Judaïsme unifié de la Torah (UTJ) ne recommande plus Benjamin Netanyahu pour former le prochain gouvernement israélien. Jeudi 5 novembre 2026, à Jérusalem, le parti ultraorthodoxe a annoncé son abstention devant le président Isaac Herzog. UTJ ne recommande personne, pas davantage Gadi Eisenkot que le premier ministre sortant. Ce choix affaiblit Netanyahu dans les consultations présidentielles et renforce les chances de son rival d’obtenir le premier mandat. Il ne règle toutefois pas l’impasse parlementaire issue des élections du 27 octobre.
UTJ ne recommande personne, sans rallier Eisenkot
La décision concerne les sept députés de la formation ashkénaze. Ses deux composantes, Degel HaTorah et Agudat Yisrael, ont reçu de leurs autorités religieuses l’instruction de ne soutenir aucun candidat. La première compte quatre élus, la seconde trois. Leur délégation a présenté cette position lors de la deuxième journée des entretiens organisés à la résidence présidentielle.
Ce refus tranche avec les recommandations exprimées en faveur de Netanyahu après les cinq précédents scrutins. Jusqu’ici, le dirigeant du Likoud pouvait compter sur cette formation dans la compétition pour le mandat présidentiel. Cette fois, ses représentants veulent obtenir des garanties sur le statut des étudiants des écoles religieuses avant tout engagement gouvernemental.
Leur abstention n’équivaut donc pas à un ralliement au camp adverse. UTJ n’a recommandé ni Eisenkot ni un autre député. La formation conserve ses exigences et ne présente aucun accord de coalition. Son choix laisse ouverte la question de son comportement lors des prochaines négociations et d’un éventuel vote de confiance.
Les annonces avaient commencé mercredi avec la position de Degel HaTorah. L’entretien de jeudi clarifie désormais celle de l’ensemble du groupe. Cette différence compte pour Netanyahu : la réserve ne porte plus seulement sur quatre élus, mais sur les sept sièges obtenus par son partenaire traditionnel.
Les exemptions militaires au centre du désaccord
Le différend porte d’abord sur la conscription des hommes ultraorthodoxes. UTJ réclame une loi protégeant les étudiants des yeshivas, les écoles religieuses juives, contre l’obligation de servir dans l’armée. Le parti reproche à Netanyahu de ne pas avoir inscrit les garanties demandées dans la législation. Lors des consultations, ses représentants ont replacé cette revendication au premier rang de leurs conditions.
Ce dossier a déjà fragilisé leur alliance. UTJ avait quitté la coalition en juillet 2025 après les retards accumulés sur le projet d’exemptions. La décision de jeudi prolonge ce contentieux dans une nouvelle phase institutionnelle. Elle intervient au moment précis où le premier ministre sortant doit démontrer qu’il peut encore réunir des partenaires.
Les partis ultraorthodoxes ne prennent cependant pas tous la même direction. Shas, qui représente principalement les communautés séfarades et orientales, a recommandé Netanyahu. Ses responsables ont mis en avant les engagements renouvelés du chef du Likoud sur le statut des étudiants religieux. Les deux formations défendent ainsi une priorité comparable, mais adoptent des positions différentes devant Herzog.
Pour Eisenkot, cette divergence ne garantit aucune ouverture facile. L’ancien chef d’état-major défend une extension du service militaire, national ou civil. Plusieurs alliés de son bloc font également de la participation des ultraorthodoxes un objectif central. Une négociation avec UTJ devrait donc surmonter un désaccord de fond, au-delà de leur opposition commune à certaines décisions de Netanyahu.
Un avantage pour le mandat, sans majorité acquise
Les élections du 27 octobre ont laissé trois ensembles parlementaires. Le camp de Netanyahu détient 53 sièges, UTJ compris. Les partis de l’opposition non arabe réunis autour d’Eisenkot en possèdent 48. Les formations arabes en totalisent 19, répartis entre la Liste commune, avec onze députés, et Ra’am, avec huit. Aucun des deux principaux blocs n’atteint seul les 61 sièges de la majorité absolue.
