Le Liban a franchi jeudi le seuil des 1 000 morts depuis le début de l’offensive. À 18 heures, le bilan officiel fait état de 1 001 tués et 2 584 blessés. Pour la seule journée du 19 mars, 33 personnes ont été tuées et 152 blessées. Le secteur de la santé paie lui aussi un lourd tribut, avec 40 morts, 107 blessés, 42 véhicules touchés, 18 centres médicaux ou ambulatoires atteints et 5 hôpitaux fermés.
Une journée de frappes du Sud à la Békaa
Depuis ce matin, plus de 50 frappes israéliennes ont visé le territoire libanais. Les bombardements ont touché les villages frontaliers, mais aussi Nabatiyé, Tyr, la Békaa et l’Iqlim al-Tuffah. Des maisons et des immeubles résidentiels ont été atteints dans plusieurs secteurs, dans une nouvelle séquence de frappes étendues bien au-delà de la bande frontalière immédiate. Les attaques ont aussi visé des ponts et des axes de circulation dans le Sud, dans une stratégie déjà annoncée par Israël pour couper les renforts et isoler une partie du territoire au sud du Litani.
Le Sud a de nouveau concentré l’essentiel des bombardements. Les secteurs de Tyr, Qasmieh, Nabatiyé et plusieurs localités de la zone frontalière ont été frappés au fil de la journée, tandis que les tirs d’artillerie se poursuivaient sur d’autres villages. Dans l’est du pays, la Békaa a également été touchée, confirmant l’extension du champ des frappes israéliennes à des zones de plus en plus éloignées de la frontière.
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Le pont de Qasmieh visé, une équipe de télévision blessée
Parmi les épisodes les plus marquants de la journée figure l’attaque contre le pont de Qasmieh, sur le Litani. Une équipe de télévision qui couvrait les frappes a été touchée sur place, blessant le correspondant Steve Sweeney et le cameraman Ali Rida Sbeiti. Cette attaque intervient alors que la destruction des ponts sur le Litani est devenue l’un des axes visibles de l’offensive israélienne dans le Sud.
La pression sur les infrastructures civiles s’est encore accentuée au fil des heures. La destruction ou l’endommagement des ponts coupe les voies de circulation, ralentit les secours et complique les déplacements de civils qui continuent de fuir les zones visées. Dans plusieurs secteurs, la journée a été marquée par une succession de frappes sur les localités d’habitation et sur des axes de franchissement considérés comme stratégiques.
Un bilan humain toujours plus lourd
Le franchissement du seuil des 1 001 morts donne la mesure de l’intensité atteinte par cette phase de la guerre. Les chiffres disponibles à 18 heures montrent que les civils restent massivement touchés, avec 79 femmes tuées et 414 blessées, 118 enfants tués et 365 blessés, ainsi que 804 hommes tués et 1 805 blessés. Ces données confirment l’ampleur nationale du choc humain et sanitaire.
La pression sur le système hospitalier s’aggrave à mesure que les bombardements s’étendent. Les structures médicales fonctionnent sous tension, avec des équipes déjà éprouvées par plusieurs semaines d’escalade. Le nombre de véhicules sanitaires touchés, de centres frappés et d’hôpitaux fermés souligne que le système de réponse d’urgence est lui-même entré dans la zone de danger.
Côté Israël, le front reste sous tension
En Israël, la journée s’est déroulée sur fond d’alerte persistante. Le nord du pays reste exposé aux tirs en provenance du Liban, tandis que la menace iranienne continue de peser sur plusieurs sites sensibles. Dans la région de Haïfa, des alertes ont circulé après de nouvelles frappes et des médias israéliens ont évoqué un risque de fuite de matières dangereuses sur fond d’incendie dans une zone sensible. Dans le même temps, les autorités israéliennes continuent d’appeler la population à suivre les consignes de sécurité face à la poursuite des salves de missiles.
Côté iranien, la guerre s’élargit encore
Sur le front iranien, la journée s’inscrit dans une escalade plus large ouverte par le bombardement israélien du champ gazier de South Pars. Cette attaque a été suivie d’une intensification des représailles iraniennes contre des installations énergétiques régionales, tandis qu’Israël poursuit ses frappes contre des cibles iraniennes sur plusieurs théâtres. Le conflit dépasse désormais les sites militaires classiques et s’étend aux infrastructures énergétiques, aux routes maritimes et aux installations sensibles de la région.
À 18 heures, le tableau est donc celui d’une guerre régionale de plus en plus imbriquée. Au Liban, les frappes israéliennes ont continué toute la journée du Sud à la Békaa, portant le bilan total à 1 001 morts. En Israël, les alertes restent actives sur fond de menace de nouvelles salves. En Iran, la confrontation avec Israël continue de s’élargir, notamment autour de l’énergie, dans un conflit qui gagne chaque jour en profondeur et en coût humain.



