Le Liban s’est classé 144e sur 165 pays dans le classement 2024 de la liberté économique, publié par l’Institut Fraser, avec un score global de 5,35. Ce rang reflète les nombreux défis économiques et structurels auxquels le pays est confronté, notamment une mauvaise gestion gouvernementale, des droits de propriété limités, et une réglementation pesante. À l’échelle régionale, le Liban se situe à la 15e position sur 21 pays arabes, surpassant seulement quelques nations comme la Syrie, le Yémen, et la Libye.
Critères d’évaluation : une analyse en cinq domaines
Le degré de liberté économique est mesuré selon cinq domaines clés :
- Taille du gouvernement
- Le Liban a obtenu un score de 8,78, l’un des rares domaines où il se classe relativement bien. Ce score reflète un gouvernement dont la taille est limitée en termes de dépenses et d’interventions. Cependant, cette performance peut être attribuée davantage à un affaiblissement de l’État qu’à une véritable efficience.
- Système juridique et droits de propriété
- Avec un score de 3,53, le Liban souffre de faiblesses importantes dans ce domaine. La corruption judiciaire, l’absence de protection efficace des droits de propriété et une instabilité politique constante nuisent à la confiance des investisseurs et à la liberté économique.
- Monnaie saine
- Le score de 4,99 illustre l’impact dévastateur de l’inflation sur la valeur de la livre libanaise et l’épargne des citoyens. L’hyperinflation persistante rend difficile toute planification économique à long terme pour les entreprises et les individus.
- Liberté de commercer internationalement
- Le Liban a obtenu un score de 4,16, reflétant les obstacles réglementaires, les restrictions sur les importations et exportations, et une infrastructure commerciale défaillante.
- Régulation
- Le score de 5,28 dans ce domaine met en évidence un cadre réglementaire complexe et restrictif, qui freine les activités économiques et entrave l’entrepreneuriat.
Comparaison régionale : où se situe le Liban ?
À l’échelle de la région MENA, le Liban est devancé par la majorité des pays arabes. Bahreïn, avec un score de 7,51, occupe la première place régionale grâce à un cadre réglementaire favorable et une gestion efficace. Des nations comme les Émirats arabes unis (7,39) et la Jordanie (7,33) figurent également parmi les mieux classées, démontrant qu’une gouvernance stable et des réformes structurelles peuvent améliorer la liberté économique, même dans des contextes régionaux complexes.
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En revanche, le Liban se classe légèrement au-dessus de la Syrie (4,28) et du Yémen (4,68), deux pays gravement affectés par des conflits prolongés. Ces classements mettent en lumière le poids de l’instabilité et des défaillances institutionnelles sur la performance économique.
Les défis majeurs pour la liberté économique
Le Liban doit faire face à des obstacles structurels profonds, notamment :
- Instabilité politique : L’absence de réformes institutionnelles et la fragmentation politique entravent tout progrès vers une économie libéralisée.
- Corruption endémique : Le manque de transparence dans les processus administratifs et la prévalence des pratiques clientélistes sapent la confiance des citoyens et des investisseurs.
- Effondrement monétaire : L’hyperinflation et la dévaluation de la livre libanaise ont réduit le pouvoir d’achat et accentué la pauvreté.
Perspectives d’amélioration
Pour améliorer son classement, le Liban doit entreprendre des réformes systémiques dans plusieurs domaines clés :
- Renforcer l’indépendance judiciaire pour garantir l’application équitable des lois et la protection des droits de propriété.
- Stabiliser la monnaie à travers des politiques monétaires cohérentes et des contrôles stricts de l’inflation.
- Simplifier la réglementation pour encourager les entreprises locales et internationales à investir.
- Stimuler le commerce extérieur en réduisant les barrières tarifaires et en améliorant l’infrastructure portuaire et logistique.
Cependant, ces réformes nécessitent un leadership politique fort, une volonté de lutte contre la corruption, et une coopération avec les institutions internationales, des conditions difficiles à remplir dans le contexte actuel.



