samedi, janvier 24, 2026

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Avec l’occupation du Mont Hermon, Israël occupe aussi une partie du Liban

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L’occupation israélienne de la moitié sud du Mont Hermon, combinée aux tensions récentes au sud du Liban, ravive les craintes d’un nouvel affrontement régional. Alors que la chute du régime syrien de Bachar el-Assad bouleverse les équilibres géopolitiques, Israël semble renforcer ses positions stratégiques sur les hauteurs du Golan, avec un œil sur la Bekaa libanaise. Cette dynamique soulève des questions sur les objectifs d’Israël et les répercussions potentielles pour le Liban, déjà confronté à de multiples défis.

Les territoires libanais sous occupation israélienne

Outre le Mont Hermon, Israël occupe d’autres territoires revendiqués par le Liban, notamment les fermes de Chebaa, les collines de Kfar Shouba et certaines parties du village de Ghajar. Ces zones, annexées ou sous contrôle israélien depuis la guerre des Six Jours en 1967, restent un point de discorde majeur entre les deux pays.

Le sud du Liban a longtemps été un théâtre d’affrontements entre Israël et le Hezbollah. Le conflit de 2006 a exacerbé ces tensions, entraînant des destructions massives et un statu quo précaire. Depuis, la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban) surveille la zone, mais les violations israéliennes de l’espace aérien et les incursions terrestres sont fréquentes, maintenant une atmosphère de méfiance et d’instabilité.

Escalade récente au sud du Liban

Ces dernières semaines, le sud du Liban a été le théâtre d’incidents graves. Des échanges de tirs entre le Hezbollah et les forces israéliennes ont été signalés près de la ligne bleue, une frontière tracée par l’ONU après le retrait israélien de 2000. Le Hezbollah a revendiqué des attaques contre des positions israéliennes, tandis qu’Israël a mené des frappes ciblées sur des infrastructures supposément utilisées par le groupe chiite.

Ces escalades pourraient créer un nouveau contentieux territorial autour du Mont Hermon. La prise de contrôle israélienne de positions abandonnées par l’armée syrienne, combinée aux tensions au sud, alimente des spéculations sur une possible stratégie israélienne visant à contourner le sud du Liban.

Une route vers la Bekaa via le Golan ?

Le Mont Hermon, qui offre un point de vue stratégique sur la vallée de la Bekaa, pourrait être utilisé par Israël pour sécuriser une voie alternative en contournant les bastions du Hezbollah dans le sud du Liban. Cette hypothèse, avancée par des analystes régionaux, repose sur l’idée qu’Israël cherche à neutraliser les corridors utilisés par le Hezbollah pour le transit d’armes et de renforts.

En prenant position sur le Mont Hermon, Israël pourrait renforcer son contrôle sur la zone frontalière, tout en exerçant une pression indirecte sur les routes qui mènent à la Bekaa, un territoire clé pour le Hezbollah. Cette perspective inquiète le Liban, où les responsables politiques redoutent une aggravation des tensions et une possible militarisation accrue de la région.

La réaction du Liban et des acteurs régionaux

Face à ces développements, le gouvernement libanais a renouvelé ses appels aux Nations Unies pour mettre fin aux violations israéliennes de son territoire. Toutefois, la crise politique interne et l’absence d’un gouvernement pleinement fonctionnel limitent la capacité de Beyrouth à agir de manière décisive.

Le Hezbollah, bien que sous pression après la chute de son allié syrien, a intensifié sa rhétorique et ses exercices militaires dans le sud du Liban. L’organisation affirme être prête à répondre à toute escalade israélienne, tout en évitant pour l’instant une confrontation directe majeure.

Du côté international, la situation reste sous surveillance. La Russie, bien qu’occupée par la transition en Syrie, a exprimé son opposition à toute modification unilatérale des frontières. Les États-Unis, alliés d’Israël, insistent sur le droit de ce dernier à se défendre, mais appellent également à éviter une escalade qui pourrait déstabiliser davantage la région.

Les enjeux stratégiques du Mont Hermon

Le Mont Hermon est bien plus qu’un sommet montagneux. Sa position géographique en fait un point clé pour le contrôle des ressources hydriques et des voies stratégiques. Pour Israël, renforcer sa présence sur le Mont Hermon, combinée à sa domination sur le plateau du Golan, offre une supériorité militaire et un avantage en matière de renseignement.

Pour le Liban, le Mont Hermon est un symbole de souveraineté et de résistance. La moitié nord de cette montagne, qui lui appartient officiellement, est essentielle pour les villages frontaliers, tant sur le plan économique que pour l’accès aux ressources naturelles.

Un nouveau contentieux territorial en vue ?

L’avancée israélienne sur le Mont Hermon pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans le conflit territorial entre Israël et le Liban. Si Israël décide d’utiliser cette position pour élargir son influence dans la région, notamment en direction de la Bekaa, cela pourrait déclencher une réaction en chaîne, intensifiant les tensions entre les deux pays.

Le Liban, déjà affaibli par des crises multiples, pourrait se retrouver dans une position difficile, contraint de gérer une nouvelle source de conflit sans les ressources nécessaires pour y faire face.

La situation au Mont Hermon est un microcosme des tensions plus larges entre Israël, le Liban et leurs alliés respectifs. Alors qu’Israël renforce ses positions et que le Liban tente de défendre sa souveraineté, la question reste ouverte : cette avancée israélienne marque-t-elle le début d’une nouvelle stratégie régionale ou une simple réaction aux bouleversements provoqués par la chute d’Assad ? Seule l’évolution des dynamiques régionales permettra de répondre à cette question cruciale.

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Newsdesk Libnanews
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