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Le Liban face au choc pétrolier, une économie sans amortisseur

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La guerre autour de l’Iran a replacé le pétrole au centre du risque mondial. Pour le Liban, ce n’est pas une mauvaise nouvelle parmi d’autres. C’est un test brutal de vulnérabilité. Le pays n’exporte presque rien en hydrocarbures, raffine très peu, dépend encore largement des importations de fioul, de diesel et d’essence, et continue de faire fonctionner une partie essentielle de son économie grâce aux générateurs privés. En moins d’un mois, le Brent a gagné plus de 50 % et se maintient au-dessus de 100 dollars le baril. Le FMI avertit, lui, qu’une hausse durable de 10 % des prix de l’énergie ajoute en moyenne 0,4 point d’inflation mondiale et retranche jusqu’à 0,2 point de croissance. Pour une économie déjà fragilisée par six années de crise, cette onde de choc ne tombe pas sur un terrain neutre. Elle frappe un pays qui dispose de peu de marges budgétaires, de peu de marges monétaires et de peu de marges sociales.  

La vraie question n’est donc pas seulement de savoir si l’essence va encore augmenter. Elle est plus large. Le choc pétrolier risque de toucher l’électricité, les transports, le coût des importations, les prix alimentaires, la saison estivale, la compétitivité des entreprises et la fragile stabilisation macroéconomique observée en 2025. La Banque mondiale estimait en janvier que le PIB réel du Liban avait progressé de 3,5 % l’an dernier, grâce à une stabilisation relative, à un rebond du tourisme et à des progrès de réforme encore inégaux. Elle ajoutait que l’inflation globale, retombée à 15,2 % en 2025, devait enfin repasser en dessous de 10 % en 2026. Mais cette trajectoire supposait un environnement régional moins violent, des flux touristiques résilients et un coût énergétique maîtrisable. La guerre remet en cause chacune de ces hypothèses.  

Un choc mondial, mais des effets inégaux

La flambée actuelle des cours ne relève plus d’un simple accès de tension sur les marchés. Reuters rapporte que le Brent a franchi la barre des 100 dollars après des perturbations sur les cargaisons de pétrole et de gaz, dans un contexte où les attaques ont touché des infrastructures énergétiques en Iran et dans plusieurs pays du Golfe. Le FMI souligne que les prix du pétrole et du gaz ont augmenté de plus de 50 % en un mois, tandis que la Banque centrale européenne estime que les prix du pétrole ont quasiment doublé depuis le début de l’année dans son scénario de risque lié à une guerre prolongée au Moyen-Orient. Les marchés redoutent désormais moins un simple pic spéculatif qu’un choc plus durable d’offre et de transport.  

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Tous les pays ne reçoivent pourtant pas ce choc de la même manière. Les grands exportateurs disposent encore, pour la plupart, de recettes supplémentaires, de réserves, de fonds souverains ou de budgets capables d’absorber une partie du surcoût. Le FMI le rappelle explicitement pour les pays du Conseil de coopération du Golfe, qui disposent de solides marges de politique économique. À l’autre bout du spectre, les importateurs nets d’énergie sans capacité budgétaire importante encaissent le choc de plein fouet. Le Liban appartient clairement à cette seconde catégorie. L’EBRD, qui envisage des mécanismes de soutien pour plusieurs économies émergentes touchées par la guerre, a d’ailleurs cité le Liban parmi les pays susceptibles de subir des pressions accrues liées au coût de l’énergie, au tourisme et aux équilibres macrofinanciers.  

Ce décalage permet de comprendre la notion d’« économie sans amortisseur ». Dans un pays doté de finances publiques solides, un choc pétrolier peut être partiellement absorbé par des baisses temporaires de taxes, des aides ciblées, des tarifs réglementés ou une politique monétaire crédible. L’Espagne, par exemple, s’apprête à réduire la TVA sur les carburants et à suspendre une taxe sur les hydrocarbures pour réduire l’impact de la guerre sur les ménages. Le Liban, lui, n’a ni le même espace fiscal, ni la même capacité à compenser durablement les prix, ni la même infrastructure énergétique. C’est cette différence de structure, plus encore que le niveau absolu du Brent, qui transforme la guerre régionale en risque immédiat pour le quotidien libanais.  

L’électricité, premier canal de transmission

Le premier effet d’un choc pétrolier au Liban passe par l’électricité. Malgré la progression du solaire, la demande énergétique du pays reste encore largement couverte par des combustibles fossiles importés : fioul lourd pour les centrales thermiques, essence pour l’automobile et surtout diesel pour les générateurs de quartier. Cette structure a été décrite récemment par The Century Foundation, qui souligne que le système énergétique libanais demeure très dépendant des importations fossiles, malgré le boom récent de certaines solutions décentralisées. Cela signifie qu’une hausse du pétrole ne touche pas seulement les automobilistes ; elle remonte immédiatement jusqu’au coût de production et de distribution de l’électricité.  

