L’Agence nationale d’information a diffusé à 12 h 25 un communiqué officiel du ministère de la Santé publique qui révèle un nouveau drame dans le district de Tyr. Deux points du Défense civil ont été directement visés par des frappes israéliennes : le premier près de la municipalité de Tayr Debba, où un secouriste a été tué et deux autres blessés, et le second à Jouaiya, où un secouriste a perdu la vie et quatre ont été blessés. Cet incident, survenu en pleine intensification des opérations militaires au Liban-Sud, porte à onze le nombre total de personnels de secours tués depuis le début de l’escalade actuelle, selon les chiffres officiels compilés par les autorités sanitaires.
Le ministère de la Santé, dirigé par Rakan Nassereddine, n’a pas tardé à réagir. Dans un texte précis et ferme, il accuse l’armée israélienne de « persister dans le ciblage systématique des équipes d’ambulance » et de fouler aux pieds « toutes les lois, traités et accords internationaux ». Le communiqué détaille les circonstances : à Tayr Debba, la frappe a touché un point de rassemblement proche de la mairie alors que les secouristes intervenaient sur des sites précédemment bombardés ; à Jouaiya, située à quelques kilomètres au nord, l’attaque a eu lieu pendant l’évacuation de blessés civils. Les véhicules du Défense civil, clairement identifiés, ont été endommagés, compliquant les opérations de sauvetage immédiates.
Le bilan national des victimes au Liban atteint 394 morts dont 83 enfants
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Le ministère de la Santé publique a actualisé dans le même temps le bilan global des victimes depuis le début de l’escalade. Celui-ci s’établit désormais à 394 morts, dont 83 enfants et 42 femmes, et plus de 1 130 blessés. Ces chiffres, transmis en temps réel par les hôpitaux du Sud, de Nabatiyeh, de la Békaa et de Beyrouth, incluent les deux nouveaux martyrs parmi les secouristes. Rien que dans les dernières 48 heures, près d’une centaine de victimes supplémentaires ont été enregistrées, selon l’unité de gestion des catastrophes rattachée au ministère. Rakan Nassereddine a insisté sur le fait que le « compteur ne s’arrête pas d’ajouter de nouveaux secouristes à la liste des martyrs et des blessés ».
Ce bilan intervient alors que les frappes se multiplient dans le district de Tyr et les zones limitrophes. Les correspondants de l’Agence nationale d’information sur place rapportent que les routes d’accès à Tayr Debba et Jouaiya ont été temporairement obstruées par des débris, obligeant les équipes restantes à emprunter des chemins secondaires sous la menace constante de drones de reconnaissance. Les ambulances endommagées ont été évacuées sous escorte, tandis que les blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Tyr où les urgences fonctionnent à pleine capacité.
Le communiqué du ministère de la Santé qui accuse une violation flagrante du droit international
Le texte officiel publié ce lundi est sans ambiguïté. Il affirme que « l’ennemi israélien persiste dans le ciblage systématique des équipes d’ambulance » et qu’il « empêche toute touche humaine qui limiterait sa violence démesurée ». Rakan Nassereddine place explicitement la communauté internationale face à ses responsabilités : « Le système international se trouve face à une grande responsabilité qui met fin à cette impunité persistante qui constitue une menace claire et dessine un horizon très sombre pour le système international. » Le ministère a présenté ses condoléances aux familles des secouristes martyrs et souhaité un prompt rétablissement aux quatre blessés de Jouaiya et aux deux de Tayr Debba.
Les conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels protègent explicitement le personnel médical, les ambulances et les installations sanitaires en temps de conflit armé. Le marquage distinctif des véhicules du Défense civil est censé garantir leur immunité. Pourtant, selon le communiqué, ces protections sont systématiquement ignorées dans le cadre des opérations en cours au Liban-Sud.
Un pattern de frappes contre les infrastructures sanitaires qui s’accélère
Ce double incident n’est pas isolé. Le ministère de la Santé publique documente depuis plusieurs mois une série d’attaques similaires contre les équipes de secours. Des rapports cumulatifs font état de frappes sur des ambulances à Kfarkala, Blida, Aita al-Chaab ou encore Naqoura, causant des dizaines de morts et de blessés parmi les secouristes. À Tayr Debba et Jouaiya, les secouristes intervenaient précisément pour porter assistance aux civils touchés par des raids antérieurs, ce qui rend l’attaque particulièrement préoccupante aux yeux des autorités libanaises.
Sur le terrain, les témoins ont décrit des scènes de chaos après les deux frappes. À Tayr Debba, les habitants ont dû évacuer vers des zones plus sûres en utilisant leurs propres véhicules faute d’ambulances disponibles. À Jouaiya, les familles des blessés ont été prises en charge par les services sociaux locaux. Le Défense civil, placé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, a immédiatement mobilisé des équipes de renfort depuis Saïda et Beyrouth, mais le risque de nouvelles attaques limite considérablement leur rayon d’action.
L’impact humanitaire direct sur les populations civiles du Liban-Sud
Les frappes à Tayr Debba et Jouaiya ont également touché des habitations voisines, provoquant des coupures d’électricité et d’eau dans plusieurs quartiers. Les agriculteurs des environs ont été contraints d’abandonner leurs vergers, craignant de nouveaux raids. Les écoles et les centres communautaires ont fermé leurs portes par mesure de sécurité, ajoutant à la liste déjà longue des personnes déplacées. Selon les estimations croisées des autorités locales, plus de 517 000 Libanais ont quitté leurs foyers depuis le début de l’escalade, avec une concentration particulière dans le Sud.
Les hôpitaux de Tyr et de Nabatiyeh ont reçu un afflux supplémentaire de patients. Les urgences sont saturées, et les chirurgiens opèrent sans relâche pour extraire des éclats et stabiliser les blessés. Les stocks de sang et de médicaments, déjà éprouvés par des mois de crise, sont réapprovisionnés grâce à des ponts aériens organisés depuis Beyrouth. Le ministère de la Santé a activé ses plans d’urgence et demande à la population d’éviter les déplacements non essentiels dans les zones exposées.



