L’Iran a confirmé la mort d’Ali Larijani, figure centrale de l’appareil d’État, tué selon plusieurs sources dans une frappe israélienne à Téhéran. Ancien négociateur nucléaire, ex-président du Parlement et secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, il occupait depuis des mois une place majeure dans la conduite des dossiers stratégiques du pays. Sa disparition intervient dans un contexte de guerre ouverte entre l’Iran, Israël et les États-Unis, alors que le pouvoir iranien subit une série de pertes au sommet.
Une confirmation venue du côté iranien
La mort d’Ali Larijani a d’abord circulé dans des médias internationaux et parmi des responsables israéliens, avant d’être confirmée par des sources iraniennes, notamment via les autorités liées à l’appareil de sécurité nationale. Plusieurs agences et journaux de référence, dont Reuters, Associated Press et The Guardian, rapportent désormais que Téhéran a reconnu le décès de celui qui dirigeait le Conseil suprême de sécurité nationale. Reuters précise qu’au moment des premières frappes, son sort demeurait incertain, ce qui explique le décalage entre les annonces initiales et la confirmation officielle venue ensuite du côté iranien.
Selon les informations relayées par AP et Reuters, Ali Larijani a été tué dans une frappe visant la capitale iranienne. The Guardian évoque également la mort de son fils et de gardes du corps dans la même attaque. Les circonstances précises de la frappe, son lieu exact et la chaîne de commandement ayant conduit à l’opération n’ont pas été détaillés publiquement par Téhéran dans les comptes rendus disponibles à cette heure. En revanche, le fait majeur est désormais établi : la disparition d’Ali Larijani n’est plus seulement une revendication extérieure, mais un décès reconnu dans l’espace informationnel iranien et repris par plusieurs médias internationaux de premier plan.
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Cette confirmation marque une étape importante dans la séquence ouverte par les frappes des derniers jours. Elle officialise la perte d’un responsable qui ne relevait pas d’un rang secondaire, mais d’un des niveaux les plus élevés du système politico-sécuritaire iranien. Dans la hiérarchie du régime, Ali Larijani cumulait l’ancienneté, la proximité avec les centres de décision et une capacité reconnue à circuler entre institutions civiles, structures sécuritaires et diplomatie stratégique. C’est cette combinaison qui explique l’ampleur de l’attention internationale suscitée par sa mort.
Qui était Ali Larijani
Ali Larijani est né le 3 juin 1958 à Najaf, en Irak, dans une famille religieuse chiite influente liée à l’establishment iranien. Plusieurs de ses frères ont occupé ou occupent encore des postes de premier plan au sein de la République islamique, ce qui a souvent conduit des observateurs à décrire les Larijani comme l’une des familles les plus puissantes du pays. Reuters rappelle notamment que son frère Sadeq Amoli Larijani préside le Conseil de discernement, une instance clé dans l’architecture institutionnelle iranienne.
Formé dans l’après-révolution de 1979, Ali Larijani a bâti une trajectoire rare par sa diversité. Il a appartenu aux Gardiens de la Révolution au début de son parcours, puis a occupé des fonctions politiques, culturelles, médiatiques et sécuritaires. Reuters souligne qu’il a été commandant au sein des Gardiens durant la guerre Iran-Irak, avant de prendre la tête de l’audiovisuel d’État. Il a aussi été ministre de la Culture, conseiller du Guide suprême, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, négociateur sur le dossier nucléaire et président du Parlement de 2008 à 2020. Peu de responsables iraniens ont cumulé autant de postes situés à des points aussi différents du pouvoir.
Sur le plan politique, Ali Larijani était généralement présenté comme un conservateur pragmatique plutôt que comme un idéologue de première ligne. Cette étiquette ne signifiait pas un éloignement du cœur du régime, mais plutôt une capacité à négocier, arbitrer et parler à plusieurs centres de pouvoir. Reuters le décrit comme un « backroom powerbroker », c’est-à-dire un homme d’influence agissant souvent au plus près des arbitrages internes. AP le présente, de son côté, comme l’un des hommes les plus puissants d’Iran au moment de sa mort. Cette image s’est renforcée ces derniers mois avec son retour aux postes sécuritaires de premier rang.
Un parcours au cœur des institutions iraniennes
La carrière d’Ali Larijani épouse en grande partie l’histoire institutionnelle de la République islamique. Après ses débuts dans les structures révolutionnaires, il prend la direction de l’IRIB, l’audiovisuel public iranien, pendant une période marquée par une forte centralité de la télévision d’État dans la vie politique nationale. Cette fonction lui donne une visibilité importante et l’inscrit durablement dans le premier cercle du pouvoir. Reuters rappelle qu’il devient ensuite conseiller du Guide suprême, signe d’une proximité croissante avec Ali Khamenei.
