Perspectives d’accord avec le Fonds monétaire international : pourquoi les banques restent le verrou...
Un accord avec le FMI reste impossible tant que les banques refusent de reconnaître les pertes et de restructurer leurs bilans. Dépôts gelés, capital control informel et influence au Parlement bloquent la répartition des pertes. Sans audit, recapitalisation et calendrier de remboursement, la confiance ne revient pas dans l’économie libanaise.
Coût de la vie à Beyrouth : une capitale hors de prix pour une...
Beyrouth est classée 10e ville la plus chère du monde selon Numbeo, alors que les salaires s’effondrent au Liban. Hyperinflation, dollarisation et hausse des loyers, soins et alimentation rendent la capitale inaccessible. Dans un pays où la pauvreté dépasse 80 %, le coût de la vie devient un marqueur majeur de crise sociale.
Eurobonds libanais : l’attractivité trompeuse des rendements face au risque souverain
En défaut depuis mars 2020, le Liban laisse ses Eurobonds se négocier à 7–10 cents, offrant des rendements supérieurs à 60 %. Derrière l’appât, le risque souverain reste extrême : absence de plan de restructuration, bilans bancaires faussés, pression judiciaire à New York et réputation dégradée pour les investisseurs opportunistes.
Banque du Liban : entre gestion des actifs et incertitudes sur les garanties apportées...
Le projet de loi sur la restitution des dépôts confie à la Banque du Liban l’émission d’ABS pour compenser les montants au-delà de 100 000 dollars. Or réserves, actifs illiquides, inflation monétaire et absence d’engagement clair de l’État fragilisent les garanties promises aux épargnants et accroissent les risques judiciaires majeurs.
Reconstruction: prêts annoncés, conditions durcies, et retour des créanciers
Le Liban veut lancer la reconstruction depuis le Sud, mais avance sous contrainte: les financements évoqués sont des prêts (75 millions d’euros côté français, 120 millions de dollars via un fonds koweïtien) assortis de conditions durcies. Réformes, transparence, énergie et système financier redeviennent les clés pour convaincre bailleurs et créanciers.
Emploi et sous-emploi : les dégâts cachés de la désagrégation du marché du travail...
Au Liban, le chômage dépasse les chiffres officiels et le sous-emploi s’étend. Plus de 65 % des travailleurs vivent dans l’informel, sans contrat ni protection, tandis que jeunes et femmes quittent le marché. Fermetures de commerces, émigration des compétences et absence de politique publique aggravent les fractures régionales encore durablement.
Balance des paiements et transferts de la diaspora : une dépendance croissante mais instable
En 2025, la balance des paiements libanaise reste déficitaire (plus de 4,3 milliards $) malgré les transferts de la diaspora, estimés à 6,9 milliards $ et essentiels à la consommation. Mais ces flux contournent les banques, alimentent le cash et restent volatils faute de stratégie publique pour les canaliser durablement.
Une croissance à confirmer : ce que disent vraiment les chiffres du rebond économique...
Le PIB libanais rebondit en 2025 (+3,5 % réel), mais la reprise reste fragile. Transferts de la diaspora, dollarisation et économie informelle soutiennent la consommation, tandis que déficit commercial, chômage caché, salaires réels en baisse et investissements faibles limitent la croissance. Une stabilité monétaire jugée artificielle nourrit l’incertitude encore durablement.
Inflation à deux vitesses : analyse des hausses de prix généralisées et sectorielles au...
En octobre 2025, l’inflation annuelle ralentit à 192,3 % mais les hausses restent massives. Éducation (+258,5 %), santé (+228 %) et loyers (+145 %) dépassent la moyenne, tandis que l’alimentaire se stabilise à un niveau élevé. Dollarisation, salaires comprimés et statistiques fragiles entretiennent une crise durable du pouvoir d’achat nationale.
Banques et trésor public : complicité historique dans l’accumulation de la dette
Au Liban, les banques commerciales opèrent en faillite non déclarée depuis 2019. Dépôts illiquides, retraits plafonnés et « lollars » convertis à taux décotés amputent jusqu’à 85 % du pouvoir d’achat. Faute de capital controls et d’audits IFRS, le crédit s’effondre et l’arbitraire alimente colère et procès contre l’État aussi.
FSDR : un projet de loi contesté sur la restitution des dépôts et ses...
Le gouvernement a adopté le projet de loi FSDR pour rembourser progressivement les dépôts gelés depuis 2019. Petits comptes payés en cash, dépôts convertis en titres ABS adossés aux actifs de la BDL. Le mécanisme, jugé fragile et inéquitable, est critiqué par économistes, BDL et FMI avant le débat parlementaire.
Sayrafa et fiscalité rétroactive : le piège fiscal des opérations de change pour les...
Le projet de loi de stabilisation prévoit une taxe rétroactive sur les profits réalisés via Sayrafa entre 2020 et 2023. Taux de 15 % sur l’écart avec le marché parallèle, calculé par l’Autorité des marchés. Mesure contestée, risque de contentieux, défiance accrue et incitation au recours au secteur informel massif.
La sélection invisible: comment les banques ont organisé la sortie des privilégiés et enfermé...
La crise bancaire libanaise a instauré une sélection invisible: sans loi de contrôle des capitaux, les banques ont appliqué des restrictions inégales, permettant aux plus connectés de transférer ou convertir, tandis que la majorité reste prisonnière.
Dépôts gelés : 2025, l’année où le Liban a (enfin) mis des chiffres sur...
En 2025, le Liban a cessé le déni bancaire en approuvant un texte-cadre sur la répartition des pertes et la restitution graduelle des dépôts gelés depuis 2019. Mais le plan reste contesté : chiffres discutés, “actifs” de la Banque du Liban flous, tabou de l’or, marché secondaire fragile et déficit de confiance.




















