Beyrouth, le 7 mars 2026. L’armée libanaise a publié ce samedi matin un communiqué officiel d’une précision rare sur l’opération israélienne menée dans la nuit du 6 au 7 mars 2026 dans la région de Nabi Sheet, au cœur de la Békaa orientale. Ce document, diffusé par l’agence nationale d’information ANI, détaille minute par minute l’infiltration de quatre hélicoptères israéliens, le débarquement d’une force spéciale et les échanges de tirs qui ont suivi, confirmant la mort de trois militaires libanais et de plusieurs civils. Parallèlement, l’armée israélienne a rendu public son propre communiqué reconnaissant explicitement l’objectif de la mission : tenter de localiser des éléments liés au navigateur Ron Arad, disparu depuis 1986, tout en admettant n’avoir rien trouvé sur le site et n’avoir subi aucune perte.
Ce double éclairage, libanais et israélien, permet désormais de reconstituer avec une exactitude factuelle inédite les événements de la nuit. L’opération, déclenchée peu avant 23 heures, a transformé une zone montagneuse proche de la frontière syrienne en théâtre d’un affrontement direct. Le communiqué de l’armée libanaise constitue à ce stade la source officielle la plus complète et la plus récente sur ce qui s’est réellement passé à Nabi Sheet.
Détection à 22 h 50 : quatre hélicoptères israéliens repérés au-dessus d’Al-Kharibah
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Le récit officiel de l’armée libanaise commence par un signalement précis : dans la nuit du 6 au 7 mars 2026, à exactement 22 h 50, les unités de l’armée ont détecté quatre hélicoptères israéliens au-dessus de la région d’Al-Kharibah, dans le district de Baalbek, à proximité immédiate de la frontière libano-syrienne. Deux de ces appareils ont procédé au débarquement d’une force au sol dans la zone, simultanément à des frappes aériennes intenses et étendues sur les villages voisins. Cette synchronisation parfaite entre l’atterrissage et les bombardements aériens est soulignée dans le texte militaire comme un élément clé de l’opération.
Les unités militaires spécialisées libanaises ont immédiatement réagi. Elles ont mis en œuvre des mesures de mobilisation et de défense immédiates, lançant des bombes éclairantes pour repérer et illuminer le site exact de débarquement. Le communiqué précise que les éléments de la force ennemie se sont alors dissimulés, rendant la situation particulièrement complexe. Le débarquement a été accompagné d’une opération de bombardement et de ratissage systématique de la zone par les forces israéliennes.
Déplacement vers Nabi Sheet et échange de tirs jusqu’à 3 heures du matin
Après le ratissage initial, la force ennemie s’est déplacée depuis le site de débarquement vers la région de Nabi Sheet. C’est là qu’un échange de tirs s’est engagé avec les habitants et les éléments présents sur place. L’opération, d’une intensité soutenue, s’est poursuivie jusqu’à environ 3 heures du matin. Le bilan humain est lourd : trois militaires libanais ont été tués à la suite du bombardement intense qui a accompagné l’ensemble de l’opération, de même que plusieurs civils dont l’identité et le nombre exact font encore l’objet de vérifications en cours par les autorités.
L’armée libanaise conclut son communiqué en indiquant que « la situation est suivie pour clarifier les circonstances exactes de l’opération ». Ce texte, rédigé avec la sobriété et la rigueur propres aux communiqués militaires, évite toute interprétation et se limite aux faits constatés par les unités sur le terrain : détection radar, débarquement, bombes éclairantes, ratissage, déplacement vers Nabi Sheet, échange de tirs et bilan humain.
Le communiqué israélien : une mission de recherche infructueuse pour Ron Arad
Dans un texte distinct diffusé en matinée, Tsahal a confirmé le caractère ciblé de son intervention. « Dans le cadre des activités de Tsahal au Liban, des forces spéciales de Tsahal ont opéré de nuit afin de localiser des éléments liés au navigateur disparu Ron Arad », peut-on lire textuellement. L’armée israélienne précise qu’aucune perte n’a été signalée de son côté et que « aucun élément lié à lui n’a été localisé sur le site de recherche ». Elle ajoute cependant : « Tsahal continuera d’opérer sans relâche, de jour comme de nuit, par engagement profond à ramener tous les fils d’Israël, les tombés et les disparus, chez eux dans l’État d’Israël. »
Ce double communiqué permet de croiser les versions avec une rigueur factuelle absolue. L’opération israélienne visait explicitement la recherche d’indices ou de restes concernant Ron Arad, pilote abattu au-dessus du Liban le 16 octobre 1986 et dont la disparition reste, près de quarante ans plus tard, un dossier national sensible en Israël. Nabi Sheet, localité historique de la Békaa orientale, avait été identifiée par les services de renseignement israéliens comme une zone potentielle de détention ou d’inhumation.
Chronologie minute par minute reconstituée à partir des deux communiqués
22 h 50 : détection des quatre hélicoptères israéliens au-dessus d’Al-Kharibah par les unités libanaises. 22 h 50-23 h 00 : débarquement de deux appareils et déclenchement simultané de frappes aériennes sur les villages voisins. Immédiatement après : lancement de bombes éclairantes par les unités spécialisées libanaises pour localiser le site. Phase suivante : opération de bombardement et de ratissage de la zone par la force ennemie. Déplacement de la force israélienne vers Nabi Sheet. Échange de tirs avec les habitants après ce déplacement. Fin de l’opération vers 3 heures du matin. Bilan : trois militaires libanais et plusieurs civils tués.
Ces éléments, issus exclusivement des communiqués officiels des deux armées, offrent une vision claire et documentée de la nuit.
Le contexte historique de la traque de Ron Arad
Ron Arad, capitaine dans l’armée de l’air israélienne, a été abattu lors d’une mission au-dessus du Liban le 16 octobre 1986. Son appareil a été touché par un missile sol-air. Le pilote s’est éjecté et a été capturé vivant par des combattants du mouvement Amal. Des négociations ultérieures n’ont jamais permis de le retrouver vivant ni de localiser ses restes. Au fil des décennies, les services israéliens ont accumulé des indices pointant régulièrement la Békaa orientale. L’opération de la nuit dernière s’inscrit dans cette longue quête.



