5 octobre 2026
Actualité, Information, Analyses, découverte du Patrimoine et de la Culture Libanaise, tout cela est possible sur Libnanews, le Média Citoyen du Liban
Toutes nos rubriques

Economie

L’économie du cash : le Liban a-t-il créé un système financier parallèle impossible à refermer ?

Au Liban, le cash devait permettre de survivre à l’effondrement bancaire. Il est devenu un véritable système financier parallèle. Dollars frais, espèces et circuits directs maintiennent l’économie, mais compliquent désormais le retour des dépôts et du crédit. Même restructurées, les banques devront convaincre les Libanais de leur refaire confiance durablement.

Le cash devait être une solution d’urgence. Il est devenu une infrastructure. Après l’effondrement bancaire, les Libanais ont appris à recevoir leurs revenus en dollars frais, à conserver davantage de billets, à régler directement fournisseurs et commerçants et à distinguer soigneusement l’argent nouvellement entré dans le système des anciens dépôts. Cette adaptation a permis à une partie considérable de l’économie de continuer à fonctionner alors que les banques ne remplissaient plus normalement leur rôle. Plusieurs années plus tard, elle pose cependant un problème inverse : le système conçu pour survivre sans les banques est devenu suffisamment efficace pour que le retour vers les banques ne puisse plus être considéré comme automatique.

C’est l’un des défis les plus complexes qui attend désormais le gouvernement de Nawaf Salam et la Banque du Liban dirigée par Karim Souaid. Le Liban peut restructurer son secteur bancaire, régler progressivement la question des pertes, renforcer les contrôles et reprendre les négociations avec le Fonds monétaire international. Il peut aussi favoriser les cartes et les moyens de paiement électroniques afin de réduire la circulation des espèces. Mais aucune de ces mesures ne répond, à elle seule, à la question centrale : pourquoi un Libanais qui a appris à fonctionner sans laisser son argent à la banque déciderait-il de l’y remettre ? Le problème dépasse désormais les bilans. Il touche à une transformation profonde du comportement économique.

Le cash n’a pas remplacé l’argent : il a remplacé une partie de la banque

La crise n’a pas empêché les dollars d’entrer au Liban. Les expatriés ont continué à soutenir leurs familles, les entreprises ont continué à commercer et les ménages à consommer. Ce qui a changé est le chemin emprunté par l’argent. Une part importante des flux s’est organisée autour des dollars frais, des espèces et de mécanismes permettant au bénéficiaire de disposer immédiatement de ses fonds. L’économie a ainsi construit un système de contournement qui répondait à une priorité devenue absolue : ne plus risquer de perdre l’accès à son propre argent.

L’ampleur prise très tôt par cette économie permet de mesurer la profondeur du phénomène. Une estimation portant sur 2022 évaluait à environ 9,9 milliards de dollars l’économie dollarisée fonctionnant en espèces, soit 45,7 % du produit intérieur brut de l’époque. Ce chiffre est ancien et ne permet pas de mesurer directement la situation de 2026. Il montre toutefois qu’à peine quelques années après le début de la crise, le cash ne représentait déjà plus un phénomène marginal. Il était devenu l’un des piliers du fonctionnement économique.

Le changement le plus profond est psychologique. Avant la crise, un dollar déposé dans une banque et un billet d’un dollar étaient perçus comme deux formes presque parfaitement interchangeables de la même richesse. L’expérience des restrictions a brisé cette équivalence dans l’esprit de nombreux épargnants. Le billet est immédiatement disponible. Le dépôt est une créance sur une institution. Cette différence existait évidemment avant 2019, mais elle paraissait théorique. L’effondrement l’a transformée en expérience collective.

L’accessibilité de l’argent est devenue un rendement

Avant la crise, le choix de déposer de l’argent dans une banque reposait sur une logique évidente. Le client obtenait la sécurité physique de ses fonds, des moyens de paiement, des virements, parfois une rémunération et éventuellement l’accès au crédit. Conserver des sommes importantes en espèces avait peu d’avantages face à cette combinaison de services. Le calcul s’est inversé lorsque les déposants ont découvert qu’un solde bancaire pouvait continuer à apparaître sur un relevé tout en cessant d’être librement disponible.

