Une patrouille de l’armée libanaise a été visée mardi matin 17 mars par une frappe de drone israélienne à Qaaqaaiyet al-Jisr, dans le sud du Liban, selon des informations relayées par LBCI et attribuées à un communiqué de l’armée. Cinq militaires ont été blessés. Deux d’entre eux se trouvent dans un état critique.
Selon les éléments publiés par LBCI, un premier drone a frappé un véhicule transportant quatre soldats de l’armée libanaise sur la route de Qaaqaaiyet al-Jisr. Un second drone a ensuite visé une moto sur laquelle circulait un cinquième militaire. Les blessés ont été évacués vers l’hôpital gouvernemental de Nabatiyé. Le média indique d’abord que les blessures avaient été décrites comme mineures, avant de préciser, en citant le communiqué de l’armée, que deux soldats étaient finalement dans un état critique.
À cette heure, le fait le plus important est donc clair : il ne s’agit pas d’une frappe contre une position du Hezbollah ou contre une zone civile indistincte, mais d’un ciblage ayant touché des membres de l’armée libanaise en déplacement. Cette dimension rend l’incident particulièrement sensible sur le plan politique et militaire, alors que l’armée libanaise cherche jusqu’ici à maintenir ses positions dans un contexte de guerre élargie dans le Sud.
L’incident intervient dans une séquence déjà marquée par une nette aggravation de l’offensive israélienne au Liban. Reuters rapportait lundi 16 mars qu’Israël avait étendu ses opérations terrestres à de nouvelles zones du sud du pays, après avoir déjà maintenu plusieurs positions sur le territoire libanais depuis le cessez-le-feu de novembre 2024. L’armée israélienne et les responsables israéliens présentent cette campagne comme une opération dirigée contre le Hezbollah. Mais, sur le terrain, l’élargissement du front augmente mécaniquement le risque d’incidents impliquant d’autres acteurs présents dans la zone, dont l’armée libanaise.
Ce matin, aucune déclaration détaillée de l’armée israélienne sur cette frappe précise n’apparaissait dans les sources consultées. Les informations disponibles proviennent pour l’essentiel du récit relayé par LBCI à partir de l’armée libanaise. Xinhua a également signalé qu’un drone israélien avait visé une patrouille de l’armée libanaise à Qaaqaaiyet al-Jisr, en citant des médias locaux, sans donner dans l’immédiat de bilan détaillé.
Le lieu de l’attaque n’est pas anodin. Qaaqaaiyet al-Jisr, dans le district de Nabatiyé, figure déjà parmi les localités touchées à plusieurs reprises ces derniers jours dans le cadre de l’intensification israélienne au Sud-Liban. Cette zone se trouve dans un arc de combats et de frappes qui s’est élargi autour de Nabatiyé, Khiam, Taybeh, Adaysseh et Bint Jbeil. Reuters soulignait encore hier que la ligne de front continuait de s’étendre, avec une poussée israélienne vers de nouveaux secteurs.
Sur le plan institutionnel, l’attaque pose une question immédiate à Beyrouth. Depuis le début de cette nouvelle phase de guerre, l’armée libanaise tente d’apparaître comme l’un des derniers instruments de stabilité de l’État, dans un pays déjà confronté à plus d’un million de déplacés et à un bilan humain très lourd. Le fait que des soldats réguliers soient touchés par une frappe israélienne accroît la pression sur les autorités libanaises, à la fois vis-à-vis de l’opinion publique et des partenaires étrangers qui appellent à éviter une escalade encore plus large.
L’attaque survient enfin quelques heures après de nouveaux avertissements et mouvements militaires israéliens dans le Sud. Dans ce contexte, elle risque d’être interprétée au Liban comme un signal supplémentaire de la faible marge de protection dont disposent désormais même les institutions officielles sur le terrain. En l’absence, pour l’instant, d’explication israélienne précise sur la cible visée, la question centrale reste entière : s’agit-il d’une frappe délibérée contre une patrouille de l’armée libanaise, d’une erreur d’identification, ou d’un épisode supplémentaire du brouillage extrême entre lignes militaires, routes civiles et unités étatiques dans le sud du pays.
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