Beyrouth, ce 2 mars 2026 – Le député Mohammed Raad, chef du bloc parlementaire « Fidélité à la Résistance » affilié au Hezbollah, a publié un communiqué ce lundi soir, répondant à la déclaration du Premier ministre Nawaf Salam à l’issue de la session extraordinaire du conseil des ministres au palais présidentiel de Baabda. Cette intervention de Raad intervient alors que des rumeurs circulant sur des médias israéliens et des réseaux sociaux l’avaient annoncé mort dans les frappes aériennes israéliennes menées ce jour même sur la banlieue sud de Beyrouth. Le communiqué, émis par les relations médiatiques du Hezbollah et daté du 12 Ramadan 1447 H correspondant au 2 mars 2026, dénonce les mesures prises par le gouvernement libanais pour interdire les activités militaires du Hezbollah et confiner ses armes au nord du Litani, les qualifiant de « belliqueuses contre les Libanais qui refusent l’occupation ». Cette réponse marque une nouvelle fracture au sein de la classe politique libanaise, au moment où le pays fait face à une escalade militaire qui a déjà causé 31 morts et 149 blessés selon le ministère de la Santé publique, et provoqué l’évacuation de milliers de familles du sud. Raad, vivant et actif, utilise ce texte pour réaffirmer la position du Hezbollah face à ce qu’il décrit comme l’impuissance de l’État libanais devant l’agression israélienne.
Les rumeurs de mort et leur démenti par le communiqué
Les spéculations sur la mort de Mohammed Raad ont émergé en milieu d’après-midi, peu après les raids aériens israéliens sur la Dahiyeh, la banlieue sud de Beyrouth. Des comptes affiliés à des sources israéliennes sur les réseaux sociaux, ainsi que des rapports non vérifiés relayés par certains médias régionaux, ont affirmé que Raad figurait parmi les victimes des frappes ciblées contre des responsables du Hezbollah. Ces allégations se sont propagées rapidement, invoquant des sources anonymes au sein de l’armée israélienne qui prétendaient avoir éliminé plusieurs « terroristes seniors » dans les opérations du jour. Raad, âgé de 69 ans et député depuis 1992, est une figure emblématique du Hezbollah, ayant dirigé son bloc parlementaire depuis 2000. Son rôle politique et sa proximité avec la direction du parti en font une cible potentielle pour Israël, qui a déjà annoncé l’élimination d’autres responsables comme Hussein Makled, chef du renseignement du Hezbollah, dans les mêmes raids.
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Cependant, le communiqué publié par les relations médiatiques du Hezbollah à 18h22 dément implicitement ces rumeurs par la voix même de Raad. Le texte, rédigé au nom du député, critique vertement les décisions gouvernementales sans mentionner directement les allégations de sa mort, mais son émission prouve sa survie. « Nous comprenons l’impuissance du gouvernement libanais face à l’ennemi sioniste agressif qui viole la souveraineté nationale, occupe le territoire et constitue une menace constante pour la sécurité et la stabilité du pays », commence le communiqué, posant le cadre d’une réponse politique ferme. Cette publication, datée du lundi 2 mars 2026, confirme que Raad est non seulement vivant mais aussi en mesure de formuler une riposte détaillée aux annonces du Premier ministre Salam, dissipant ainsi les spéculations qui avaient enflé en quelques heures.
La critique acerbe des décisions gouvernementales
Dans son communiqué, Mohammed Raad exprime une compréhension pour l’impuissance perçue du gouvernement face à l’agression israélienne, mais rejette catégoriquement les mesures adoptées contre le Hezbollah. « Nous comprenons également son droit de prendre des décisions concernant la guerre et la paix, ainsi que son incapacité à les mettre en œuvre et à les imposer à l’ennemi qui enfreint la paix nationale et persiste dans sa guerre agressive contre le Liban et son peuple », écrit-il, soulignant ce qu’il considère comme une faiblesse structurelle de l’État libanais. Raad pointe du doigt l’incapacité du gouvernement à stopper les agressions israéliennes, qui durent depuis « une année et quatre mois », une référence aux tensions persistantes depuis l’escalade d’octobre 2024 liée au conflit à Gaza.
