Dans un discours prononcé vendredi soir à l’occasion de la Journée mondiale de Qods, le secrétaire général du Hezbollah, Cheikh Naïm Qassem, a réaffirmé le soutien de son mouvement à la Palestine, tout en liant directement la guerre en cours au Liban à l’offensive israélienne. Il a présenté l’affrontement comme une « bataille existentielle », affirmé que le Hezbollah agissait dans le cadre d’une « défense légitime » et déclaré que « la solution est claire » : arrêt de l’agression, retrait israélien, libération des prisonniers, retour des habitants et lancement de la reconstruction.
Un discours articulé entre Palestine et front libanais
À l’occasion de la Journée mondiale de Qods, Naïm Qassem a consacré la première partie de son intervention à la cause palestinienne. Il a décrit cette journée comme « une journée mondiale » qui, selon ses mots, exprime « le soutien aux opprimés », « la volonté d’indépendance » et « la croyance en la liberté de l’homme ».
Le chef du Hezbollah a affirmé que cette journée « symbolise l’appel à la libération de la Palestine » et qu’elle s’étend « à tous les opprimés du monde ». Il a également déclaré que « l’occupation de la Palestine et de Jérusalem est aujourd’hui la plus grande injustice dans le monde », accusant les États-Unis et les puissances occidentales d’avoir soutenu cette occupation et d’en avoir légitimé l’existence.
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Évoquant la guerre à Gaza, Naïm Qassem a affirmé que « les Palestiniens ne sont pas seuls » et que « la responsabilité est collective ». Il a aussi déclaré que « le Hezbollah et la Résistance islamique resteront aux côtés de la Palestine, la soutenant pour une libération complète ».
Le Hezbollah présente la guerre comme une « défense légitime »
Dans la partie consacrée au Liban, le secrétaire général du Hezbollah a affirmé que son mouvement menait « une bataille de défense légitime contre l’agression israélienne massive » et qu’il faisait face à « une agression brutale et dangereuse constituant une menace existentielle ».
Selon lui, « cette situation n’est pas normale » et représente « un acte barbare continu depuis 15 mois ». Il a indiqué que le Hezbollah avait lancé « plusieurs avertissements sur la fin de la patience » face aux attaques, ajoutant qu’à trois reprises, les dirigeants s’étaient réunis pour déterminer la réponse à apporter, mais avaient choisi de « donner une chance supplémentaire pour la voie politique ».
Naïm Qassem a annoncé que le Hezbollah avait décidé de baptiser l’opération en cours « la bataille d’al-Asf al-Ma’koul », qu’il a présentée comme « une défense du Liban, de notre dignité et de notre terre face à l’ennemi israélien ».
Une confrontation présentée comme stratégique et existentielle
Le chef du Hezbollah a affirmé que « l’agression israélo-américaine est la cause de ce qui se passe au Liban, et ce n’est pas la résistance qui en est responsable ». Il a ajouté que, selon lui, la résistance constituait « une réaction ».
Poursuivant son propos, il a déclaré que « le gouvernement libanais n’a pas été capable ni de réaliser la souveraineté ni de protéger ses citoyens ». Il a aussi accusé Israël d’avoir recours à « la démolition des maisons de manière brutale et extrêmement dangereuse », ainsi qu’au déplacement de villes entières.
Naïm Qassem a présenté la confrontation en cours comme un affrontement stratégique pour le Liban. « Nous ne reculerons pas, car il s’agit de notre existence : c’est une bataille existentielle, et non une bataille limitée ou simple », a-t-il déclaré. Il a également affirmé : « Il n’existe dans notre vocabulaire ni défaite ni reddition. »
« La parole appartient désormais au terrain »
Dans son discours, Naïm Qassem a affirmé que le Hezbollah s’était préparé « à une confrontation longue » et a assuré que « l’ennemi n’a désormais plus la capacité de réaliser ses objectifs ». Il a encore déclaré : « L’ennemi verra notre force, et ses menaces ne nous effraient pas. »
S’adressant directement au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, il a lancé : « Ta menace de m’assassiner n’a ni goût ni valeur », avant d’ajouter : « C’est toi qui devrais craindre pour ta propre personne. »
Le dirigeant du Hezbollah a également affirmé que ses combattants étaient « prêts au martyre » et « prêts à un engagement direct et rapproché avec l’ennemi ». Il a insisté sur la poursuite du combat en déclarant : « La parole appartient désormais au terrain ; nous y sommes prêts. »
Les conditions avancées pour mettre fin à la bataille
En conclusion, Naïm Qassem a énuméré ce qu’il a présenté comme les conditions d’une issue à la confrontation. « La solution est claire », a-t-il dit, avant de citer « la fin totale de l’agression », « le retrait complet d’Israël des territoires occupés », « la libération des prisonniers », « le retour des habitants dans leurs villages » et « le début de la reconstruction ».
Il a ajouté : « C’est cela la solution pour que la résistance mette fin à cette bataille ou à cette confrontation. »
Le discours de vendredi soir inscrit ainsi la position du Hezbollah dans une double séquence, palestinienne et libanaise, tout en soulignant le caractère stratégique que le mouvement attribue à l’affrontement en cours avec Israël.



