vendredi, janvier 23, 2026

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Pourquoi les affaires de corruption restent-elles impunies au Liban ?

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La corruption systémique au Liban reste au cœur des préoccupations nationales et internationales. De nombreux scandales majeurs, souvent liés à des personnalités influentes, restent non résolus, mettant en lumière les failles d’un système judiciaire soumis à des pressions politiques. Voici un état des lieux détaillé des affaires clés et des figures impliquées, selon les informations disponibles dans les sources.

Gestion des subventions énergétiques : un gouffre financier

Le détournement massif de fonds publics dans le secteur énergétique est l’un des dossiers les plus emblématiques de la corruption libanaise. Al Joumhouriyat (13 janvier 2025) révèle que plusieurs milliards de dollars, destinés à subventionner l’électricité et le carburant, ont disparu au fil des années. Les figures politiques comme Gebran Bassil, ancien ministre de l’Énergie, sont fréquemment pointées du doigt pour leur rôle présumé dans la gestion opaque des contrats publics.

Najib Mikati, actuel Premier ministre par intérim, a déclaré : « Réformer le secteur de l’énergie est une priorité pour restaurer la confiance des citoyens et des investisseurs » (Nida’ Al Watan, 13 janvier 2025). Toutefois, ses détracteurs, notamment au sein des blocs réformateurs, l’accusent d’inaction face aux responsables de ces détournements.

Transferts de fonds illégaux à l’étranger : une fuite organisée

Lors de la crise financière de 2019, des élites politiques et économiques auraient transféré des sommes importantes vers des banques étrangères, malgré les restrictions bancaires imposées aux citoyens ordinaires. Ad Diyar (13 janvier 2025)estime que les montants transférés dépassent plusieurs milliards de dollars. Les enquêtes internationales, notamment en Suisse, ciblent des personnalités comme Salim Sfeir, président de l’Association des banques du Liban, accusé d’avoir facilité ces transactions.

Des figures politiques influentes, comme Riad Salamé, ancien gouverneur de la Banque centrale, sont également citées dans des rapports concernant des transferts présumés de fonds publics à des fins personnelles. Les dossiers ouverts en France et en Suisse pourraient fournir des preuves accablantes, mais au Liban, l’absence de coopération judiciaire bloque toute progression.

Corruption dans les marchés publics : contrats douteux et favoritisme

La gestion des marchés publics, en particulier dans les secteurs des infrastructures et des importations stratégiques, est une autre source de gaspillage et de détournement de fonds. Al Bina’ (13 janvier 2025) rapporte que des contrats ont été attribués de manière non transparente à des entreprises liées à des figures politiques, notamment dans les secteurs de la construction et de l’approvisionnement en carburant.

Par exemple, les contrats attribués dans le cadre de projets de reconstruction après l’explosion du port de Beyrouth ont été critiqués pour leur manque de transparence. Les entreprises proches de certains partis politiques, comme celles affiliées au « Tayyar al-Watani al-Horr », auraient bénéficié de favoritismes au détriment de concurrents indépendants.

L’ingérence politique : un frein aux enquêtes

Les ingérences politiques dans le système judiciaire expliquent en grande partie l’absence de progrès dans ces affaires. Al Akhbar (13 janvier 2025) mentionne que les juges chargés des dossiers sensibles, comme Ghada Aoun, procureure générale du Mont-Liban, font face à des pressions intenses et des campagnes de diffamation orchestrées par les responsables visés. Ces pressions entravent leur capacité à instruire les affaires en toute impartialité.

Selon Al Liwa’ (13 janvier 2025), les blocages parlementaires empêchent également l’adoption de lois visant à garantir l’indépendance du système judiciaire. Les élites politiques utilisent leur influence pour protéger leurs intérêts, retardant ainsi toute tentative de réforme.

Les attentes populaires et internationales

Les citoyens libanais, durement touchés par la crise économique, continuent de réclamer des comptes. Des manifestations organisées par des groupes de la société civile, comme « Kulluna Irada », mettent en lumière l’urgence de sanctions contre les responsables. Nahar (13 janvier 2025) rapporte que ces appels trouvent un écho auprès des partenaires internationaux, comme l’Union européenne et le FMI, qui conditionnent leur aide à des réformes anti-corruption.

Les pressions extérieures, bien que croissantes, se heurtent à la résistance des forces politiques locales. Le Hezbollah, par exemple, considère ces demandes comme une tentative d’imposer une ingérence étrangère dans les affaires souveraines du pays.

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Newsdesk Libnanews
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