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Point à 18h : l’ONU lance un appel d’urgence de 325 millions de dollars pour secourir le Liban en guerre

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Ce vendredi 13 mars, en fin de journée, le secrétaire général des Nations unies António Guterres a lancé depuis Beyrouth un appel humanitaire d’urgence de 325 millions de dollars pour venir en aide aux populations libanaises prises dans le conflit qui oppose Israël au Hezbollah depuis le 2 mars. Arrivé le matin même dans la capitale pour une visite de solidarité, il a multiplié les rencontres avec les autorités libanaises tout en soulignant que le pays « n’a pas choisi cette guerre » et qu’il a été « entraîné » dans le conflit. Cette initiative intervient au moment où les frappes israéliennes se sont poursuivies toute la journée, détruisant notamment le pont stratégique de Zrarieh sur le Litani et touchant pour la première fois des quartiers résidentiels du nord de Beyrouth.

La visite du chef de l’ONU marque un tournant diplomatique dans une journée marquée par une intensification militaire. António Guterres a atterri à Beyrouth en début de matinée et a immédiatement exprimé son soutien au peuple libanais. « Je viens d’atterrir à Beyrouth pour une visite de solidarité avec le peuple du Liban. Ses habitants n’ont pas choisi cette guerre. Ils y ont été entraînés », a-t-il déclaré publiquement dès son arrivée. Ces mots ont été repris tout au long de la journée alors qu’il enchaînait les entretiens au palais présidentiel de Baabda avec le président Joseph Aoun.

Le secrétaire général de l’ONU en visite de solidarité dans une capitale sous tension

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Dès son atterrissage, António Guterres a insisté sur le fait que le Liban se retrouve piégé dans un conflit qui dépasse ses frontières. Il a rencontré le président Joseph Aoun dans l’après-midi au palais de Baabda, où les deux hommes ont évoqué la possibilité d’un cessez-le-feu durable et le rôle de l’État libanais dans le désarmement du Hezbollah. Le président Aoun a réaffirmé son offre de négociations directes avec Israël, une proposition restée sans réponse à ce stade selon son entourage. « J’ai exprimé ma disposition à négocier avec Israël, mais jusqu’à présent nous n’avons pas reçu de réponse de la part de l’autre partie », a indiqué le chef de l’État libanais au cours de l’entretien.

Le secrétaire général de l’ONU a ensuite participé à une conférence de presse au siège du Premier ministre, où il a officiellement lancé le « Flash Appeal » humanitaire. Cet appel vise à collecter 325 millions de dollars pour les trois prochains mois afin de maintenir et d’étendre l’aide vitale aux plus de 800 000 personnes déplacées depuis le début des hostilités. « L’appel que nous lançons aujourd’hui doit maintenir et renforcer l’aide vitale au cours des trois prochains mois, notamment en alimentation, eau propre, services de santé, éducation, protection et autres services essentiels », a précisé António Guterres devant les représentants des agences onusiennes et des pays donateurs.

Un plan humanitaire de trois mois pour faire face à une crise massive

Le bilan humain et humanitaire s’alourdit de jour en jour. Selon le ministère libanais de la Santé publique, plus de 687 personnes ont perdu la vie depuis le 2 mars, dont de nombreux civils. Plus de 800 000 Libanais ont fui leurs foyers, soit environ un septième de la population. Des familles entières se retrouvent dans des écoles transformées en abris de fortune, des stades ou même dans les rues de Beyrouth. Le manque de capacités d’accueil devient critique, comme l’ont reconnu plusieurs responsables libanais au cours de la journée.

L’appel de fonds lancé par l’ONU cible précisément ces besoins immédiats. Il s’ajoute au plan de réponse humanitaire existant pour 2026 et bénéficie déjà d’une allocation rapide de 15 millions de dollars du Fonds central d’urgence. António Guterres a insisté sur la nécessité d’une « solidarité des actes » après les paroles de soutien. « La solidarité des mots doit être suivie d’une solidarité des actes », a-t-il martelé depuis Beyrouth. Des représentants de plusieurs agences onusiennes – Programme alimentaire mondial, Unicef, Organisation mondiale de la santé – étaient présents pour détailler les priorités : distribution de nourriture, accès à l’eau potable, soins médicaux d’urgence et soutien scolaire pour les enfants déplacés.

« Le peuple libanais n’a pas choisi cette guerre », martèle António Guterres

Dans tous ses discours de la journée, le secrétaire général a répété le même message : le Liban est victime d’un conflit imposé. « Le temps n’est plus aux groupes armés. C’est l’époque de l’État fort » disposant du monopole de la force légitime, a-t-il déclaré lors de sa rencontre avec le président Aoun. Il a appelé explicitement Israël et le Hezbollah à « arrêter la guerre » immédiatement. Cette position rejoint celle exprimée par les autorités libanaises, qui tentent de reprendre la main sur la souveraineté nationale.

Le Premier ministre libanais a qualifié les actions du Hezbollah d’irresponsables et a rappelé que le mouvement avait entraîné le pays dans « un labyrinthe de guerre » qu’il n’avait pas choisi. Il a officiellement interdit les activités militaires du Hezbollah jugées contraires à la Constitution et appelé à la remise de toutes les armes à l’État. Le président Aoun, de son côté, a proposé un déploiement de l’armée libanaise dans les zones de conflit une fois un cessez-le-feu obtenu, avec un soutien logistique international.

