samedi, janvier 31, 2026

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L’armée libanaise frappe un réseau de vols de voitures et de trafic de drogue à Brital et Taybeh

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L’armée libanaise a mené, le 30 janvier 2026, une opération de grande envergure dans les localités de Brital et de Taybeh, dans la région de Baalbek, au cœur de la Békaa. Cette intervention, qui s’inscrit dans une série d’actions sécuritaires renforcées contre le narcotrafic et la criminalité organisée, a permis l’arrestation de cinq individus, dont quatre ressortissants syriens et un citoyen libanais identifié par les initiales U.Y. Les forces armées ont saisi six véhicules volés, une quantité importante de haschich et de pilules narcotiques, ainsi que des équipements militaires et des pièces détachées automobiles. Selon le communiqué officiel de la direction de l’orientation de l’armée libanaise, cette opération a été déclenchée par des renseignements précis sur la présence de voitures volées dans ces zones, soulignant l’engagement continu de l’institution militaire dans la lutte contre ces fléaux. « Dans le cadre des mesures de sécurité mises en œuvre par l’institution militaire pour combattre le trafic de drogue et la criminalité organisée, et suite à des informations sur l’existence de véhicules volés dans les régions de Brital et Taybeh – Baalbek, des unités de l’armée ont perquisitionné les domiciles de suspects recherchés », indique le communiqué, précisant que les biens saisis ont été remis aux autorités judiciaires compétentes et que l’enquête est en cours sous la supervision du parquet.

Cette descente, menée avec précision et sans incidents rapportés, illustre la détermination des forces armées à restaurer l’ordre dans une région historiquement marquée par des activités illicites. Elle intervient à un moment où le Liban, sous le gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, formé en février 2025, accentue ses efforts pour stabiliser le pays après des années de crises multiples. Le cabinet, composé de 24 ministres issus de consultations avec les principaux blocs politiques, inclut des figures clés comme le ministre des Finances Yassin Jaber, proche du président du Parlement Nabih Berri, et le ministre des Affaires étrangères Youssef Rajji, affilié aux Forces libanaises. Le ministre de la Défense, nommé dans le cadre des attributions présidentielles de Joseph Aoun, supervise directement ces opérations, en coordination avec le ministre de l’Intérieur, chargé de la sécurité intérieure. Ces nominations, validées par le Parlement en mars 2025, reflètent un équilibre confessionnel fragile mais nécessaire, avec cinq portefeuilles alloués au quota présidentiel, sept au Premier ministre, et une répartition équilibrée entre musulmans et chrétiens.

Une opération dans la lignée des raids récents

Les perquisitions à Brital et Taybeh ne sont pas isolées. Elles font partie d’une campagne plus large lancée par l’armée libanaise depuis le début de 2025, visant à démanteler les réseaux criminels dans la Békaa. Le 6 janvier 2026, une opération similaire dans la même localité de Brital a conduit à l’arrestation de sept personnes, dont quatre Libanais et trois Syriens, pour possession de grandes quantités de drogue, de matières premières pour leur fabrication, d’armes et de munitions militaires. Selon le communiqué de l’armée, ces suspects, incluant les citoyens H.A. et son frère A.A., étaient impliqués dans des activités de production et de trafic. Cette intervention, soutenue par la direction du renseignement, a permis la saisie de quantités substantielles de stupéfiants, marquant un coup dur pour les filières locales.

Plus tôt, le 15 janvier 2026, les Forces de sécurité intérieure (FSI), en coordination avec l’armée, ont démantelé une usine de fabrication de Captagon à Tall al-Abyad, près de Baalbek. Cette opération, fruit d’une coopération avec les autorités saoudiennes, a abouti à l’arrestation de cinq individus, dont le propriétaire A.J. et son fils, ainsi qu’un assistant syrien. Les saisies incluaient des équipements de mélange, plus de cent têtes de presse pour pilules, trois générateurs, environ 20 kg de marijuana, du haschich, 11 armes à feu, des munitions variées, des substances liquides précurseurs et 820 comprimés de Tramadol. Le ministère de l’Intérieur a salué cette action comme un exemple de la collaboration régionale contre le narcotrafic, notant que l’usine était camouflée de manière professionnelle.

