dimanche, janvier 25, 2026

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Le Liban se retrouve à la 200ème place dans le classement mondial de l’efficacité gouvernementale en 2023

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Le dernier rapport de la Banque mondiale sur les indicateurs de gouvernance mondiale pour 2023 révèle une baisse inquiétante de la performance du Liban en termes de gouvernance et d’efficacité gouvernementale. Le Liban se classe désormais au 200e rang sur 213 pays et territoires pour l’efficacité gouvernementale, soit une régression de trois places par rapport à l’année précédente. Au niveau régional, le Liban est 16e parmi les 20 pays arabes analysés, illustrant les défis structurels et institutionnels majeurs auxquels il est confronté dans la gestion de l’État.

Un classement alarmant en termes d’efficacité gouvernementale

L’indicateur d’efficacité gouvernementale évalue la qualité des services publics et leur indépendance vis-à-vis des pressions politiques, ainsi que la crédibilité des engagements du gouvernement envers ses politiques. Avec un score de -1,58, le Liban se classe derrière la majorité des pays arabes, et affiche une gouvernance plus efficace que des pays comme le Venezuela et la Libye, mais moins que l’Irak et le Soudan. Cette faible performance souligne les lacunes de l’administration publique libanaise et les difficultés à mettre en œuvre des politiques publiques cohérentes dans un contexte marqué par l’instabilité politique et les pressions internes.

Performance globale en matière de gouvernance

En analysant les différents indicateurs de gouvernance, on observe des faiblesses dans plusieurs domaines clés :

  1. Voix et responsabilité : Le Liban est classé 142e mondialement et 8e parmi les pays arabes, avec une note de -0,65. Cet indicateur mesure la liberté d’expression, la responsabilité politique et la capacité des citoyens à influencer le gouvernement. Le classement du Liban est resté stable, mais il est en deçà des standards de gouvernance démocratique, reflétant les obstacles persistants à la participation citoyenne et à la transparence.
  2. Qualité de la réglementation : Le Liban occupe la 182e place mondiale et la 15e régionale, avec une légère amélioration de son classement global, mais une stagnation au niveau régional. Avec un score de -1,01, cet indicateur mesure la capacité du gouvernement à adopter des lois favorables au développement du secteur privé. Bien que le Liban ait devancé certains pays comme l’Irak et le Soudan, il reste en arrière en termes de qualité réglementaire, ce qui décourage les investissements étrangers et l’essor des entreprises locales.
  3. État de droit : Le Liban est classé 185e mondialement et 15e dans la région, avec un score de -1,17. Cet indicateur évalue la confiance dans les lois et la probabilité que les citoyens respectent les règles en vigueur. La stabilité de cet indicateur, malgré un classement médiocre, reflète les problèmes persistants de sécurité juridique et d’application des lois.
  4. Contrôle de la corruption : Le pays est classé 190e mondialement et 15e dans le monde arabe, avec un recul de sept places par rapport à l’année précédente et un score de -1,23. La perception de la corruption au Liban demeure élevée, affectant la confiance des citoyens envers l’administration et réduisant l’efficacité des services publics. Ce problème, couplé aux accusations de mauvaise gestion des ressources, continue d’affaiblir la gouvernance.
  5. Stabilité politique : Le Liban se classe au 192e rang mondial, avec un score de -1,52, et 16e dans le monde arabe. La forte instabilité politique du pays, exacerbée par les conflits internes et les tensions régionales, est l’un des principaux facteurs freinant son développement et contribuant à l’incertitude économique. Cette situation décourage les investissements et accentue la fuite des cerveaux, avec des professionnels qualifiés cherchant des opportunités ailleurs.
  6. Efficacité gouvernementale : Enfin, l’indicateur d’efficacité gouvernementale, où le Liban est au 200e rang mondial, confirme la gravité des problèmes d’administration et de gouvernance publique. Avec un score de -1,58, le Liban montre un déficit de compétence dans la gestion publique et une faiblesse dans la mise en œuvre des politiques, entravant le développement et la prestation des services publics essentiels.

Comparaison régionale et mondiale

Au niveau régional, le Liban surpasse certains pays en termes de gouvernance, tels que la Syrie, le Yémen et le Soudan, mais reste bien en dessous des pays du Golfe comme les Émirats arabes unis, le Qatar et l’Arabie saoudite, qui se classent parmi les plus efficaces au niveau mondial. À l’échelle internationale, plus de 94 % des pays et territoires affichent une gouvernance plus efficace que celle du Liban, soulignant l’ampleur des réformes nécessaires pour améliorer la performance de l’État.

Implications pour l’économie et la société

La mauvaise gouvernance a des répercussions directes sur l’économie et la société libanaise. L’incapacité à contrôler la corruption, couplée à l’inefficacité des services publics, mine la confiance des citoyens dans les institutions et limite l’attraction d’investissements étrangers, indispensables à la relance économique. De plus, l’instabilité politique et l’inefficacité de l’État affaiblissent le secteur privé, principal moteur de l’économie, et réduisent les opportunités d’emploi, exacerbant ainsi les tensions sociales et l’émigration des talents.

La faible qualité de la réglementation et l’absence d’un environnement juridique fiable freinent également le développement des entreprises locales, et rendent difficile pour les entrepreneurs d’opérer dans un cadre stable et prévisible. La perception de corruption et de népotisme dans l’administration publique aggrave ces difficultés, limitant les possibilités d’un redressement économique durable.

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Newsdesk Libnanews
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