vers une baisse des prix dans un ciel libanais sous tension
Une bouffée d’oxygène pour les voyageurs libanais. Lufthansa a repris ses vols entre Francfort et Beyrouth ce lundi, avec un aller-retour quotidien, bientôt doublé. Swiss, sa consœur du groupe Lufthansa, devrait lui emboîter le pas dès le 10 juin, avec deux à trois rotations hebdomadaires entre Zurich et la capitale libanaise. Ces retours, après des mois de suspension liés aux tensions régionales, marquent un tournant pour le secteur aérien local, dominé par Middle East Airlines (MEA). Ils ravivent surtout l’espoir d’une baisse des prix des billets, au cœur d’une polémique persistante sur les tarifs pratiqués par la compagnie nationale.
Un ciel libanais en quête de concurrence
Depuis des années, MEA règne en maître sur l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth. Entre janvier et avril 2025, la compagnie a transporté 51 % des 1,46 million de passagers ayant transité par la plateforme, selon des chiffres récents. Un quasi-monopole qui lui vaut des critiques récurrentes, notamment pour ses tarifs jugés prohibitifs. En octobre 2024, face à une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, MEA a tenté de calmer le jeu en publiant une clarification détaillant ses prix maximums, taxes et surcharges incluses. La compagnie a même invité les passagers estimant avoir été surfacturés à porter plainte. Mais pour beaucoup, le mal est fait : voyager vers ou depuis Beyrouth reste une dépense conséquente, surtout en période de crise économique.
L’arrivée de Lufthansa et Swiss pourrait changer la donne. Ces compagnies européennes, réputées pour leur fiabilité, ne sont pas seules à s’intéresser au marché libanais. Depuis juin 2024, Wizz Air Abu Dhabi, une low-cost audacieuse, dessert Beyrouth à partir de 359 dirhams émiratis (environ 90 euros), avec trois vols hebdomadaires prévus dès le 4 juin 2025. Air Arabia Abu Dhabi, autre acteur à bas coût, a lancé quatre vols par semaine depuis janvier 2025. Turkish Airlines et Kuwait Airways, déjà bien implantées, renforcent aussi leurs dessertes, cette dernière optant pour des avions plus grands cet hiver. Cette effervescence laisse présager une concurrence accrue, susceptible de tirer les prix vers le bas.
Une lueur d’espoir pour les portefeuilles
« Avec plus de compagnies, les prix pourraient baisser jusqu’à 30 % sur certaines routes », estime un analyste du secteur aérien basé à Beyrouth, sous couvert d’anonymat. Une aubaine pour les Libanais, dont beaucoup dépendent des vols pour maintenir des liens avec la diaspora ou pour affaires. Mais attention : les compagnies low-cost, si elles affichent des tarifs alléchants, facturent souvent des suppléments pour les bagages ou le choix des sièges, ce qui peut gonfler la note finale. Reste que l’arrivée de ces acteurs, combinée au retour des mastodontes européens, met une pression inédite sur MEA, qui pourrait être contrainte d’ajuster sa grille tarifaire pour rester compétitive.
Le contexte mondial joue aussi en faveur des voyageurs. Aux États-Unis, les prix des billets d’avion ont chuté de 7,9 % en avril 2025 par rapport à l’année précédente, selon un récent rapport. Si cette tendance se propage au Moyen-Orient, les passagers libanais pourraient en bénéficier, surtout sur les routes internationales.



