Les chiffres publiés par le Port de Beyrouth révèlent que le port a traité 2,2 millions de tonnes de fret au cours des cinq premiers mois de 2024, ce qui représente une augmentation de 4,6% par rapport aux 2,11 millions de tonnes traitées durant la même période en 2023. Le fret importé a totalisé 1,87 million de tonnes au cours de la période couverte, en hausse de 6% par rapport aux 1,77 million de tonnes des cinq premiers mois de 2023, représentant 84,8% du fret total traité. En revanche, le volume de fret exporté a atteint 334 000 tonnes durant les cinq premiers mois de 2024, représentant une diminution de 2,3% par rapport aux 342 000 tonnes de la même période en 2023 et constituant 15,2%du fret total. Un total de 632 navires a accosté au port au cours des cinq premiers mois de 2024, soit une hausse de 23,2% par rapport aux 513 navires de la même période de l’année précédente.
En mai 2024, le port a géré 542 000 tonnes de fret, soit une augmentation de 49,7% par rapport aux 362 000 tonnesd’avril 2024. De plus, 117 navires ont accosté au port en mai 2024 contre 132 navires le mois précédent.
Les contrastes avec le Port de Tripoli et les implications économiques
En parallèle, le Port de Tripoli a traité 1,15 million de tonnes de fret au cours des cinq premiers mois de 2024, ce qui représente une baisse de 440 000 tonnes (-27,8%) par rapport aux 1,6 million de tonnes traitées durant la même période en 2023. Le fret importé a atteint 626 000 tonnes durant la période couverte, en légère diminution de 4 000 tonnes (-0,6%) par rapport aux 630 000 tonnes des cinq premiers mois de 2023, les importations représentant 54,8%de l’activité de fret du port. En parallèle, le volume de fret exporté via le port a atteint 517 000 tonnes au cours des cinq premiers mois de 2024, soit une baisse de 436 000 tonnes (-45,8%) par rapport aux 953 000 tonnes de la même période en 2023, représentant 45,2% du fret total traité. Un total de 329 navires a accosté au port de Tripoli au cours des cinq premiers mois de 2024, marquant une légère augmentation de 1,5% par rapport aux 324 navires de la même période en 2023.
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En mai 2024, le port de Tripoli a traité 326 000 tonnes de fret, en hausse de 34,7% par rapport aux 242 000 tonnesd’avril 2024. De plus, 79 navires ont accosté au port en mai 2024 contre 59 navires en avril 2024.
Un paysage portuaire en mutation face à des défis persistants
Les données fournies sur l’activité des ports de Beyrouth et de Tripoli en 2024 mettent en lumière des dynamiques contrastées qui révèlent des enjeux économiques importants. Le Port de Beyrouth montre une résilience notable avec une augmentation du fret total traité et une hausse significative du nombre de navires accostant, ce qui pourrait être interprété comme un signe positif de reprise économique dans un contexte national difficile. Cependant, cette apparente résilience doit être tempérée par le fait que l’augmentation du fret importé peut également signaler une dépendance accrue aux biens importés, ce qui n’est pas forcément un bon signe pour une économie en crise. La diminution des exportations est préoccupante, car elle souligne les difficultés continues des secteurs producteurs locaux à accéder aux marchés internationaux.
En revanche, le Port de Tripoli affiche des performances beaucoup plus préoccupantes, avec une baisse significative du fret total traité, tant pour les importations que pour les exportations. Cette situation pourrait être symptomatique d’un ralentissement économique régional, d’une perte de compétitivité par rapport au Port de Beyrouth avec la reprise de cette installation suite à l’explosion de 2020, ou encore des conséquences d’une mauvaise gestion ou d’une infrastructure insuffisante.
Ces chiffres soulignent la nécessité pour le Liban de réévaluer sa stratégie portuaire et économique, en particulier dans un contexte où la stabilité des infrastructures logistiques est cruciale pour la relance de l’économie. Les autorités doivent envisager des mesures pour soutenir les ports régionaux comme Tripoli, afin de décongestionner Beyrouth et de répartir plus équitablement les activités économiques dans tout le pays. À long terme, un équilibre plus robuste entre importations et exportations, soutenu par une politique industrielle dynamique, est indispensable pour sortir le Liban de la crise économique persistante.



