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Le Liban marque une légère amélioration dans l’Index de la Liberté Économique de 2024 en dépit d’une crise persistante

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En 2024, l’Index de la Liberté Économique, publié par la Heritage Foundation, un think tank américain dédié aux principes de libre entreprise, de gouvernement limité, de liberté individuelle, et d’une défense robuste, a positionné le Liban à la 154e place sur 176 pays. Cette classification, malgré sa proximité avec le bas de l’échelle, représente une progression graduelle pour le Liban qui était classé 162e en 2023 et 164e en 2022. Depuis 2014, où le Liban a atteint son classement le plus élevé à la 96e place, le pays a connu une descente significative.

Le classement régional place le Liban en 13e position parmi les nations arabes, avec des leaders régionaux comme les Émirats Arabes Unis et le Qatar qui se distinguent respectivement à la 22e et 28e place mondiale. L’Index, qui mesure des aspects comme l’État de droit, la taille du gouvernement, l’efficacité réglementaire, et l’ouverture des marchés, a attribué au Liban un score de 58.6%, en deçà de la moyenne régionale arabe de 64.5% et bien en dessous de la moyenne de 70.1% du Conseil de Coopération du Golfe (CCG).

Ces chiffres sont révélateurs dans le contexte de la crise économique libanaise qui perdure, marquée par une dévaluation monétaire drastique, un effondrement bancaire, et des restrictions économiques sans précédent. Depuis 2019, le Liban est empêtré dans l’une des pires crises économiques au monde, exacerbée par la pandémie de COVID-19 et l’explosion du port de Beyrouth en 2020. La crise a entraîné une inflation galopante, des pénuries alimentaires, et une perte de confiance dans le système bancaire libanais.

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La Heritage Foundation, fondée en 1973, utilise cet index comme un baromètre pour évaluer à quel point les politiques et les institutions d’un pays sont favorables à la liberté économique. Selon l’organisation, une économie notée comme « libre » ou « majoritairement libre » dans son index est caractéristique d’un développement durable, d’une amélioration des conditions de vie, et d’une gouvernance transparente.

La note du Liban reflète des améliorations dans certains domaines comme la santé fiscale et la liberté du travail, mais elle souligne également des problèmes endémiques d’instabilité politique et de carences réglementaires qui inhibent la croissance économique et la liberté. La protection de la propriété reste précaire, ce qui décourage les investissements et freine la croissance.

Avec un PIB de plus de 100 milliards de dollars, le Liban fait face à un défi majeur pour redresser son économie et reconstruire la confiance dans ses institutions. Les experts suggèrent qu’une réforme structurelle, un renforcement de l’intégrité gouvernementale et une meilleure gouvernance pourraient aider le Liban à améliorer son classement dans l’Index de la Liberté Économique et, plus important encore, à restaurer la prospérité économique pour ses citoyens.

La situation actuelle du Liban dans l’Index de 2024 est donc un rappel que, malgré un contexte économique global difficile, des avancées sont possibles avec des réformes cohérentes et une gestion économique solide. Les décideurs libanais sont devant un défi considérable, mais également devant une opportunité de reconstruire et de réformer.

Cependant, la mise en œuvre de réformes économiques et financières au Liban est confrontée à des obstacles majeurs, enracinés dans la structure même de sa société et son système politique. L’instabilité politique chronique, exacerbée par un système de partage du pouvoir confessionnel, engendre des impasses et une paralysie décisionnelle. Cette situation est aggravée par un niveau endémique de corruption, comme souligné par la Heritage Foundation, qui a mis en évidence les lacunes en matière d’intégrité gouvernementale et de protection des droits de propriété. La confiance des investisseurs est érodée, et la perspective de réformes substantielles se trouve obscurcie.

La crise bancaire du pays et les restrictions monétaires qui en découlent compliquent encore la situation. La restructuration nécessaire est entravée par la résistance des élites économiques et politiques qui profitent du statut quo. En outre, la dette publique massive limite sérieusement la marge de manœuvre du gouvernement pour stimuler l’économie et entreprendre des réformes structurelles.

Les tensions régionales et les conflits exacerbent l’instabilité et détournent les ressources et l’attention des réformes nécessaires. Cela est d’autant plus problématique que le Liban doit également gérer les conséquences d’infrastructures dégradées et de services publics inefficaces, des problèmes mis en lumière et aggravés par l’explosion dévastatrice du port de Beyrouth en août 2020.

La résistance au changement est un autre obstacle significatif. Les réformes économiques impliquent souvent des bouleversements qui menacent les intérêts établis. Au Liban, certaines mafias économiques, comme les détenteurs d’agences exclusives qui contrôlent de grandes parties du marché, exercent leur influence pour préserver leurs privilèges économiques, résistant vigoureusement à toute tentative de libéralisation ou de régulation qui pourrait menacer leur monopole.

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Newsdesk Libnanews
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