles et des clubs attirent des touristes d’Europe et du Golfe. Ghosta et Jounieh, avec leurs infrastructures hôtelières, voient affluer des amateurs durant les saisons clémentes. Cependant, les accidents répétés ternissent cette image, entraînant des annulations et une méfiance accrue. En 2025, le secteur a enregistré une baisse de 15 % des inscriptions aux cours de parapente, selon des estimations du syndicat des sports aériens.