L’idée selon laquelle le Liban serait protégé parce que l’électricité publique a réduit son déficit est trompeuse. Certes, la stabilisation macroéconomique récente a réduit certains déséquilibres et plusieurs acteurs du secteur mettent en avant une moindre dépendance aux avances budgétaires directes à Électricité du Liban. Mais le pays reste caractérisé par une fourniture publique insuffisante et par une dépendance massive aux générateurs privés, eux-mêmes alimentés au diesel. Dans une économie où l’électricité n’est pas assurée en continu par un réseau national robuste, la hausse du prix du diesel agit comme une taxe diffuse sur presque toute l’activité productive, du petit commerce aux bureaux, des écoles privées aux ateliers, des supermarchés aux immeubles résidentiels.  

Cette transmission est redoutable parce qu’elle est immédiate et très peu amortie. Quand les tarifs de l’électricité publique sont subventionnés, l’État peut, au moins temporairement, retarder la répercussion d’un choc externe. Le Liban ne dispose plus vraiment de ce luxe. La fin des subventions massives sur les carburants décidée en 2021 avait déjà montré que le pays n’avait plus les réserves nécessaires pour jouer ce rôle d’amortisseur. Reuters rapportait alors que la banque centrale ne pouvait plus subventionner le carburant au taux préférentiel, ce qui avait entraîné un alignement bien plus direct des prix intérieurs sur les cours mondiaux et sur le taux de change du marché. Depuis, toute hausse du baril se transmet beaucoup plus vite aux factures des ménages et aux coûts des entreprises.  

Essence, mazout, générateurs : la guerre entre dans le portefeuille

Le second canal est celui que les Libanais voient tout de suite : les prix à la pompe et le coût du mazout. Dans un pays où l’automobile reste centrale et où l’offre de transport collectif demeure très limitée, chaque hausse du carburant se diffuse rapidement dans les budgets familiaux. Le Liban n’a ni réseau de métro, ni maillage ferroviaire, ni système de bus suffisamment dense pour servir de véritable soupape quand l’essence grimpe. Dans les faits, une grande partie des ménages doivent continuer à rouler pour travailler, étudier, livrer, consulter ou simplement accéder aux services de base. Dès lors, le choc pétrolier se comporte comme un impôt privé non voté.  

Le problème ne concerne pas uniquement le plein hebdomadaire. Le mazout pèse sur les générateurs, sur les livraisons, sur les camions de distribution, sur certaines activités industrielles et sur le chauffage dans plusieurs zones. Quand le diesel monte, le coût logistique de presque tous les biens suit. Les exemples observés ailleurs montrent à quel point cette mécanique peut être rapide. Aux États-Unis, le diesel a bondi jusqu’à près de 5 dollars le gallon, selon le Financial Times, mettant sous pression le transport routier et l’agriculture. En Europe et en Asie, les autorités commencent déjà à recommander des mesures d’économie d’énergie et de mobilité pour contenir la demande. Le Liban, lui, n’a pas de véritable coussin social ou budgétaire pour adoucir la transmission.  

Cette vulnérabilité est d’autant plus forte que les ménages libanais ont déjà subi des années de compression de revenu réel. La Banque mondiale indique que le retour de l’inflation vers 15,2 % en 2025 découlait largement de la stabilisation du change et de la dollarisation presque complète des prix à la consommation. C’est précisément ce qui rend le nouveau choc si problématique. La dollarisation protège partiellement contre l’emballement monétaire pur, mais elle ne protège pas contre une hausse réelle du coût des importations. Si le litre de carburant devient plus cher en dollars, le fait qu’il soit payé dans une économie très dollarisée ne l’annule pas ; au contraire, cela accélère parfois la transmission, car le prix local reflète plus directement le prix international.  

Le coût des importations va remonter bien au-delà de l’énergie

Le troisième canal de transmission est moins visible, mais plus large : le coût total des importations. Le FMI avertit que la guerre ne perturbe pas seulement le pétrole et le gaz. Elle affecte aussi les expéditions d’engrais, renchérit le transport et augmente les risques de hausse des prix alimentaires. Pour une économie comme celle du Liban, qui importe une très grande partie de ce qu’elle consomme, le problème dépasse donc de loin la seule station-service. Quand l’énergie maritime devient plus chère, quand les assurances augmentent, quand les routes d’approvisionnement se compliquent, la facture grimpe sur les céréales, les produits transformés, les intrants agricoles, les pièces détachées et les biens intermédiaires.  