Depuis, le détenteur de cash accepte certains coûts en échange d’une garantie devenue essentielle. Ses billets ne produisent aucun intérêt. Ils doivent être protégés contre le vol et peuvent être difficiles à utiliser pour certaines transactions importantes. Mais leur propriétaire sait qu’il peut les prendre immédiatement. Cette disponibilité possède désormais une valeur économique propre. Elle fonctionne presque comme un rendement invisible : l’épargnant renonce à gagner davantage pour conserver la maîtrise totale de son argent.

Cette transformation complique considérablement la reconstruction du secteur bancaire. Même si une banque propose demain un produit rémunéré, le client ne comparera plus simplement son taux d’intérêt avec celui d’un concurrent. Il demandera d’abord s’il pourra récupérer la totalité de son argent quand il le souhaite. Le rendement n’arrivera qu’ensuite. Les banques devront donc vendre quelque chose qu’elles n’avaient presque jamais besoin de vendre auparavant : la crédibilité de la promesse de restitution.

Réparer les bilans ne suffira pas à faire revenir les dollars

Le gouvernement peut adopter les meilleures règles prudentielles possibles et la Banque du Liban peut renforcer considérablement sa surveillance sans provoquer immédiatement le retour de l’épargne. La restructuration répond à un problème institutionnel ; la confiance répond à une expérience vécue. Les deux sont liées, mais elles n’avancent pas nécessairement au même rythme. Une loi peut être adoptée en quelques semaines. Modifier le comportement de millions de personnes peut prendre des années.

Le véritable test interviendra après la réforme. Un client déposera peut-être une petite somme et observera ce qui se passe. Il vérifiera s’il peut la retirer librement. Il regardera le traitement réservé aux autres déposants. Il suivra les éventuelles modifications réglementaires. Ce n’est qu’après une accumulation d’expériences normales que le montant qu’il accepte de laisser dans le système pourra augmenter. La confiance ne reviendra donc probablement pas sous la forme d’un grand mouvement collectif. Elle devra être reconstruite transaction après transaction.

Cette question donne une importance supplémentaire au règlement des anciens dépôts. Demander aux Libanais de faire confiance au nouveau système tout en laissant sans solution claire l’argent immobilisé dans l’ancien créerait une contradiction difficilement défendable. La restructuration des banques et le traitement du trou financier ne servent donc pas seulement à solder le passé. Ils déterminent la crédibilité de tout ce qui doit venir après.

Le paradoxe libanais : beaucoup de dollars, mais peu de crédit

L’économie du cash permet de comprendre un paradoxe souvent mal perçu. Un pays peut disposer d’importantes quantités de dollars et souffrir simultanément d’un manque de financement. La présence physique de billets ne signifie pas que cette épargne est disponible pour financer des entreprises, des logements ou des infrastructures. Pour cela, il faut un intermédiaire capable de collecter l’argent, d’évaluer les risques et de le transformer en prêts.

Prenons un exemple simple. Dix mille personnes qui conserveraient chacune 50 000 dollars disposeraient collectivement de 500 millions de dollars. Cette richesse existe. Mais si elle reste dispersée dans des coffres, des maisons ou des caisses commerciales, elle ne devient pas spontanément un prêt de dix ans permettant de construire une usine ou un ensemble résidentiel. Le cash permet de payer une transaction aujourd’hui ; il ne crée pas automatiquement le financement nécessaire à un investissement qui produira ses revenus dans plusieurs années.

Le marché immobilier fournit une illustration concrète de cette rupture. Des achats continuent à être réalisés par des personnes disposant de dollars frais, de patrimoine ou de revenus provenant de l’étranger. En revanche, une partie importante des ménages ne peut plus transformer vingt années de revenus futurs en capacité d’achat immédiate grâce à un crédit immobilier classique. Le marché dispose donc encore d’argent, mais beaucoup moins de mécanismes permettant de le mobiliser au bénéfice de ceux qui ne possèdent pas déjà le capital.

