L’Agence nationale d’information a relayé dans les dernières heures l’annonce du maire de Qlayaa, localité du sud du Liban proche de la frontière, selon laquelle le curé de la ville, Pierre al-Rai, a été tué lors de bombardements israéliens. Plusieurs habitants ont également été blessés dans cette frappe qui a touché le village chrétien de Qlayaa, situé à seulement quatre kilomètres de la ligne bleue. Cet incident, survenu en pleine intensification des opérations militaires, s’ajoute à la série de raids aériens et d’artillerie qui frappent quotidiennement le Liban-Sud, la banlieue sud de Beyrouth et des secteurs de la Békaa orientale.
Le maire de Qlayaa a confirmé les faits dans une déclaration transmise aux correspondants de l’ANI sur place. Le curé Pierre al-Rai, figure emblématique de la communauté chrétienne locale, se trouvait dans la zone résidentielle au moment de l’impact. Les secours ont été dépêchés immédiatement, mais les conditions de sécurité précaires ont compliqué les opérations d’extraction. Plusieurs habitants, dont des civils présents dans les environs, ont été blessés et évacués vers les hôpitaux les plus proches, à Tyr et à Saïda. Des colonnes de fumée étaient visibles depuis les villages limitrophes, et les routes d’accès ont été temporairement fermées par mesure de précaution.
Le bilan national des victimes au Liban atteint 394 morts dont 83 enfants après cette nouvelle frappe
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Le ministère de la Santé publique, dirigé par Rakan Nassereddine, a actualisé dans la foulée le bilan global des victimes depuis le début de l’escalade actuelle. Celui-ci s’établit à 394 morts, dont 83 enfants et 42 femmes, et plus de 1 130 blessés. Ces chiffres, compilés en temps réel par les hôpitaux du Sud, de Nabatiyeh, de la Békaa et de Beyrouth, incluent les victimes de Qlayaa. Rien que dans les dernières 48 heures, près d’une centaine de martyrs supplémentaires ont été enregistrés, selon l’unité de gestion des catastrophes rattachée au ministère. Le curé Pierre al-Rai figure parmi les civils tués, portant à onze le nombre total de personnels ou figures locales directement touchées dans l’exercice de leurs fonctions ou dans leur quotidien.
Ce bilan intervient alors que les frappes se multiplient dans le district de Tyr et les zones limitrophes, dont Qlayaa fait partie. Les correspondants de l’Agence nationale d’information sur place rapportent que l’attaque a visé une zone résidentielle densément peuplée, où aucune installation militaire n’était signalée. Les habitants encore présents à Qlayaa, malgré les ordres d’évacuation diffusés par l’armée israélienne, ont décrit des scènes de panique après l’impact. Des familles ont fui vers le nord, emportant les blessés dans des véhicules privés.
Le communiqué du maire de Qlayaa et les circonstances précises de la frappe
Le maire de Qlayaa a tenu à souligner que le village, majoritairement chrétien, avait tout fait pour rester à l’écart des activités militaires. Dans sa déclaration, il a insisté sur le fait que le curé Pierre al-Rai était une personnalité pacifique, engagée dans l’aide aux populations civiles depuis le début des tensions. La frappe, selon les premières observations des équipes locales, a touché une habitation proche de l’église paroissiale. Les blessés, dont le nombre exact n’a pas encore été communiqué officiellement, ont été transférés vers des établissements équipés pour traiter les traumas par éclats et les brûlures.
Les témoins interrogés par les correspondants de l’ANI ont évoqué des survols de drones précédant le raid, suivis d’une explosion puissante qui a secoué tout le quartier. À Qlayaa, comme dans d’autres villages du Sud, les habitants avaient refusé de partir malgré les pénuries d’essence, de médicaments et la fermeture forcée de plusieurs infrastructures. Le curé Pierre al-Rai était resté sur place pour soutenir la communauté, fidèle à sa mission pastorale.
Un pattern de frappes sur des localités civiles et chrétiennes qui s’accentue
Qlayaa n’est pas la première localité chrétienne touchée. Les opérations militaires israéliennes ont déjà visé des zones mixtes ou à majorité chrétienne dans le Sud, où les populations refusent souvent l’évacuation pour des raisons historiques et spirituelles. Le village avait vécu sous occupation israélienne de 1978 à 2000 et conserve une forte attache à sa terre. Les frappes récentes s’inscrivent dans une stratégie de pression aérienne constante, avec des raids dispersés visant à déstabiliser les infrastructures et les positions supposées du Hezbollah.
Dans les douze dernières heures, l’ANI a également rapporté des activités à Tayr Debba et Jouaiya, où deux secouristes avaient été tués la veille. À Qlayaa, l’attaque intervient après des semaines de tension, avec des tirs d’artillerie intermittents et des survols à basse altitude. Les routes reliant Qlayaa à Tyr restent coupées par endroits, isolant temporairement la localité.