En 2005, il est nommé secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et devient, à ce titre, le principal négociateur iranien sur le nucléaire. Cette période l’installe sur la scène internationale. Les chancelleries occidentales apprennent alors à traiter avec lui comme avec un représentant direct de la ligne iranienne sur l’enrichissement d’uranium, les inspections et le rapport de force avec les puissances européennes et les États-Unis. Reuters rappelle qu’il défendait alors une ligne dure, illustrée par sa formule comparant certaines offres européennes à l’échange « d’une perle contre une friandise ».
Après avoir quitté cette fonction en 2007, Ali Larijani rebondit rapidement. En 2008, il devient président du Majlis, le Parlement iranien, poste qu’il conservera jusqu’en 2020. Cette longue présidence lui permet de s’imposer comme un pivot entre le gouvernement, le Guide suprême et les principales institutions législatives et sécuritaires. Pendant douze ans, il suit les grands dossiers économiques, régionaux et nucléaires. Reuters note qu’il a joué un rôle dans les discussions autour de l’accord nucléaire de 2015, tout en maintenant une loyauté constante envers l’architecture politique de la République islamique.
Le retour au premier plan en 2025 et 2026
Après la fin de sa présidence du Parlement, Ali Larijani n’a pas disparu de la scène. Il a été nommé conseiller politique du Guide suprême et membre du Conseil de discernement. Mais c’est surtout son retour à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale, à l’été 2025, qui l’a replacé au cœur du pouvoir exécutif et sécuritaire. Iran Press, média d’État iranien, rapportait en août 2025 sa nomination comme représentant du Guide au sein de cette instance, au lendemain de sa désignation comme secrétaire du Conseil par le président Massoud Pezeshkian.
Cette réinstallation à un poste stratégique s’est produite dans une phase de forte tension régionale. Le Conseil suprême de sécurité nationale coordonne en Iran les dossiers touchant à la défense, aux grandes orientations de sécurité et aux questions nucléaires sensibles. En revenant à sa tête, Ali Larijani récupérait un levier institutionnel majeur. Reuters écrivait dès le 1er mars 2026 qu’en l’absence du Guide suprême, il avait émergé comme un « central power broker », un centre de gravité de la prise de décision au sein d’un régime fragilisé par la guerre et les secousses internes.
Au cours des dernières semaines, son nom apparaissait dans les échanges diplomatiques et dans les messages de fermeté adressés aux adversaires de l’Iran. Press TV rapportait encore, le 5 mars, des déclarations où il promettait une riposte sévère contre toute intervention militaire étrangère sur le sol iranien. Reuters le signalait aussi parmi les responsables iraniens sanctionnés par les États-Unis après la répression des manifestations de janvier 2026. Ce double rôle, sécuritaire à l’intérieur et stratégique à l’extérieur, résume la place qu’il occupait au moment de sa mort.
Pourquoi son nom comptait autant dans le système iranien
Ali Larijani n’était pas seulement un titulaire de fonction. Son poids tenait à la nature même de son parcours. Il appartenait à une génération de responsables capables de dialoguer avec les appareils sécuritaires, les institutions religieuses et les organes politiques élus. Cette polyvalence lui donnait une utilité particulière dans les périodes de crise. AP souligne qu’il avait pris, ces dernières semaines, un rôle central dans la conduite des affaires iraniennes après la mort d’Ali Khamenei. Reuters, avant même l’annonce de son décès, écrivait qu’il avait émergé comme l’une des figures dominantes du moment.
Sa position familiale renforçait encore cette influence. Issu d’un milieu religieux prestigieux, frère d’autres responsables de premier plan, il disposait d’une légitimité propre dans un système où les réseaux, la mémoire institutionnelle et les liens avec le clergé demeurent déterminants. Britannique ou américaine, la presse internationale a souvent insisté sur cette dimension dynastique au sens politique du terme. AP évoque une famille parfois comparée aux Kennedy aux États-Unis pour souligner son implantation dans le pouvoir iranien.
Il faut aussi noter que Larijani avait survécu à plusieurs phases de recomposition interne. Il s’était présenté à l’élection présidentielle de 2005 sans l’emporter. Plus tard, il a été empêché de concourir aux présidentielles de 2021 puis de 2024. Pourtant, il a continué à revenir au centre du jeu. Cette capacité à rester influent malgré les changements de présidence, les rivalités internes et les filtrages électoraux éclaire son statut d’homme du système plus que d’homme d’un camp passager.
