A Beyrouth, ce mardi matin, a vu se déployer un important dispositif de sécurité autour du palais de justice. La magistrate Myrna Bayda, présidente de la Cour d’appel du Mont-Liban, a pris la décision immédiate d’évacuer l’ensemble du bâtiment judiciaire. Cette mesure fait suite à des informations précises concernant une menace adressée à un immeuble voisin, occupé par une femme âgée vivant seule. Les forces de sécurité et les unités militaires ont aussitôt établi un cordon de protection afin d’assurer la sauvegarde des citoyens et des personnels présents sur les lieux.
Parallèlement, le consulat général de France à Beyrouth a suspendu ses activités et mis son personnel en sécurité dans l’attente d’un prochain bombardement israélien à proximité.
Le ministre de la Justice Adel Nassar a réagi publiquement sur la plateforme X peu après les faits. Il a écrit : « Évacuation du palais de justice de Baabda, mesure préventive à la lumière de certaines craintes et vérification de leur validité ou non ». Cette déclaration officielle souligne le caractère provisoire et prudent de l’opération, qui vise avant tout à prévenir tout risque potentiel pendant que les services compétents procèdent aux vérifications nécessaires.
L’incident s’est produit dans un quartier sensible de Baabda, commune située dans la banlieue sud-est de Beyrouth et siège de la présidence de la République. Le palais de justice y abrite non seulement les tribunaux de première instance mais aussi les instances d’appel pour l’ensemble du gouvernorat du Mont-Liban. Cette localisation stratégique, à proximité immédiate du palais présidentiel, confère à l’édifice une importance particulière dans le paysage institutionnel libanais.
La décision de la magistrate Myrna Bayda est intervenue dans les heures précédant midi. Selon les informations disponibles, les autorités ont été alertées de la réception d’une menace directe par le résident de l’immeuble contigu. La juge a alors ordonné l’évacuation sans délai, une procédure rare mais conforme aux prérogatives de sécurité attachées à sa fonction de présidente de la Cour d’appel. Les personnels judiciaires, les avocats et les justiciables présents ont été priés de quitter les locaux dans les plus brefs délais.
Les forces de l’ordre ont immédiatement réagi. Un périmètre de sécurité a été mis en place, interdisant l’accès à la zone. Les unités de l’armée libanaise et les services de sécurité intérieure ont coordonné leurs efforts pour contrôler les abords du site. Cette présence visible vise à rassurer la population tout en permettant aux enquêteurs d’opérer dans des conditions optimales. Aucune évacuation forcée n’a été signalée au-delà du palais lui-même, mais la mesure s’étend naturellement aux abords immédiats pour éviter tout mouvement de panique.
Le palais de justice de Baabda constitue l’un des piliers du système judiciaire libanais dans la région du Mont-Liban. Il traite quotidiennement un volume important d’affaires civiles et pénales, allant des litiges familiaux aux dossiers criminels de moyenne et grande gravité. La structure accueille également les services administratifs liés à l’exécution des jugements et à la gestion des archives judiciaires. Dans un pays où la justice joue un rôle central dans le maintien de l’ordre public et la résolution des conflits, tout incident affectant un tel bâtiment prend une dimension particulière.
Le ministre Adel Nassar, en charge du portefeuille de la Justice depuis la formation du gouvernement de Nawaf Salam en février 2025, suit personnellement l’évolution de la situation. Avocat de formation, inscrit aux barreaux de Beyrouth et de Paris, il a déjà eu l’occasion de souligner l’importance de la coordination entre les autorités judiciaires et les forces de sécurité. Sa déclaration matinale reflète cette approche pragmatique : privilégier la prudence sans céder à la précipitation.
L’opération d’évacuation s’inscrit dans un cadre légal bien défini. La magistrate Bayda, en sa qualité de présidente de la Cour d’appel du Mont-Liban, dispose des pouvoirs nécessaires pour ordonner de telles mesures lorsqu’un risque pour la sécurité des personnes est identifié. Cette prérogative s’appuie sur les dispositions du Code de procédure pénale et sur les règlements internes régissant la protection des bâtiments judiciaires. Le ministère de la Justice, via son cabinet, assure la liaison avec les autres institutions concernées.
Sur le terrain, le cordon de sécurité mis en place par les forces armées et les services de sécurité intérieure couvre non seulement l’entrée principale du palais mais également les rues adjacentes. Des patrouilles ont été renforcées et des points de contrôle ont été installés afin de filtrer les mouvements. Les citoyens résidant à proximité ont été invités à limiter leurs déplacements dans la zone pendant la durée des vérifications. Aucune victime ni aucun incident violent n’a été rapporté à ce stade.
Baabda, en tant que siège du pouvoir exécutif et judiciaire régional, a connu par le passé des situations de tension sécuritaire. Le palais de justice y occupe une position symbolique forte. Il représente l’autorité de l’État dans un gouvernorat qui regroupe plusieurs districts aux profils socio-économiques variés, du centre-ville de Beyrouth aux zones périurbaines. Le traitement des affaires y est souvent complexe, impliquant des parties issues de différentes confessions et communautés, ce qui exige une neutralité et une efficacité accrues de la part des magistrats.
La présence d’une femme âgée vivant seule dans l’immeuble menacé ajoute une dimension humaine à l’affaire. Les services sociaux et les forces de sécurité ont veillé à ce que cette personne soit prise en charge de manière appropriée, même si les détails précis de son évacuation éventuelle restent couverts par la discrétion opérationnelle. Cette attention portée aux résidents vulnérables illustre la volonté des autorités de concilier impératifs sécuritaires et protection des personnes.
Le gouvernement de Nawaf Salam, formé en février 2025, a fait de la restauration de l’autorité de l’État l’un de ses axes prioritaires. Dans ce cadre, le ministère de la Justice joue un rôle pivot, notamment dans la coordination avec les forces de sécurité. Les récentes décisions prises par le ministre Nassar, notamment en matière de lutte contre les actes menaçant la stabilité nationale, s’inscrivent dans cette logique de fermeté et de prévention.
Les vérifications en cours portent sur l’origine et la crédibilité de la menace. Les services de renseignement et les unités spécialisées de l’armée libanaise collaborent étroitement avec le parquet pour analyser les éléments disponibles. Cette phase d’enquête est cruciale car elle déterminera la durée de l’évacuation et les mesures ultérieures à prendre. Pour l’heure, le palais reste fermé au public et aux personnels non essentiels.
Le système judiciaire libanais repose sur une organisation hiérarchisée héritée en grande partie du mandat français. Au sommet figure la Cour de cassation, installée à Beyrouth. Au niveau régional, les cours d’appel comme celle du Mont-Liban traitent les recours contre les jugements des tribunaux de première instance. Le palais de Baabda concentre une partie significative de cette activité pour le gouvernorat, ce qui explique l’impact immédiat d’une évacuation sur le fonctionnement quotidien des instances.
Les magistrats et le personnel administratif du palais gèrent chaque année des milliers de dossiers. Parmi eux, des affaires de droit civil relatives aux successions, aux contrats et aux litiges commerciaux, mais aussi des procédures pénales impliquant des infractions de droit commun. La sécurité des locaux est donc une préoccupation permanente, d’autant plus dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes.
Le cordon de sécurité mis en place ce matin témoigne de la réactivité des forces armées libanaises. L’armée, principal garant de la stabilité interne, a mobilisé des unités spécialisées dans la protection des sites sensibles. Cette coopération entre pouvoir judiciaire et pouvoir exécutif illustre la solidarité institutionnelle face aux risques potentiels.
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