Je parle du mois d’août, un mois qui aurait dû être synonyme de vacances, de soleil et de repos, mais qui s’est transformé cette année en un mois noir. Les routes du pays se sont couvertes de drames, et les statistiques ne sont plus de simples chiffres : elles sont devenues des visages, des histoires interrompues, des familles endeuillées.
Je parle de ces jeunes qui tombent les uns après les autres, victimes de l’asphalte, de l’excès de vitesse, du non-respect des règles et parfois d’une simple seconde d’inattention. Chaque vie perdue est un futur arraché, un rêve piétiné. Août, dans sa cruauté, n’a pas fait de cadeaux à cette génération qui croyait avoir encore le temps devant elle.
Je parle d’un État absent, spectateur impassible de cette tragédie routière. La responsabilité des autorités est immense : manque de contrôle, absence de sanctions réelles, infrastructures délabrées. Pendant que les familles pleurent, l’État se contente de déclarations vagues et de promesses sans lendemain.
Je parle du chaos provoqué par les scooters et motocyclettes, qui envahissent nos routes dans une anarchie totale. Conduits trop souvent par des jeunes sans permis, sans casque, sans conscience du danger, ces engins sont devenus des armes circulant à ciel ouvert. Chaque carrefour, chaque virage devient une roulette russe.
Je parle enfin de l’inconscience de certains jeunes, attirés par la vitesse, grisés par la liberté illusoire que procure le moteur rugissant sous leurs mains. Ils pensent défier la mort, mais c’est elle qui les attend, au détour d’une ligne blanche franchie, d’un feu rouge ignoré.
Je parle de ce mois d’août, qui aurait dû être un temps de repos, mais qui s’est achevé en une hémorragie de vies. Et je parle, surtout, de l’urgence : urgence d’agir, urgence de réformer, urgence de sauver les vivants avant que la route n’engloutisse d’autres innocents.



