Une activité aérienne sous haute pression
Perturbations liées aux tensions régionales
Le 13 juin 2025, l’Aéroport International de Beyrouth, unique hub aérien commercial du Liban, est confronté à des perturbations majeures en raison de l’escalade des tensions entre l’Iran et Israël. Dans la nuit du 12 au 13 juin, Israël a lancé une série de frappes aériennes contre des sites nucléaires et militaires iraniens, ciblant notamment le centre d’enrichissement d’uranium de Natanz, des usines de missiles à Khondab et Khorramabad, ainsi que des bases à Téhéran et Tabriz. Ces attaques, visant à neutraliser la capacité de l’Iran à développer une arme nucléaire, ont causé la mort de hauts responsables des Gardiens de la Révolution et de scientifiques nucléaires. L’Iran a riposté en lançant environ 100 drones vers Israël, qualifiant les frappes de déclaration de guerre. Cette situation a conduit de nombreuses compagnies aériennes internationales, dont Lufthansa, Emirates, Turkish Airlines, flydubai, Royal Jordanian, Air Arabia et Jazeera Airways, à suspendre leurs vols à destination et en provenance de Beyrouth, par crainte d’une instabilité dans l’espace aérien régional. Le directeur général de l’aviation civile libanaise a affirmé que l’aéroport continuait de fonctionner pour les vols non affectés, sous une surveillance renforcée de l’armée libanaise.
Middle East Airlines maintient le cap
Middle East Airlines, la compagnie nationale libanaise, demeure le principal opérateur à l’Aéroport International de Beyrouth, jouant un rôle crucial pour maintenir les liaisons du pays avec le reste du monde. Opérant une flotte moderne d’Airbus A320, A321neo et A330, la compagnie dessert une trentaine de destinations en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. Le 13 juin, elle assure entre 32 et 40 vols quotidiens, un volume proche de la normale pour la saison, bien qu’elle ait annulé ses liaisons vers la Jordanie et l’Irak en raison des risques sécuritaires. Face à l’absence de nombreuses compagnies concurrentes, la MEA fait face à une demande accrue, entraînant des retards et une surcharge des services. Les passagers sont tenus d’arriver trois heures avant leur départ pour des contrôles de sécurité approfondis, prolongeant les temps d’attente. La compagnie, reconnue pour son rôle vital lors des combats de l’automne 2024, lorsqu’elle a facilité l’évacuation de civils et l’acheminement d’aide humanitaire, continue de relier Beyrouth à des hubs majeurs comme Paris, Dubaï et Istanbul.
Un contexte sécuritaire tendu
Vulnérabilité de l’aéroport
Situé à 9 kilomètres au sud du centre de Beyrouth, dans une zone influencée par le Hezbollah, l’Aéroport International de Beyrouth est particulièrement exposé aux tensions régionales. Bien qu’aucune action militaire du Hezbollah n’ait été rapportée le 13 juin 2025, les frappes israéliennes en Iran font craindre des représailles via des groupes alliés à Téhéran, y compris le Hezbollah. Les récentes violations du cessez-le-feu conclu avec le Hezbollah en novembre 2024, notamment des raids israéliens sur Beyrouth le 5 juin 2025, ont renforcé les inquiétudes concernant la sécurité des infrastructures stratégiques. Le ministre libanais des Transports a souligné l’importance de maintenir l’aéroport opérationnel pour l’acheminement de l’aide humanitaire, essentielle dans un pays confronté à une crise économique depuis 2019. Une présence militaire renforcée entoure l’aéroport pour prévenir toute attaque, dans un contexte où les tensions entre l’Iran et Israël menacent de déstabiliser la région.
Sécurité renforcée
Depuis février 2025, l’aéroport a intensifié ses mesures de sécurité à la suite d’allégations selon lesquelles le Hezbollah utilisait ses installations pour stocker des armes iraniennes. Ces accusations, rejetées par le gouvernement libanais, ont conduit à l’installation de systèmes de surveillance avancés et à l’exclusion de personnel lié au groupe. Une visite organisée pour des diplomates étrangers a permis de démontrer les efforts de transparence, bien que l’accès au centre de fret ait été restreint aux journalistes. Les contrôles systématiques des cargaisons et des appareils, supervisés par l’armée libanaise et l’aviation civile, ralentissent les opérations, affectant particulièrement les vols de la MEA. Les services de l’aéroport, tels que le Wi-Fi gratuit pendant 30 minutes et les comptoirs douaniers modernisés depuis 2019, restent disponibles, mais les longues files d’attente aux contrôles de sécurité compliquent l’expérience des voyageurs.
Répercussions économiques
Un tourisme sous pression
L’Aéroport International de Beyrouth a accueilli 2,4 millions de passagers entre janvier et mai 2025, soit une hausse de 5,1 % par rapport à 2024, portée par une reprise des vols après le cessez-le-feu de novembre 2024. Middle East Airlines a soutenu cette dynamique avec des liaisons régulières et l’ajout de nouvelles routes, comme celle vers Abu Dhabi en avril 2025. Cependant, les annulations massives de vols par d’autres compagnies le 13 juin menacent ce fragile rebond. Le tourisme, crucial pour une économie libanaise plombée par une inflation galopante et une dévaluation de la livre, risque de subir des pertes importantes. Les hôtels et restaurants de Beyrouth, qui comptaient sur la saison estivale et l’arrivée de la diaspora libanaise, signalent une chute des réservations. La MEA, confrontée à des coûts d’assurance élevés en raison des risques régionaux, a augmenté ses tarifs de 20 % sur certaines destinations, rendant les voyages moins accessibles pour certains.
