La situation au Liban reste extrêmement volatile en raison de l’escalade des tensions entre le Hezbollah et Israël. Le conflit, qui a éclaté dans un contexte de guerre régionale élargie, voit le sud du Liban, notamment les régions frontalières, devenir un théâtre de violence intense. Les raids aériens israéliens ont frappé à plusieurs reprises des cibles stratégiques dans des villes du sud du Liban, comme Nabatieh, Maroun al-Ras, et Bint Jbeil, causant des destructions massives et faisant des dizaines de victimes civiles.
Contexte et Tensions Régionales
Depuis le début du mois d’octobre 2024, le sud du Liban est plongé dans un cycle continu de violences. Les tensions entre le Hezbollah et Israël, exacerbées par les attaques transfrontalières, ont conduit à des frappes israéliennes sur des positions du Hezbollah et sur des infrastructures civiles. Le Hezbollah, de son côté, riposte par des tirs de roquettes massifs vers Israël, ciblant des villes comme Kiryat Shmona et Nahariya.
Israël, utilisant son aviation, ses drones et son artillerie, a frappé des cibles civiles et militaires dans tout le sud du Liban, allant jusqu’à atteindre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. Ces frappes ont visé des bâtiments résidentiels, des hôpitaux et des infrastructures essentielles, comme les routes principales et les lignes d’approvisionnement. Parmi les cibles notables, le centre de commandement présumé du Hezbollah à Dahiyeh, dans la banlieue sud de Beyrouth, a été lourdement bombardé.
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Le Rôle de l’Iran et des Alliés
L’Iran joue un rôle clé dans le soutien au Hezbollah, soulignant son alignement stratégique avec le Liban contre Israël. Abbas Araghchi, le ministre iranien des Affaires étrangères, a réaffirmé, lors de sa visite à Beyrouth, le soutien indéfectible de Téhéran à la « Résistance islamique », tout en dénonçant les frappes israéliennes comme des violations flagrantes des droits des Libanais. Il a également annoncé une campagne diplomatique pour exiger un cessez-le-feu immédiat, tout en avertissant que tout acte israélien contre les intérêts iraniens entraînerait des représailles proportionnelles.
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a également prononcé un discours lors de la prière du vendredi à Téhéran, qualifiant les attaques du Hezbollah et de Hamas de « défense légitime » contre l’occupation israélienne. Khamenei a appelé à une unité renforcée entre les mouvements de résistance en Palestine et au Liban, soulignant que les attaques contre Israël « étaient légales selon le droit international. »
Le Hezbollah et les Ripostes
Le Hezbollah continue de bombarder les positions israéliennes, notamment avec des tirs de roquettes et des frappes de missiles lourds. Des salves de roquettes ont été tirées sur des colonies israéliennes, causant d’importants dommages matériels. Selon les médias israéliens, plus de 100 roquettes ont été lancées depuis le Liban en une seule journée, touchant plusieurs localités du nord d’Israël. Le Hezbollah a aussi revendiqué des attaques contre des véhicules et des positions militaires israéliennes, comme à Sa’sa où un missile « Burkan » a visé un rassemblement de soldats israéliens.
L’intensité des bombardements a également paralysé plusieurs régions du Liban. À Nabatieh et à Baalbek, les frappes israéliennes ont endommagé des infrastructures civiles, coupant l’accès aux routes et mettant les hôpitaux hors service. Plusieurs ambulanciers ont été tués lors des frappes contre un centre médical dans le sud, aggravant une situation humanitaire déjà catastrophique.
Situation Humanitaire
Le Liban fait face à une crise humanitaire de plus en plus grave. Des milliers de civils ont été déplacés à l’intérieur du pays, cherchant refuge dans des abris de fortune. Le nombre de personnes déplacées a dépassé les 13 000 dans le nord du Liban, tandis que la capacité des hôpitaux, déjà fortement affaiblie par la crise économique et la pénurie de médicaments, est débordée par l’afflux de blessés.
Les infrastructures de base sont gravement endommagées, et plusieurs hôpitaux dans le sud du Liban ont cessé de fonctionner. La situation est particulièrement critique à l’hôpital de Tebnin et dans plusieurs centres de santé dans la région de Marjayoun, où les frappes israéliennes ont directement touché des bâtiments médicaux.
L’accès à l’aide humanitaire est devenu presque impossible dans certaines zones. Le gouvernement libanais, sous la pression des forces internationales, a tenté d’établir des corridors humanitaires pour permettre l’évacuation des blessés et l’acheminement de l’aide. Cependant, les bombardements israéliens constants rendent ces efforts extrêmement difficiles.
Diplomatie et Efforts de Paix
Sur le plan diplomatique, plusieurs puissances internationales, dont l’Iran et la France, ont intensifié leurs efforts pour négocier un cessez-le-feu. Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a multiplié les contacts avec ses homologues internationaux, appelant à une cessation immédiate des hostilités et à la mise en œuvre complète de la Résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette résolution, adoptée en 2006 après la guerre entre Israël et le Hezbollah, appelle au retrait des forces israéliennes du sud du Liban et à la création d’une zone démilitarisée sous la surveillance de la FINUL.
Toutefois, les perspectives de paix semblent lointaines, car Israël continue de mener des opérations militaires pour détruire les infrastructures du Hezbollah dans le sud du Liban. L’armée israélienne a récemment annoncé avoir frappé plus de 2 000 cibles liées au Hezbollah depuis le début de son offensive terrestre. Selon le ministre israélien de la Défense, Yoav Galant, Israël est déterminé à poursuivre ses opérations jusqu’à l’élimination totale de la menace du Hezbollah à sa frontière nord.



