Alors qu’elle est déjà mobilisée pour appliquer l’accord de cessez-le-feu dans le sud face à Israël, l’armée libanaise se trouve confrontée à une menace d’une ampleur similaire sur la frontière nord avec la Syrie. L’avancée des factions armées, notamment Hayat Tahrir al-Sham et ses alliés, dans les campagnes d’Alep et de Hama, ainsi que leur arrivée aux abords de la ville de Hama, a poussé le Commandement de l’armée libanaise à intensifier ses mesures préventives.
Selon des informations rapportées par le journal Asharq al-Awsat, ces groupes armés pourraient potentiellement atteindre les frontières libanaises, ou encore activer des cellules dormantes déjà présentes sur le territoire libanais. Face à ce risque, l’armée a renforcé son déploiement dans les zones sensibles pour éviter un scénario similaire à celui de 2014 à Arsal.
Renforcement des forces militaires au nord
Un haut responsable de la sécurité libanaise a confirmé que des lance-roquettes multiples ont été déployés, et que les unités positionnées le long de la frontière nord ont été renforcées. Ces mesures visent à garantir une capacité de réaction rapide en cas d’urgence.
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L’armée a également augmenté sa présence dans les régions d’Akkar et de Baalbek-Hermel, deux zones à la topographie complexe et difficiles à sécuriser. Selon le responsable, des régiments de frontière terrestre, des brigades et des unités spéciales ont été mobilisés.
« Des mesures supplémentaires, des postes de contrôle et des patrouilles de l’armée ont été intensifiés dans les régions du nord », a précisé la source.
Le spectre des événements de 2014
La mobilisation actuelle s’inscrit dans une volonté de prévenir un retour des événements tragiques de 2014, lorsque des groupes armés affiliés à Daech et au Front al-Nosra ont pris d’assaut la ville frontalière d’Arsal. Cette attaque avait entraîné la mort de soldats et de civils, et conduit à l’occupation prolongée de zones situées le long de la frontière libano-syrienne.
Le souvenir de cette crise reste vif dans les esprits au Liban, où les responsables militaires craignent à la fois une infiltration de combattants à travers la frontière nord et l’émergence de cellules dormantes coordonnées avec les mouvements extrémistes actifs en Syrie.
Le défi des déplacés syriens
Outre la menace militaire, le Liban redoute également une nouvelle vague de réfugiés syriens en raison des combats intenses dans le nord de la Syrie. Avec déjà plus de 800 000 Syriens officiellement enregistrés sur son territoire et des ressources limitées, le Liban peine à gérer la situation des déplacés.
Les autorités libanaises ont pris des mesures pour empêcher les flux de personnes à travers des passages frontaliers illégaux, a affirmé la source sécuritaire. Jusqu’à présent, aucun mouvement significatif de déplacement vers le Liban n’a été enregistré. Cependant, la crainte d’un afflux soudain persiste, particulièrement dans le contexte de l’intensification des combats dans le nord-ouest de la Syrie.
Selon Dalal Harb, porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Liban, il n’existe pour l’heure aucun rapport confirmant l’arrivée de Syriens fuyant les hostilités dans le nord-ouest de la Syrie. Néanmoins, l’organisation reste vigilante et en contact avec les parties concernées des deux côtés de la frontière pour surveiller toute évolution.
La pression sur l’armée libanaise
Avec la multiplication des fronts, l’armée libanaise est soumise à une pression considérable. D’un côté, elle est responsable de la sécurisation des frontières nord pour prévenir les infiltrations et maîtriser les flux de réfugiés. De l’autre, elle doit rester vigilante face aux menaces qui planent sur le sud, où les tensions avec Israël et le Hezbollah pourraient éclater à tout moment.
Cette double responsabilité met en lumière la fragilité des ressources militaires du Liban et la nécessité de soutenir davantage son armée pour maintenir la sécurité nationale.