Les frappes israéliennes se poursuivent : destruction du pont de Zrarieh et extension vers le nord de Beyrouth

Malgré les appels diplomatiques, les opérations militaires israéliennes n’ont pas cessé ce vendredi. Tôt le matin, l’armée israélienne a revendiqué la destruction du pont de Zrarieh, qui enjambe le fleuve Litani dans le sud du pays. Selon Tsahal, cet ouvrage servait de point de passage stratégique pour les combattants du Hezbollah entre le nord et le sud du Liban. La frappe a entièrement pulvérisé la structure, laissant un cratère béant et compliquant les déplacements dans une région déjà désertée par les ordres d’évacuation.

Dans l’après-midi, l’escalade a gagné les faubourgs nord de la capitale. Une frappe de drone a touché un immeuble résidentiel à Bourj Hammoud, une banlieue densément peuplée jusqu’ici relativement épargnée. Des secours ont travaillé pendant plusieurs heures pour extraire des victimes des décombres. D’autres frappes ont visé le quartier côtier de Jnah au sud-ouest, ainsi que des secteurs centraux comme Bachoura, Nabaa et Mieh Mieh près de Saïda. Au total, plus de deux douzaines de personnes ont péri dans ces opérations du jour, selon les bilans provisoires.

Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a justifié cette stratégie en déclarant que le Liban « paierait un prix de plus en plus élevé par des dommages aux infrastructures nationales utilisées par les terroristes du Hezbollah ». L’armée israélienne a également largué des tracts sur plusieurs quartiers de Beyrouth appelant la population à exiger le désarmement du mouvement chiite. Ces messages soulignent que la campagne vise à contraindre l’État libanais à assumer pleinement ses responsabilités.

Le gouvernement libanais entre appel au cessez-le-feu et pression sur le Hezbollah

Face à cette double pression militaire et humanitaire, les autorités libanaises naviguent avec prudence. Le président Joseph Aoun a proposé cette semaine des négociations directes avec Israël pour parvenir à une trêve durable. Aucune réponse n’a été reçue à ce jour, mais la visite de Guterres est vue comme une opportunité pour relancer le dialogue. Le chef de l’État a réitéré sa position lors de l’entretien avec le secrétaire général de l’ONU : un cessez-le-feu suivi d’un déploiement de l’armée libanaise et d’un désarmement du Hezbollah avec soutien international.

Le ministre de l’Intérieur a pour sa part reconnu publiquement que les capacités d’accueil des déplacés sont dépassées. Des routes coupées, des ponts détruits comme celui de Zrarieh et des champs rendus inaccessibles par les ordres d’évacuation aggravent la crise. Plus de 14 % du territoire national, soit près de 1 470 kilomètres carrés, est concerné par ces injonctions israéliennes selon les estimations internationales.

La Finul et les observateurs onusiens sur le terrain

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a rapporté une forte augmentation des incidents tout au long de la journée. Plus de 120 projectiles ont été lancés vers le nord d’Israël la veille, provoquant une trentaine de blessés côté israélien. Des roadblocks israéliens ont été observés jusqu’à sept kilomètres à l’intérieur du territoire libanais. La Finul continue de surveiller la Ligne bleue tout en appelant au calme.

António Guterres a salué le rôle des Casques bleus et réitéré l’engagement de l’ONU à promouvoir la paix et la stabilité. Il a également lancé un appel aux pays donateurs pour répondre rapidement à l’appel de 325 millions de dollars. Plusieurs agences onusiennes ont déjà commencé à mobiliser des ressources supplémentaires sur le terrain.

Les hôpitaux et les infrastructures au bord de la rupture

Les établissements de santé du sud et de Beyrouth fonctionnent au-delà de leurs capacités. Des médecins ont rapporté un afflux constant de blessés civils tout au long de la journée. Le fleuve Litani, déjà fragilisé, voit aujourd’hui ses voies de communication coupées, compliquant l’évacuation des victimes vers Saïda ou la capitale. L’impact économique s’ajoute à la tragédie : des milliers d’hectares de terres agricoles restent inaccessibles, menaçant les récoltes et l’alimentation des déplacés.

Dans le sud, des villes comme Nabatieh ou des villages autour de Tyr se sont vidées. Les alertes aériennes ont retenti régulièrement, forçant les derniers habitants à se réfugier dans des abris de fortune. À Beyrouth même, des familles ont dormi dans les parcs ou les rues après les frappes du jour sur Bourj Hammoud et les quartiers adjacents.

Les ordres d’évacuation israéliens élargis

L’armée israélienne a renouvelé ses appels à évacuer des zones bien au-delà de la bande frontalière traditionnelle. Des villages situés à plus de 40 kilomètres de la Ligne bleue ont reçu des tracts les sommant de partir vers le nord. Ces mesures, combinées aux destructions d’infrastructures comme le pont de Zrarieh, rendent les déplacements extrêmement périlleux pour ceux qui restent bloqués.

Dans l’après-midi, des équipes de secours libanaises ont poursuivi leurs interventions sur les sites touchés à Bourj Hammoud, Jnah et Mieh Mieh. Le secrétaire général de l’ONU a poursuivi ses entretiens avec les autorités tout en supervisant le lancement officiel de l’appel humanitaire. Des alertes aériennes ont été signalées dans plusieurs régions frontalières en fin de journée, tandis que la Finul maintenait sa surveillance des mouvements de troupes le long de la Ligne bleue. Les négociations diplomatiques restent ouvertes, mais la situation sur le terrain continue d’évoluer heure par heure.

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