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Le patriarche Béchara Raï évoque la présidentielle au Liban avec Macron

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Le Liban, plongé dans une crise institutionnelle depuis la fin du mandat du président Michel Aoun en octobre 2022, fait face à un nouveau rendez-vous crucial avec l’élection présidentielle prévue pour le 9 janvier. Sur fond de tensions politiques exacerbées, le patriarche maronite Béchara Raï, en déplacement à Paris, a profité de la réouverture de la cathédrale Notre-Dame pour discuter de la situation avec des figures influentes, dont le président français Emmanuel Macron.

Lors de cet événement marquant pour la capitale française, Béchara Raï a échangé brièvement avec Emmanuel Macron sur l’impasse politique qui paralyse son pays. Macron, connu pour son intérêt constant pour le Liban, a réitéré son soutien à cette nation profondément éprouvée. Selon Raï, le président français a exprimé sa volonté de contribuer à résoudre la crise présidentielle, affirmant que « le Liban est et restera dans son cœur ». Ces propos s’inscrivent dans une longue tradition de relations privilégiées entre la France et le pays du Cèdre, relations qui se sont intensifiées à la suite de l’explosion dévastatrice du port de Beyrouth en 2020.

Une élection présidentielle sous tension

Depuis la fin du mandat de Michel Aoun, le Liban est sans président, un vide institutionnel qui fragilise davantage une nation déjà minée par une crise économique sans précédent. Les deux principaux blocs politiques, représentés par le Hezbollah et ses alliés d’un côté, et par ses opposants de l’autre, n’ont pas réussi à dégager une majorité permettant de désigner un chef d’État. Cette paralysie est d’autant plus préoccupante que le pays a besoin d’une direction politique claire pour amorcer des réformes structurelles et sortir de l’impasse.

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Béchara Raï, interrogé par des journalistes à Paris, a exprimé un certain optimisme quant à la possibilité que la session parlementaire du 9 janvier soit fructueuse. Bien que l’Église maronite ne soutienne aucun candidat officiel, Raï a tenu à souligner qu’il connaît bien les prétendants en lice et qu’ils sont tous compétents. Toutefois, il a reconnu avoir échoué dans sa tentative de rassembler les principaux leaders politiques, y compris les dirigeants chrétiens, autour d’une table de dialogue. Selon lui, les ambitions personnelles des responsables libanais restent un obstacle majeur à tout compromis.

Appel à un renouveau politique

Le patriarche maronite n’a pas mâché ses mots en appelant les dirigeants libanais à mettre de côté leurs intérêts personnels pour privilégier l’intérêt général. « Les dirigeants doivent apprendre à parler la langue du peuple libanais », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que les citoyens aspirent avant tout à vivre dans la paix et la stabilité. Cet appel résonne particulièrement dans un contexte où la population subit de plein fouet les conséquences de l’effondrement économique, de l’hyperinflation et des pénuries généralisées.

Raï a également évoqué l’histoire récente du Liban, rappelant l’élan de solidarité manifesté par les chrétiens envers les déplacés lors des conflits passés, notamment pendant la guerre menée par Israël contre le Liban. À ses yeux, les désaccords qui déchirent le pays ne concernent pas le peuple libanais lui-même, mais plutôt ses élites politiques, souvent perçues comme déconnectées des réalités de la population.

Le rôle controversé du Hezbollah

Un autre point clé soulevé par Béchara Raï concerne le rôle du Hezbollah, organisation politico-militaire chiite soutenue par l’Iran. Le patriarche a appelé le mouvement à cesser de prendre des décisions concernant la guerre et la paix de manière unilatérale, affirmant que ces questions doivent être tranchées par l’ensemble des Libanais. Son appel à un cessez-le-feu permanent reflète une volonté de normaliser la situation au Liban, qui reste fragile sur le plan sécuritaire.

Le rôle du Hezbollah dans le blocage de la présidentielle est également un sujet de préoccupation majeur. Certains analystes estiment que l’organisation utilise son influence pour empêcher l’émergence d’un consensus autour d’un candidat qui ne lui serait pas favorable. Cette posture renforce les divisions entre les différents camps politiques et complique encore davantage la tâche du Parlement.

Un soutien international en demi-teinte

Lors de son séjour à Paris, Béchara Raï a également rencontré Massad Boulos, conseiller principal de Donald Trump pour les affaires arabes et moyen-orientales. Bien que Boulos ait exprimé son intention de visiter le Liban, aucune date n’a été avancée pour cette visite, laissant planer une incertitude sur l’implication des États-Unis dans la résolution de la crise libanaise.

Ce contraste entre l’engagement affiché par Emmanuel Macron et la discrétion américaine reflète des approches différentes de la crise libanaise. Alors que la France privilégie une implication directe et visible, les États-Unis semblent adopter une attitude plus prudente, centrée sur la surveillance de l’influence iranienne dans la région.

Vers une sortie de crise ?

Malgré les défis, Béchara Raï a tenu à rassurer les Libanais, affirmant que le pays est « en route vers la paix ». Cet optimisme contraste avec la gravité de la situation sur le terrain, où les institutions publiques sont dysfonctionnelles et où la confiance envers la classe politique est au plus bas.

L’élection présidentielle du 9 janvier constitue une étape cruciale pour déterminer si le Liban peut surmonter ses divisions internes et entamer un processus de redressement. Le patriarche Raï, en tant que figure morale influente, continue de jouer un rôle de médiateur dans une société marquée par des fractures profondes. Cependant, le succès de ses efforts dépendra largement de la capacité des dirigeants libanais à dépasser leurs clivages et à œuvrer pour le bien commun.

Alors que l’année 2024 commence, le Liban se trouve à un carrefour décisif. La communauté internationale, emmenée par la France, reste attentive à l’évolution de la situation, consciente des répercussions potentielles d’un échec sur la stabilité de toute la région. Pour les Libanais, l’espoir d’un avenir meilleur repose désormais sur la concrétisation de ce processus électoral et sur la mise en place d’un leadership capable de répondre aux aspirations du peuple.

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Newsdesk Libnanews
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