C’est là que l’économie du cash révèle sa limite. Elle est extraordinairement efficace pour maintenir les échanges. Elle l’est beaucoup moins pour financer la croissance.

Le billet dans le tiroir ne finance pas l’entreprise d’à côté

Le problème dépasse le logement. Une économie moderne a besoin de crédit pour permettre à une entreprise d’acheter une machine avant d’avoir réalisé les revenus qu’elle générera, à un entrepreneur d’ouvrir un établissement avant que ses premiers clients n’arrivent ou à un agriculteur de financer une saison avant la récolte. Sans intermédiaire financier capable de prendre ce risque, l’investissement dépend beaucoup plus fortement de la fortune personnelle.

Cette situation favorise mécaniquement ceux qui possèdent déjà du capital. Une entreprise familiale disposant de plusieurs centaines de milliers de dollars peut investir sur fonds propres. Un entrepreneur présentant un excellent projet mais ne disposant pas du capital initial risque de rester bloqué. L’économie du cash peut ainsi maintenir l’activité tout en réduisant la mobilité économique.

À long terme, le coût est considérable. L’argent circule, mais il circule principalement pour régler des opérations immédiates. Il produit moins facilement l’effet multiplicateur associé à un système bancaire fonctionnel. L’épargne ne disparaît pas ; elle devient moins productive. Ce phénomène explique pourquoi la reconstruction bancaire concerne beaucoup plus que les banques elles-mêmes. Sans intermédiation, le pays risque de conserver une économie liquide mais sous-financée.

Les transferts de la diaspora alimentent l’économie sans nécessairement reconstruire les banques

La diaspora constitue l’une des principales sources de devises du pays. Ces transferts soutiennent la consommation, permettent à des familles de payer leurs dépenses et contribuent à maintenir l’activité. Mais la manière dont cet argent est utilisé détermine son effet sur le système financier. Si le bénéficiaire retire rapidement les fonds ou privilégie un circuit garantissant leur disponibilité immédiate, les dollars entrent bien dans l’économie sans rester suffisamment longtemps dans les banques pour servir de base à une nouvelle intermédiation.

Le Liban se trouve ainsi devant un problème inhabituel. Il n’a pas seulement besoin d’attirer des devises ; il doit convaincre leurs propriétaires de les laisser volontairement dans le système. La nuance est fondamentale. Forcer l’argent à entrer dans les banques ou rendre le cash artificiellement difficile à utiliser pourrait produire l’effet inverse de celui recherché. Les épargnants chercheraient de nouveaux moyens de contournement, précisément parce que la crise leur a appris à se méfier des contraintes.

La stratégie la plus crédible consiste donc à rendre la banque plus intéressante que le cash plutôt qu’à rendre le cash simplement plus pénible. Cela suppose une sécurité juridique, une disponibilité totale des nouveaux dépôts, des banques correctement capitalisées et une surveillance crédible de la Banque du Liban. Le client doit pouvoir conclure de lui-même qu’il perd davantage en conservant ses billets hors du système qu’en les déposant.

La carte bancaire ne résout pas le problème du coffre

La volonté de développer les paiements électroniques répond à une logique évidente. Les transactions numériques améliorent la traçabilité, réduisent les risques liés au transport d’espèces et facilitent la formalisation de l’économie. Elles peuvent aussi permettre une meilleure connaissance des flux et contribuer à réduire certaines formes de fraude. Mais utiliser davantage une carte ne signifie pas nécessairement faire davantage confiance aux banques.

Un consommateur peut conserver l’essentiel de son patrimoine en espèces et déposer uniquement ce dont il a besoin pour ses dépenses mensuelles. Il utilisera alors une carte au supermarché, paiera électroniquement ses factures et participera statistiquement à la progression des paiements numériques, sans pour autant remettre son épargne dans le système. Le Liban aurait ainsi réussi la bancarisation des paiements sans réussir la rebancarisation de l’épargne.