Le député accuse le Premier ministre Salam et son cabinet de prendre des « décisions belliqueuses contre les Libanais qui refusent l’occupation », les qualifiant d’injustifiées dans un contexte d’impuissance évidente. « Cependant, nous ne voyons aucune raison, dans ce contexte d’impuissance et de carence évidentes, pour que le président Salam et son gouvernement prennent des décisions belliqueuses contre les Libanais qui refusent l’occupation et les accusent de violer une paix que l’ennemi a lui-même niée, refusant de respecter ses obligations depuis une année et quatre mois, imposant ainsi aux Libanais et au pays un état de guerre quotidien sans que le gouvernement ne puisse arrêter ses agressions continues, ni même utiliser ce qu’il prétend être les amitiés internationales du Liban pour obliger l’ennemi à cesser sa guerre contre notre pays », poursuit le texte. Cette formulation met en lumière la perception du Hezbollah que les mesures gouvernementales visent à criminaliser la résistance plutôt qu’à contrer l’agresseur.
Raad va plus loin en affirmant que les Libanais attendaient une décision interdisant l’agression israélienne, mais se retrouvent face à une mesure interdisant le refus de cette agression. « Les Libanais attendaient une décision interdisant l’agression ; au lieu de cela, ils sont confrontés à une décision interdisant le refus de l’agression », déclare-t-il, inversant ainsi la responsabilité. Il présente la réaction du Hezbollah comme un rejet de la « voie de soumission et de tromperie des Libanais », accusant implicitement le gouvernement de promouvoir une conciliation illusoire avec Israël. « La réaction du Hezbollah face à l’entêtement sioniste à attaquer les libres et les honnêtes citoyens ainsi que leurs alliés au Liban et dans la région n’est rien d’autre qu’un signe de rejet de la voie de soumission et de tromperie des Libanais, qui ont été convaincus que concilier avec l’ennemi et se plier à ses conditions serait le seul moyen d’assurer une sécurité et une paix libanaises illusoires », conclut le communiqué.
Le contexte de la session gouvernementale critiquée
Les critiques de Raad visent directement la déclaration du Premier ministre Nawaf Salam à l’issue de la session extraordinaire du conseil des ministres ce matin au palais de Baabda. Salam a annoncé l’interdiction immédiate des activités sécuritaires et militaires du Hezbollah, qualifiées d’illégales, avec l’obligation pour le parti de livrer ses armes à l’État et de se limiter à un rôle politique conforme à la Constitution et à l’accord de Taëf. « Cela nécessite l’interdiction des activités du parti, l’obligation pour lui de remettre ses armes et son engagement dans le travail politique », avait déclaré Salam, marquant une rupture avec les accommodements passés. Le cabinet a mandaté l’armée et les forces de sécurité pour appliquer ces dispositions, en empêchant toute opération militaire future et en arrêtant les auteurs des tirs récents.
Cette décision s’inscrit dans le plan de confinement des armes au nord du Litani, présenté par le commandement de l’armée le 16 février 2026 et approuvé sans objection des ministres affiliés au Hezbollah. La première phase, entamée en mars 2025, a consisté en des déploiements renforcés de l’armée au sud du Litani, avec le soutien de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). La deuxième phase, accélérée par les événements du 1er mars, vise le désarmement progressif des milices non étatiques dans la zone frontalière. Le ministre de la Défense, Michel Menassah, a confirmé que des unités spéciales ont été mobilisées dès l’aube du 2 mars pour sécuriser les points de lancement présumés dans les villages de Shabiya et Sultaniya.
Raad, dans son communiqué, interprète ces mesures comme une attaque contre les Libanais refusant l’occupation, soulignant l’incapacité du gouvernement à imposer une paix à Israël. Il évoque les « amitiés internationales du Liban » que le gouvernement n’utilise pas pour arrêter les agressions, une référence aux partenariats avec les États-Unis, la France et d’autres pays garants de la trêve de 2025. Le député accuse implicitement Salam de prioriser une répression interne plutôt qu’une défense externe, dans un contexte où Israël maintient des incursions et des menaces constantes sur 53 localités au sud, dans la Békaa et la Békaa occidentale.
