Une mobilisation diplomatique sans précédent
Face à la vacance présidentielle au Liban, la communauté internationale a intensifié ses efforts pour débloquer la situation politique. Depuis plus de deux ans, les puissances étrangères, notamment les États-Unis, la France et l’Arabie Saoudite, jouent un rôle déterminant pour tenter de parvenir à un consensus autour d’un candidat acceptable par toutes les factions libanaises. Selon Ad Diyar (09/01/2025), ces tractations visent à restaurer la stabilité au Liban, un pays dont l’effondrement aurait des répercussions régionales majeures.
Le rôle des États-Unis
Les États-Unis ont envoyé leur médiateur Amos Hochstein, connu pour ses précédents succès diplomatiques au Moyen-Orient, afin de mener des négociations avec les principaux acteurs politiques libanais. D’après Al Sharq Al Awsat(09/01/2025), Hochstein a rencontré à plusieurs reprises les leaders des principaux blocs parlementaires pour promouvoir la candidature de Joseph Aoun, chef de l’armée libanaise. Les États-Unis considèrent Aoun comme un candidat capable de mettre en œuvre les réformes économiques nécessaires pour débloquer les aides internationales et redresser le pays.
L’engagement français
La France, historiquement impliquée dans les affaires libanaises, est également au premier plan de ces efforts. Al Joumhouriyat (09/01/2025) rapporte que Jean-Yves Le Drian, envoyé spécial pour le Liban, a récemment intensifié ses contacts avec les dirigeants locaux. Paris soutient ouvertement Joseph Aoun, estimant que sa neutralité institutionnelle et sa popularité au sein de l’armée en font un candidat capable de transcender les clivages politiques. Cependant, Le Drian a également mis en garde contre les dangers d’une ingérence excessive, appelant les Libanais à prendre leurs propres décisions.
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L’influence saoudienne
L’Arabie Saoudite, représentée par Yezid bin Farhan, a adopté une approche plus conditionnelle. Selon Al Akhbar(09/01/2025), Riyad insiste sur la nécessité de garanties politiques avant de soutenir Joseph Aoun. Ces garanties incluent une politique étrangère libanaise neutre et un engagement clair à limiter l’influence de l’Iran via le Hezbollah. Cette position reflète les tensions régionales entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, qui se manifestent sur le terrain politique libanais.
L’implication des Nations unies
L’ONU a également pris part aux discussions, notamment par l’intermédiaire de son envoyé spécial pour le Liban. D’après Nida’ Al Watan (09/01/2025), l’organisation a souligné l’urgence de restaurer un leadership stable pour éviter un effondrement total des institutions libanaises. Le Conseil de sécurité a également évoqué la nécessité d’un plan d’aide coordonné avec la Banque mondiale et le FMI pour soutenir la reconstruction économique, conditionné à des réformes structurelles.
Les réticences locales face aux pressions internationales
Bien que ces efforts soient largement salués, ils suscitent également des critiques au sein du Liban. Selon Al Liwa’(09/01/2025), plusieurs leaders politiques locaux, notamment au sein du duo chiite, dénoncent une ingérence étrangère dans les affaires intérieures du pays. Le Hezbollah, en particulier, a exprimé des réserves quant à la candidature de Joseph Aoun, perçu comme trop aligné sur les intérêts occidentaux. Ces critiques reflètent un sentiment croissant d’opposition à ce que certains qualifient de « diktats étrangers ».
Une stabilité régionale en jeu
Au-delà du Liban, l’implication internationale dans cette élection présidentielle reflète les enjeux régionaux. D’après Al 3arabi Al Jadid (09/01/2025), la stabilisation du Liban est considérée comme essentielle pour limiter les tensions dans une région marquée par les conflits en Syrie, au Yémen et en Irak. Les puissances internationales espèrent qu’une résolution rapide de la crise libanaise pourrait servir de modèle pour d’autres conflits régionaux.
Les perspectives d’une issue diplomatique
Malgré les défis, des signes d’espoir émergent. Selon Nahar (09/01/2025), la convergence des efforts internationaux pourrait aboutir à un compromis autour de Joseph Aoun ou d’un autre candidat de consensus. Cependant, Al Bina’(09/01/2025) souligne que cette issue dépendra largement de la capacité des factions libanaises à répondre aux attentes internationales tout en préservant leur souveraineté.