Cette distinction doit être au centre des politiques futures. La réduction du cash dans les transactions quotidiennes constitue un objectif. La reconstitution d’une base stable de dépôts en constitue un autre, beaucoup plus difficile. C’est cette seconde étape qui permettra éventuellement aux banques de recommencer à financer l’économie à grande échelle.

Le cash coûte cher, même lorsqu’il paraît gratuit

Conserver des billets donne l’impression d’éviter les frais bancaires et les risques institutionnels. Cette liberté possède pourtant plusieurs coûts. Les ménages et les entreprises doivent protéger physiquement leur argent. Les transports de liquidités deviennent plus importants. Les risques de vol augmentent. Les transactions importantes sont moins pratiques et certaines opérations internationales restent difficiles sans passer par le système financier.

Le coût collectif est encore plus élevé. Une économie dominée par les espèces est plus difficile à mesurer et à contrôler. Une partie de l’activité peut échapper plus facilement à la fiscalité. Les opérations suspectes sont plus difficiles à tracer. L’État dispose d’une image moins précise des revenus et des échanges, ce qui complique aussi bien la politique fiscale que la lutte contre le blanchiment.

Cette opacité explique l’importance prise par le sujet dans les relations avec les partenaires internationaux. Les États-Unis insistent sur la surveillance des réseaux financiers liés à l’Iran et au Hezbollah, ainsi que sur la lutte contre le blanchiment et les circuits considérés comme illicites. Mais l’intérêt libanais à formaliser davantage l’économie existe indépendamment de ces demandes. Une meilleure traçabilité facilite les relations avec les banques étrangères, protège les entreprises légitimes et contribue à restaurer la crédibilité du pays auprès des investisseurs.

Le gouvernement devra néanmoins éviter que cette réforme soit perçue uniquement à travers la confrontation américaine avec le Hezbollah. La réduction de l’économie informelle et le renforcement des contrôles sont des enjeux nationaux. Les présenter exclusivement comme une réponse à une pression étrangère risquerait de politiser une transformation dont l’ensemble de l’économie a besoin.

Le cash a désormais ses propres bénéficiaires

La défiance envers les banques n’explique pas à elle seule la persistance des espèces. Plusieurs années de fonctionnement ont créé des habitudes et des intérêts. Certains acteurs apprécient la discrétion des transactions en cash. Des activités informelles bénéficient d’une traçabilité réduite. Des entreprises ou des particuliers peuvent y trouver un avantage fiscal. Plus le système dure, plus il devient difficile de distinguer ce qui relève encore de la protection légitime contre le risque bancaire de ce qui relève d’un intérêt à maintenir l’opacité.

Cette évolution est classique lorsqu’une solution d’urgence devient permanente. Au début de la crise, utiliser le cash pouvait être une réaction défensive. En 2026, le phénomène constitue une architecture économique complète. Il possède ses circuits, ses habitudes commerciales et ses bénéficiaires. Le réduire implique donc de convaincre les épargnants tout en affrontant ceux qui tirent profit de son manque de transparence.

C’est ce qui rend toute politique brutale particulièrement risquée. Si les autorités attaquent simultanément le cash sans avoir restauré la confiance bancaire, elles peuvent donner aux deux groupes une raison commune de résister : les épargnants craindront pour leur argent et les bénéficiaires de l’informalité défendront leurs intérêts. L’ordre des réformes devient donc aussi important que leur contenu.

Les anciennes banques portent un handicap que le capital ne suffira pas à effacer

Une question plus profonde apparaît derrière la restructuration : les Libanais accepteront-ils de confier leur nouvelle épargne aux institutions qu’ils associent à l’immobilisation de l’ancienne ? Le problème ne concerne plus seulement la solvabilité. Il touche à l’identité même des établissements et à la perception de leurs dirigeants et actionnaires.