Impact économique plus large
Les perturbations à l’Aéroport International de Beyrouth s’inscrivent dans un contexte économique régional marqué par une flambée des prix du pétrole après les frappes israéliennes en Iran. Le baril de Brent a atteint 71 dollars, en hausse de 7 %, et le brut américain 74 dollars, en hausse de 8,6 %, reflétant les craintes d’une perturbation des approvisionnements dans le Golfe. Les marchés boursiers mondiaux ont chuté, avec des indices comme le Dow Jones en baisse de 1,46 % et le CAC 40 également affecté. L’aéroport, qui représente un quart des revenus du fret aérien régional, est un pilier économique pour le Liban, et les perturbations risquent d’aggraver la crise en limitant l’accès aux devises étrangères via le tourisme et le commerce.
Réactions des principaux dirigeants mondiaux
Donald Trump et les États-Unis
Le président américain Donald Trump a réagi aux frappes israéliennes en Iran, qui ont perturbé les opérations aériennes à Beyrouth, en réaffirmant le soutien des États-Unis au droit d’Israël à se défendre. Dans une déclaration depuis la Maison Blanche, il a qualifié l’opération israélienne de très réussie et a pressé l’Iran de conclure un nouvel accord sur son programme nucléaire, avertissant que Téhéran s’exposait à des conséquences plus graves en cas de refus. Les États-Unis ont salué les efforts de sécurité à l’Aéroport International de Beyrouth, notamment les nouveaux systèmes de surveillance, tout en ordonnant l’évacuation de certains personnels diplomatiques et militaires non essentiels d’Irak et d’autres pays voisins dès le 12 juin, par crainte de représailles iraniennes.
Emmanuel Macron et la France
Le président français Emmanuel Macron a exprimé son soutien au droit d’Israël à la légitime défense face à la menace iranienne, tout en appelant à la retenue pour éviter une escalade régionale affectant des infrastructures comme l’Aéroport International de Beyrouth. Lors d’une réunion d’urgence à l’Élysée, il a souligné l’importance de maintenir des canaux diplomatiques ouverts au Liban, où la France conserve une influence historique. Le ministre des Affaires étrangères a confirmé que l’ambassade française à Beyrouth restait opérationnelle, malgré la suspension des vols d’Air France vers l’aéroport. Macron a prévu une allocution télévisée le 13 juin pour détailler la position française.
Autres réactions internationales
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé les frappes israéliennes comme une violation de la souveraineté iranienne, appelant à protéger des infrastructures civiles comme l’Aéroport International de Beyrouth pour éviter une crise humanitaire au Liban. La Russie et la Chine, alliées de l’Iran, ont condamné l’opération israélienne lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, convoquée à la demande de Téhéran. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exhorté toutes les parties à préserver les infrastructures essentielles, y compris l’aéroport, pour garantir l’acheminement de l’aide humanitaire. Le chancelier allemand Olaf Scholz et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont appelé à la désescalade, tout en réaffirmant leur soutien à la sécurité d’Israël.
Événements liés au Moyen-Orient et ailleurs
Une région sous tension
L’Aéroport International de Beyrouth est affecté par un contexte régional instable, marqué par les frappes israéliennes en Iran. Bien qu’aucune action du Hezbollah n’ait été signalée le 13 juin 2025, des responsables du groupe ont condamné l’opération israélienne, la qualifiant d’escalade dangereuse, tout en excluant une attaque unilatérale immédiate. À Gaza, la guerre relancée en mars 2025 avec le Hamas continue d’alimenter les tensions, tandis que les Houthis yéménites, alliés de l’Iran, menacent de cibler des intérêts israéliens après des frappes sur Hodeidah le 10 juin. Ces conflits menacent les routes maritimes, notamment le détroit d’Ormuz et le canal de Suez, essentielles pour le commerce mondial. Une conférence de l’ONU co-organisée par la France et l’Arabie saoudite sur une solution à deux États pour le conflit israélo-palestinien a été reportée, plusieurs délégations ayant décliné leur participation.
Répercussions globales
Les perturbations à l’Aéroport International de Beyrouth affectent les négociations sur le programme nucléaire iranien, prévues à Oman le 15 juin entre des représentants américains et iraniens, désormais menacées d’annulation après l’annonce par Téhéran d’une intensification de son enrichissement d’uranium. Les fermetures d’espaces aériens dans le Golfe, combinées aux interruptions de vols à Beyrouth, perturbent le trafic commercial régional. Les Nations unies ont exprimé leur inquiétude face au risque de déplacements massifs de populations au Liban, en Irak et en Syrie, où la situation humanitaire reste critique.



