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L’ESCWA alerte sur un choc économique arabe de 150 milliards de dollars en un mois

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La guerre régionale menace directement la croissance arabe

La Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale a mis en garde contre l’impact du conflit sur l’économie arabe, estimant les pertes à près de 150 milliards de dollars en un mois, selon une dépêche publiée jeudi par l’Agence nationale d’information. L’avertissement intervient alors que la guerre s’étend aux infrastructures énergétiques, aux routes maritimes et aux circuits d’approvisionnement, dans une région déjà fragilisée par les tensions géopolitiques et le ralentissement du commerce.

Cette alerte marque un changement d’échelle. Il n’est plus seulement question du coût direct des frappes, des destructions ou des perturbations locales. L’enjeu porte désormais sur l’ensemble du produit économique arabe, c’est-à-dire sur la capacité de la région à produire, exporter, investir et maintenir ses équilibres budgétaires dans un contexte d’instabilité prolongée.

L’énergie, premier canal de transmission de la crise

L’un des principaux vecteurs du choc économique reste le secteur de l’énergie. La guerre en cours a déjà provoqué une désorganisation profonde de la production et du transport dans le Golfe, avec des attaques contre des infrastructures pétrolières et gazières, ainsi qu’un blocage historique du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux. Reuters relevait jeudi que cette guerre a infligé une blessure durable au système énergétique régional et bouleversé les chaînes mondiales d’approvisionnement.  

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L’attaque iranienne contre des installations gazières au Qatar a encore aggravé cette dynamique. Doha a prévenu que les dégâts subis auraient de lourdes répercussions sur l’approvisionnement énergétique mondial, ce qui renforce mécaniquement la vulnérabilité des économies arabes les plus dépendantes des exportations d’hydrocarbures comme de celles qui subissent le renchérissement de l’énergie importée.  

Les banques du Golfe aussi sous pression

Le risque ne se limite pas au pétrole et au gaz. Les établissements financiers de la région commencent eux aussi à apparaître comme un maillon sensible. S&P Global Ratings a averti cette semaine que les banques du Golfe pourraient faire face à jusqu’à 307 milliards de dollars de retraits de dépôts si la guerre se prolonge ou s’aggrave. L’agence souligne qu’aucune fuite massive n’a encore été constatée, mais qu’un conflit plus long pourrait provoquer des sorties de capitaux et une recherche de sécurité au sein même des systèmes bancaires régionaux.  

Cette menace bancaire complète le tableau dressé par l’ESCWA. Une région touchée en même temps sur l’énergie, les transports, l’investissement et la finance voit mécaniquement sa croissance ralentir, son coût du crédit augmenter et sa marge budgétaire se réduire. Les pays les plus solides peuvent absorber une partie du choc. Les autres s’exposent plus vite à des tensions sur les devises, sur les dépenses publiques et sur les financements extérieurs.

Une région déjà ralentie avant même l’escalade actuelle

L’alerte intervient alors que les perspectives économiques arabes avaient déjà été revues à la baisse avant cette nouvelle phase de guerre. Dans ses projections publiées fin février, l’ESCWA anticipait certes un rebond progressif de l’économie arabe en 2026, avec une croissance de 3,7 %, mais sur fond de tensions géopolitiques croissantes et de pressions financières mondiales persistantes.  

L’an dernier déjà, la commission onusienne estimait que les guerres en Gaza, au Liban et le conflit au Soudan pesaient lourdement sur la trajectoire de croissance régionale, tout en signalant un chômage élevé et une pauvreté en progression dans plusieurs pays arabes. Elle relevait aussi que le Liban s’était contracté d’au moins 1,9 % en 2024.  

Le risque d’un choc durable sur le commerce et l’investissement

La mise en garde de l’ESCWA intervient dans un moment où la guerre ne menace plus seulement les zones de combat immédiates. Elle redessine déjà les flux de commerce, les coûts d’assurance, les choix d’investissement et les priorités budgétaires. Reuters notait jeudi que les pays du Golfe cherchent désormais à accélérer les alternatives au passage par Ormuz, tandis que les importateurs mondiaux réévaluent leurs stratégies de stockage et de diversification.  

Pour les économies arabes, le danger est double. Les pays exportateurs peuvent perdre une partie de leur production ou voir leurs installations devenir plus vulnérables. Les pays importateurs, eux, subissent la hausse des prix, les ruptures de flux et l’affaiblissement de leur activité. Entre les deux, le commerce régional ralentit, les projets d’investissement sont reportés et le coût du risque grimpe.

Un avertissement sur l’ensemble de la région

L’estimation de 150 milliards de dollars de pertes en un mois place d’emblée le conflit actuel à un niveau macroéconomique majeur. Elle suggère que la guerre n’est plus seulement une crise militaire ou diplomatique. Elle devient un choc systémique pour l’économie arabe dans son ensemble, du Golfe au Levant, en passant par les pays les plus exposés aux importations énergétiques et aux perturbations logistiques.

À travers cet avertissement, l’ESCWA met en lumière une réalité plus large. La région n’affronte pas seulement des destructions visibles. Elle affronte aussi une détérioration rapide de ses conditions de croissance, de financement et de stabilité, au moment même où plusieurs économies arabes restaient encore engagées dans des trajectoires de reprise fragiles.

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Newsdesk Libnanews
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