Ce mercredi 4 mars 2026, dès les premières heures de la matinée, l’armée israélienne a poursuivi ses mouvements terrestres dans le sud du Liban, confirmant une expansion de sa présence au-delà des cinq positions occupées depuis le cessez-le-feu de novembre 2024. Des unités de la 91e division, appuyées par des chars Merkava et des bulldozers blindés, ont avancé dans les secteurs frontaliers, notamment autour des collines de Kfar Chouba, où des affrontements directs ont été rapportés avec le Hezbollah. Ces opérations, autorisées la veille par le ministre israélien de la Défense Israël Katz, s’inscrivent dans une posture de « défense avancée renforcée » destinée à neutraliser toute menace de tir sur les localités israéliennes du nord de la Galilée.
À Kfar Chouba ce matin, la situation reste tendue. Des témoins libanais ont observé des mouvements de troupes israéliennes dans les hauteurs environnantes, avec des positions renforcées près du site d’Al-Samaqa. L’armée libanaise, selon des sources militaires locales, a procédé à un redéploiement de plusieurs postes frontières dans les collines de Kfar Chouba, Majidieh et Bastara, se retirant vers des positions plus au nord pour éviter l’escalade directe. Des sirènes et des explosions sporadiques ont été entendues dans la zone, tandis que des équipes de secours libanaises se tenaient prêtes à intervenir en cas de nouveaux incidents.
L’autorisation d’avancer : une décision prise le 3 mars par le ministre Katz
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La veille, le 3 mars 2026, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a annoncé publiquement que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et lui-même avaient autorisé les forces de défense israéliennes à « avancer et prendre le contrôle de positions stratégiques supplémentaires au Liban ». Cette directive fait suite à des tirs de roquettes revendiqués par le Hezbollah dimanche soir, eux-mêmes présentés comme une riposte aux frappes américano-israéliennes contre l’Iran. « Nous avons promis la sécurité aux communautés de Galilée et nous la livrerons », a déclaré Katz dans un communiqué officiel.
La 91e division de l’armée israélienne, déjà déployée dans le sud du Liban depuis plusieurs mois, a reçu l’ordre de renforcer sa posture. Des troupes supplémentaires ont franchi la ligne bleue pendant la nuit du 2 au 3 mars, occupant de nouvelles hauteurs dans les zones frontalières. Selon le porte-parole militaire israélien, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, ces positions restent « strictement défensives » et visent uniquement à empêcher des attaques contre les civils israéliens et des sites stratégiques. L’armée israélienne maintient qu’elle ne cherche pas une occupation permanente, mais une zone tampon élargie jusqu’à ce que la menace soit neutralisée.
Les collines de Kfar Chouba au cœur des opérations : engagements avec le Hezbollah
Les collines de Kfar Chouba, secteur stratégique surplombant la frontière et contrôlé partiellement par Israël depuis des décennies, sont devenues le point focal des avancées israéliennes. Des sources proches du Hezbollah ont revendiqué au moins cinq frappes directes au missile guidé antichar contre des chars Merkava israéliens dans la zone d’Al-Samaqa et près de Tal al-Nahhas. Ces attaques, selon les déclarations du mouvement chiite, ont visé des colonnes blindées qui tentaient de consolider des positions avancées dans les hauteurs de Kfar Chouba.
Des bulldozers israéliens ont été signalés en action pour dégager des axes et fortifier des points élevés dans les collines adjacentes. L’armée libanaise a confirmé un retrait tactique de certains de ses postes dans la région de Kfar Chouba, évitant ainsi un contact direct avec les forces israéliennes en progression. Des vidéos géolocalisées, diffusées sur les réseaux, montrent des mouvements de blindés dans les plaines de Khiam et près de Kfar Kila, secteurs limitrophes de Kfar Chouba. Ces avancées ont entraîné l’émission d’ordres d’évacuation pour plus de quatre-vingts villages et localités du sud du Liban, diffusés via l’application de l’armée israélienne et des appels automatisés.
Le bilan des positions occupées : cinq sites historiques plus une expansion récente
Depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, qui avait mis fin à plus d’un an de combats intenses, l’armée israélienne occupait déjà cinq positions clés dans le sud du Liban. Ces sites, situés le long de la frontière, servaient de points d’observation et de défense avancée. Les opérations en cours depuis le 3 mars portent ce dispositif à un niveau supérieur, avec des troupes maintenant présentes sur des hauteurs supplémentaires dans les secteurs de Kfar Chouba, Khiam et Marjayoun. Le porte-parole israélien a insisté sur le caractère limité de ces mouvements : « Nous ne sommes que dans la zone frontalière, de manière défensive. »
Malgré cette précision, les autorités libanaises expriment une vive inquiétude. Un responsable de l’armée libanaise, cité anonymement, a évoqué « une tentative israélienne d’établir une large ceinture de sécurité dans le sud du Liban », soulignant le risque d’une occupation de facto prolongée. Les Forces armées libanaises, placées en état d’alerte, ont renforcé leurs positions au nord de la zone d’opérations sans engager de confrontation directe.
La riposte du Hezbollah : missiles guidés et drones contre les blindés israéliens
Le Hezbollah n’est pas resté passif face à ces avancées. Outre les cinq attaques revendiquées contre des chars Merkava dans les collines de Kfar Chouba, le mouvement a annoncé avoir abattu un drone israélien et lancé plusieurs salves de roquettes vers des concentrations de forces près de la frontière. Un porte-parole du parti a qualifié ces actions de « opérations coordonnées » destinées à imposer un coût immédiat à toute incursion terrestre. Au total, neuf opérations combinées – missiles antichars, tirs de roquettes et drones – ont été revendiquées en moins de douze heures.