Ces raids successifs démontrent une intensification des efforts sécuritaires. En décembre 2025, l’armée a saisi un laboratoire de drogue à Bouday, près de Baalbek, et arrêté un faussaire au poste-frontière de Masnaa. Plus loin, en novembre 2025, l’arrestation de Noah Zaitar, considéré comme le baron de la drogue le plus recherché du Liban, dans la Békaa, a été un tournant. Accusé de diriger un réseau lié à l’ancien régime syrien, Zaitar a été capturé lors d’une opération spéciale qui a également entraîné la mort d’un autre suspect et la saisie de grandes quantités de drogue et d’armes. Ces actions, menées sous la supervision du commandement de l’armée, s’inscrivent dans une stratégie nationale adoptée par le gouvernement Salam pour rétablir l’autorité de l’État dans les zones périphériques.

La Békaa, épicentre du narcotrafic libanais

La région de Baalbek-Hermel, où se situent Brital et Taybeh, reste un foyer majeur d’activités illicites au Liban. Historiquement, la Békaa est connue pour sa production de cannabis et, plus récemment, de Captagon, un amphétamine synthétique exporté vers les pays du Golfe. Selon des rapports de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la vallée de la Békaa produit annuellement des quantités significatives de haschich, estimées à plusieurs tonnes, bien que les cultures aient diminué sous la pression des autorités. L’opération du 30 janvier met en lumière la diversification des réseaux : non seulement le trafic de drogue, mais aussi le vol de véhicules, souvent revendus au marché noir ou démontés pour pièces.

Les dynamiques locales sont complexes. Baalbek, bastion traditionnel du Hezbollah, a vu l’influence de ce parti diminuer depuis la fin des hostilités avec Israël en novembre 2024. Le cessez-le-feu, supervisé par l’ONU et impliquant la résolution 1701, a permis un redéploiement des forces armées libanaises au sud du Litani, libérant des ressources pour des opérations intérieures. Cependant, des sources sécuritaires indiquent que des réseaux criminels persistent, profitant de la porosité des frontières avec la Syrie. Depuis la chute du régime Assad en décembre 2024, les flux de contrebande ont évolué, avec une augmentation des saisies d’armes et de drogue aux postes-frontières. Le ministre des Affaires étrangères, Youssef Rajji, a déclaré lors d’une réunion avec des homologues arabes en janvier 2026 que « le Liban coopère étroitement avec la Syrie post-Assad pour sécuriser les frontières communes », citant des échanges d’informations qui ont mené à plusieurs interceptions.

L’implication des ressortissants syriens dans ces réseaux soulève des questions sensibles. Sur les cinq arrestés à Brital et Taybeh, quatre sont syriens, un profil récurrent dans les opérations récentes. Selon des données du ministère de l’Intérieur, confirmées par des rapports de l’ONU, environ 1,3 million de réfugiés syriens résident au Liban en 2026, dont une minorité est impliquée dans des activités criminelles. Un rapport de l’UNHCR daté de janvier 2026 estime que plus de 780 000 Syriens sont rentrés en Syrie depuis décembre 2024, mais ceux restant font face à des restrictions croissantes : plus de 80 % manquent de résidence légale, exposés à des arrestations et déportations. Des raids comme celui du 30 janvier visent souvent des camps informels, où la pauvreté pousse certains à des alliances avec des trafiquants. Le gouvernement Salam, via le ministre des Affaires sociales, a annoncé en février 2025 un plan pour régulariser les statuts, mais les tensions intercommunautaires persistent, alimentées par la concurrence pour les ressources.

Les défis sécuritaires persistants

Au-delà de l’opération spécifique, la lutte contre le narcotrafic au Liban révèle des défis structurels. Depuis 2025, le gouvernement a déclaré une « guerre contre la drogue », inspirée par des modèles régionaux comme celui de l’Arabie saoudite. Cette campagne a conduit à l’élimination de figures majeures, comme les trois barons tués en août 2025 à Sharawneh, Baalbek, lors d’un affrontement avec l’armée. Le communiqué de l’armée à l’époque précisait que ces suspects, qualifiés de « fugitifs les plus dangereux », ont été neutralisés lors d’une poursuite en voiture. En novembre 2025, deux soldats ont été tués lors d’un raid similaire à Sharawneh, soulignant les risques pour les forces de l’ordre.

