La dollarisation des frais médicaux dans les cliniques privées de Beyrouth, signalée le 19 septembre 2025, exacerbe les inégalités sociales au Liban, divisant la population entre ceux qui ont accès aux devises étrangères et ceux qui en sont privés. Plusieurs établissements facturent désormais leurs prestations exclusivement en dollars, même pour des soins de base, rendant l’accès à la santé prohibitif dans un pays où 78 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Un accouchement sans complications, par exemple, coûte entre 1 800 et 2 300 dollars dans les cliniques les plus modestes, tandis que d’autres soins, comme les consultations ou analyses, suivent la même tendance. Une patiente a témoigné de l’impact de cette situation : « J’ai vendu mes bijoux pour accoucher dans des conditions décentes. » Cette pratique, motivée par la dévaluation de la livre libanaise et les coûts opérationnels croissants, marginalise la majorité des Libanais, renforçant un système de santé à deux vitesses.
Les racines économiques de la dollarisation
La facturation en dollars dans les cliniques privées de Beyrouth découle de la crise économique qui sévit depuis 2019, marquée par une dévaluation de la livre libanaise de plus de 90 % sur le marché parallèle, où le taux atteint 105 000 livres pour un dollar. Les cliniques, qui représentent 60 % des lits hospitaliers du Liban, dépendent des importations pour 80 % de leurs fournitures médicales – médicaments, équipements, consommables – facturées en dollars. Avec une inflation mondiale ayant augmenté les coûts d’importation de 20 % en 2025, les établissements doivent exiger des paiements en devises étrangères pour couvrir leurs dépenses et éviter des pertes dues aux fluctuations monétaires.
Les restrictions bancaires imposées par la Banque du Liban (BDL), limitant les retraits à 150 dollars par mois pour les comptes en devises, compliquent l’accès des cliniques aux dollars via les canaux officiels, les obligeant à se tourner vers le marché parallèle. Les salaires du personnel médical, souvent indexés sur le dollar pour contrer une émigration massive – 15 % des infirmiers ont quitté le pays depuis 2024 – ajoutent une charge financière. Cette dollarisation, bien que nécessaire pour la viabilité des cliniques, exclut les patients sans accès aux devises, creusant un fossé entre une minorité financièrement solvable et la majorité précarisée.
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Une barrière financière pour les soins de base
La dollarisation touche l’ensemble des soins de base dans les cliniques privées de Beyrouth, rendant les services inaccessibles pour la majorité des Libanais. Une consultation générale coûte entre 50 et 100 dollars, une analyse sanguine ou une échographie jusqu’à 200 dollars, et un accouchement sans complications entre 1 800 et 2 300 dollars dans les établissements les plus modestes. Ces montants sont prohibitifs dans un pays où le salaire minimum, fixé à 28 millions de livres libanaises en juin 2025, équivaut à environ 300 dollars au taux parallèle, et où le revenu mensuel moyen des ménages est inférieur à 400 dollars.
Le témoignage de la patiente ayant vendu ses bijoux pour financer un accouchement illustre les sacrifices imposés par ces coûts. Les bijoux, souvent un héritage familial ou une épargne traditionnelle, deviennent une monnaie d’échange pour accéder à des soins essentiels, comme une hospitalisation dans des conditions décentes – avec un environnement sûr et un personnel qualifié. Cette pratique reflète une réalité plus large : les ménages doivent liquider des actifs, s’endetter ou solliciter l’aide communautaire pour couvrir des frais médicaux, une situation qui touche particulièrement les 78 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté.
Une fracture sociale entre dollarisés et non-dollarisés
La dollarisation des frais médicaux renforce les inégalités sociales, divisant la société libanaise entre ceux qui ont accès aux dollars et les autres. Environ 22 % de la population bénéficie de transferts de la diaspora, estimés à 6 milliards de dollars en 2024, ou d’emplois dans des secteurs dollarisés comme les ONG ou l’informatique, leur permettant de payer des soins privés. En revanche, les 78 % restants, dépendant de salaires en livres libanaises ou d’emplois informels – 60 % du marché du travail – sont exclus de ces cliniques, forcés de se tourner vers des hôpitaux publics sous-financés ou de renoncer à des soins.
Cette fracture crée un système de santé à deux vitesses. Les cliniques privées, qui assurent 60 % des lits hospitaliers et 80 % des interventions spécialisées, servent une élite capable de mobiliser des dollars, tandis que les autres se rabattent sur des établissements publics, où seulement 30 % fonctionnent à pleine capacité en raison de pénuries de personnel et d’équipements. Cette division accentue les disparités sociales, les familles sans devises devant faire face à des choix dramatiques, comme vendre des biens personnels, tandis que celles avec dollars accèdent à des soins de qualité sans contraintes.
Les sacrifices des patients : un témoignage révélateur
Le témoignage de la patiente ayant vendu ses bijoux pour accoucher dans des conditions décentes met en lumière la précarité imposée par la dollarisation. Les soins essentiels, comme un accouchement coûtant 1 800 à 2 300 dollars, deviennent un luxe, obligeant les familles à sacrifier leur patrimoine. Cette pratique, courante parmi les ménages précarisés, reflète une inégalité criante : ceux sans accès aux dollars doivent liquider des actifs ou s’endetter, tandis que ceux bénéficiant de transferts de la diaspora ou de revenus en devises échappent à ces contraintes.
