Une performance parmi les plus faibles au monde, reflet d’un environnement réglementaire rigide et d’un marché du travail dysfonctionnel
Le Liban se classe 127e sur 184 pays en matière de liberté du travail dans l’édition 2025 de l’Index of Economic Freedom publié par la Heritage Foundation, avec un score de 35,3/100, en recul par rapport à 2024. Cette performance place le pays dans le dernier quart mondial et reflète une série de déséquilibres structurels dans le fonctionnement du marché de l’emploi libanais.
Ce classement repose sur une évaluation annuelle de la liberté contractuelle, de la flexibilité de l’embauche et du licenciement, ainsi que de la protection des droits des employeurs et des salariés. Le Liban affiche une dégradation continue depuis 2018, année où il était encore classé dans la moitié supérieure des économies en transition.
Une situation critique selon les indicateurs
Le score de 35,3/100 du Liban pour la liberté du travail en 2025 est nettement inférieur à la moyenne mondiale(58,3/100) et à la moyenne régionale MENA (54,7/100). Il témoigne d’un cadre légal instable, d’un droit du travail rigide, et de l’absence d’institutions efficaces pour arbitrer les relations employeurs/employés.
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Le droit du travail libanais est souvent critiqué pour son archaïsme : les textes fondateurs datent de 1946, et n’intègrent ni les nouvelles formes d’emploi (freelance, plateforme, télétravail), ni des mécanismes de médiation moderne.
Tableau comparatif – Score liberté du travail (2025)
| Pays | Score /100 | Rang mondial |
|---|---|---|
| Émirats arabes unis | 74,8 | 11e |
| Bahreïn | 70,6 | 21e |
| Tunisie | 59,3 | 60e |
| Jordanie | 55,1 | 75e |
| Égypte | 43,2 | 102e |
| Liban | 35,3 | 127e |
| Algérie | 30,5 | 145e |
| Soudan | 19,7 | 170e |
Le Liban ne devance que quelques régimes autoritaires ou en guerre, comme le Soudan ou le Venezuela. À l’inverse, ses voisins du Golfe se classent dans les premières positions, bénéficiant d’une législation souple combinée à des protections juridiques encadrées.
Conséquences économiques
Le faible score du Liban a des implications directes sur :
- L’attractivité pour les investisseurs étrangers
- Le coût du travail pour les employeurs
- La productivité globale du capital humain
- La capacité à générer des emplois formels
Les employeurs sont confrontés à un cadre juridique rigide, à des charges sociales opaques, et à des risques élevés de contentieux. Les salariés, eux, souffrent d’une protection sociale réduite, d’une informalité dominante (près de 55 % selon l’ILO), et d’un syndicalisme paralysé.
Recommandations internationales
La Heritage Foundation comme le Fonds Monétaire International (FMI) appellent depuis plusieurs années à :
- Une réforme du code du travail centré sur la flexibilité contractuelle
- L’intégration progressive du secteur informel
- La modernisation des systèmes de médiation et arbitrage
- La restructuration des caisses sociales (CNSS)
Le dernier rapport technique du FMI sur le Liban, daté d’avril 2025, insiste sur le fait que la réforme du marché du travail est indispensable pour espérer une croissance inclusive.
Organisation mentionnée
The Heritage Foundation
Think tank américain basé à Washington, spécialisé dans les politiques économiques conservatrices. Il publie chaque année l’Index of Economic Freedom, qui classe les économies mondiales selon 12 critères : droit de propriété, fiscalité, dépenses publiques, liberté d’entreprise, liberté monétaire, liberté du travail, etc.
- Création : 1973
- Siège : Washington D.C.
- Fréquence : Index publié chaque année depuis 1995
- Source : www.heritage.org/index