La coopération internationale est cruciale. Le Liban a renforcé ses liens avec l’Interpol et l’ONUDC, menant à des saisies conjointes. En juillet 2025, l’armée a démantelé une usine de Captagon à Baalbek, saisissant 10 tonnes de machines et des quantités de pilules et de méthamphétamine. Un tunnel de 300 mètres reliant l’usine a été détruit, illustrant la sophistication des réseaux. Des analystes, comme ceux de la Fondation pour la défense des démocraties (FDD), notent que ces opérations perturbent les chaînes d’approvisionnement liées à l’ancien régime syrien et à des milices régionales, bien que des groupes comme le Hezbollah soient soupçonnés d’implication historique dans le trafic, sans preuves directes récentes.

Sur le plan économique, ces activités illicites aggravent la crise libanaise. Selon la Banque mondiale, le PIB a rebondi à 28,3 milliards de dollars en 2025, en hausse de 19,8 % par rapport à 2024, mais reste 40 % en deçà des niveaux de 2019. La dette publique, à 164 % du PIB en 2024, devrait baisser à 160 % en 2025 grâce à la croissance nominale, mais le pays reste exclu des marchés internationaux depuis le défaut de 2020. L’inflation, à 12,2 % en 2025, est projetée à moins de 10 % en 2026, grâce à la stabilisation de la livre libanaise à environ 89 000 LBP pour un dollar. Cependant, la pauvreté multidimensionnelle touche 73 % de la population, avec des inégalités exacerbées dans la Békaa, où le narcotrafic offre des revenus alternatifs face au chômage à 13,27 % en 2020, bien que en baisse.

Les implications immédiates des opérations sécuritaires

Les raids comme celui de Brital et Taybeh ont des répercussions directes sur la stabilité locale. En janvier 2026, l’armée a arrêté neuf Libanais et 35 Syriens dans plusieurs districts, dont Baalbek, pour des fuites de « restes » – un euphémisme pour des armes ou des stupéfiants. Ces actions, soutenues par le ministre de la Défense, visent à consolider le monopole de l’État sur les armes, conformément à la résolution 1701. Le 28 janvier 2026, une opération à Jouar el-Hachich, près de Hermel, a permis la saisie d’une usine de drogue et l’arrestation de deux suspects, dont un Libanais recherché pour tirs sur une patrouille.

Ces efforts s’accompagnent d’une surveillance accrue des frontières. Depuis la chute d’Assad, les postes comme Masnaa ont vu une augmentation des contrôles, avec des saisies de devises contrefaites et de drogue. Le ministre des Finances, Yassin Jaber, a présenté en juillet 2025 un budget équilibré, validé par le FMI, incluant des allocations pour renforcer les forces de sécurité. Des rapports de la Banque mondiale croisent ces données avec une dette publique en baisse, mais insistent sur la nécessité de réformes pour attirer des investissements. Dans la Békaa, les implications sociales sont palpables : les arrestations de Syriens alimentent les tensions, avec des rapports de l’UNHCR sur des déportations forcées, bien que le gouvernement affirme respecter les normes internationales.

Les opérations continues, comme celle du 31 janvier 2025 à Brital, où trois suspects ont été arrêtés pour vols et trafic, montrent une persistance des menaces. L’armée, en coordination avec les FSI, maintient une présence accrue, avec des checkpoints renforcés pour contrer les faux-monnayeurs et les trafiquants. Ces mesures, bien que nécessaires, soulignent les défis immédiats : une économie dollarisée à 98 %, où les salaires publics restent en LBP, provoquant des grèves, et une pauvreté qui pousse à la criminalité. Le cabinet Salam, via le ministre des Affaires sociales, a lancé en 2025 des programmes d’aide pour les régions vulnérables, croisant avec des initiatives de l’ONU pour intégrer les réfugiés. Ces faits récents illustrent les efforts pour sécuriser la Békaa sans aggraver les fractures sociales.

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