Le conflit autour du détroit d’Ormuz donne à ce risque une dimension particulière. Reuters souligne que les marchés considèrent désormais la guerre comme un facteur de stagflation, avec des coûts énergétiques plus élevés et des chaînes d’approvisionnement plus fragiles. Cette lecture vaut pour l’Europe et l’Asie, mais elle est encore plus sévère pour les petites économies importatrices. Le Liban, qui ne dispose ni d’une base industrielle forte ni de grands stocks stratégiques comparables à ceux des grandes puissances, encaisse immédiatement la hausse du fret et des primes de risque. Même lorsque les produits arrivent encore, ils arrivent plus chers. Et dans un pays où le commerce de détail fonctionne avec des marges souvent réduites, la tentation de répercuter rapidement le surcoût sur le consommateur est forte.  

Cette mécanique peut rapidement contaminer les prix alimentaires. Le FMI a été très clair : si la hausse de l’énergie dure, elle peut se transmettre à l’alimentation via les engrais et le transport. Or l’alimentation représente une part élevée du panier des ménages libanais les plus vulnérables. Le choc pétrolier n’est donc pas un sujet de traders ou de conducteurs de SUV. Il devient une question de pouvoir d’achat quotidien, de composition des courses, de coût de la boulangerie, du trajet en taxi, de la livraison, du camion qui ravitaille le quartier ou du générateur qui permet à une boutique de garder ses frigos allumés.  

Inflation importée, mais sans vraie marge monétaire

Le quatrième canal est macroéconomique. La guerre remet en circulation un mot que les économies importatrices redoutent : l’inflation importée. Pour la Banque mondiale, le retour progressif à une inflation plus basse au Liban dépendait notamment d’une stabilisation du taux de change et d’une dollarisation très avancée des prix. En théorie, cela limitait le risque d’une nouvelle spirale hyperinflationniste. Mais une inflation importée en dollars fonctionne autrement. Elle vient de l’extérieur, et non du seul désordre monétaire interne. Lorsque le pétrole, le diesel, le fret et certains intrants montent au niveau mondial, l’économie libanaise importe directement ce renchérissement.  

C’est ici que l’absence d’amortisseur monétaire devient centrale. Les grandes banques centrales disposent, au moins en théorie, d’outils pour réagir à un choc énergétique : hausses de taux, communication, soutien à la devise, filets financiers. La BCE a déjà relevé ses prévisions d’inflation 2026 en raison des coûts de l’énergie et prévient qu’une guerre prolongée ferait monter davantage les prix tout en freinant la croissance. Le FMI ajoute que les banques centrales doivent surveiller de près le risque de diffusion au reste de l’économie. Le Liban, lui, n’est pas dans une situation où sa politique monétaire peut agir avec la même crédibilité. Après l’effondrement financier, la restructuration bancaire inachevée et la faiblesse persistante des institutions, la capacité à lisser un choc externe par les seuls instruments monétaires reste très réduite.  

Autrement dit, le pays peut difficilement empêcher le choc de prix, mais il peut encore moins le neutraliser ensuite. Une hausse forte des taux frapperait une économie déjà déprimée et un système bancaire encore inachevé. Une défense active d’une parité ou d’un corridor de change absorberait des ressources rares. Une relance budgétaire pour compenser les ménages creuserait un budget déjà sous pression. Dans ce type d’environnement, le choc énergétique a tendance à se transmettre plus directement vers la consommation et l’activité réelle. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’expression « sans amortisseur » n’est pas seulement sociale : elle est aussi institutionnelle.  

Le risque de casser la reprise naissante

Avant l’escalade actuelle, la reprise libanaise restait modeste mais réelle. La Banque mondiale évoquait un PIB en hausse de 3,5 % en 2025, porté notamment par le tourisme et par une meilleure stabilité macroéconomique. Le FMI tenait un discours proche, parlant d’un rebond soutenu par la diaspora et par une résilience relative malgré les conflits régionaux. Mais les deux institutions mettaient en garde contre le caractère conditionnel de cette amélioration. La croissance n’était ni profonde ni sécurisée. Elle dépendait d’un environnement extérieur moins hostile, de réformes crédibles et d’un minimum de confiance. Le choc pétrolier menace précisément ces appuis.  