La biographie de Mohammed Raad et son rôle au Hezbollah
Mohammed Raad, né en 1955 à Beyrouth, est une figure centrale du Hezbollah depuis sa fondation en 1982. Ingénieur de formation, il a rejoint le parti chiite au début des années 1980 et a été élu député pour la première fois en 1992, représentant la circonscription de Nabatiyeh. Depuis 2000, il dirige le bloc parlementaire « Fidélité à la Résistance », qui compte 13 députés au Parlement libanais élu en mai 2022. Raad est connu pour ses discours fermes contre Israël et pour son alignement sur les positions iraniennes, en tant que membre du conseil consultatif du Hezbollah. Il a survécu à plusieurs tentatives d’assassinat présumées par Israël, notamment lors des guerres de 2006 et des escalades de 2024.
Son communiqué de ce soir, émis alors que des rumeurs le donnaient pour mort, renforce son image de leader résilient. Raad a souvent critiqué les gouvernements libanais pour leur faiblesse face à Israël, accusant les autorités de capituler devant les pressions internationales. En 2025, lors de la formation du gouvernement Salam, il avait exprimé des réserves sur les plans de confinement des armes, affirmant que la résistance reste essentielle tant que l’occupation persiste. Son texte d’aujourd’hui s’inscrit dans cette ligne, présentant le Hezbollah comme le défenseur des Libanais contre une agression extérieure que l’État ne peut contrer.
Les répercussions immédiates sur les déplacements et la sécurité
Les rumeurs sur la mort de Raad ont coïncidé avec un exode massif au sud, où 52 localités ont été évacuées sur ordre gouvernemental. La ministre des Affaires sociales, Hanine Sayyed, a annoncé l’ouverture de 171 centres d’hébergement, accueillant 29 000 déplacés à 18h22. Ces centres, incluant des écoles fermées demain mardi sur décision de la ministre Rima Karami, sont répartis dans la Békaa et le Mont-Liban. La Haute Commission de Secours distribue ses stocks, avec des hotlines pour orienter les familles.
Les routes vers Beyrouth sont engorgées, avec des familles fuyant Yaroun et Khiam, touchés par des drones israéliens. Le ministère de la Santé publique a mobilisé des ambulances pour les centres, tandis que la Croix-Rouge libanaise distribue des kits hygiéniques. Les pertes agricoles au sud, dues aux pulvérisations d’herbicides en février 2026, poussent de nombreux agriculteurs à fuir, augmentant le flux vers les centres de la Békaa.
L’armée libanaise a collecté des preuves sur les sites de lancement pour des poursuites, avec des barrages contrôlant les accès. La FINUL a rapporté des incidents impliquant ses patrouilles, avec un convoi visé près de Naqoura en janvier 2026, blessant des casques bleus italiens. Le commandant de la FINUL, le général Aroldo Lázaro Sáenz, a indiqué une coopération étroite avec l’armée libanaise pour surveiller la ligne bleue.
Les leaders politiques ont réagi aux décisions gouvernementales. Saad Hariri a appelé les chiites à rejeter les guerres par procuration. Gebran Bassil a soutenu le cabinet, Ashraf Rifi a insisté sur l’exécution rapide. Raad, dans son communiqué, inverse cette narrative, accusant le gouvernement de bellicisme interne.
Raad évoque l’occupation et les agressions continues, affirmant que le Hezbollah rejette la soumission. Son texte détaille l’incapacité du gouvernement à utiliser les amitiés internationales pour stopper Israël. Les Libanais, selon Raad, sont confrontés à une décision interdisant le refus de l’agression, inverting la responsabilité.
Raad, en critiquant, présente le Hezbollah comme le défenseur contre une paix illusoire. Son communiqué, daté du 12 Ramadan, s’inscrit dans le calendrier islamique, renforçant l’aspect religieux de la résistance. Les rumeurs de sa mort, démenties par ce texte, ont amplifié les tensions internes, avec des réactions sur les réseaux sociaux libanais.