Ce témoignage illustre une réalité touchant de nombreux Libanais, particulièrement les femmes, qui assument souvent seules les coûts des soins prénataux et post-partum. Avec 50 % de la population active féminine dans le secteur informel, l’absence de protection sociale – 60 % des cotisations à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ne sont pas versées dans le privé – aggrave cette vulnérabilité. Les familles, confrontées à un chômage de 30 % et à une inflation de 14,27 % en juillet 2025, doivent prioriser entre soins médicaux, alimentation ou logement, amplifiant les disparités sociales.
Une surcharge des hôpitaux publics
La dollarisation des cliniques privées pousse les patients vers les hôpitaux publics, incapables de répondre à la demande croissante. Avec seulement 30 % des établissements publics fonctionnant à pleine capacité, selon un rapport du ministère de la Santé d’août 2025, ces hôpitaux souffrent de pénuries de médicaments, d’équipements et de personnel. Les soins de base, comme les consultations ou les analyses, sont souvent indisponibles, obligeant les patients à attendre des semaines ou à se tourner vers des solutions informelles, comme les cliniques communautaires, qui manquent de ressources.
Cette situation renforce les inégalités : les patients sans dollars, représentant 78 % de la population, dépendent d’un système public défaillant, tandis que ceux avec devises accèdent aux cliniques privées. Les soins spécialisés, comme les chirurgies ou les traitements de maladies chroniques, sont particulièrement affectés, les hôpitaux publics ne pouvant couvrir que 20 % des besoins, forçant les patients précarisés à reporter des traitements ou à s’endetter pour accéder au privé.
Le rôle clé de la diaspora
La diaspora libanaise joue un rôle central dans l’accès aux soins pour une minorité de la population. Les transferts, estimés à 6 milliards de dollars en 2024, permettent à 22 % des ménages de payer des frais médicaux en dollars, comme une consultation à 50-100 dollars ou un accouchement à 1 800-2 300 dollars. Cette dépendance aux devises étrangères creuse les inégalités, les familles sans soutien de la diaspora – 78 % de la population – devant vendre des biens, comme la patiente du témoignage, ou renoncer à des soins. Cette fracture sociale, où l’accès à la santé dépend des réseaux internationaux, alimente les tensions dans un pays marqué par des divisions confessionnelles et économiques.
Les défis opérationnels des cliniques privées
Les cliniques privées, confrontées à des coûts opérationnels croissants, justifient la dollarisation par la nécessité de maintenir leurs services. Les importations de médicaments et d’équipements, représentant 80 % des fournitures, ont vu leurs coûts augmenter de 20 % en 2025. Les coupures d’électricité, atteignant 20 heures par jour, obligent les cliniques à dépendre de générateurs diesel, dont le coût a grimpé de 25 % depuis janvier. Les salaires du personnel, indexés sur le dollar pour retenir les professionnels – 15 % des infirmiers ont émigré depuis 2024 – ajoutent une charge financière.
Cette dollarisation, bien que nécessaire pour les cliniques, limite l’accès aux soins pour la majorité des Libanais. Les établissements privés, couvrant 60 % des lits hospitaliers, servent une clientèle restreinte capable de payer en dollars, tandis que les autres, dépendant de salaires locaux, sont exclus. Cette dynamique renforce une santé à deux vitesses, où la qualité des soins dépend de la capacité financière, accentuant les disparités sociales.
Inégalités de genre et santé maternelle
La dollarisation aggrave les inégalités de genre, particulièrement pour les femmes, qui représentent 50 % de la main-d’œuvre informelle. Les soins prénataux et post-partum, comme les accouchements coûtant 1 800-2 300 dollars, sont souvent assumés par les femmes seules, dans un contexte où l’absence de couverture sociale laisse peu de recours. Le témoignage de la patiente vendant ses bijoux pour un accouchement illustre cette pression, qui augmente les risques de complications maternelles et infantiles, notamment pour les 40 % d’accouchements par césarienne nécessitant des équipements modernes.
Les femmes sans accès aux dollars, soit 78 % de la population, doivent se tourner vers des hôpitaux publics sous-équipés, où les conditions précaires augmentent les risques sanitaires. Cette inégalité de genre, combinée à la fracture sociale entre dollarisés et non-dollarisés, marginalise les femmes précarisées, renforçant les disparités dans l’accès à la santé.
Une société sous tension
La dollarisation des frais médicaux alimente les tensions sociales dans un Liban marqué par des divisions confessionnelles et économiques. Les 22 % de la population avec accès aux dollars, via la diaspora ou des emplois dollarisés, bénéficient de soins privés, tandis que les 78 % sous le seuil de pauvreté, comme la patiente du témoignage, doivent sacrifier des biens ou s’endetter. Cette fracture sociale, où l’accès à la santé devient un privilège, risque d’exacerber les tensions communautaires, dans un pays où 30 % de la population active est au chômage et où l’inflation de 14,27 % érode le pouvoir d’achat.
Les implications immédiates pour la population
La dollarisation des soins médicaux, avec des frais comme 1 800-2 300 dollars pour un accouchement ou 50-200 dollars pour des consultations et analyses, marginalise 78 % de la population libanaise, privée d’accès aux devises. Le témoignage de la patiente vendant ses bijoux pour accoucher dans des conditions décentes illustre les sacrifices imposés par cette pratique, qui renforce une santé à deux vitesses. Les cliniques privées, dépendant de dollars pour leurs importations et opérations, excluent les ménages sans devises, tandis que les hôpitaux publics, surchargés et sous-financés, ne peuvent répondre à la demande. Cette fracture sociale, où l’accès aux soins dépend des dollars, aggrave les inégalités, menaçant la santé publique et la stabilité sociale dans un Liban en crise économique.