L’un des premiers risques concerne la saison estivale. L’EBRD a souligné que la guerre pouvait affaiblir le tourisme et accentuer les pressions macroéconomiques au Liban. Or le tourisme et les dépenses de la diaspora jouent un rôle disproportionné dans la circulation des devises et dans le soutien à la consommation. Quand l’énergie grimpe, les billets d’avion, le transport local, les coûts d’exploitation des hôtels et restaurants, et même la perception générale du risque montent avec elle. Une saison estivale amputée ne réduirait pas seulement les revenus du secteur touristique ; elle diminuerait aussi les recettes fiscales indirectes, l’emploi saisonnier et la quantité de dollars frais entrant dans l’économie.  

Le choc pétrolier peut aussi rogner la compétitivité des entreprises locales. Une société libanaise paie souvent plus cher son électricité effective qu’une concurrente installée dans une économie mieux alimentée par le réseau. Si le diesel grimpe encore, cet écart se creuse. Les industries, les entrepôts, les restaurants, les pharmacies, les boulangeries, les imprimeries ou les ateliers qui dépendent partiellement des générateurs privés voient leurs coûts fixes augmenter sans toujours pouvoir relever leurs prix dans la même proportion. Le risque est alors celui d’une reprise statistique qui continue sur le papier, mais d’une activité réelle qui s’effrite à bas bruit par fermeture, réduction d’horaires ou baisse des marges.  

Pourquoi le Liban est plus vulnérable que d’autres

Ce qui distingue le Liban d’autres importateurs d’énergie, ce n’est pas seulement sa dépendance. C’est l’accumulation de fragilités. Le pays sort d’un effondrement financier commencé en 2019, a vu son système bancaire perdre sa fonction normale de crédit, a mis fin à de larges subventions faute de réserves, et continue de fonctionner avec une infrastructure électrique dégradée. Reuters rappelait en 2021 que l’arrêt des subventions sur les carburants était directement lié à l’épuisement des réserves utilisables de la banque centrale. Cette décision a supprimé un filet qui, bien que coûteux et distorsif, amortissait autrefois une partie du choc externe. Aujourd’hui, les prix intérieurs suivent beaucoup plus vite les prix mondiaux.  

Il existe bien sûr des éléments de résistance. La forte dollarisation de l’économie réduit certains risques de panique monétaire pure. Les transferts des expatriés peuvent continuer à soutenir les familles. Le solaire privé a progressé dans certaines zones et limite parfois l’exposition aux générateurs. Mais ces facteurs atténuent sans annuler. La Banque mondiale elle-même décrit la reprise libanaise comme prudente et encore fragile. Et le FMI insiste sur la nécessité d’un cadre budgétaire de moyen terme, d’une restructuration bancaire et d’une réforme plus profonde pour rétablir une croissance durable. Or un choc pétrolier majeur arrive précisément au moment où ces amortisseurs institutionnels ne sont pas encore reconstruits.  

C’est là tout le paradoxe libanais. Le pays a déjà payé une partie du prix de la crise énergétique à travers la fin des subventions, la réduction de la consommation contrainte et l’explosion des solutions privées. Mais cette adaptation douloureuse n’a pas créé un système plus résilient ; elle a surtout déplacé le coût vers les ménages, les entreprises et les collectivités locales. En d’autres termes, le Liban n’aborde pas ce choc avec un matelas déjà constitué par les réformes. Il l’aborde avec une société qui a appris à survivre plus chère, mais pas nécessairement à être mieux protégée.  

Le portefeuille des Libanais redevient le premier champ de bataille

Au bout de la chaîne, ce choc mondial redevient une histoire très intime. Il se lit dans le ticket de caisse, dans la facture du générateur, dans le plein de la voiture, dans le prix de la course en service, dans la commande livrée plus cher, dans l’école qui réajuste ses frais, dans le commerce qui raccourcit ses horaires et dans le ménage qui renonce à certains trajets. Les grandes économies parlent de scénarios d’inflation, de trajectoires de taux et de tests de résistance. Au Liban, ces abstractions se traduisent plus vite qu’ailleurs en arbitrages de survie. C’est le propre d’une économie sans amortisseur : le choc géopolitique devient très vite un choc domestique.  

Dans les pays mieux armés, un choc pétrolier ouvre un débat sur les bonnes politiques publiques. Au Liban, il pose d’abord une question plus brutale : qui absorbera la hausse cette fois-ci ? L’État n’a plus beaucoup de carburant budgétaire. La banque centrale n’a plus de marge illimitée. Les entreprises ont déjà comprimé leurs coûts. Les ménages ont déjà rogné leur consommation. C’est pour cela que la flambée du pétrole liée à la guerre ne constitue pas seulement une mauvaise nouvelle de plus. Elle remet à nu la vulnérabilité structurelle d’un modèle économique qui reste dépendant des importations d’énergie, du transport routier et d’une électricité privée très chère, au moment même où le pays avait commencé à entrevoir un début de stabilisation.  

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