Une banque peut être recapitalisée et respecter de nouveaux ratios. Elle peut changer sa gouvernance et être soumise à une surveillance beaucoup plus stricte. Mais si le client continue à l’identifier au dépôt auquel il n’a pas eu accès pendant des années, sa reconstruction commerciale restera difficile. La manière dont les banques participeront au règlement des anciennes pertes sera donc observée avec autant d’attention que leurs futurs bilans.

Cette réalité explique pourquoi certains appellent à l’arrivée de nouveaux établissements ou à une transformation beaucoup plus profonde du paysage bancaire. Créer de nouvelles banques ne réglerait évidemment pas le sort des anciens dépôts. Cela pourrait néanmoins répondre à une autre demande : disposer d’institutions qui ne portent pas directement le passif réputationnel de la crise. Le débat ne peut donc pas se limiter au nombre de banques qui survivront. Il concerne également le degré de rupture nécessaire avec l’ancien modèle.

Le vrai signe de normalisation sera le retour du prêt, pas celui de la carte

Le Liban pourra considérer que son système financier recommence réellement à fonctionner lorsque les banques seront capables de prêter durablement. Un virement international plus facile serait une amélioration. Une utilisation plus large des cartes aussi. Des comptes en dollars frais totalement disponibles sont indispensables. Mais ces services ne suffisent pas à recréer le rôle économique d’une banque.

Le véritable test sera ailleurs : une entreprise saine pourra-t-elle emprunter pour financer une machine sur plusieurs années ? Un jeune ménage solvable pourra-t-il acheter un logement sans disposer immédiatement de la totalité de son prix ? Un entrepreneur pourra-t-il transformer un projet crédible en investissement grâce à un crédit plutôt qu’à la seule fortune de sa famille ? Tant que la réponse restera largement négative, le pays disposera surtout d’un système de paiements amélioré, pas encore d’un système financier pleinement restauré.

Le retour du crédit exigera des banques recapitalisées, mais également une base de dépôts suffisamment stable. Les deux problèmes sont donc circulaires. Les Libanais hésitent à déposer parce qu’ils ne font pas confiance aux banques. Les banques peuvent difficilement prêter massivement sans dépôts stables. Et l’économie continue de fonctionner avec du cash parce que le crédit bancaire reste faible.

Briser ce cercle sera probablement beaucoup plus difficile que voter une loi.

Le Liban pourrait réussir son accord avec le FMI et conserver malgré tout une économie parallèle

C’est le scénario le plus intéressant, parce qu’il montre les limites d’une réforme uniquement institutionnelle. Imaginons que le gouvernement parvienne à un accord avec le Fonds monétaire international, que le trou financier soit enfin traité, que certaines banques soient recapitalisées et que les autres soient restructurées ou liquidées. Rien ne garantit que les Libanais remettront immédiatement les milliards conservés hors du système dans ces nouveaux établissements.

Ils pourraient continuer à utiliser les banques comme des prestataires de services tout en conservant ailleurs l’essentiel de leur patrimoine. Le compte servirait aux cartes, aux virements et aux dépenses. Le coffre, l’immobilier ou les actifs détenus à l’étranger conserveraient la fonction d’épargne. Une telle architecture serait plus stable que celle de la crise, mais elle limiterait encore fortement la capacité des banques à financer l’économie.

C’est pourquoi la reconstruction possède deux chantiers distincts. Le premier est visible : réparer les bilans, répartir les pertes, renforcer la supervision et négocier avec les institutions internationales. Le second est beaucoup plus difficile à mesurer : convaincre progressivement les citoyens que laisser leur argent dans une banque n’est plus un risque supérieur à celui de le conserver ailleurs.

Le cash a permis au Liban de survivre lorsque son système bancaire ne pouvait plus remplir normalement ses fonctions. Il a maintenu les échanges, soutenu la consommation et donné aux ménages une maîtrise immédiate de leurs ressources. Cette réussite de survie explique aujourd’hui la difficulté de revenir en arrière. Pour beaucoup de Libanais, le billet n’est plus seulement un moyen de paiement. Il est devenu une assurance contre le système financier lui-même.

· · · · · · · · · · ·

Newsdesk Libnanews

Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

Tous ses articles →

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *