vendredi, janvier 23, 2026

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Le discours du pape Léon XIV à son arrivée au Liban : un appel pressant à la résilience et à la réconciliation

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Le 30 novembre 2025, l’avion papal atterrit à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth sous une escorte militaire libanaise, marquant l’arrivée du pape Léon XIV pour une visite apostolique de quarante-huit heures. Ce déplacement, le premier à l’étranger depuis son élection en mai 2025, succède à une étape en Turquie et intervient dans un contexte de tensions régionales persistantes, malgré un cessez-le-feu fragile avec Israël en vigueur depuis un an. Accueilli par le président Joseph Aoun, seul chef d’État chrétien du monde arabe, accompagné de la première dame Nehmat Aoun, du président du Parlement Nabih Berri et du Premier ministre Nawaf Salam, le souverain pontife s’est rendu directement au palais présidentiel de Baabda. Là, devant les autorités civiles et religieuses, la société civile et le corps diplomatique, il a prononcé un discours inaugural centré sur le thème des « artisans de paix », inspiré de la béatitude évangélique « Heureux les artisans de paix ! » (Mt 5, 9). Ce message, répété avec insistance, s’ancre dans la réalité libanaise marquée par une crise économique profonde depuis 2019, une émigration massive et les séquelles d’un conflit récent qui a laissé des infrastructures dévastées au sud du pays.

L’accueil réservé au pape, surnommé affectueusement « Baba Liyū » par certains Libanais, reflète l’attente d’un peuple multiconfessionnel où les chrétiens, bien que minoritaires numériquement, conservent une influence politique significative. Des foules se sont massées le long du trajet de l’aéroport au palais, agitant drapeaux libanais et pontificaux, sous une sécurité renforcée impliquant des milliers d’agents. Deux jours fériés ont été décrétés pour faciliter les déplacements et les rassemblements, soulignant l’importance accordée à cette visite dans un pays où le modèle de coexistence entre chrétiens, musulmans chiites, sunnites et druzes reste un pilier fragile. Le passage de la papamobile par la banlieue sud de Beyrouth, zone d’influence du Hezbollah, a été marqué par des panneaux de bienvenue juxtaposés à des portraits de leaders locaux, illustrant les dynamiques confessionnelles complexes.

Un contexte régional sous tension

La visite du pape Léon XIV s’inscrit dans un Liban encore convalescent d’un conflit avec Israël qui a culminé en une offensive dévastatrice en 2024, causant des milliers de victimes civiles et des destructions massives dans les régions frontalières. Malgré le cessez-le-feu négocié sous l’égide des Nations unies et entré en vigueur il y a un an, des incidents sporadiques persistent : des frappes israéliennes ont été signalées ces dernières semaines, visant des positions présumées du Hezbollah, en violation apparente des accords. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a réitéré le 28 novembre 2025 son appel à une « désescalade immédiate » et au respect de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, qui exige le désarmement des milices au sud du Litani et le déploiement exclusif de l’armée libanaise dans cette zone. Le gouvernement libanais, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam depuis février 2025, a condamné ces incursions, affirmant par la voix de son porte-parole que « toute violation met en péril la stabilité régionale et expose les civils à de nouveaux dangers ».

Sur le plan intérieur, le Liban fait face à une inflation galopante, estimée à plus de 150 % en 2025 selon les rapports du Fonds monétaire international, une dette publique dépassant 100 milliards de dollars et un taux de pauvreté touchant près de 80 % de la population. Le cabinet Salam, composé de ministres issus de diverses confessions – avec notamment Abdallah Bou Habib aux Affaires étrangères, Ziad Makary à l’Information et Firas Abiad à la Santé –, a présenté un budget 2025 le 29 juillet dernier, prévoyant des réformes fiscales et une aide internationale conditionnée à des mesures anti-corruption. Ces efforts visent à relancer les négociations avec le FMI pour un prêt de 3 milliards de dollars, bloqué depuis 2022 en raison de retards dans les réformes structurelles. Le président Aoun, dans son allocution d’accueil au pape, a souligné que « la sauvegarde du Liban, unique modèle de coexistence entre chrétiens et musulmans, est un devoir pour l’humanité. Car si ce modèle venait à disparaître, nul autre lieu ne pourrait le remplacer ».

Le Hezbollah, acteur clé du paysage politique et militaire, a salué l’arrivée du pape en appelant à un rejet de « l’injustice et de l’agression », référence implicite aux actions israéliennes. Cette déclaration, émise par un porte-parole du mouvement, met en lumière les défis d’unité nationale dans un pays où les alliances confessionnelles influencent les décisions, des sunnites de Tripoli aux chiites du sud.

Le texte intégral du discours : un cadre spirituel pour l’action

Le discours du pape, prononcé en français avec des accents italiens hérités de ses origines, s’ouvre sur une salutation aux autorités et une invocation de la béatitude des artisans de paix. Voici le texte intégral tel que diffusé officiellement :

« Monsieur le Président de la République,

distinguées Autorités civiles et religieuses,

membres du Corps diplomatique,

Mesdames et Messieurs !

Heureux les artisans de paix !

C’est une grande joie de vous rencontrer et de visiter cette terre où la “paix” est bien plus qu’un mot.

Ici, la paix est un désir et une vocation, elle est un don et un chantier toujours ouvert. Vous êtes investis d’autorité dans ce pays, chacun dans son domaine et avec des rôles spécifiques. C’est à la lumière de cette autorité que je souhaite vous adresser la parole de Jésus, choisie comme inspiration de base de mon voyage : « Heureux les artisans de paix ! » (Mt 5, 9). Certes, il y a des millions de Libanais, ici et dans le monde entier, qui servent la paix en silence, jour après jour. Mais une béatitude particulière vous est destinée, à vous qui avez des tâches institutionnelles importantes au sein de ce peuple, si vous pouvez dire que vous avez fait passer l’objectif de la paix avant toute chose. Je souhaite, au cours de cette rencontre, réfléchir un peu avec vous sur ce que signifie être des artisans de paix dans des circonstances très complexes, conflictuelles et incertaines.

Outre les beautés naturelles et les richesses culturelles du Liban, déjà louées par tous mes prédécesseurs qui ont visité votre pays, une qualité resplendissante distingue les Libanais : vous êtes un peuple qui ne succombe pas, mais qui sait toujours renaître avec courage face aux épreuves. Votre résilience est une caractéristique indispensable des véritables artisans de la paix : l’œuvre de la paix, en effet, est un recommencement continu. L’engagement et l’amour de la paix ne connaissent pas la peur face aux défaites apparentes, ils ne se laissent pas abattre par les déceptions, mais savent regarder loin, accueillant et embrassant avec espérance toutes les réalités. Il faut de la ténacité pour construire la paix ; il faut de la persévérance pour préserver et faire grandir la vie. Interrogez votre histoire. Demandez-vous d’où vient cette formidable énergie qui n’a jamais laissé votre peuple à terre, sans espérance. Vous êtes un pays diversifié, une communauté de communautés, mais unie par une langue commune. Je ne pense pas seulement à l’arabe levantin que vous parlez, à travers lequel votre grand passé a disséminé des perles d’une valeur inestimable, je pense surtout au langage de l’espérance, celui qui vous a toujours permis de recommencer. Autour de nous, presque partout dans le monde, une sorte de pessimisme et un sentiment d’impuissance semblent avoir gagné : les personnes semblent ne même plus être capables de se demander ce qu’elles peuvent faire pour changer le cours de l’histoire. Les grandes décisions semblent être prises par quelques-uns, souvent au détriment du bien commun, et cela apparaît comme un destin inéluctable. Vous avez beaucoup souffert des conséquences d’une économie qui tue (cf. Exhort. Ap. Evangelii gaudium, 53), de l’instabilité mondiale qui a également, au Levant, des répercussions dévastatrices de la radicalisation des identités et des conflits, mais vous avez toujours voulu et su recommencer.

Le Liban peut se vanter d’avoir une société civile vivante, bien formée, riche en jeunes capables d’exprimer les rêves et les espérances de tout un pays. Je vous encourage donc à ne jamais vous séparer des gens et à vous mettre au service de votre peuple – si riche dans sa diversité – avec engagement et dévouement. Puissiez-vous parler une seule langue : la langue de l’espérance qui fait converger tout le monde vers un recommencement toujours nouveau. Que le désir de vivre et de grandir ensemble, en tant que peuple, fasse de chaque groupe une voix dans une polyphonie. Que le lien profond d’affection qui unit tant de Libanais dispersés dans le monde à leur pays vous aide également. Ils aiment leurs origines, prient pour le peuple dont ils se sentent partie intégrante et le soutiennent grâce à leurs multiples expériences et compétences qui les rendent si appréciés partout.

Nous en arrivons ainsi à une deuxième caractéristique des artisans de paix : non seulement ils savent recommencer, mais ils le font avant tout en empruntant la voie difficile de la réconciliation. Certaines blessures personnelles et collectives demandent, en effet, de longues années, parfois des générations entières, pour pouvoir se refermer. Si elles ne sont pas soignées, si l’on ne travaille pas, par exemple, à une guérison de la mémoire, à un rapprochement entre ceux qui ont subi des torts et des injustices, il sera difficile d’avancer vers la paix. On restera immobile, chacun prisonnier de sa souffrance et de ses raisons.

La vérité, en revanche, ne peut être honorée que par la rencontre. Chacun de nous voit une partie de la vérité, en connaît un aspect, mais ne peut renoncer à ce que seul l’autre sait, à ce que seul l’autre voit. Vérité et réconciliation ne peuvent grandir qu’ensemble : que ce soit au sein d’une famille, entre les différentes communautés et les différentes âmes d’un pays, ou entre les nations.

En même temps, il n’y a pas de réconciliation durable sans un objectif commun, sans une ouverture vers un avenir dans lequel le bien l’emporte sur le mal subi ou infligé dans le passé ou dans le présent. Une culture de la réconciliation ne naît donc pas seulement d’en bas, de la disponibilité et du courage de certains, mais elle a besoin d’autorités et d’institutions qui reconnaissent que le bien commun est supérieur à celui d’une partie. Le bien commun est plus que la somme de multiples intérêts : il rapproche autant que possible les objectifs de chacun et les oriente dans une direction où tous auront davantage qu’en avançant seuls. La paix est en effet bien plus qu’un équilibre, toujours précaire, entre ceux qui vivent séparés sous le même toit. La paix, c’est savoir habiter ensemble, en communion, en tant que personnes réconciliées. Une réconciliation qui, en plus de nous faire cohabiter, nous enseigne à travailler ensemble, côte à côte, pour un avenir commun. Alors, la paix devient cette abondance qui nous surprend lorsque notre horizon s’élargit au-delà de toute enceinte et de toute barrière. On pense parfois qu’avant de faire quoi que ce soit, il faille tout clarifier, tout résoudre. Au contraire, c’est la confrontation mutuelle, même dans les incompréhensions, qui mène à la réconciliation. La plus grande vérité de toutes c’est que nous nous retrouvons ensemble insérés dans un dessein que Dieu a préparé pour que nous devenions une famille.

Enfin, je voudrais souligner une troisième caractéristique des artisans de la paix. Ils osent rester, même lorsque cela implique des sacrifices. Il arrive parfois qu’il soit plus facile de fuir ou, tout simplement, plus pratique d’aller ailleurs. Il faut vraiment du courage et de la clairvoyance pour rester ou revenir dans son pays, en estimant que même des conditions difficiles méritent amour et dévouement. Nous savons que l’incertitude, la violence, la pauvreté et bien d’autres menaces provoquent ici, comme ailleurs dans le monde, une hémorragie de jeunes et de familles qui cherchent un avenir ailleurs, même si cela leur cause une grande souffrance de quitter leur patrie. Il faut certainement reconnaître que beaucoup de choses positives vous parviennent de la part des Libanais dispersés dans le monde. Cependant, il ne faut pas oublier que rester dans son pays et collaborer jour après jour au développement de la civilisation de l’amour et de la paix reste une chose très appréciable.

L’Église ne se préoccupe pas seulement, en effet, de la dignité de ceux qui se déplacent vers des pays autres que le leur, mais elle souhaite que personne ne soit contraint de partir et que tous ceux qui le souhaitent puissent revenir en sécurité. La mobilité humaine est en effet une immense opportunité de rencontre et d’enrichissement mutuel, mais elle n’efface pas le lien particulier qui unit chacun à certains lieux auxquels il doit son identité d’une manière tout à fait particulière. La paix se développe toujours dans un contexte vital concret, fait de liens géographiques, historiques et spirituels. Il faut encourager ceux qui les favorisent et s’en nourrissent, sans céder aux particularismes et aux nationalismes. Dans l’encyclique Fratelli tutti, le Pape François a indiqué cette voie : « Il faut considérer ce qui est global, qui nous préserve de l’esprit de clocher. Lorsque la maison n’est plus un foyer, mais une prison, un cachot, ce qui est global nous sauve parce c’est comme la cause finale qui nous conduit vers la plénitude. En même temps, il faut avec soin prendre en compte ce qui est local, parce qu’il a quelque chose que ne possède pas ce qui est global : le fait d’être la levure, d’enrichir, de mettre en marche les mécanismes de subsidiarité. Par conséquent, la fraternité universelle et l’amitié sociale constituent partout deux pôles inséparables et coessentiels » (n° 142).

Ceci est un défi non seulement pour le Liban, mais pour tout le Levant : que faire pour que les jeunes, en particulier, ne se sentent pas obligés de quitter leur terre et d’émigrer ? Comment les motiver à ne pas chercher la paix ailleurs, mais à en trouver les garanties et à en devenir les protagonistes dans leur propre pays natal ? Les chrétiens et les musulmans, ainsi que toutes les composantes religieuses et civiles de la société libanaise, sont appelés à jouer leur rôle en ce sens et à s’engager à sensibiliser la communauté internationale à cette question.

Dans ce contexte, je tiens à souligner le rôle indispensable des femmes dans l’effort laborieux et patient pour préserver et construire la paix. N’oublions pas que les femmes ont une capacité particulière à œuvrer pour la paix, car elles savent préserver et développer des liens profonds avec la vie, les personnes et les lieux. Leur participation à la vie sociale et politique, ainsi qu’à celle de leurs propres communautés religieuses, tout comme l’énergie qui émane des jeunes, représente dans le monde entier un facteur de véritable renouveau. Heureuses donc les femmes qui œuvrent pour la paix et heureux les jeunes qui restent ou qui reviennent, afin que le Liban reste une terre pleine de vie.

Je termine en m’inspirant d’une autre caractéristique précieuse de votre tradition millénaire. Vous êtes un peuple qui aime la musique, laquelle, les jours de fête, devient danse, langage de joie et de communion. Cet aspect de votre culture nous aide à comprendre que la paix n’est pas seulement le résultat d’un engagement humain, aussi nécessaire soit-il. La paix est un don qui vient de Dieu et qui, avant tout, habite notre cœur. Elle est comme un mouvement intérieur qui se répand vers l’extérieur, nous permettant de nous laisser guider par une mélodie plus grande que nous-mêmes, celle de l’amour divin. Celui qui danse avance avec légèreté, sans piétiner le sol, harmonisant ses pas avec ceux des autres. Telle est la paix : un cheminement mû par l’Esprit, qui met le cœur à l’écoute et le rend plus attentif et respectueux envers l’autre. Puisse grandir parmi vous ce désir de paix qui vient de Dieu et qui peut transformer dès aujourd’hui la manière de regarder les autres et d’habiter ensemble cette terre, une terre qu’Il aime profondément et qu’Il continue de bénir.

Monsieur le Président, Autorités distinguées, je vous remercie une fois encore pour l’accueil que vous me réservez. Soyez assurés de ma prière et de celle de toute l’Église pour votre délicate mission au service du bien commun. »

Une analyse structurée : résilience comme fondement

Le discours s’articule autour de trois caractéristiques des artisans de paix, offrant un cadre analytique pour aborder les défis libanais. D’abord, la résilience, qualifiée de « qualité resplendissante » des Libanais, est présentée comme un recommencement continu face aux épreuves. Le pape évoque l’histoire du pays, marquée par des conflits internes comme la guerre civile de 1975-1990 et des crises récentes, pour souligner une énergie qui refuse le pessimisme ambiant. Cette ténacité, ancrée dans une « langue commune de l’espérance », contraste avec un monde où l’impuissance domine, et invite les autorités à se connecter à la société civile, riche en jeunes exprimant des rêves collectifs.

Cette section analyse implicitement les impacts de la crise économique : avec une dévaluation de la livre libanaise de plus de 95 % depuis 2019 et un chômage touchant 40 % des jeunes, selon les estimations de la Banque mondiale, l’exhortation à la persévérance vise à contrer le découragement. Le référence à « une économie qui tue », tirée de l’exhortation Evangelii gaudium de son prédécesseur, critique les systèmes qui aggravent les inégalités, résonnant avec les manifestations de 2019 contre la corruption.

La voie difficile de la réconciliation

La deuxième caractéristique, la réconciliation, est décrite comme une voie exigeante nécessitant une guérison des mémoires et des blessures collectives. Le pape insiste sur la vérité honorée par la rencontre, où chacun reconnaît la perspective de l’autre, évitant l’immobilisme des rancœurs. Dans le contexte libanais, cela évoque les divisions confessionnelles persistantes, amplifiées par le pacte national de 1943 qui répartit les pouvoirs selon les communautés, mais souvent paralysé par des blocages, comme l’absence d’élection présidentielle entre 2022 et 2024.

L’appel à un bien commun supérieur aux intérêts partisans cible les dysfonctionnements politiques : le gouvernement Salam, soutenu par une coalition fragile, peine à implémenter des réformes face à des influences régionales, notamment iraniennes via le Hezbollah et saoudiennes chez les sunnites. Le discours souligne que la paix n’est pas un équilibre précaire mais une communion, encourageant une confrontation mutuelle pour dépasser les incompréhensions. Cette analyse s’étend au Levant, où les conflits identitaires radicalisés ont des répercussions dévastatrices, comme les déplacements de populations au sud Liban suite aux hostilités de 2024.

Le courage de rester : un défi démographique

La troisième caractéristique, le courage de rester malgré les sacrifices, aborde directement l’émigration massive, qualifiée d’« hémorragie » de jeunes et de familles. Avec plus de 800 000 Libanais partis depuis 2019, selon les données de l’Organisation internationale pour les migrations, le pape reconnaît les opportunités de la mobilité humaine mais plaide pour que nul ne soit contraint au départ. Il cite Fratelli tutti pour équilibrer global et local, évitant particularismes et nationalismes.

Cette partie met l’accent sur le rôle des femmes et des jeunes comme facteurs de renouveau, les femmes pour leur capacité à tisser des liens profonds, les jeunes pour leur énergie. Au Liban, où les femmes occupent 8 % des sièges parlementaires après les élections de 2022, et où les jeunes ont mené les protestations de 2019, cet appel vise à renforcer leur participation. Le discours termine sur une métaphore culturelle : la musique et la danse comme symboles de paix divine, harmonisant les pas sans piétiner l’autre, invitant à une transformation immédiate des relations.

Implications immédiates pour le Liban

Les réactions au discours ont été immédiates, avec des applaudissements nourris au palais et des échos dans les rues de Beyrouth. Une jeune Libanaise de 19 ans, présente à l’accueil, a déclaré : « Je suis venue dire que le peuple libanais est un seul peuple. Loin de toutes les divisions, nous voulons être unis et nous voulons qu’il bénisse notre terre. » Le programme du pape pour le 1er décembre inclut une messe en plein air sur le front de mer de Beyrouth, attendue par des dizaines de milliers de fidèles, et une visite à un hôpital psychiatrique, l’un des rares établissements de santé mentale au pays, où les soignants gèrent une augmentation de 30 % des cas de troubles post-traumatiques depuis le conflit de 2024.

Sur le plan diplomatique, le message papal renforce les appels internationaux à la stabilité : l’ambassadeur de France au Liban a salué un « encouragement vital » pour les réformes, tandis que le coordinateur spécial de l’ONU pour le Liban a réaffirmé le soutien à la résolution 1701. Le gouvernement libanais, par la voix du ministre des Affaires étrangères, a annoncé une intensification des patrouilles conjointes avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) pour sécuriser la frontière sud, où des incidents ont eu lieu le 29 novembre. Ces mesures, combinées à l’aide humanitaire d’urgence débloquée par l’Union européenne en octobre 2025 pour 500 millions d’euros, visent à atténuer les impacts immédiats de la crise, notamment dans les régions dévastées où les reconstructions progressent lentement. Le discours, en soulignant la paix comme don divin et chantier humain, prolonge ainsi son écho dans les initiatives concrètes déployées pour préserver la coexistence fragile du pays.

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