Le Likoud reste le premier parti de la nouvelle Knesset, avec 27 élus, devant Yashar, la formation d’Eisenkot, qui en compte 21. Mais le classement des partis ne détermine pas automatiquement l’attribution du mandat. Herzog consulte les groupes afin d’identifier le député susceptible de former un gouvernement.
L’abstention d’UTJ réduit les appuis sur lesquels Netanyahu pouvait compter pendant cette étape. En face, Eisenkot bénéficie du soutien annoncé de son propre parti, de B’Yachad, des Démocrates et de Yisrael Beytenu. Ra’am a également annoncé mercredi qu’il le recommanderait. Avec ses huit députés, les formations ayant exprimé leur préférence pour Eisenkot représentent 56 sièges.
Ce chiffre additionne des soutiens annoncés, alors que les consultations se poursuivent. Il ne constitue ni le résultat d’une investiture ni l’effectif d’une coalition conclue. La position définitive de la Liste commune devant Herzog reste également un élément à suivre. Le président doit encore entendre les principales formations avant d’arrêter son choix.
Les partenaires arabes restent une question décisive
La difficulté d’Eisenkot apparaît dès que les recommandations doivent se transformer en accord de gouvernement. Une coopération entre ses 48 députés et les 19 élus arabes représenterait 67 sièges. Cette addition dépasse la majorité absolue, mais réunit des partis qui n’ont accepté ni programme commun ni formule gouvernementale.
Avigdor Liberman illustre cette limite. Le dirigeant de Yisrael Beytenu soutient Eisenkot pour recevoir le mandat, mais refuse un gouvernement minoritaire dépendant de l’appui des formations arabes. Son parti a réaffirmé cette ligne pendant la première journée des consultations. Le choix d’un même candidat ne suffit donc pas à résoudre les désaccords entre ses soutiens.
La participation à une coalition et le soutien parlementaire extérieur constituent aussi deux options distinctes. Les représentants de la Liste commune ont évoqué la possibilité d’appuyer une alternance sans entrer au gouvernement. Ra’am possède, pour sa part, sa propre direction et ses propres décisions. Les deux groupes ne peuvent être traités comme un partenaire unique ayant déjà accepté les conditions d’Eisenkot.
Herzog doit encore attribuer le mandat
Les entretiens ont commencé mercredi, après la remise officielle des résultats électoraux à Herzog par le président de la commission électorale, Noam Sohlberg. Jeudi matin, après UTJ, Otzma Yehudit a recommandé Netanyahu. Les délégations de B’Yachad, de Yashar et du Likoud figurent notamment parmi les rendez-vous prévus en fin de journée.
Le candidat désigné disposera de 28 jours pour tenter de former un gouvernement. Herzog pourra prolonger ce premier délai de quatorze jours au maximum. Le mandat ouvre une négociation ; il ne remplace pas la présentation du gouvernement et le vote de confiance à la Knesset. Le gouvernement sortant demeure en fonctions jusqu’à l’entrée en fonctions de son successeur.
Le Likoud doit présenter sa position à Herzog jeudi à 20 h 30, après la délégation de Yashar attendue à 19 h 15. Ces derniers entretiens doivent compléter le tableau des recommandations avant la décision présidentielle.
Sources et références
- Libnanews, résultats officiels remis à Herzog, 4 novembre 2026
- The Times of Israel, abstention d’UTJ devant Herzog, 5 novembre 2026, 9 h 29
- The Times of Israel, consultations du 5 novembre 2026 et calendrier
- Présidence israélienne, remise des résultats officiels, 4 novembre 2026
- Ynetnews, première journée des consultations présidentielles, 4 novembre 2026
- The Times of Israel, positions de Liberman et de la Liste commune, 2 novembre 2026
- The Times of Israel, désaccord d’UTJ sur les exemptions militaires, 29 octobre 2026
- Knesset, Loi fondamentale sur le gouvernement, articles 7, 8, 13 et 30
Photo d’archives : Benjamin Netanyahu, photographie publiée par Libnanews en août 2019. Elle ne représente pas les consultations du 5 novembre 2026. Photographie entière redimensionnée, sans recadrage ni retouche ; habillage graphique Libnanews. Source de la photographie dans les archives Libnanews.


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