Ces engagements ont eu lieu précisément lors de la progression israélienne près des sites d’Al-Samaqa dans les collines occupées de Kfar Chouba et des zones adjacentes. L’armée israélienne n’a pas confirmé de pertes matérielles ou humaines dans ces secteurs, mais les images diffusées par le Hezbollah montrent des impacts directs sur des véhicules blindés. Cette dynamique rappelle les tactiques utilisées pendant les combats de 2024, avec des embuscades antichars préparées à l’avance dans des zones boisées et escarpées.
Le contexte régional : une escalade liée aux frappes contre l’Iran
Ces opérations terrestres au Liban s’inscrivent dans le cinquième jour d’un conflit élargi impliquant l’Iran. Les frappes américano-israéliennes lancées le 28 février contre des sites iraniens, qui ont coûté la vie au Guide suprême Ali Khamenei, ont provoqué une riposte iranienne massive. Le Hezbollah, allié historique de Téhéran, a rompu sa retenue observée depuis novembre 2024 en tirant des roquettes vers Israël dimanche dernier. L’armée israélienne présente ses avancées comme une mesure préventive pour empêcher le Hezbollah de transformer le sud du Liban en base de lancement supplémentaire.
Parallèlement aux mouvements au sol, l’aviation israélienne a mené plus de soixante frappes aériennes sur des cibles du Hezbollah dans tout le sud du Liban, touchant des entrepôts d’armes, des centres de commandement et des sites de lancement. Ces opérations aériennes ont visé des localités comme Nabatiyeh, Tyr et les environs de Baalbek, complétant l’action terrestre dans les collines de Kfar Chouba.
Les ordres d’évacuation et l’impact sur les populations civiles
L’armée israélienne a diffusé, via son canal arabe et des tracts largués, des ordres d’évacuation impératifs pour des dizaines de villages. Parmi les zones concernées figurent des localités proches de Kfar Chouba, telles que celles situées dans les plaines de Khiam et les secteurs de Qouzeh. Les habitants sont invités à s’éloigner d’au moins un kilomètre des zones d’opérations. Des milliers de personnes ont déjà pris la route vers le nord, créant des embouteillages sur les axes menant à Saïda et à Beyrouth.
L’impact humanitaire est immédiat. Des familles entières ont quitté leurs maisons dans les collines de Kfar Chouba, laissant derrière elles des terres agricoles et des élevages. Le Croissant-Rouge libanais a déployé des équipes dans la région pour assister les déplacés, tandis que les hôpitaux de Nabatiyeh et de Tyr se préparent à recevoir d’éventuels blessés. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) maintient ses observateurs en contact avec les deux parties, bien que plusieurs de ses patrouilles aient été suspendues dans les zones d’avancées israéliennes.
La position du gouvernement libanais et des Forces armées
Le gouvernement libanais, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam depuis février 2025, a réagi avec fermeté. Dans un communiqué officiel, Beyrouth a condamné les avancées israéliennes comme une violation flagrante de la résolution 1701 de l’ONU et du cessez-le-feu de novembre 2024. Les ministres de la Défense et de l’Intérieur ont ordonné aux Forces armées libanaises de sécuriser les axes d’évacuation et de protéger les infrastructures vitales, tout en évitant toute confrontation directe avec les troupes israéliennes.
Les Forces armées libanaises, fortes de leur redéploiement dans le sud depuis 2024, se trouvent dans une position délicate. Leur retrait tactique des postes de Kfar Chouba vise à préserver leur neutralité et à empêcher une guerre totale, mais il souligne aussi les limites de leur capacité face à la supériorité technologique israélienne. Des unités ont été repositionnées plus au nord, dans les secteurs de Marjeyoun et de Bint Jbeil, pour maintenir un cordon de sécurité libanais.
Les réactions internationales et le rôle de la FINUL
La communauté internationale suit de près ces développements. Les États-Unis ont renouvelé leur appel à la retenue, tout en soutenant le droit d’Israël à se défendre. L’ONU, par la voix de ses observateurs au Liban, a demandé aux parties de respecter le cessez-le-feu et d’éviter toute escalade. La FINUL, présente sur le terrain depuis 2006, a signalé des mouvements israéliens au-delà de la ligne bleue et continue de documenter les violations.
En Europe et dans les pays arabes, des appels à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité ont été lancés. La France, historiquement impliquée dans la stabilisation du Liban, a exhorté toutes les parties à revenir au cadre de la résolution 1701, qui prévoit le déploiement exclusif de l’armée libanaise au sud du Litani.
Les développements immédiats sur le terrain ce matin
À l’heure où ces lignes sont écrites, les opérations israéliennes se poursuivent dans les collines de Kfar Chouba et les secteurs adjacents. Des chars et des unités d’infanterie de la 91e division consolident leurs positions nouvellement prises, tandis que le Hezbollah maintient une pression avec des tirs sporadiques de missiles guidés. L’armée libanaise a confirmé le redéploiement de ses troupes dans la zone de Kfar Chouba, et des ordres d’évacuation supplémentaires ont été émis pour plusieurs villages frontaliers. Des survols aériens israéliens intenses sont observés au-dessus du sud du Liban, accompagnés de frappes ciblées sur des infrastructures du Hezbollah.
Les faits sur le terrain continuent d’évoluer heure par heure, dictés par la succession rapide des mouvements militaires, des ripostes et des repositionnements dans l’ensemble du sud du Liban.