Le contexte immédiat de sa mort
La confirmation de la mort d’Ali Larijani intervient dans un contexte de confrontation militaire ouverte. L’Iran fait face depuis plusieurs semaines à une campagne de frappes qui a touché de très hauts responsables de l’État et de l’appareil sécuritaire. Les mêmes sources décrivent une séquence où les lignes entre guerre régionale, frappes ciblées et affrontement direct se sont nettement durcies. Dans ce cadre, Ali Larijani apparaissait comme l’un des responsables iraniens les plus exposés symboliquement et politiquement.
Reuters rapporte qu’au moment de l’attaque, quatre responsables israéliens parlaient d’une frappe ciblant Larijani, tout en disant ne pas pouvoir confirmer immédiatement s’il avait été tué ou blessé. Quelques heures plus tard, la confirmation venue de Téhéran a mis fin à cette incertitude. AP ajoute qu’il s’agissait alors du plus haut responsable iranien mort depuis l’ouverture de cette nouvelle phase de guerre. The Guardian le présente aussi comme le plus haut dirigeant éliminé depuis la disparition du Guide suprême Ali Khamenei dans une frappe précédente.
La chronologie récente accentue la portée de l’événement. Reuters rappelait déjà, début mars, qu’après la mort d’Ali Khamenei, Larijani jouait un rôle de premier plan dans la gestion transitoire du pouvoir. Sa disparition ne renvoie donc pas seulement à la perte d’un ancien dignitaire. Elle concerne un responsable en fonction, à la tête d’un organe central, dans une phase où la chaîne de commandement iranienne subit des tensions extrêmes. Dans les dépêches consultées, aucun doute ne subsiste sur ce point : sa mort s’inscrit dans une série de frappes visant des cibles situées au sommet de l’appareil d’État.
Les fonctions qu’il occupait au moment de sa disparition
Au moment de sa mort, Ali Larijani était secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, une institution charnière du régime iranien. Ce conseil réunit les principales autorités concernées par les questions stratégiques et sécuritaires. Dans le système iranien, il joue un rôle déterminant dans la coordination des politiques liées à la défense, aux crises régionales, au nucléaire et à certaines décisions de sécurité intérieure. Iran Press rappelait, au moment de sa nomination en 2025, que le Guide suprême l’avait explicitement réinstallé comme son représentant dans cette structure.
Cette responsabilité faisait de lui un interlocuteur privilégié sur les dossiers les plus sensibles. Reuters et AP le décrivent comme un ancien négociateur nucléaire resté influent dans ce champ. Son profil mêlait à la fois expérience diplomatique, implantation interne et capacité d’arbitrage. Dans un pays où certaines institutions fonctionnent par chevauchement de compétences, cette faculté à relier plusieurs centres de décision comptait autant que le titre officiel lui-même. Larijani n’était pas simplement présent dans l’appareil : il se trouvait à l’intersection de plusieurs de ses circuits stratégiques.
Son retour au Conseil suprême de sécurité nationale avait d’ailleurs été lu comme un signal de consolidation autour d’une figure d’expérience. Reuters rapportait qu’il supervisait des dossiers touchant aux négociations nucléaires, à la diplomatie régionale et aux réponses du pouvoir aux crises intérieures. Cela explique que son décès soit traité comme un événement majeur dans les dépêches internationales. Sa disparition touche un responsable qui cumulait mémoire institutionnelle, accès au sommet et rôle opérationnel dans la conjoncture présente.
Repères biographiques
| Élément | Information |
|---|---|
| Nom complet | Ali Larijani |
| Date de naissance | 3 juin 1958 |
| Lieu de naissance | Najaf, Irak |
| Âge au décès | 67 ans |
| Fonction au moment du décès | Secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale |
| Anciennes fonctions majeures | Négociateur nucléaire, président du Parlement, ministre de la Culture, dirigeant de l’audiovisuel public |
| Confirmation de la mort | Reprise par des autorités iraniennes |
| Date de la mort rapportée | 17 mars 2026 |
Chronologie synthétique
- 1958 : naissance à Najaf, en Irak.
- Années 1980 : passage par les Gardiens de la Révolution durant la guerre Iran-Irak, selon Reuters.
- Années 1990-2000 : direction de l’audiovisuel public iranien, puis entrée plus marquée dans les fonctions de conseil au sommet de l’État.
- 2005-2007 : secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et négociateur nucléaire en chef.
- 2008-2020 : président du Parlement iranien.
- 2020 : nommé conseiller politique du Guide suprême et membre du Conseil de discernement.
- Août 2025 : retour à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale.
- Mars 2026 : mort confirmée par l’Iran après une frappe sur Téhéran.



