La nuit du 4 octobre 2024, aux alentours de minuit, a marqué un tournant inquiétant dans l’escalade militaire entre Israël et le Hezbollah au Liban. Cette nuit-là, une série de frappes aériennes israéliennes ont secoué la banlieue sud de Beyrouth, fief historique du Hezbollah, et visé plus particulièrement Hashem Safieddine, l’homme pressenti pour succéder à Hassan Nasrallah à la tête du mouvement chiite. Selon des sources israéliennes, Safieddine était la cible d’une tentative d’assassinat orchestrée lors d’une réunion secrète de hauts responsables du Hezbollah.
Vers 00h32, une première frappe a touché un bâtiment stratégique dans le quartier de Haret Hreik, une zone habituellement protégée. Peu après, vers 00h45, d’autres frappes ont suivi, notamment dans la zone de Chiyah et sur la route de Hadi Nasrallah. Selon les sources militaires israéliennes, ces frappes ont été réalisées avec des bombes perforantes de type GBU, capables de pénétrer les abris souterrains. Safieddine aurait été pris pour cible lors d’une réunion cruciale avec d’autres cadres du Hezbollah, profondément enfouis dans des bunkers. Cependant, les rapports restent contradictoires quant à son sort exact. Certains médias israéliens, tels que la chaîne 14, ont affirmé que Safieddine se trouvait dans l’un des abris souterrains les plus profonds de la région, potentiellement à l’abri des attaques aériennes.
Les frappes israéliennes, d’une violence sans précédent, ont provoqué une onde de choc à travers la capitale libanaise. Entre 00h50 et 01h10, une série d’au moins sept frappes successives ont touché plusieurs bâtiments dans la banlieue sud, entraînant la destruction complète de plusieurs immeubles. Selon des témoins sur place, les frappes étaient si intenses que les structures se sont effondrées instantanément, piégeant des civils sous les décombres. Les secours, qui ont tenté d’intervenir dès 01h20, ont été confrontés à d’énormes difficultés pour atteindre les zones touchées, notamment en raison des incendies qui se sont déclarés dans les bâtiments détruits.
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
Une riposte immédiate et violente du Hezbollah
Suite à cette tentative d’assassinat, la riposte du Hezbollah ne s’est pas fait attendre. Aux alentours de 02h30, des tirs de roquettes ont été déclenchés depuis le sud du Liban en direction de plusieurs cibles israéliennes dans le nord du pays. Les régions de Haïfa, Nahariya, Acre et même la Galilée ont été touchées, entraînant l’activation des sirènes d’alerte aux alentours de 03h07. Selon les médias israéliens, plus de 25 roquettes et plusieurs drones ont été lancés depuis le Liban en direction de ces zones. La défense israélienne, bien que partiellement efficace, n’a pas pu intercepter tous les projectiles. Certaines roquettes ont atteint des zones habitées, provoquant des explosions qui ont retenti jusqu’à 04h00 dans des localités proches de Haïfa.
Entre 04h00 et 04h36, les affrontements se sont intensifiés à la frontière sud du Liban, notamment sur l’axe Kafr Kila et Maroun al-Ras, où les forces du Hezbollah ont revendiqué la destruction de plusieurs positions israéliennes. Ces affrontements se sont poursuivis jusqu’à 05h23, lorsque des rapports ont émergé sur de lourdes pertes dans les rangs des troupes israéliennes, en particulier dans les unités d’élite engagées sur le terrain. Le Hezbollah a affirmé avoir tendu des embuscades meurtrières à ces troupes, causant des dizaines de victimes israéliennes. Des informations non confirmées font état de plus de 17 morts parmi les soldats israéliens, selon des sources proches du Hezbollah.
Les frappes israéliennes se multiplient : un bilan humain et matériel désastreux
Les bombardements israéliens, loin de se limiter à la banlieue sud de Beyrouth, ont également touché de nombreuses autres régions du Liban. Dès 04h48, des frappes ont été signalées dans la vallée de la Bekaa, près du passage frontalier de Masnaa, coupant la route principale reliant le Liban à la Syrie. Cette coupure a non seulement entravé le commerce transfrontalier, mais a également bloqué l’accès à de nombreux civils cherchant à fuir les zones de conflit vers des zones plus sûres en Syrie. Vers 05h00, de nouvelles frappes ont été signalées dans la région de Nabatieh, dans le sud du Liban, et à Baalbek, provoquant la mort de plusieurs civils.
Le bilan humain s’alourdit au fil des heures. Selon un rapport du ministère libanais de la Santé à 07h00, les raids israéliens ont fait 37 morts et 151 blessés au cours des dernières 24 heures. Parmi les victimes figurent des femmes, des enfants et des membres du personnel de secours, incapables de rejoindre les zones les plus gravement touchées en raison de la persistance des frappes. Le nombre de morts pourrait encore augmenter alors que les efforts de secours continuent, malgré les bombardements continus. À 07h12, des frappes ont à nouveau touché des zones proches de la frontière, notamment dans les villages de Khiam et Kfarchouba.
Dans la matinée, aux alentours de 08h00, une frappe israélienne a touché le passage de Masnaa une seconde fois, intensifiant l’isolement du Liban. D’autres frappes aériennes ont continué de s’abattre sur la banlieue sud de Beyrouth et sur des villages du sud comme Maroun al-Ras, Iqlim al-Tuffah et Wadi al-Saluqi.
Un contexte économique et politique de plus en plus fragile
Sur le plan politique, le Liban fait face à un effondrement sans précédent. Les tensions croissantes entre Israël et le Hezbollah surviennent alors que le pays est plongé dans une crise économique grave, exacerbée par la paralysie institutionnelle. Le Premier ministre intérimaire Najib Mikati a appelé, vers 09h00, à un dialogue national pour tenter de désamorcer la crise, mais ses appels peinent à trouver un écho. Le climat politique est marqué par des divisions profondes entre les factions pro-Hezbollah, soutenues par l’Iran, et celles qui cherchent à s’éloigner de cette influence. Les initiatives pour élire un nouveau président se sont révélées infructueuses, laissant le pays sans chef de l’État depuis des mois.
L’économie libanaise, quant à elle, continue de s’effondrer. Les frappes israéliennes sur des infrastructures critiques, telles que les routes et les points de passage frontaliers, compliquent encore davantage la situation économique. Avec une inflation galopante et une monnaie qui ne cesse de perdre de sa valeur, le quotidien des Libanais est devenu insoutenable. L’escalade militaire actuelle pourrait anéantir les faibles espoirs de relance économique et plonger le pays dans une crise humanitaire encore plus grave.
Le rôle de l’Iran dans cette nouvelle phase de conflit
L’implication de l’Iran, soutien majeur du Hezbollah, est un élément clé dans cette escalade. Le ministre iranien des Affaires étrangères est attendu à Beyrouth aujourd’hui, dans un contexte d’intensification des hostilités. Sa visite vise à réaffirmer l’engagement de Téhéran envers ses alliés libanais. L’Iran continue de jouer un rôle stratégique majeur dans le soutien au Hezbollah, et les frappes israéliennes semblent également cibler des infrastructures soupçonnées de servir les intérêts iraniens au Liban.
Les frappes israéliennes, qui visaient non seulement le Hezbollah mais également les infrastructures supposées abriter des intérêts iraniens, témoignent de l’élargissement du conflit à une dimension régionale. Certains rapports indiquent que des drones iraniens auraient été utilisés par des milices chiites en Irak pour attaquer des cibles israéliennes. Pendant ce temps, Israël continue de renforcer ses positions militaires le long de sa frontière avec le Liban, préparant potentiellement une offensive terrestre plus large.



