En 2024, le Liban a été classé 82ᵉ sur 89 pays dans l’indice global de la transparence du secteur immobilier, publié par Jones Lang LaSalle (JLL), et 12ᵉ parmi 13 pays arabes. Ce classement illustre un léger recul pour le Liban par rapport à 2022, où il occupait la 84ᵉ place mondialement. Sur l’échelle régionale, il conserve la 12ᵉ place, ce qui montre une stabilité relative malgré un contexte économique difficile et une confiance limitée dans la transparence des transactions immobilières.
Méthodologie de l’indice
L’indice de transparence immobilière est calculé à partir de 254 indicateurs quantitatifs et qualitatifs, regroupés en six sous-indices : la mesure de performance (25 %), les questions réglementaires et juridiques (16,5 %), les processus transactionnels (15 %), la gouvernance des véhicules d’investissement listés (10 %), et la durabilité (10 %). Chaque catégorie est notée sur une échelle de un à cinq, où cinq représente le plus haut niveau de transparence.
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Le Liban a obtenu un score global de 4,43 points, se situant ainsi dans la catégorie dite « opaque » du classement. Ce score reste inchangé par rapport à l’édition 2022, mais le pays accuse un retard de 3 points par rapport à la moyenne arabe de 3,8 points. En outre, il a été rétrogradé au fil des ans, passant d’une transparence « semi-transparente » en 2012 à « opaque » en 2016, une catégorie dans laquelle il demeure depuis.
Classement par sous-indices
Le Liban affiche des performances diverses dans les sous-indices de l’indice de transparence immobilière, illustrant les défis auxquels il est confronté dans différents domaines.
- Mesure de la performance : Le Liban se classe 67ᵉ mondialement, avec un score de 4,58, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne mondiale (4,23). Cette catégorie évalue la disponibilité des données sur les performances immobilières, essentielles pour les investisseurs et les acteurs du marché immobilier.
- Fondamentaux du marché : Le pays se classe 86ᵉ, marquant un faible 4,96 sur 5, ce qui le place dans le troisième centile mondial. Cette mauvaise performance reflète le manque de données accessibles sur les segments résidentiels, commerciaux, et industriels.
- Gouvernance des véhicules d’investissement listés et durabilité : Avec un score de 4,32 en durabilité et 3,48 en gouvernance des véhicules d’investissement, le Liban accuse un retard important par rapport à d’autres marchés de la région. Ces sous-indices mesurent la qualité de la gouvernance et l’adhésion aux normes environnementales dans le secteur immobilier.
- Réglementations et cadre juridique : Le Liban se classe 89ᵉ mondialement, marquant un des scores les plus bas dans cette catégorie (4,09), en deçà de la moyenne arabe de 3,16. Ce sous-indice évalue la transparence des réglementations liées à l’enregistrement foncier, l’accessibilité des informations légales et les droits de propriété.
- Processus transactionnels : Le Liban obtient un score de 4,83, plaçant son système transactionnel dans la catégorie des marchés « faiblement transparents ». Ce sous-indice mesure la disponibilité et la qualité des informations préalables aux ventes, ainsi que l’équité des processus d’enchères.
Comparaison avec d’autres marchés
Globalement, le marché immobilier libanais est plus transparent que ceux de pays tels que la Tanzanie, le Honduras et le Sénégal, mais reste en retrait par rapport à la Côte d’Ivoire et le Mozambique. Sur le plan arabe, le Liban est devancé par des marchés comme ceux des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite et du Maroc, qui continuent d’améliorer leur cadre réglementaire et la disponibilité des informations liées à l’immobilier.
Évolution historique du classement du Liban
Depuis 2012, le marché immobilier libanais a régulièrement perdu en transparence. Il a été déclassé en 2016 dans la catégorie « opaque » après avoir été initialement classé comme « semi-transparent » en 2012. Cette régression peut être attribuée à la dégradation des infrastructures économiques, aux crises politiques successives, et à l’absence de réformes structurelles visant à améliorer la transparence des marchés. La perception de l’opacité dans les transactions immobilières est également renforcée par les retards dans la mise à jour des registres fonciers et les obstacles à l’accessibilité des données pour les investisseurs étrangers.
Le Liban continue de faire face à de sérieux défis dans l’amélioration de la transparence de son secteur immobilier. Le classement de 2024 montre que le pays reste bloqué dans la catégorie des marchés « opaques », avec peu de réformes en vue pour améliorer cette situation. Pour attirer des investisseurs et améliorer la qualité des transactions, il est essentiel que le pays se concentre sur la mise en place d’un cadre légal plus rigoureux, l’amélioration de l’accès aux informations sur les propriétés, et la modernisation des processus de transaction.



